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Les requins autour de l’île de la réunion n'avaient jamais été étudié avant la crise, mais ils ont toujours été très présents. Il y a des témoignages qui remontent jusqu'au XVIIIème siècle, à l'époque de l'esclavage, où les propriétaires blancs sacrifiaient des esclaves en les jetant en pâture aux requins pour dissuader les autres de s'enfuir de l’île.
Depuis, la population Réunionnaise était traditionnellement tournée vers la montagne. Les gens ici sont terriens, leur contact avec l'océan s'est longtemps limité uniquement à la pèche.
Mais dans les années 70, une nouvelle population, jeune et sportive a commencé à s'approprier les bords de mer. Le surf et la baignade se sont démocratisés, et sont devenus un argument touristique très lucratif.
Le risque de rencontrer un requin existait et était connu, mais il restait acceptable pour les passionnées de vagues. Les accidents n'arrivaient pas plus d'une fois par an.
Jusqu'en 2011, où de manière inexplicable, les attaques se sont succédé à une vitesse inquiétante. 20 attaques en 4 ans, dont 7 mortelles.
Une autre vient tout juste d'avoir lieu, fin février, à l'est de l’île.
La quasi-totalités sont imputables au requin bouledogue.
Le tourisme côtier s'effondre, les clubs mettent la clé sous la porte, et toute une partie de la population gronde pour qu'on lui donne des explications et qu'on stoppe le phénomène. Mais personne ne peut expliquer cette recrudescence et personne n'a de solution. Chacun cherche un bouc émissaire. Les fermes aquacoles et la réserve marine deviennent la cible des protestations parfois violentes et vont jusqu'à recevoir des cocktails Molotov sur leurs locaux. Les fermes aquacoles finissent par mettre la clé sous la porte, malgré qu'on ai pu prouvé après coup qu'elles n'avaient pas de lien avec la présence massive de requins.
En 2012, alors que la tension monte d'un cran après de nouvelles attaques mortelles, Les autorités mettent en place le programme CHARC, une étude de grande ampleur visant à récolter des données sur ces requins que l'on ne connait pas.
En parallèle, les associations locales s'organisent et militent pour une pèche immédiate, afin de réduire le nombre de requins. Le Comité des Pèches lance, en 2014, son initiative Cap Requin, des prélèvements "de régulation" aveugles et sans réelle stratégie, puisqu'on ne connait ni le nombre, ni la provenance des requins.
Le programme CHARC, terminé en 2015, n'a apporté que peu de réponses concrètes, mais il a pu relever les premières pistes sur les comportements des bouledogues.
Le programme EcoReco-Run a depuis pris le relais. Contrairement au programme CHARC, qui marquait des requins avec une sonde acoustique afin de suivre leurs déplacement (un fonctionnement qui fit polémique auprès de la population, qui ne comprenait pas l'idée de relâcher des requins potentiellement dangereux une fois capturés), le programme EcoReco-Run se base sur la dissection de spécimens de Bouledogues péchés par Cap Requin.