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Valéry Giscard d’Estaing qui est mort hier. Décidément, 2020 nous surprendra jusqu’au bout.
Bon jour et bonne semaine ☕ 📰
Valéry Giscard d'Estaing et Michel Poniatowski 🗼Paris 1964.
Photo Gamma-Keystone/ Getty Images
Les célébrations d’un V.G.E. « modernisateur » et « féministe » oublient que VGE était un Thatcher à la française qui, avec son premier ministre Raymond Barre, a commencé à attaquer au marteau-piqueur le système social de notre pays.
VGE féministe ? Bon, du calme. S’il a certes nommé Simone Veil ministre de la Santé, et si il a eu le courage indéniable de résister à son camp – les députés de droite ont très majoritairement voté contre la légalisation de l’avortement –, il a surtout cédé à l’énorme pression des féministes de l’époque, qui ne lui laissaient plus qu’une seule possibilité : abolir une ancienne loi devenue obsolète, inapplicable, et rapprocher le droit de la réalité du pays.
Sur le plan économique et social, VGE est l’homme de la crise de 1973, cette crise que l’on a longtemps cru énorme, et qui est aujourd’hui bien ridicule par rapport à celle des prêts immobiliers subprime en 2008, sans parler de celle du Covid. Car, faut-il le rappeler, en 1974, la France a connu une croissance de 4 % de son PIB, et une toute petite récession de –1 % en 1975, avant que la croissance ne reparte de plus belle.
Les fonctionnaires ? Des nantis
En 1974, lorsque Giscard accède à l’Élysée, il y a 400 000 chômeurs en France. Ils seront 1 600 000, soit une multiplication par 4, quand il cèdera la place, en 1981, à François Mitterrand qui l’avait qualifié lors d’un débat télévisé « d’homme du passif » pour cette raison. Même si l’ami François ne fera pas mieux au cours de son premier septennat, le nombre de chômeurs atteignant 2,6 millions en 1988.
Source : Le Figaro, « Trente ans de chômage en France, pourquoi ? », 27 janvier 2016.
En 1976, suite à la démission surprise de Jacques Chirac, Raymond Barre devient Premier ministre. Prof d’économie à la fac, Barre est un ultra-libéral, qui considère les fonctionnaires comme des « nantis », comme il le déclare lors d’une Université d’été des Jeunes démocrates-sociaux, en 1980. Pour Raymond, les emplois publics « mènent à la régression » économique, rien que ça.
Avec le deuxième choc pétrolier, en 1979, les fermetures d’usines se multiplient. Barre le dit : on ne fait pas d’omelette capitaliste sans casser des œufs ouvriers. En termes plus choisis, il refuse d’utiliser l’argent public pour « maintenir en activité des gens qui sont condamnés à disparaître », considérant un peu vite cette disparition comme inéluctable. C’est ainsi que la sidérurgie et le textile disparaîtront, ou peu s’en faut, de France, laissant des régions entières dévastées, terres de conquête de l’extrême-droite.
Guerre au chômage… ou aux chômeurs ?
En 1977, Raymond Barre décide d’un plan d’austérité. Paniqué par l’inflation, le « meilleur économiste de France » bloque les prix et les tarifs publics. Mais, surtout, il augmente les impôts sur le revenu et sur les sociétés, les cotisations salariales et les vignettes auto, ainsi que le prix de l’essence.
L’idée est d’abord de renflouer les caisses de l’État. Mais aussi de diminuer le pouvoir d’achat, afin de faire baisser la consommation et, espère-t-on, les prix. La chose fonctionne à merveille : le chômage poursuit sa course folle. Raymond fera donc l’inverse l’année suivante, en baissant cette fois-ci les impôts. Résultat : nouvelle hausse du chômage. Bravo, le meilleur économiste !
Alors, puisque la puissance publique ne l’est pas, reste cette solution vieille comme le monde : accuser les chômeurs d’être responsables de leur propre sort. Chez Barre, cela prendra la forme de l’injonction de « créer son entreprise », ainsi qu’il l’expliquera en 1980.
Constitution européenne, piège à État social
VGE ne reniera jamais son catéchisme libéral. En 2005, alors que les dégâts du tout-marché sont bien visibles – chômage de masse, pauvreté croissante, services publics en lambeaux – il en remet une grosse couche en rédigeant son projet de « Constitution » pour l’Europe, qui grave dans le marbre la « concurrence libre et non faussée ».
Or l’impensable se produit : des milliers de Français, contrairement à leurs élus, lisent le texte. Et sont pris de nausée devant cette ode à la concurrence, qui ne figure dans aucune Constitution au monde. Lorsqu’il était interrogé sur le sujet, VGE ne comprenait pas de quoi on lui parlait, répétant qu’il n’avait fait que reprendre ce qui était déjà inscrit dans le traité de Maastricht en 1992 – exact, coco, mais c’est justement ça le problème.
La suite, on la connaît : la France, l’un des très rares pays à avoir soumis le texte à referendum, vote massivement contre. Pas grave, les députés socialistes et de droite ratifieront un peu plus tard le Traité de Lisbonne, qui ressemblait comme une seule et même goutte d’eau au texte rejeté.
Pour ma part, je conserve cette relique de ce moment qui a vu les citoyennes et citoyens français s’emparer comme jamais auparavant de la chose européenne (notez le minois de VGE sur le T-shirt) :
Alors les louanges pour Valéry, ce sera sans moi. Par contre, je suis d’accord sur un point : l’Emmanuel Macron des ordonnances Pénicaud, du « pognon de dingue » des prestations sociales, des « Gaulois réfractaires », et de la rue à traverser pour trouver un emploi est bien son sinistre successeur.
Sauf que VGE a, lui, en 1979, accueilli 120 000 réfugiés cambodgiens et vietnamiens, ceux que l’on appelait alors les « boat people ». Alors que Manu est allé jusqu’à refuser, en juin 2018, à l’Aquarius et à ses 629 malheureux réfugiés de simplement rejoindre les côtes françaises. Bon, à la réflexion, ce serait bien si Emmanuel s’inspirait un peu plus de Valéry, et moins de Marine…
Valéry René Marie Georges Giscard d'Estaing, also known as Giscard or VGE, was born on February 2, 1926. He was a French politician who served as President of France from 1974 to 1981.
After serving as Minister of Finance under prime ministers Jacques Chaban-Delmas and Pierre Messmer, he won the presidential election of 1974 with 50.8% of the vote against François Mitterrand of the Socialist Party. His tenure was marked by a more liberal attitude on social issues—such as divorce, contraception, and abortion—and attempts to modernise the country and the office of the presidency, notably launching such far-reaching infrastructure projects as the TGV and the turn towards reliance on nuclear power as France's main energy source. He promoted liberalisation of trade. However, his popularity suffered from the economic downturn that followed the 1973 energy crisis, marking the end of the "Trente Glorieuses" (thirty glorious years of prosperity after 1945). He was forced to impose austerity budgets and allow unemployment to rise in order to avoid deficits. Giscard d'Estaing in the centre faced political opposition from both sides of the spectrum: from the newly unified left under François Mitterrand and a rising Jacques Chirac, who resurrected Gaullism on a right-wing opposition line. In 1981, despite a high approval rating, he was defeated in a runoff against Mitterrand, with 48.2% of the vote.
As president, Giscard d'Estaing promoted cooperation among the European nations, especially in tandem with West Germany. As former president, he was a member of the Constitutional Council. He also served as President of the Regional Council of Auvergne from 1986 to 2004. Involved with the European Union, he notably presided over the Convention on the Future of Europe that drafted the ill-fated Treaty establishing a Constitution for Europe. In 2003, he was elected to the Académie Française, taking the seat that his friend and former president of Senegal Léopold Sédar Senghor had held.
A 2014 poll suggested that 64% of the French thought he had been a good president. He was considered to be an honest and competent politician, but also a distant man. On 21 January 2017, with a lifespan of 33,226 days, he surpassed Émile Loubet (1838–1929) in terms of longevity, and became the longest-lived French president in history (94 years and 304 days).
On 14 September 2020, Giscard d'Estaing was hospitalised for care for breathing complications at the Hôpital Européen Georges-Pompidou in Paris. He was later diagnosed with a lung infection. He was hospitalised again on 15 November, but was discharged on 20 November.
He died from complications attributed to COVID-19 on 2 December 2020 at the age of 94. His family said that his funeral would be held in "strict intimacy". His funeral and burial was held on 5 December in Authon with forty people attending the event.
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