𝟎𝟎𝓱𝟒𝟕.
Tu me manques tu sais. J'aimerais dire que le monde a cessé de tourné, qu'il a implosé en silence dans ce genre de vacarme qu'on ne peut entendre. Ces ouragans de pensées qui n'existent que dans nos esprits. Oui, j'aimerais. J'aimerais dire que le monde s'est écroulé, qu'il git maintenant aux quatre coins de cet univers trop grand pour ma flamme, pour mon être. J'aimerais dire que je ne ressens plus l'obligation de respirer, que je n'en ai plus le besoin ou peut-être simplement la force. J'aimerais dire que mes yeux souhaitent se fermer et ne plus s’ouvrir. J'aimerais dire que la vie m'a blessé et que j'ai décidé de ne plus me relever. J'aimerais. Mais, parce qu'il y a toujours un mais. Ce malheureux mot qui brise bien des gens. Triste d'être un "mais" tu ne trouves pas ? Moi je trouve. C'est comme être un élément perturbateur, un annonciateur de désastre. Imagine, on te voit arriver comme un paria, avec dégout. On te redoute et on t'assassine. Je trouve cela affreusement triste. Il n'a pas le choix ce petit "mais" il doit accomplir sa mission, aller de l'avant sans hésiter. Il est fort en un sens. Tu crois que les mots ont une émotion ? Je trouverais cela terriblement poétique et si beau à la fois. Les "je t'aime", les "adieux", les "tu me manques". Tout les maux du monde sur leurs frêles lettres. Tout ces espoirs, toutes ces pensées. Tout un monde. Comment on ferait sans mots ? On parlerait avec le corps je pense, avec les yeux. Certains parlent déjà avec les yeux. Tu me parlais avec les yeux, tu t'en souviens ? Je crois que j'ai embrassé ton âme avant tes lèvres. Elle était si belle, là au creux de tes deux univers. Si fragile aussi, comme un nouveau-né et si craintive. Je suis tombée amoureuse de cette âme, de ses maladresses, de ses doutes, de ses peurs, de sa douleur, de ses rêves, de ses souvenirs, de ses bassesses, de ses tendresses, de ses espoirs ; de tout ton être. En un regard. Un putain de regard. Un seul et j'étais finie. Tu tenais mon enveloppe du bout des doigts mais nos âmes avaient déjà entamé cette danse étroite qui réside dans l’alcôve. On était terriblement inconstants toi et moi, deux paumés, un peu trop alcoolisés, perdus dans leurs rêves. On était hésitant dans nos mots mais les gestes faisaient le restes. Je pourrais t'écrire des mots d'amours, des mots que tu as déjà entendu ; peut-être trop. Je ne le ferais pas. J'aimerais t'avoir en face de moi. Sentir nos souffles s'entrecroiser, s'unir et se fuir. J'aimerais assister à notre combat silencieux ; deux fauves qui ne veulent que se détruire. Se repaître de l'abandon de l'autre. Imagine ce tableau. Affreux ? Non. Il y a du beau dans la désolation même dans l'Enfer. Une poésie bancale, une mélodie non aboutie ; un monde à construire. Il y a du beau dans ton sourire narquois et dans tes pensées confuses. Il y a du beau dans tes gestes incertains, dans ta voix trop grave. Il y a du beau dans tes yeux défoncés et dans ta peau rougie (tu sais, juste au niveau des pommettes). Il y a du beau dans ton être détruit, coké, dévasté. Il y a du beau dans mes cheveux emmêlés d'avoir trop lutés et dans mes larmes dorées. Il y a du beau dans mes yeux qui ne veulent plus parler et dans ma main ensanglantée d'avoir trop frappé ce mur estropié. Il y a du beau dans mon sourire défait qui refuse de mourir sur ces lèvres abimées. Il y a du beau dans nos injures et nos éclats de voix. Il y a du beau dans ce désastre ;
dans
notre
magnifique
désastre.















