Chapitre 1
C'est alors que j'entendis la voix stridente de la femme qui passe les annonces de la SNCF : "blablablablabla Sweet Amoris, nous vous prions de blablablabla..." OK, c'était le moment d'attraper l'espèce de pachyderme qui me servait de valise et de m'éclipser de ce train avant de vomir mes tripes. Je supportais mal les transports. Une fois sortie du train, il me fallait repérer ma tante. Je fouillais le quai du regard lorsqu'une masse rose attira mon attention. C'était elle, elle sautillait sur place comme un jeune kangourou, une pancarte à la main. Je m'approchai d'elle. "Oh Aurore, ma petite fraise des bois, que tu es belle, tu n'as pas changé ! Tu m'as tout de suite reconnue même si on s'est pas vues depuis l'époque où tu avais encore toutes tes dents de lait ! En fait, j'avais même pas besoin de ramener cette pancarte avec moi, hihi ! - A l'endroit, c'est mieux, tata, lui dis-je en retournant le morceau de carton qu'elle tenait à l'envers dans sa main trop manucurée. - On va rentrer, je vais te montrer ta chambre... tu vas voir elle est sublime ! Et ta salle de bain... et ton dressing ! Hiiiii ! On va bien s'amuser, chérie !" Dressing ? Cela commençait à beaucoup m'intéresser. Le trajet jusqu'à chez-elle était long ; nous avions eu le temps de parler. Au fur et à mesure de la discussion, mon hystérique de tutrice se calmait et je découvrais une tata très cool et beaucoup plus agréable que son frère, mon coincé de père. Son loft était une merveille, cela devait être une ancienne usine ou quelque chose comme cela : la hauteur sous-plafond était impressionnante. La décoration était épurée et moderne mais originale. Malgré sa couleur de cheveux douteuse, Agatha avait du goût. Elle m'avait fait visiter tout l'appartement, il ne me restait plus qu'à découvrir ma chambre... ou plutôt ma suite. J'étais bouche bée devant l'espace de cette pièce. C'était sûr, je n'allais pas dormir dans un placard sous un escalier comme Harry Potter. Il y avait tout ce dont une adolescente avait besoin : le grand dressing dont elle m'avait parlé (qu'elle avait déjà rempli de vêtements), un énorme lit avec plein de coussins, un bureau avec un ordi, une grande fenêtre avec vue sur toute ma nouvelle ville et surtout... une immense bibliothèque rien qu'à moi. J'hurlai de joie devant cette étendue de bouquins soigneusement rangés dans un meuble immaculé. "Je sais que tu adores lire, mais on ne m'a jamais précisé quoi. Donc, ben, j'ai tout acheté hihi : du classique, du policier, de la science-fiction, de la poés... - Merci tata, t'es géniale !" l'interrompai-je. Il devait y avoir toute la Comédie Humaine de Balzac, là-dedans. "Bon, ma chérie, il se fait tard. Au dodo ! Demain, tu vas en cours ! Ah, comme je t'envie, il y a tellement de jolis garçons cette année, je les ai vus sortir du lycée hier et ils sont... - Bonne nuit tata bisous je t'aime !" la coupai-je en fermant la porte et en espérant qu'elle avait vu ces garçons seulement parce qu'elle passait devant le lycée et pas parce qu'elle les épiait. Une tata cougar, non merci. Dans mon lit, je ne parvenais pas à m'endormir. Je pensais à ma rentrée : j'allais être "la nouvelle", celle qui arrive deux mois après le début des cours, celle qui ne connaissait strictement personne. Cela ne m'était jamais arrivé auparavant, moi qui avait toujours eu une classe remplie de visages familiers.
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Le lendemain matin, bien sûr, il fallait que je sois en retard. C'était la faute de mon lit : beaucoup trop confortable. Je bondissai sur mes pieds et je fonçai vers le dressing pour... constater que tante Agatha avait beau avoir un goût très sûr en matière de déco, la mode n'était pas sa tasse de thé. Mon dressing était plein de fanfreluches et de robes roses et bleues. Hors de question de m'habiller comme un sachet de paillettes ambulant pour mon premier jour de cours. Après dix minutes de recherche, je trouvai dans mon énorme valise mon skinny noir préféré, un crop-top gris chiné, ma veste en jean délavé XXL et mes bonnes vieilles Vagabond. J'ajoutai à cette tenue une tonne de bagues de phalanges, mon collier fétiche en argent et un chapeau noir. Je voulais faire soft, mais les accessoires étaient indispensables pour moi, déjà que je devais couvrir le tatouage que j'avais eu l'intelligence de me faire faire sur l'avant-bras ; il paraît qu'une croix chrétienne accompagnée d'une main de Fatma et d'une étoile juive, c'est mal vu dans les lycées laïcs. Un coup de brosse dans mes cheveux, un peu de mascara, de blush et de baume a lèvres et j'étais prête pour me rendre en cours avec une heure et demie de retard.
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Enfin arrivée, me dis-je en admirant l'immense pancarte qui surmontait le portail du bâtiment. Il y était écrit "Lycée Sweet Amoris" avec tout plein de cœurs partout. Ma montre indiquait 10 heures. C'était peut-être le moment de se bouger. L'avantage avec les Vagabond, c'est que c'est très pratique pour courir jusqu'à sa salle quand on est un boulet comm... "Stop !" Une voix masculine avait retenti derrière moi. J'étais au milieu du couloir, essoufflée : "Quoi ?!!!" répondis-je en me retournant vivement. "On ne court pas dans les couloirs, tu ne connais pas le règlement ? Tu es nouvelle ou quoi ? Ce mec était en train de m'engueuler comme une gamine de CP, mais il était très mignon donc je ne lui ai pas collé de baffe. - Ben, en fait... oui. - Comment ? ... Oh je vois ! Tu dois être Aurore, c'est ça ? - Oui, je suis Aurore. Et je suis aussi... en retard. J'espérais qu'il me laisse tranquille pour que je puisse continuer mon marathon jusqu'à ma salle de classe. - Je suis Nathaniel, le délégué principal. Tu as de la chance, le professeur d'anglais n'est pas là ce matin. Tu as une heure de permanence. - Mais j'ai déjà loupé deux heures de cours, c'est grave... non ? - En temps normal, oui, mais puisque tu es nouvelle on ne t'en tiendra pas rigueur. Je vais te faire visiter le lycée." Ce garçon avait l'air un peu coincé, avec sa cravate et sa chemise... le portrait craché de mon père plus jeune.
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J'avais ensuite une heure de littérature. Un boulet restant un boulet, j'avait réussi à me perdre en cherchant ma salle. Heureusement, deux filles m'avaient aidée. Elles s'appelaient Iris et Melody. Mais cette dernière me fusillait du regard dès que l'autre avait le dos tourné... flippant. En arrivant dans la salle, tout le monde me dévisageait. C'est alors que je me rappelai que j'étais "la nouvelle", que ces gens ne me connaissaient pas et qu'ils devaient se demander ce que je fichais dans leur classe. La prof de littérature m'appela et me demanda de me présenter à ma classe. Qu'est-ce qu'elle voulait que je dise ? Bon, on va pas se prendre la tête, hein. "Euh, bonjour, moi c'est Aurore, j'ai bientôt 17 ans, je viens d'un petit trou paumé qui s'appelle Morpert. J'aime bien lire, la musique, l'écriture, mes parents sont partis en voyage sans moi et m'ont laissée toute seule donc je suis venue squatter chez ma tante le temps qu'ils se rappellent de mon existence. - Heu... bienvenue, Aurore, bafouilla-t-elle. Tiens, assied-toi à côté d'Alexy, juste ici." Le dénommé Alexy, un mec aux cheveux bleus et aux fringues colorées, me fit un signe de la main. "Pas mal ta biographie, me dit-il. - Merci. Pas mal, tes cheveux." Il se mit à sourire niaisement en direction des tables de derrière. Je me retournai et j'y vis son sosie avec des cheveux noirs qui me fixait de ses immenses yeux bleux. "Si je demande si c'est ton jumeau, tu feras semblant de me trouver perspicace ? - Félicitation Sherlock Holmes, Armin est bien mon frère."
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Alexy m'invita à manger avec lui et son jumeau. Ce n'était pas de tout repos : ils passaient leur temps à se chamailler. Alexy m'avait piqué mon chapeau, ce qui fit tiquer Armin : "Rend-le lui, il lui va bien mieux qu'à toi ! - A croire que tous ces pixels t'ont rendu aveugle : tout le monde me dit que j'ai une tête à chapeau" Alexy partit se servir des frites pour la troisième fois. Pendant qu'il négociait avec Doris, la grosse dame de cantine, pour qu'elle lui remplisse son assiette sans rechigner, je remarquai que son jumeau me regardait fixement. Le pire, c'est qu'il n'essayait même pas d'être un tant soit peu discret ; il se penchait vers moi et me contemplait avec des yeux ronds. Je décidai d'attendre que quelque chose se passe... peut-être essayait-il de communiquer avec moi ? Les gens sont bizarres ici. Brusquement, Armin se redressa, et il s'écria : "Tu as les mêmes yeux que Lara Croft !" Heu.. il était complètement barré. "Hein? fis-je - Tu connais pas Lara Croft ? Tomb Raider, ça te dit rien ? - Heu... si. Mais j'ai les yeux bleus-gris et les siens sont... - Je te parle de la forme, du regard, pas de la couleur ! - Oh... et c'est pour ça que tu me fixes depuis tout à l'heure ? - Oui, désolée si je t'ai fait peur, mais t'as vraiment ses yeux. Il se remit à manger tranquillement, et moi, j'étais perplexe. - Hé, fais pas cette tête ! C'est un compliment. Et puis trop de gens se basent sur la couleur des yeux plutôt que sur le regard, genre moi on me dit que mes yeux sont beaux juste parce qu'ils sont bleus mais je sais très bien que sinon j'ai des yeux de merlan frit. Il est sérieux ? Ses yeux étaient mille fois mieux que les miens. - N'importe quoi, ils sont super beaux tes yeux." Armin allait me répondre, mais il fut interrompu par son frère qui arrivait avec les bras pleins de bouffe. "Hééé, vous deux ! Regardez ce que Doris m'a filé ! Même en étant homo, je sais mieux parler aux femmes que toi, frangin ! Il balança un paquet de gâteaux à son frère, qui me regarda avec surprise : - C'est bizarre, d'habitude tout le monde est étonné quand il apprend qu'Alex est gay. - Je l'ai compris au bout de la troisième fois qu'il m'a dit qu'il trouve Mitch Hewer "trop beau", en cours, fis-je en haussant les épaules. - Bah quoi, c'est vrai qu'il est trop beau ! s'écria Alexy Armin me fit un clin d'oeil et dit : - Je préfère Lara Croft." Ces garçons n'avaient pas des estomacs, mais des puits sans fonds. Après qu'Armin se soit servi du steak pour la quatrième fois et Alexy de la pizza pour la sixième, je décidai de m'en aller. "Bah... qu'echque t'as ? fit Alexy la bouche pleine - Mes règles. Il me fallait bien une excuse. - Beurk, glapit son frère. - Chauuud devant !" chantonnai-je en bousculant les secondes agglutinées devant la sortie.
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A peine sortie de la cantine, je vis le mec coincé mais mignon de ce matin, Nathaniel. Il lisait un bouquin, tout seul, installé à un banc. Melody était assise à celui d'à côté et regardait le blondinet avec une insistance presque flippante. Bon, Aurore, tu t'es promis d'être plus sociable cette année. Je m'approchai de Nathaniel. "Salut, tu te souviens de moi ? lui lançai-je du tac au tac Il releva sa tête blonde de son livre. - Hein... oh, Aurore, bien sûr que je me souviens ! Je pliai légèrement son livre pour voir ce qu'il lisait. Et ce que je vis me plu beaucoup. - Tu lis du James Haley Chase ?! J'adore cet écrivain ! - Vraiment ? demanda-t-il étonné. Je ne connais pas beaucoup de monde qui le lise, ça fait plaisir de croiser quelqu'un qui l'apprécie. Il posa son livre, se redressa un peu et je pus voir Melody me mitrailler de son regard de psychopathe. - Alors comme ça, tu aimes lire ? me demanda Nathaniel - T'as pas idée, j'adore ça. J'adore les romans policiers, la poésie, les grands classiques, le théâtre... tout ! - C'est... c'est super ! dit-il avec un grand sourire. Dans la ville, il y a un petit libraire qui vend des livres. Il a souvent du Sarraute, du Hadley Chase, du Maalouf et même du Jeanne Champion. Je pourrais te le montrer, si l'occasion se présente. - Sérieusement ? Je demande pas mieux, j'ai jamais assez de livres." La sonnerie retentit. Le délégué principal et moi partîmes à notre cours d'histoire.
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Devant la salle, Armin et Alexy discutaient avec un autre garçon, un brun aux cheveux en bataille un peu plus petit qu'eux mais très mignon. Il portait une paire de trellis, une chemise blanche ouverte sur un débardeur noir. Son col était remonté, ce qui lui donnait un air de Roberto dans Un Dos Tres. Lorsqu'il me vit arriver, il rougit et détourna le regard. "Salut les obèses, dis-je aux jumeaux - Salut Lara Croft, répondit Armin. T'as pas chaud comme ça ? demanda-t-il en pointant ma grosse veste en jean. Je suffoquais, je brûlais, j'agonisais, je... - Non, ça va, répondis-je" En classe, les jumeaux se mirent côte-à-côte. J'avais voulu me mettre à côté de Nathaniel, mais Melody avait presque couru pour me devancer. Je dus donc prendre le brun qui parlait avec Armin et Alexy comme voisin.
"Salut, lui dis-je en le rejoignant au dernier rang. Il me répondit par un sourire timide. - Moi, c'est Aurore. - Je sais. Pas très bavard. - ... et toi ? lui demandai-je. Il baissa la tête en souriant légèrement. - Tu te souviens pas? Moi aussi j'habitais Morpert. Ce mec ne me disait rien du tout. On s'était peut-être vus à une fête, je devais être bourrée... - Kentin, ou bien... Ken, dit-il. Je crus avoir mal entendu. - Ken ? Le Ken qui a demandé à l'administration à se retrouver dans ma classe jusqu'en terminale quand on était en sixième ? - Lui-même. Le binoclard d'un mètre cinquante avec une coupe au bol, celui qui était fou amoureux de toi et qui te collait tout le temps aux basques. Je suis parti de la ville en troisième, tu te rappelles ? Et comment... il m'avait chanté une sérénade d'adieux au milieu de la cafétéria. - Heu... oui, oui. En tout cas t'as vraiment changé, c'est incroyable. - Mon père est militaire, il m'a envoyé dans une école spécialisée quand il a vu que même les filles me cherchaient des noises et se foutaient de moi. Et puis je suis arrivé ici cet été. Une question me trottait dans la tête. Bon, je me lance : - Tu es... enfin tu n'es plus... - Amoureux de toi ? Non, t'inquiète pas, anticipa-t-il en souriant. J'ai décidé de te laisser tranquille. Tu sais, j'ai pas changé seulement au niveau du physique." Nous ne nous sommes pas beaucoup parlé pendant le cours ; ça me faisait vraiment bizarre que le bouc émissaire de la classe pendant la quasi-totalité de ma scolarité se soit muté en beau brun ténébreux. Pendant que M. Faraize nous racontait la vie passionnante de Napoléon Bonaparte, j'essayais de ne pas penser au fait que je suffoquais sous ma veste. Pourquoi il fait aussi chaud ? Je vais tomber dans les pommes, moi ! Bon... il reste me combien de temps dans ce crématorium avant de rejoindre l'air frais ? ... une demie heure ?! Je vais mouriiiiiiiiir. "Euh... ça va, Aurore ? me demanda Kentin en voyant les grimaces de désespoir que je faisais instinctivement. - Non ! Je meurs de chaud." Il pinca les lèvres, l'air de se dire "elle n'a qu'à enlever sa veste, cette attardée". Bon, il l'aura voulu... Je me mis à retirer la responsable de mon agonie, et les yeux de Kentin s'arrondirent de plus en plus. "Au-Aurore. C'est quoi tout ça ? - Tu comprends pourquoi j'hésitais à enlever ma veste..." Ses yeux contemplèrent longtemps les trois insignes soi-disant "ostentatoires" sur mon avant-bras gauche, avant de remonter vers le code barre surmonté d'un "Product of society" qui figurait sur mon biceps, avec avec une croix celtique, puis il essaya de déchiffrer la date de la Rafle du Vel d'Hiv qui était sur mon autre bras en chiffres romains. Mon avant-bras droit portait la citation de Baudelaire "Hue donc, bourrique ! Sue donc, esclave ! Vis donc, damné !", le mot "Résistance" était ancré en Grec sur mon poignet gauche, et j'ôtai mes bagues pour lui montrer tous mes tatouages de phalanges. "C'est... commença Kentin... c'est trop classe ! T'as fait ça quand ? - J'ai commencé y'a un an et demi, et j'en ai d'autres. Le cancer de la peau me guette... - D'autres ? Mais t'es une bande dessinée ! Je souris. Il n'avait pas vraiment tord. - Dans mon ancien lycée, ils n'aimaient pas beaucoup mes tatouages, expliquai-je. Le dernier que j'ai fait, c'était celui là. Je lui montrai la croix, la main de Fatma et l'étoile juive qui étaient sur mon avant-bras gauche. - Ma prof principale m'a signalée au directeur, qui m'a renvoyée pour "incitation à la haine et affichage d'insignes ostentatoires". - Sérieux ? Il sont débiles. C'est pas comme si tu t'étais fait tatouer une croix gammée." La sonnerie retentit. En traversant la salle pour rejoindre les jumeaux dehors, je sentis trente paires d'yeux braquées sur moi... ou plutôt sur mes bras. Nathaniel avait l'air consterné, Melody outrée. Trois pimbêches, dont une blonde et une asiatique, se mirent à glousser et à faire des messes basses. Le professeur eût l'air étonné, mais il ne me fit aucune remarque. "Hey, lancai-je aux jumeaux une fois arrivée dans le couloir." Ils saisirent mes bras, les tordaient dans tous les sens pour regarder toutes mes marques indélébiles. "C'est bon, vous avez fini ? Je suis pas contorsionniste ! - C'est trop beau ! s'écria Alexy en lâchant mon bras. - Je confirme, fit Armin, ils sont tous vraiment cools." Aucune réflexion indignée ? Bon. "Super. Vous viendrez avec moi pour celui que je me fais faire cette semaine."
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