Retour sur les evaluations du supersuperstudio
Accident ou geste conscient du corps administratif ? Le mystère reste entier. Tout ce que l’on sait, c’est que pour une raison encore inconnue, les étudiants du supersuperstudio ont pu avoir accès hier soir aux commentaires de leurs collègues via le portail Isa-bel belle belle comme le jour. On y voyait les critiques portant sur l’atelier de master d’urbanisme obligatoire de Viola Pagano. L’accès est désormais à nouveau régulé, mais ces commentaires ont eu le temps d’arriver entre nos mains. Retour sur une évaluation qui, une fois n’est pas coutume, met tout le monde d’accord. Et où l’on peut remarquer que l’énoncé a fait faire des progrès magnifiques à tout le monde sur le texte.
Top 21 des techniques d’approche
1. Exprimer sa frustration « Ce cours est une énorme blague. Je n'en vois pas l'utilité. J'en suis même plutôt frustré. »
2. Caler des reproches entre deux notes positives, que l’on pourrait aussi appeler la technique Picassa Geisha « Les assistants de la figure palimpseste sont top (compliment), par contre l'organisation des critiques est déraisonnable (reproche), apprendre des autres élèves qu'il y a des groupes qui passent une semaine plus tard après avoir d'être venu à l'EPFL pour la critique ou passer 5 ou 10min en fin de journée en étant coupé par le professeur après d'autres groupes ont pris 30-40min est déficient (méga reproche), c'est surement possible de faire mieux! (encouragement) »
3. Commencer par une phrase théorique « D'abord, que fait un enseignement obligatoire de 13 crédits au sein du cursus de Master ? »
4. Attaquer en scred Bricola Imaghieri « A moins d'une année de notre diplôme, il est difficile de se cacher derrière l'utopie pour masquer un manque d'attention à ce dernier. »
5. Faire culpabiliser le corps professoral, la section, le directeur de l’EPFL, le chat du voisin « En effet, j'ai attendu durant l'entier de mes études le moment où je pourrais me plonger pleinement dans l'étude d'un sujet qui me passionne et qui concerne l'architecture. Et voilà que je me retrouve à négliger mon travail de diplôme afin de produire les documents et les réflexions attendus chaque semaine pour superstudio. En choisissant l'EPFL pour mon diplôme plutôt que l'ETHZ je pensais pouvoir me consacrer pleinement à l'étude d'un apport théorique durant ma scolarité et découvrir dans quelle mesure je voudrais continuer dans cette voie plus tard. Quel dommage de me retrouver à négliger cela pour un cour de projet, encore... »
6. Lister ses critiques lorsque le commentaire est très trop long « 1. (…) le travail en groupe de dix est difficile (…). On se crie dessus, on se plaint les uns des autres (…). Au moins, la compétition entre groupe n'est pas très présente, car comme personne ne sait vraiment ce que l'on fait, difficile de se jalouser. 2. Le but du cours n'était déjà pas clair au début, mais il ne l'est toujours pas à mi-semestre. (…) 3. Gros point négatif, l'organisation du cours. (…) A quoi bon faire un planning si on ne le respecte pas ? »
7. Attaquer en scred Viola Pagano « Difficile de parler de lieux dans la ville car la professeure ne connaît pas bien Lausanne. »
8. Critiquer la forme et le fond en une phrase « Malheureusement c'est vrai, nous dessinons de jolies cartes avec un semblant de réflexion sur le territoire, ou des plans avec des rectangles noirs (en 5e année d'étude...) »
9. Instaurer le malaise en concluant un commentaire anonyme par une formule bien trop personnelle « C'est pourquoi nous apprécierions de ne pas être couper pendant nos présentations (ce qui peut se révéler irritant) Bien à vous. »
10. User de métaphores musicales « Et soit on dit 160 gars repartis en 16 groupes de 10, donc 16 petits chaos qui s'étouffent les uns les autres - aka le momentum divisé en 16 moments de fréquences diverses: Cacophonie. Soit on dit, le momentum de 160 composé comme un orchestre de 160, et, toute proportion gardée, le petit groupe chef d'orchestre, les cordes, les vents, les percussions, le choeur. Mais peut-être est-ce un orchestre moderne, et alors il y a le groupe des ingénieurs sons, les sampleurs-mixeurs... Enfin, c'est surement futile, mais soit on assume une bonne fois pour toute que c'est un studio d'une cent-cinquantaine d'étudiant et alors on considère une oeuvre collective à 160 qui tire profit de 2h30 de critique avec Paola Vigano (et une reflexion plus poussée sur la structure d'un groupe de 160 - Mckim, Mead, White like - et l'oeuvre finale que l'on peut atteindre) soit on passe son temps à cacher qu'on est 160 derrière 16 projets qui ont chacun droit à 10' du temps de Paola Vigano. Les assistants - dans le contexte actuel - sont plutôt utiles. »
11. Assumer le côté mauvais remake « Au niveau du contenu du cours c'est comme si la dernière année finissait par représenter la somme de tous les lieux communs de l'architecture, brassés dans un "revival" dans quatre figures de l'architecture. »
12. User de la colère « Alors d'accord, on a connu ce genre d'organisation pendant toute notre scolarité, mais ce n'est pas une raison pour que les choses ne changent pas. On commence tout doucement à en avoir marre. »
14. User de la raison « En effet, bientôt hors de l'école, nous serons confrontés à la réalité du travail et à ses contraintes, et il aurait été nécessaire de pouvoir s'y préparer. »
15. Faire des critiques lacunaires que personne ne comprend mais qui laisse place à l’imagination. « Le problème c'est de mélanger un cours »
16. Dire des choses que l’on aurait mieux fait de taire... « Ce serait hypocrite que de dire que nous consacrons plus de temps à Supersudio qui rapporte plus de crédit que notre énoncé. »
17. Mettre en avant la conséquence du Projet-zombie : ce projet qui paraît vivant, voire même intéressant, mais qui en fait ne l’est pas. « De là émerge un résultat bancal, raté et souvent vide de sens pour ses concepteurs-mêmes : des projets dépourvus d'âme. »
18. Commencer de manière positive avant de larguer les critiques « Il est agréable de travailler en groupe (les heures de superstudio deviennent un peu les "heures de sociabilité" de la semaine). Les assistants sont en outre très sympathiques et pleins de bons conseils. »
19. Remettre en question l’autorité « Un seul professeur peut il légitimement donner près de 2000 crédits ECTS par an ? “
21. Ne pas mâcher ses mots « Un atelier obligatoire que la section se félicite d’avoir instauré pour regarder les étudiants perdre leur énergie, dans un format d’atelier qui ne marche pas. »
20. Avoir de bonnes idées « La création d'un workshop superstudio (pensé comme une parenthèse dans la continuité de l'Enoncé) sur 2 ou 3 semaines pourrait potentiellement générer une réelle dynamique à l'un et l'autre des travaux par la simple définition du temps consacré à chacun. » « Est-ce nécessaire de former ce grand groupe alors qu'il y a autant d'assistants compétents qui pourraient former leur propre atelier(un peu maintenant que j'y pense comme l'année propédeutique)... » Hélène Chavamal












