Voici une nouvelle découverte. Un auteur que je ne connaissais pas du tout. Évidemment, les louanges de Veronique Ovaldé et de Jonathan Franzen ont piqué ma curiosité : l’une dit qu’elle échangerait plusieurs romans américains contre une phrase de Tom Drury, l’autre dit qu’on ouvre un livre de Drury comme on ouvre une bouteille de champagne…
J’ai feuilleté et suis tombée sur quelques lignes qui m’ont fait pouffer de rire, hop, l’affaire était entendue.
Oui, c’est un écrivain particulier. Un roman nonchalant, plein de poésie et d’humour discret, avec des dialogues extras. Que se passe-t-il dans ce livre ? Tout un tas de choses, et puis pas grand chose aussi. Si vous voulez un truc haletant, passez votre chemin. Ce serait dommage, mais il n’y a pas de suspens ou de rebondissements incroyables. Et pourtant on ne s’ennuie pas un instant en compagnie de personnages aussi bien campés. On suit le héros Paul, homme un peu rêveur mais futé, qui suit son instinct et ses idées pour mener sa vie même si l’ensemble est décousu. C’est d’ailleurs ce qui nous le rend proche. Ce réalisme psychologique, peu élaboré ou explique, est suggéré dans les errances de Paul, ses bifurcations, ses décisions lunaires.
Je dirais que Tom Drury a quelque chose de Richard Russo dans l’humour, et un regard acéré et tendre à la Jim Harrison. Le tout version un peu « plouc » , middle age, middle west. Moyen.
Pourtant Paul est courageux. A sa façon. Il ne fait pas ce qu’il n’a pas envie de faire. C’est énorme dans l’existence, non ? Alors il suit ses lubies, ce qui l’amène parfois à se cogner à certains individus vaguement féroces, sans qu’il ne semble trembler un seul instant. Il s’en remet à la vie, humblement, il s’expose. C’est de ça d’ailleurs qu’il s’agit dans l’intrigue puisqu’il déroge au programme de protection de témoins auquel il est assigné. Il choisit de sortir du chemin écrit et va voir ailleurs s’il y est. Il ne découvrira rien de stupéfiant, mais un certain goût pour l’autre.
Le lecteur ressent une sorte de fantaisie revigorante et un genre de bien-être à lire ses tribulations. On se dit que tout ça, n’est pas bien grave, qu’il faut profiter de l’instant, même si celui-ci n’a pas vraiment de sens.
En tous cas, ce n’est pas le dernier que je lirai de lui, c’est certain.







