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Chronique : Silverstein - "This Is How The Wind Shifts"
Artiste : Silverstein
Album : This Is How The Wind Shifts
Genre : Emo / Post-Hardcore / Punk
Date de sortie : 5 février 2013
Label : Hopeless Records
Note : 80%
On ne pourra pas dire des Canadiens de Silverstein qu’ils ne sont pas productifs ! En effet, le combo nous revient cette année avec un nouvel opus, tout juste un an après la sortie de Short Songs. Cette fois-ci, le quintette nous offre un album au format un peu plus conventionnel que son prédécesseur, avec des titres d’une longueur globalement traditionnelle. This Is How The Wind Shifts a cependant la particularité d’être un album concept original, où chaque morceau possède sa paire au titre complémentaire et dont le contenu expose un point de vue différent sur une même situation. Le concept semble a première vue ambitieux, voyons un peu si cet adjectif peut s’appliquer au projet sur le plan musical.
L’album s’ouvre sur « Stand Amid The Roar », qui est également le premier single extrait du nouvel opus. Le morceau est explosif et nous confirme une chose : Silverstein est toujours en grande forme ! Le combo a gardé sa marque de fabrique, nous proposant un morceau particulièrement efficace, aussi violent que fort en émotions. On retrouvera une énergie similaire dans d’autres titres comme « Massachussetts » ou encore « On Brave Montain We Conquer ». Un début d’album qui rassemble donc tous les ingrédients déjà utilisés par le groupe dans ses précédentes galettes, lui permettant de nous concocter de véritables bombes musicales et prouvant ainsi qu’il n’a rien perdu de son mordant.
Mais, comme toujours, Silverstein sait briller dans un domaine plus posé comme le démontrent « Hide Your Secrets » ou encore l’excellent « To Live And Lose ». Notons aussi la présence de quatre morceaux plus courts (qui forment deux paires complémentaires si l’on suit le concept), sorte d’interludes : les titres éponymes « This Is How » et « The Wind Shifts », ainsi que « Arrivals » et « Departures » (clin d’œil au nom du troisième album du combo). Ce dernier clôture parfaitement bien l’ensemble autant sur le plan émotionnel avec sa douceur qu’au niveau des paroles.
Ce qui surprend sur ce nouvel opus, c’est la manière dont les morceaux ont été travaillés pour former un tout à la fois varié et cohérent. Les paires de morceaux se marient particulièrement bien et c’est une sorte de voyage émotionnel que nous propose Silverstein. Mention spéciale également pour Shane Told qui, comme à son habitude, exécute de véritables prouesses vocales entre chant mélodique et chant hurlé, le tout avec une aisance rare.
This Is How The Wind Shifts est le premier album du combo sans la participation du guitariste Neil Boshart qui a quitté la formation en Septembre dernier après onze années de service. Pour autant, le quintette n’a pas perdu en cohésion et Paul Marc Rousseau remplit son nouveau rôle à merveille. Peut-on pour autant dire que l’heure du changement est venue pour Silverstein ? Pas vraiment, si des innovations sont à noter, on ne peut pas parler de réelle originalité et on retrouve d’ailleurs tous les éléments qui ont fait de Silverstein une pointure de la scène emocore. Est-ce regrettable ? Tout est question de point de vue, ce qui est sûr c’est que ce nouvel opus est rempli de tubes en puissance et qu’on retrouve Silverstein à un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis plusieurs années. L’album risque d’ailleurs de ravir plus d’un fan de la première heure nostalgique de la période Discovering The Waterfront / Arrivals & Departures. Après treize années de carrière, on peut constater que Silverstein, fidèle à lui-même, parvient encore à s’illustrer avec talent sans pour autant se contenter de nous proposer du réchauffé.