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Bases, Tocard et Pronostic Quinté du Mercredi 03/09/2025. Avis sur tous ...
Champ de courses
Trois cheveux au galop
Quinté-Plus n’a pas le moral. Le turfiste qui, un jour, s’était offert une impériale de Cheval Blanc 1947 grâce à un joli gain aux courses (lire ici) noie aujourd’hui son chagrin dans du mauvais vin. Dans son grand jour de bonté, Mains-d’Oursins a décidé de déstocker ses anciens flacons. Pas de chance pour la docte assemblée, c’est tombé sur un côte de bourg bon marché et vermouthé à force d’attendre autant d’années les lèvres des clients du Bar Universel. - Je ne comprends pas ces gens qui gardent trop leur vin, au point qu’il en devienne imbuvable, fit remarquer Quinté-Plus dans son élan de mauvaise humeur. Avec un cheval sur l’étiquette, en prime, le vin discount, bravo ! On aura tout vu… Mains-d’Oursins ne releva pas. A quoi bon. Quinté-Plus était chafouin depuis l’affaire de la viande de cheval retrouvée dans les lasagnes. On devine qu’il monta sur ses grands chevaux quand Pas-Possible poussa la porte de l’estaminet avec le genre de tirade qui fait mouche : - Vous connaissez la dernière ? La filière chevaline hennit de joie. Avec ce scandale agroalimentaire, les gens se rappellent qu’on peut manger du cheval et la vente de viande de bourrin serait dopée par tout ce battage médiatique ! Quinté-Plus arracha le journal des mains de Pas-Possible et, après un concours de sauts d’obstacles au courage entre tous ces mots qui font mal, il partit au quart de tour à travers le troquet en proférant des mots que la morale nous interdit de publier ici. Avec ses trois pauvres cheveux au vent sur son crâne d’obus, on eût dit un vieux galopeur affolé à la perspective de rentrer dans les stalles de départ. Ce grand regard noir hagard d’hongre bizarre fit même peur à Y’a-pas-l’feu, la serveuse. - Déjà que j’avais du mal avec les viandards, alors là, c’est le pompon, claironna Quinté-Plus. Le premier d’entre-vous que je trouve dans la chevaline du père Crayon-sur-l’Oreille, je l’étripe. Vous entendez bien, les poivrots du Bar Universel ? Je l’étripe, que je vous dis… Tout le monde piqua du nez dans son godet. Nez-Cassé, le boxeur rangé des rings, esquiva la colère du turfiste en poussant du pied tout discrètement son vieux cabas vichy, qu’il colla ainsi contre le zinc. Dedans, un papier vichy rose, assorti au cabas sortait tout droit de la chevaline du père Crayon-sur-l’Oreille. Il entourait une bonne grosse tranche de macreuse à steak de cheval. Si Quinté-Plus l’avait su, Nez-Cassé se serait rappelé au mauvais souvenir du KO qui mit un terme à sa carrière sur les rings, voici plus de vingt ans. Or, Nez-Cassé le sait sans doute plus que quiconque, on ne doit jamais mettre les gants contre ses mauvais souvenirs. --- Crédit photo, René Maltête