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Tryo 🎶 La traversée
Reminder to read The Riddler: Year One and Before the Batman. There is so, so much there which has only been briefly touched upon in the film.
Quand tu écoutes Pompafric de Tryo et que tu te rends compte qu’ils parlaient déjà de Bolloré en 2003
i keep thinking your pfp ks a ciclops smiling big
That's funny! It's Edward Nashton.
Do you think Edward Nashton would stand up for/protect his trans coworker who was getting shit from other people in the accounting firm? Zach, from the comics, comes to mind as the type of douche who'd do this.
Edward would try. A quiet comment that springs to life from nowhere, confidence that rises above the tide of his usual monotone shades:
"How would you like it if I- if you were in the wrong body, and- and I never—"
381 words, tags: transphobia, hurt, happy ending (sorta), neurodivergency, tryo eddie
The attention redirects, but now it's both of you.
Tournoi Memique 2 - Round 1 : Désolé pour hier soir VS Le Téléfon
Quel meme est le plus iconique ?
Désolé pour hier soir (Tryo)
Le Téléfon (Nino Ferrer)
Pour ceux à qui ça ne parle pas :
Quatre vers de Tryo que j'aime beaucoup
"On veut de l'eau, toujours, qui coule
Et des rides un peu moins creusées
On veut de la jeunesse en poudre
Et puis de la neige en été"
J'avais fait une analyse de ces vers y a quelques années. Go essayer de la transposer ici :
Greenwashing est une chanson qui dénonce la surconsommation, son absurdité et ses tendances destructrices. Tout le long de la chanson, on a une anaphore, "On veut", qui reflète le désir/l'exigence d'une masse de personnes. Cette anaphore peut d'ailleurs sembler très infantile, car même si elle évoque les slogans de manifestations (où les personnes exigent qu'on respecte leurs droits), chaque vers brise cette impression en présentant des objets du désir très matériels, très futiles, voire carrément irréalisables. En gros, dans la forme, le texte de Greenwashing est un peu écrit comme l'autre versant des promesses de campagne quand on veut être délégué en école élémentaire ("des frites à la cantine !"), mais version adulte.
Les deux premiers vers que je cite au-dessus, "On veut de l'eau, toujours, qui coule,/Et des rides un peu moins creusées" jouent sur deux champs lexicaux, le temps et l'eau, qui sont souvent reliés en terme de vocabulaire (on dit "le temps s'écoule", ou "l'eau a coulé sous les ponts", par exemple). Ce que je trouve très efficace, c'est que ça parle aussi de la nature sans avoir à la nommer : l'écoulement de l'eau est un phénomène naturel, après tout, qui suit la loi de la gravité, tout comme le temps est une réalité observable et concrète.
Mais ici, on parle de la façon dont l'humain s'insère dans ce phénomène. "On veut de l'eau, toujours, qui coule" est un bon exemple : en premier lieu, ça peut donner l'impression d'être banal, voire un vers de remplissage, mais la façon dont c'est formulé suggère des idées particulières. À quoi sert de dire qu'on "veut" que l'eau continue toujours de couler, alors que c'est une loi naturelle qui est, de toute façon, antérieure à l'humain et continuera d'avoir lieu quoi qu'il arrive ? Pour moi, c'est un genre de message sur l'appropriation et l'obsession de contrôle qui viennent avec certains progrès : l'eau coule, selon le chanteur non pas parce que c'est un mouvement immuable de la nature, mais parce que l'homme le "veut". Mais pourquoi l'eau arrêterait de couler ? C'est là que le deuxième vers intervient pour faire paradoxe.
"On veut de l'eau, toujours, qui coule,/Et des rides un peu moins creusées". J'a-dore l'articulation de ces deux vers pour plein de raisons. Le sens le plus évident de "rides" rappelle les traits physiques qu'on a avec l'âge : en gros, ici, ce qui est demandé est que l'effet des lois de la nature ne soit pas trop visible, que la peau garde une apparence de jeunesse. Le "un peu moins" est amusant, comme si la voix de la chanson reconnaissait l'absurdité de la demande, mais s'attachait quand même à cette envie par superficialité. Donc en gros, on fait mine de respecter les lois immuables de la nature, mais de l'autre côté, si ça pouvait ne pas trop se voir, ce serait bien... Très fun. Mais mais mais !! Ce qui est fun aussi, c'est que "rides" peut aussi évoquer les creux naturels formés par l'écoulement des rivières ou ruisseaux, ce qui revient à la métaphore de l'eau. C'est ça, le paradoxe : l'eau ne peut pas couler toujours sans former ses rides, l'absurdité de la demande est juste là, mais le chanteur ne le voit pas, car il ne met pas ces deux éléments en lien. Il y a une réalité juste en face de lui : dans le cycle éternel de la vie, l'humain n'est qu'une portion dont les années sont comptées. Mais au lieu de l'admettre, il veut s'inscrire dans le mouvement éternel des phénomènes naturels, et de façon superficielle, puisque ce n'est qu'une apparence (les "rides") qui est en question ici. Il veut d'ailleurs à la fois la nature et l'absence d'effet, le "Et" est assez clair à ce sujet.
Mais voilà, ces deux vers peuvent encore paraître badins en apparence, de petites demandes sans conséquences adressées à Mère Nature. Les deux vers d'après, par contre, y vont nettement plus fort.
"On veut de la jeunesse en poudre/Et puis de la neige en été" : là, on part sur de l'impossible/du surnaturel. Et y a pas de "un peu moins" ou de quoi que ce soit pour atténuer, contrairement aux vers d'avant, ça balance sec. L'autre thème visible évoque la poudre (la "poudreuse" peut être un autre état de la neige) donc tout comme l'eau, quelque chose de matériel mais filant.
"On veut de la jeunesse en poudre" est à la fois très drôle et très alarmant, parce que ça suggère un état temporaire envié, une phase de la vie dont on ne contrôle en principe ni le début ni la fin, et ça l'imagine en tant que produit (puisque ça évoque la lessive et le lait en poudre). Évidemment, la "jeunesse en poudre" n'existe pas, mais la voix du chanteur l'exige comme quelque chose qui pourrait être conçu. En soi, un progrès (car inventer la "jeunesse en poudre" relèverait d'une capacité incroyable de l'humain, quelque chose qui aurait trait au divin), mais un progrès aussi contre-nature et inutile que celui des "rides un peu moins creusées", dont c'est un clair écho, version nettement moins humble : non seulement la voix du chanteur veut que l'humain bénéficie de quelque chose qui n'est pas naturel, mais en plus, que ce soit accessible, pratique. Parenthèse perso, mais je suis certaine que la version moderne de Greenwashing incluerait les IA génératives qui pillent l'art et polluent la planète, joie.
"Et puis de la neige en été", là, sans transition, la voix du chanteur se met à exiger pour l'humain quelque chose qui affecte directement la nature elle-même. La "neige en été", en principe, c'est un oxymore : en été, il fait chaud, il ne neige pas. Pourquoi vouloir de la neige dans cette période alors que c'est l'hiver qu'il est censé neiger ? À toutes les questions de cette espèce que la chanson peut poser, on n'a pour réponse que l'absurde anaphore du "On veut" : une exigence sans but ni point de départ autre qu'un appétit perpétuel de voir des événements avoir lieu, sans souci des effets négatifs que ça pourrait avoir. Et ici, la "neige en été" ne va bien sûr pas sans rappeler les désastres climatiques liés à la surconsommation et les pollutions qu'elle engendre.
Bref, voilà pourquoi j'aime beaucoup cet extrait de Greenwashing aha, j'ai peut-être pas tout dit donc n'hésitez pas à rajouter vos analyses ou remarques !
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