Jean-Louis Cagnin dans l’Atelier Publimod, dans le IVe arrondissement de Paris (Crédit photo : Pierrick de Morel)
Parmi les solutions qui existent pour lutter contre le chômage, la société coopérative et productive (Scop) reste une manière efficace de conserver, voire de créer des emplois. L’idée : faire des salariés les premiers investisseurs de leur société. C’est la solution adoptée par l’Atelier Publimod, spécialisé dans le développement de photos argentiques.
Jean-Louis Cagnin le sait : sans la Société coopérative et participative, ou Scop, il serait peut-être au chômage. En 2007, l’Atelier Publimod dans lequel il travaille est en cessation de paiement. L’entreprise est un laboratoire de photographie argentique, et souffre de la concurrence du numérique. Proposer de développer des pellicules alors que la photographie numérique connaît un essor considérable est délicat… Pour éviter la faillite, 10 des 22 salariés ont décidé de créer une Scop. Jean-Louis Cagnin, 49 ans aujourd’hui, n’a pas hésité longtemps avant de se lancer dans l’aventure.
« La photographie argentique est un métier en difficulté en ce moment, mais c’est notre métier. On voulait essayer de faire perdurer ce savoir-faire le plus longtemps possible », explique-t-il dans son atelier parisien. D’où la volonté de sauver l’entreprise.
Le nombre de Scop en augmentation progressive en France
Aujourd’hui, selon le site Les-Scop.coop, on compte en France près de 2.046 Scop, qui regroupent 42.244 salariés. Comme l’Atelier Publimod, de nombreux salariés décident chaque année de se réunir pour prendre les rênes de leurs entreprises. En janvier 2011, Arte expliquait dans un reportage que ce modèle de coopératives permet à des salariés-sociétaires de détenir la majorité du capital de leur entreprise, et de se partager les bénéfices annuels. Cette année-là, 91 Scop ont été ainsi été créées, soit 2,5% de plus que l’année précédente.
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Marko Pavolvic, chef d'équipe de la Scop UTB dans le reportage d'Arte
Fait marquant : la grande majorité des Scop (73%) sont créées ex nihilo, comme le précise le site les-scop.coop. En fait, les reprises d’entreprises en difficultés comme Publimod ne représentent qu’une minorité des cas (5%). « C’était la seule solution pour ne pas se retrouver au chômage », explique Jean-Louis Cagnin.
La Scop, solution miracle ?
Mais la création d’une Scop ne garantit pas de sauver une entreprise, même si 75% des coopératives sont bénéficiaires, comme le rappelle le magazine Alternatives Economiques.
Le lancement d’un tel projet est cependant délicat. Dans le cas d'une société aux prises à des difficultés financières, il faut avant tout que les dirigeants de l'entreprise acceptent de céder leurs parts du capital aux salariés. Les employés de l'usine de pneumatique Goodyear d'Amiens Nord espéraient ainsi sauver leurs emplois en prenant les rênes de l'entreprise, avant de se heurter au refus de leur employeur.
L'année dernière, les salariés de SeaFrance avaient connu les mêmes difficultés. En faillite au printemps 2012, les employés de l’entreprise de transports maritimes ont mis près de neuf mois avant de devenir actionnaires de la société. A la tête de ce qui s’appelle désormais My ferry link, ils vont devoir prouver qu’ils peuvent redresser les comptes d’une société à la dérive.