Rovina Cai
En route vers Maleroque, prochain roman...
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@yaoul
Rovina Cai
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Le domaine des contes de fĂ©es est vaste, profond, Ă©levĂ© et empli de bien des choses diverses : lâon y trouve toutes sortes dâanimaux et dâoiseaux ; des mers sans rivage et des Ă©toiles innombrables ; une beautĂ© qui est en mĂȘme temps un enchantement et un pĂ©ril toujours prĂ©sent ; ainsi que des joies et des peines aussi perçantes que des Ă©pĂ©es. Un homme peut se considĂ©rer comme fortunĂ© dâavoir vagabondĂ© dans ce royaume, mais la richesse et lâĂ©trangetĂ© de celui-ci lient la langue dâun voyageur qui voudrait les rapporter. Et tandis quâil ne sây trouve, il est dangereux pour lui de poser trop de questions de crainte que les portes ne se ferment et que les clĂ©s ne soient perdues. (...) Pour le moment, je me contenterai de dire ceci : un « conte de fĂ©es » est une histoire qui touche Ă la FaĂ«rie ou sâen sert, quel quâen puisse ĂȘtre lâobjet principal : satire, aventure, moralitĂ©, fantaisie. (...) Sâil existe la moindre satire dans le rĂ©cit, il est une chose qui ne doit pas ĂȘtre moquĂ©e, câest la magie elle-mĂȘme. Dans cette histoire, elle doit ĂȘtre prise au sĂ©rieux ; il ne faut ni en rire, ni sâen dĂ©barrasser par une explication.
J.R.T Tolkien, Faërie, Christian Bourgois, 1996
Bande originale du proximo roman en chantier.
Philip K. Dick, Conférence de Metz de 1977, publiée aux éditions de l'Eclat :
http://www.lyber-eclat.net/livres/si-ce-monde-vous-deplait/
Texte d'une élÚve rennaise, écrit suite à un atelier d'écriture que j'ai encadré au lycée Jean Macé. Consigne : détourner le célÚbre extrait de Taxi Driver dans lequel Travis Bickle (Robert De Niro) se menace d'une arme face à un miroir. Le but était de remplacer Travis par le personnage de fiction préféré de l'élÚve.
Nina est accroupie au pieds de son lit dans sa chambre, univers de fillette bercée d'illusions malgré son ùge, ayant dépassé la majorité. A ses cÎtés, sont posés ses chaussons de danse classique.
"Regarde ce que tu as fait d'eux, sale enfant capricieuse. MaltraitĂ©s, salis, trahis, bannis. Ils Ă©taient des fruits d'Eden et tu en as fait des Ă©tincelles diaboliques. Regarde ton massacre, c'est ton crime, sale garce. Tu vois, tu les as rendu inutiles, souillĂ©s, inaccessibles. T'es qu'une bonne Ă rien, voilĂ ce que t'es. Et encore, rien, c'est trop pour toi. L'unique fille de ta mĂšre, elle qui te choie et place tout espoir en toi. C'Ă©tait le rĂȘve, c'Ă©tait l'Ă©toile, c'Ă©tait le papillon qui sortait du cocon. Et toi, chose au sol, loque intouchable et sans valeur, tu as tout gĂąchĂ©. Aucune vie sociale, aucun talent, aucun avenir. La seule possibilitĂ© de te rendre utile Ă©tait de faire vivre ta chĂšre maman. Mais regardes-toi, saletĂ© ! Une peste incapable de tenir sur tes pointes de pieds, incapable d'effectuer un entrechat ou une arabesque ! MĂȘme pas foutue de rentrer dans un tutu... Alors, l'incapable, tu t'es vraiment vue ? T'es minable, ma pauvre. Encore plus pitoyable lorsque tu te goinfres. Encore plus misĂ©rable lorsque tu te scarifies. DĂ©sespĂ©rĂ©ment pĂ©nible quand tu t'entraĂźnes. Enfin, si on peut appeler ça un "entrainement"... Tu tâessouffles tel un cachalot errant dans l'ocĂ©an. Mais rĂ©veille-toi ! RĂ©veille-toi et agit ! Tu ne vas pas contempler ces sirĂšnes te voler la vedette toute la vie. Ta survie... LĂšve-toi et enfile ces chaussons de danse, entraĂźne-toi jusqu'Ă ne plus tenir debout, refuse les gĂąteaux de ta malheureuse mĂšre et danse. Danse ! Danse jusqu'Ă dĂ©crocher la Lune. Danse jusqu'Ă dĂ©rober le coeur du public. Tu dois obtenir le rĂŽle principal du prochain ballet. Tu as entendu ton professeur ? Il manquerait plus que tu sois sourde. Il suffit de jouer la comĂ©die, idiote. Tu seras la meilleure. Tu dois ĂȘtre la meilleure. Comment ça, tu as faim ? Tu oses te plaindre d'ĂȘtre affamĂ©e alors que les autres danseuses sont si lĂ©gĂšres, souples, gracieuses, raffinĂ©es ? Tu devrais avoir honte, je ne sais pas comment tu fais pour continuer Ă respirer. Je ne te connais pas, toi cette chose ainsi affalĂ©e Ă mĂȘme le plancher. Les Ă©toiles, elles, flottent dans le ciel. Elles voguent au grĂ© de la nuit. Toi, tu ne pense qu'Ă dĂ©vorer le ciel, t'es immonde. Les Ă©toiles, elles s'envolent, elles sâenivrent, elles brillent. Non, tu vas dĂ©crocher le rĂŽle du Cygne noir dans le prochain ballet. Tu seras l'Etoile. Tout ce que tu fais ne suffit pas. Les dominĂ©s ne font que participer, les faibles ne font qu'essayer. Tu remporteras la victoire, tu gagneras l'admiration du monde entier, tu seras parmi les combattantes. Bats-toi!"
Les voix dans la tĂȘte de la jeune fille cessent soudainement. Elle se met Ă trembler, son esprit Ă©clate en mille morceaux. Morceaux qui se rependent instantanĂ©ment sur sa peau, laissant percevoir une multitude d'Ă©cailles. Le dĂ©but d'un plumage malsain, une mutation angĂ©lique. Pas de douleur, pas de peine. Nina Ă©prouve un malin plaisir Ă ressentir cette mutilation glisser dans son cou, courir dans son dos, nager dans ses cheveux, égratigner ses doigts, grimper sur ses hanches... Elle se gratte, gratter son Ăąme pour la nettoyer, la purifier, la pardonner. Son Ăąme la chatouille, son Ăąme la dĂ©range. Les Ă©cailles s'Ă©vanouissent, le corps pĂąle et frĂȘle roule sur le parquet, grinçant. Les chaussons clairvoyants prennent une teinte foncĂ©e. Ses petits objets transpirent le sacrifice. Une couleur dĂ©lavĂ©e apparaĂźt, une parfum Ăącre embaume la piĂšce. Les chaussons s'enlisent dans une flaque enchanteresse et sombre, les reliant ainsi au cadavre frais. Par le faux espoir de les rĂ©utiliser un jour. La mĂšre de Nina entre en catastrophe dans la chambre de sa fille... Nina ne s'est pas vraiment perdue. Aucun abandon, aucune trahison. Nina plane juste un moment parmi les arc-en-ciel.Â
Elle voulait effleurer le Soleil avant que la pluie ne vienne.
Maigné Sarah, élÚve de 1L2, Lycée Jean Macé.
s-t-e-a-m-p-u-n-k
adventures-of-the-blackgang: Nauti-Gals ! retrogasm: âArghhhh mateyâŠâ
DĂ©jĂ , j'aimais Joe Dassin. Mais alors lĂ , ce n'est pas loin de devenir de lâidolĂątrie.Â
La Bande Ă Bonnot (la vraie, la fausse) viendra faire un petit tour de voiture dans mon prochain roman.
Se laisser envahir. Ignorer le vacarme. Dompter le mistral. Se laisser faire. Se regarder vivre. Se voir perdre. S' entendre maudire. Se sentir mourir. S' ecouter parler. Se faire suer. Se laisser choir. S'ouir sombrer. Se sentir vivre. S'entendre dormir. Se laisser faire, s'ecouter crier, s 'endormir. Zzzzzzzz. Se laisser réveiller. Se lever joyeusement. Partir au front. Se faire enfaver. Se voir abandonner. Se faire voir. Se faire avoir. Se voir faire. Se voir fuir. Se faire luire. S'enduire de farine. S'enquiquiner, se fondre. Saliver, s'en foutre. Saturer, s'en remettre. S'en mettre plein. Se tordre, rire. Se mordre, langue. Se former, forcer. Renoncer sans combattre. Battre le faire. Faire le mort.
https://export.writer.zoho.com/public/strofka/untitled20/fullpage
La sociĂ©tĂ© ne mâaccordait que trois moyens dâexistence : le travail, la mendicitĂ©, le vol. Le travail, loin de me rĂ©pugner, me plaĂźt, lâhomme ne peut mĂȘme pas se passer de travailler ; ses muscles, son cerveau possĂšdent une somme dâĂ©nergie Ă dĂ©penser. Ce qui mâa rĂ©pugnĂ©, câest de suer sang et eau pour lâaumĂŽne dâun salaire, câest de crĂ©er des richesses dont jâaurais Ă©tĂ© frustrĂ©. En un mot, il mâa rĂ©pugnĂ© de me livrer Ă la prostitution du travail. La mendicitĂ© câest lâavilissement, la nĂ©gation de toute dignitĂ©. Tout homme a droit au banquet de la vie. Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend. Le vol câest la restitution, la reprise de possession. PlutĂŽt que dâĂȘtre cloĂźtrĂ© dans une usine, comme dans un bagne ; plutĂŽt que mendier ce Ă quoi jâavais droit, jâai prĂ©fĂ©rĂ© mâinsurger et combattre pied Ă pied mes ennemis en faisant la guerre aux riches, en attaquant leurs biens. Certes, je conçois que vous auriez prĂ©fĂ©rĂ© que je me soumette Ă vos lois ; quâouvrier docile et avachi jâeusse créé des richesses en Ă©change dâun salaire dĂ©risoire et, lorsque le corps usĂ© et le cerveau abĂȘti, je mâen fusse crever au coin dâune rue. Alors vous ne mâappelleriez pas « bandit cynique », mais « honnĂȘte ouvrier ». Usant de la flatterie, vous mâauriez mĂȘme accordĂ© la mĂ©daille du travail. Les prĂȘtres promettent un paradis Ă leurs dupes ; vous, vous ĂȘtes moins abstraits, vous leur offrez un chiffon de papier.
Alexandre Marius Jacob, "Pourquoi j'ai cambriolé" (adresse aux juges qui l'enverront au bagne). [infokiosques.net] - Pourquoi j'ai cambriolé
via adventures-of-the-blackgang
Marseille 1900 + Steampunk + piratesses.
PiÚtre oulipien car nul arithméticien Bourbaki embarqué dans un sale gourbi Queneau lui eut dit : que nenni, ami, nul n'entre ici s'il n'est Isocélien.
ExposĂ©s comme nous le sommes Ă une infinitĂ© de dangers, notre destinĂ©e est bien diffĂ©rente de celle des autres hommes. Aujourd'hui vivants, demain morts, que nous importe d'amasser et de mĂ©nager ? Nous ne comptons que sur le jour que nous avons vĂ©cu et jamais sur celui que nous avons Ă vivre. Tout notre soin est plutĂŽt de passer la vie, que d'Ă©pargner de quoi la conserver.â
Un flibustier cité par Oexmelin dans Histoire d'aventuriers qui se sont signalés dans les Indes (1678)