L’architecture dans le cosmos
Maison en forme d’anneau plantée en pleine nature sauvage, engin spatial posé au milieu du désert, habitat dédié au « Dieu » Soleil, certains architectes obsédés par les formes sphériques, la géométrie et le cosmos nous offrent de bluffant exercices de style. La volonté de faire vivre une expérience unique dans un cadre exceptionnel semble être l’inclination du moment.
« The Sun Path House » rayonne à Miami
Baptisée en anglais « Le chemin du soleil » par son concepteur un peu fou, l’architecte new yorkais Christian Wassmann s’est appuyé sur la trajectoire effectuée par l’astre solaire à Miami pendant le jour le plus long de l’année pour tracer la forme du gigantesque escalier constituant la colonne vertébrale de la maison. Résultat, une imposante spirale de béton comme une sculpture circulaire dessert l’étage où l’espace est complètement modelé de ses rondeurs, que ce soit la chambre ou la salle de bain jusqu’au toit terrasse.
De larges baies vitrées font entrer le soleil de toutes parts. Passionné par le cosmos et l’astrologie depuis un voyage au Rajasthan et la visite de l’observatoire de Rajar Mantar qui fut la révélation, la toquade de Christian Wassmann pour les formes sphériques et la géométrie ne s’est depuis jamais arrêtée et fait partie intégrante de son travail.
« Nous sommes tous faits de poussières d’étoiles, l’architecture doit être centrée sur l’humain et ses connexions terrestres mais aussi célestes, c’est une histoire d’énergie avant tout.» indique l’architecte américain accro à la philosophie indienne.
Studio Christian Wassmann : www.christianwassmann.com
Dans le cercle de la vie sauvage
Cette villa en forme d’anneau géant fait véritablement figure d’ovni. Issue du projet « Solo Houses » initié par l’entrepreneur Christian Bourdais, elle a été bâtie sur les terres sauvages de la région de Matarrana, considérée comme la Toscane espagnole. Fruit de l’imagination débordante des architectes bruxellois Kersten Geers et David Van Severen, le duo a eu une totale carte blanche pour leur incroyable création. L’idée géniale ? Faire en sorte qu’on ne sache plus si on vit dehors ou dedans, la maison n’ayant aucun mur.
Dotée uniquement de façades coulissantes, qu’on positionne comme on veut, elle peut se vivre en total liberté et s’effacer ainsi au profit de la nature environnante. Seul le toit posé sur quatre colonnes donne le caractère circulaire. Dormir à la belle étoile, cuisiner de façon totalement ouverte sur l’extérieur, tout est possible à condition d’aimer circuler en rond car pour atteindre les différents espaces de vie, il faut forcément faire le tour!
Pour les architectes, la « contrainte » liée au cercle donne au contraire une impression d’infini dans la déambulation. Cette façon inédite d’appréhender l’espace qui n’est plus carré comme on a l’habitude de le concevoir est tout simplement déroutante. Le patio intérieur prend ainsi une allure de bulle protectrice. Sa vocation est de devenir une maison à louer pour les vacances.
Office Kersten Geers David Van Severen : www.officekgdvs.com
« The Joshua Tree Residence », étrangeté au milieu du désert
Nichée en plein cœur d’un parc national du même nom dans le désert californien, le décor quasi lunaire confère d’emblée à cette incroyable maison aux allures d’engin spatial une dégaine futuriste. Imaginée par l’architecte anglais James Whitaker, elle a été construite uniquement à partir de containers pour une résidence privée et les travaux viennent de s’achever.
Les pièces à vivre se situent toutes au raz du sol, le salon et la salle à manger trônent au milieu de façon circulaire, tout autour s’articulent les chambres et les pièces d’eau. Chaque container constitue une pièce différente et a été savamment orienté pour faire comme une boîte ouverte sur une perspective ou un paysage en particulier. Les vues sont à couper le souffle. Ceux orientés vers le ciel sont comme des bras-fenêtres tendus vers les cieux.
Imaginez le spectacle de nuit et l’impression magique d’admirer un ciel étoilé comme avec un télescope. Inutile de préciser qu’il faut effectivement un paysage à la hauteur de la maison pour avoir le même effet contemplatif ! Etonnamment, l’architecte James Whitaker avait conçu les plans de cet impressionnant habitat dès 2010. Destiné à une agence de publicité pour ses bureaux, elle ferma subitement ses portes avant l’aboutissement du projet.. Sept ans plus tard, il est contacté par un homme à Los Angeles qui a repéré son prototype sur internet. Quelques mois plus tard, la Joshua Tree Residence surgissait des terres arides californiennes !
Studio Whitaker : www.whitakerstudio.co.uk
« Geodesic House 02 », comme un ruban
Derrière cette époustouflante maison qui donne l’impression que ses murs sont plats et enroulés comme un ruban, Cameron Wu, professeur d’architecture à l’université de Harvard, mordu de géométrie. Sa Geodesic House est à l’état de prototype mais devrait voir le jour dans le Vermont prochainement.
Des symboles géométriques omniprésents à commencer par la figure du toit, en vue aérienne, il forme le symbole de l’infini. Passionné par les espaces curvilignes, il n’y voit que des avantages à commencer par l’aspect écologique. Les pièces circulaires (les dômes compris) seraient plus faciles à chauffer et donc mieux adaptés aux climats froids.











