Le manque d’estime de soi
Le déclic
Ce soir, je prends conscience de mon plus gros problème. Ce soir, je mets des mots sur ma manière de me voir. Sur l’impact que ça a sur ma vie. Ce soir, je vois à quel point je me fais du mal. Il est 23:00 quand j’écris ces lignes. Ca fait 14 heures que je planche sur mon mal-être. Oui, 14 heures de souffrance, quelques minutes de larmes, beaucoup de conversations pour comprendre. Mon ex, des amies... j’ai juste pris conscience que je crée ce mal-être toute seule. Je n’accepte tellement pas mon corps, que je ne me donne AUCUNE valeur. Et ce n’est pas parce que j’en ai conscience ce soir que ça va changer d’ici demain. Ah ben non, ce serait trop facile. Encore des jours, des mois (j’espère pas des années) à vivre avec cette prise de conscience que je ne saurai pas changer tout de suite.
Voici donc ce j’ai trouvé:
J’ai absolument tous les signes. Pas un ne manque à l’appel. C’est assez difficile à admettre et pourtant, pas un paragraphe de cet article ne m’a épargnée.
1. Oui, je me prends pour le nombril du monde. J’ai toujours l’impression qu’on parle de moi, qu’on pense du mal de moi. Alors que, franchement, tout le monde s’en fout. Royalement.
2. Oui, je pense être seule, même quand je crois que tout le monde parle de moi. C’est désolant.
3. Je ne me sens pas légitime. J’ai toujours l’impression que je n’ai pas le droit. C’est jamais mon tour, on peut jamais être fier de moi. Qui réussit sa vie? Pas moi, non, moi je suis l’échec permanent. Oui, c’est pour les autres le bonheur. Moi, je ne suis qu’un imposteur pas à sa place.
4. Ah oui, voilà, j’ai un problème de poids? Mangeons pour régler ça. J’ai des problèmes d’argent? Buvons pour arroser ça. J’ai des problème relationnels? Mais mettons-nous tout le monde à dos en inventant des problèmes... toujours aggraver la situation toute seule, comme une grande!
5. Et puis voilà, j’ai toujours envie d’être acceptée, toujours envie d’être adéquate. Toujours en train de me fondre dans la masse alors que je n’ai qu’une envie, m’accepter, moi. Accepter ce que je suis. Qui je suis. Mais non, je suis les normes, pour qu’on m’oublie.
6. Oh mais là, on est loin. Loin dans le délire. Toujours en train de me remettre en question. Quelque chose ne va pas? Mais c’est sûrement moi le problème. Evidemment que c’est moi! C’est toujours moi!!!
7. Et la fatalité, quelque chose doit mal se passer? Ca se passera mal. La Loi de Murphy? Mais attendez, c’est moi qui l’ai inventée... Et je crée mes propres problèmes, en plus!
8. Et comme si ça ne suffisait pas, mais laissez-moi dans ma merde, plutôt crever que vous demander de m’aider à sortir de cet engrenage. Ahh oui, c’est mieux, avec toutes mes nouvelles aptitudes acquises en 1 à 7, il va être beau le sauvetage perso l
Je vais devoir me rendre légitime. Je vais devoir apprendre à m’aimer. Apprendre à aimer mon corps qui me permet de faire tant de choses. Grâce à lui je peux écrire, parler, sentir des odeurs, goûter des mets, écouter de la musique, lire des ouvrages, sentir la peau de quelqu’un sur la mienne, aller où je veux (ou presque, on est d’accord). Pourquoi je le déteste à ce point? Déjà quand j’avais 8 ou 9 ans, je m’en souviens, je me posais sur mon lit en détestant le Bon Dieu de m’avoir donné ces kilos en trop (oui, je sais, ce n’était pas sa faute). Puis je réfléchissais 2 minutes et je respirais fort, je laissais l’oxygène passer dans mon sang, j’essayais de sentir mon sang passer dans mes veines et puis je touchais les membres et là, je me rendais compte que je n’étais pas infirme. Non, je n’étais pas infirme, juste un peu difforme. Et encore, difforme selon moi. Je devais me rappeler je n’avais aucun handicap, juste un problème de poids. Mais punaise, faut se le farcir à 8 ans... et durant encore plus de 20 ans...
Aujourd’hui, il est temps que je prenne conscience que ce problème, il est possible de le régler. Ce n’est pas comme un bras qui ne repousse pas, ce n’est pas comme la vue qui ne reviendra jamais, des sons que je n’entendrais plus. J’ai encore TOUS mes sens. TOUTES mes facultés. Alors il est temps de cesser de s’apitoyer, de cesser de tout remettre sur la tête du Bon Dieu. Le pauvre, il a pas choisi de me donner une vie de merde. C’est moi qui ai choisi d’en faire cette merde...
Alors aujourd’hui, c’est l’éveil. C’est l’apprentissage de l’amour de soi. Il va être long, cet éveil... très long. Je vais avoir besoin de “vous”. Vous, personne, vous, ma conscience. Vous, mon enfer, mon confessionnal privé.
C’est le début d’une nouvelle histoire.

















