Trilogie Métaphysique, Partie I
Lecteur chéri, il est temps de l’avouer : j’ai eu une vie avant toi.
Préalablement à la naissance de ce petit bijou de bogossitude qu’est le tumblr sur lequel tu zones en ce moment même, j’ai en effet souillé quelques sites de mes fariboles malpropres.
Je ne suis pas fier de tout, mais j’aimerais, de temps à autres, déterrer un peu de ce vieux contenu et lui refaire une beauté #Cristina afin de le poster ici.
Voici donc le premier des articles remaniés qui seront progressivement publiés sur le blog.
“Remaniés” pour essayer d’en évacuer une certaine naïveté, pour en mettre à jour le fond en fonction des mes propres évolutions sur les questions évoquées et pour en éclaircir la forme.
Nous débuterons par une trilogie un peu “métaphysique”.
Le présent texte traitera de matérialisme scientifique, de relativisme, de nihilisme, de déterminisme et de l’inutilité profonde de la vie (joie).
Le prochain sera consacré à une théorie visant à élucider le Pourquoi de l’univers, et basée sur l’existence d’une infinité de mondes parallèles.
Enfin, le dernier reste à écrire, et ce sera une surprise. (indice : ça a un rapport avec le Dr Pepper)
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De tout temps, les Hommes ont été tiraillés par LA grande question, pouvant prendre de multiples formes.
Quel est le sens de tout cela ? Pourquoi sommes nous ici ? Quel est le but de notre existence ?
Une quête de sens qui a pour nom la Métaphysique.
A cette interrogation toute légitime, je répondrai tout simplement : 42 #référenceGeekH2G2SiSiT’inquiète.
Euh, non, je reprend. A cela, je répondrai tout simplement : du sens, il n’y en a aucun.
Et prendre cette position, c’est vulgairement ce qu’on appelle être Nihiliste. #thugLife
A l'origine de tout : la physique
Prenons donc pour acquise la chose suivante : le savoir scientifique est la seule “vérité” en laquelle nous pouvons croire. Je ne parle pas des connaissances incomplètes et sûrement erronées que l'homme possède de l'univers à un instant donné, mais, plutôt, d'une manière générale, du simple état de fait que l'univers fonctionne selon des principes et lois immuables. C’est la conception Matérialiste du monde.
Car tout, dans l'univers, que ce soit sur notre bonne vieille planète ou au fin fond d'un trou noir lointain, je dis bien absolument tout, obéit à des règles physiques et chimiques. Tout ce qui nous entoure est composé de matière (quarks, atomes, molécules,...), du simple caillou à nos cellules humaines. Et ces règles s'appliquent partout, en tout temps, de la même manière.
Si nous partons de deux univers A et B identiques (imaginons-nous au Big Bang), régulés par le même ensemble de règles, alors leur évolution sera indubitablement la même. Pas plus que dans un programme informatique il n'existe de hasard dans la physique : pour deux mêmes causes physiques strictement identiques, mêmes conséquences.
Le raisonnement reste bien sûr le même quelles que soient les abstractions proposées par les différents modèles scientifiques, y compris avec des théories WTF impliquant l'existence d'autres dimensions, d'un univers composé uniquement de cordelettes qui vibrent à des fréquences différentes pour donner les éléments infimes de notre univers, ou que sais-je encore : l'important est l'existence de lois. Peu importe, finalement, que la matière que nous ressentons ne soit qu’une vision subjective et factice de la réalité.
Le cerveau humain ne fait pas exception à cela : il s'agit d'un assemblage de cellules, obtenu par le mécanisme de l'évolution des espèces et par la sélection naturelle, qui a fini par donner cet organe étonnant et magnifiquement complexe qu'est notre encéphale. Il n'existe ni âme, ni quelconque "matière pensante" autre que celle formée par ces molécules, atomes, etc assemblés entre eux et réagissant au travers de réactions chimiques : tout est matière, au sens large du terme.
La réflexion, l'être, le choix, et tout ce qui s'ensuit
Ainsi donc, nous pouvons en déduire que la pensée en elle même n'existe pas. En effet, elle n'est autre que le fruit de ces réactions complexes mais purement physiques.
Notre vieux pote Spinoza est dans le juste quand il raconte l’histoire de sa pierre qui est lancée et qui pourtant se croit libre : ce n'est pas parce qu'elle a l'impression de faire usage de son libre-arbitre et de sa volonté pour "voler" que c'est effectivement le cas.
La réflexion n'en est pas une, il s’agit d’un traitement de données par une matière formant le cerveau. Le choix n'en est pas un, nous agissons comme l'évolution des espèces nous l'a appris, le mieux pour survivre, comportement agrémenté d’un certain nombre de contraintes biologiques, environnementales et sociales. Toute activité cérébrale est chimique, respectant les règles fondamentales de l’univers.
C'est déprimant, mais nous ne sommes rien de plus que de gros ordinateurs biologiques ultra-performants, dont l’activité - dans l’absolu, car évidemment c’est impossible ! - pourrait être calculée (bonjour Déterminisme).
La relativité de l'existence
Mais nous pourrions aller encore plus loin en nous interrogeant sur la réalité de notre existence même.
Si tout est matière, alors qu'est-ce qui délimite notre planète, les arbres, les poissons rouges, nous, notre cerveau, les atomes qui nous composent, les molécules d’air, les uns des autres ? Absolument rien. Tout est relatif, subjectif, tout est question d'échelle.
Prenons le mauvais exemple d'une forêt, une grosse, la forêt amazonienne, tiens. De loin, nous voyons la forêt dans son ensemble. Pas l'arbre, et encore moins la feuille ou la molécule de feuille. Il s’agit d’un ensemble unique.
Mais qu'est-ce qui délimite vraiment les frontières de cette forêt ? Notre point de vue subjectif.
Qu'est-ce qui sépare un arbre d’un autre con d’arbre ? Encore le point de vue adopté.
Qu'est-ce qui peut délimiter l'être humain, l'animal, de la terre, de l'air, de la chaise sur laquelle il est assis ? Absolument rien (enfin, si, notre point de vue, mais je pense que vous aurez compris le principe).
Tous les objets qui nous entourent existent car nous les imaginons ainsi, mais en réalité la notion d’objet est totalement subjective. L'univers n'est qu'un gros tas de particules interagissant entre elles. Et obtenues à cet endroit et à ce moment précis par ce que j'appellerais humblement le Darwinisme Physique. #toiAussiInventeDesMotsPourTeLaPeter
Le Darwinisme Physique est à l'univers et à la physique ce que le Darwinisme est à la sélection naturelle : l'évolution logique de la matière qui fait que, voilà, au final ça donne ce résultat, en conséquence de l’application des règles de la physique à un univers initial.
L’évolution des espèces n'en est qu'une application à la biologie.
Le célèbre "Cogito ergo sum" ("je pense donc je suis") de Descartes serait donc en totale contradiction avec les simples faits scientifiques : la pensée n'étant que réactions chimiques, et l'être humain n'existant physiquement que d'un point de vue très subjectif, le fait de "penser" ne signifie pas l'existence de quelconque "matière pensante" ou même individualité.
Monthy Python : le sens de la vie
OMGWTFBBQ, me ferez-vous remarquer, avec force raison. Mais alors, je n'existe pas, et ce que j'appelle moi n'est en réalité qu'un gros tas de particules au milieu d'autres, sans but réel, sans raison d'exister ? Mon existence n’est que chimère, diablerie !
Hé bah ouais, t'as tout compris mon ptit pote.
On peut bien sûr étendre la portée de cette illusion aux sentiments humains. Là encore, uniquement de la biologie, de la chimie, de la sélection naturelle, et tout le tralala. Cela fait longtemps qu'on nous répète que l'Homme n'est qu'un animal sexuel programmé pour survivre. Le reste n'est qu'invention, fruit de la société et de la culture environnante.
L'Amour ? Un mélange d'attirance sexuelle, d’inconscient, de préjugés, de mirages.
En tant que gros geek, j'aime bien la métaphore de l'univers comparé aux "couches" de l'informatique. Au plus bas niveau (d'abstraction), nous avons le circuit électronique. Ce qui pourrait correspondre à la matière. Puis le BIOS (les cellules vivantes), le Système d'Exploitation (les organes), jusqu'à arriver aux programmes, ce que nous voyons et ressentons en tant qu'être humain quotidiennement. Des sentiments et sensations de "haut niveau d’abstraction" qui n'existent pas.
Quant à la "morale", elle n’a par conséquent aucune validité, et diffère grandement selon les époques et les cultures. Rien n’est ni “Bon”, ni “Mauvais” en soi. Tout ce qui semble nous différencier de l'animal est en fait loin d'être logique, naturel et inné. Relativisme FTW.
Le paradoxe entre ce qui est vraiment, et comment nous devons le vivre pour que ce ne soit pas trop le bordel quand même, hein
Mais alors, si nous ne sommes que des machines biologiques, sans buts, sans raison d'exister, que devons nous faire ? Vivre sans amour, sans plaisir, dans la tristesse et le renoncement ?
Bien sûr que non ! C’est le grand paradoxe de la vie. L’essentiel est d'être conscient de la réalité, de ses propres déterminismes biologiques et sociaux. Mais nous devons en faire fi si nous ne voulons pas voir disparaître l'Humanité dans la dépression et le chaos.
Nous n'existons pas ? La pensée n'existe pas ? Les sentiments, l'amitié, l'Amour n'existent pas ? → Rien à branler. Il en va de notre survie de jouer le jeu. Tout en gardant la réalité à l'esprit afin de rejeter les tabous et autres interdictions stupides imposés par les moralistes de bas étage.
Il ne faudrait pas non plus tomber dans une sorte de déterminisme amoral qui voudrait que, du fait de la non-existence d'une réelle liberté, nous nous disions "que de toute manière tout est déjà prédéterminé", ou que "je peux faire tout et n'importe quoi, y compris les choses les plus horribles, c'est pas de ma faute de toute façon YOLO !". Un minimum de responsabilité personnelle est indispensable.
Ainsi donc, la manière la plus logique et rationnelle de vivre serait purement hédoniste : avoir le plus de plaisir, tout en souffrant le moins possible. J’ajouterais : en maximisant également le bonheur des autres. Pas seulement par pur altruisme (qui n’existe pas, soit dit en passant), mais car la gratification personnelle engendrée et l’estime de soi sont des éléments importants de cette satisfaction. Et puis, un monde solidaire, où chacun prend soin de l’autre, est autrement plus plaisant à habiter qu’une société où tout le monde se tire la gueule. Le bonheur individuel dépend du bonheur collectif, et vice-versa.
Voilà la seule définition du “bien” et du “mal” qui soit bénéfique à tous.
Pour conclure, la métaphysique, c’est de la merde. Il est vain de se poser des questions qui n’ont pas de réponse. Faites des trucs plus utiles, comme vous pinter la tronche, vous droguer, niquer, écouter de la bonne musique (pas du hip hop, donc) ou vous goinfrer de bons petits plats. <3