Je me suis retrouvée seule. Seule comme je l’avais pas été depuis longtemps. Seule et vide. Mais pourtant remplie. Remplie d’émotions que j’étais incapable d’identifier, de comprendre, et de gérer. Ça fait une semaine, une semaine que je suis pas moi. Une semaine qu’on me répète chaque jours que j’ai l’air fatiguée. Une semaine que j’ai des migraines à n’en plus finir. Une semaine que j’essaye de comprendre. Comprendre si c’est son suicide qui me fait si mal. Comprendre si c’est les examens et la fin de cette année si intense qui m’épuisent. Comprendre pourquoi je n’arrive plus à être forte, vivante, heureuse. Une semaine que je fuis, que je me tais, que je me mens. Une semaine que je rate mes réveils, que j’arrive en retard, que je m’habille avec les premiers vêtements que je vois, que j’oublie de me doucher, de manger. J’ai fuis jusqu’à ce soir. Seule dans cette si grande maison. Seule face à moi-même. Seule avec les images du matin. De cet enterrement insurmontable. Ces visages décomposés. Ces discours sublimes. Et moi en miettes, emprise de flashs de tous ces cauchemars où je nous voyais enterrer mon cousin il y a 3 ans quand il était encore dans le coma après son accident, des flashs de l’enterrement de ma grand mère il y a 2 ans et de celui de ma tante il y a 16 ans, des flashs où j’ai imaginé ma famille à la place de la sienne quand moi-même je voyais le suicide comme seule issue. Retours dans le passé, retour à la gamine de 17 ans coincée en hp parce qu’incapable d’y croire encore. J’ai fais une énième crise d’angoisse ce soir, une des pires. Des plus brutales et des plus puissantes que j’ai jamais vécu. Mon corps et mon cerveau qui explosent à l’unisson mais pourtant pas foutu de s’accorder. Ça m’a terrassée, tétanisée, terrifiée. J’ai cru étouffer, j’ai cru que ça ne s’arrêterai plus. J’ai eu peur, j’ai eu mal. Et malgré ça, je ne sais pas expliquer ce qui ne va pas. J’ai la vie de mes rêves, j’ai de beaux projets, je suis pleine de bonheur et entourée de bonheur. Mais c’est au delà de ça, au delà de moi. Je suis incapable d’expliquer, incapable de trouver les mots, incapable de comprendre tout simplement. Je sais pas ce que j’ai. Ça ne va pas, mais je ne sais pas pourquoi.












