old money. || mary&quinn
Leur raid n’était pas un brillant succès. La supérette vers la sortie de la ville ne contenait pas des masses de ravitaillements ; quelques cochonneries par-ci par-là. Mais rien qui ne tienne vraiment à l’estomac, comme un bon steak saignant ou des pâtes à la carbonara. Quinn se demandait parfois s’il aurait un jour la chance de re-manger normalement, attablé en compagnie de ses parents coincés dans un mariage vidé de tout amour. S’il aurait la chance de leur présenter sa petite-amie et de subir les blancs embarrassants, sa main posée sur la cuisse de Mary. Est-ce qu’il survivrait assez longtemps pour voir la Zone disparaître ? Est-ce qu’elle s’effacera au moins un jour ? Néanmoins, il avait balayé ses réflexions lorsque des mouettes s’étaient mises à tournoyer au-dessus de lui et de la blonde vénitienne, tels des vautours affamés. Elles avaient été modifiées au même titre que beaucoup d’animaux, et de quelques personnes dotées de pouvoirs. Depuis la paire poursuivait une course acharnée.
La garce de peur familière à Quinn trônait au sein de ses boyaux alors qu’il agitait frénétiquement les bras au-delà de sa tête pour préserver au maximum son crâne des attaques de griffes acérées des volatiles aux croassements de grenouilles. ❝ Là-bas ! ❞ s’écriait-il véhément à l’adresse de Mary, sans pouvoir se résigner à pointer la cabane de l’index. Mais là, il s’aperçut qu’elle ne trottait plus à ses côtés et cette réalisation manqua de le tuer, faisant volte-face. Lors de son arrêt, il se ramassa une estafilade à la joue et sa chair brûla à vif. ❝ MARY ! ❞ Affolé, paniqué, alerté. Son attention atterit sur sa chevelure flamboyante sous le coucher du soleil. Elle était recroquevilée au sol, entourée par des mouettes sauvages. L’ancien Quinn aurait continué sa route pour se mettre à l’abri (il s’en veut pour y avoir songé l’espace d’un instant) mais l’actuel n’envisageait pas sa vie dans la Zone sans elle. Il perdrait goût à tout s’il venait à la perdre ; elle était sa salvation, son brin de lumière dans l’obscurité. Il en était complètement raide dingue. Alors, il s’élança à toute vitesse vers elle en expulsant un cri supposé le requinquer de courage - mais c’était un bonus si ça pouvait effrayer les bêtes. ❝ Je ne partirai pas sans toi putain, Mary ! ❞ s’insurgea-t-il en l’aidant à se relever, cible aux griffes et aux becs de leurs ennemis. Ils avaient réussi à percer le sac bourré de rations de la jeune femme et ça gonfla encore plus le brun qui flanqua violemment son coude dans la gueule béante d’une mouette. ❝ Cours, cours aussi vite que tu peux jusqu’à la cabane, cours sans te retourner ! ❞
L’attaque des mouettes mutantes l’avait totalement prise au dépourvu, se maudissant pour avoir crû qu’ils n’allaient rencontrer aucuns soucis. Elle aurait dû mieux savoir ! Sa main veut se loger dans celle de Quinn mais les coups de griffes la retiennent d’émettre le moindre mouvement vers lui, et, soudainement, une armada de becs frappe en plein dans ses jambes, même derrière ses genoux. Son hurlement est mangé par les bruits suraigus provenant de leurs assaillants volants et son corps bascule à l’avant lorsque ses jambes cèdent sous son poids, se couvrant instinctivement la tête de ses bras chétifs. Les filaments de sa chevelure sont tirés férocement par leurs becs et son dos subit des agressions conséquentes. Mais elle ne pleure pas, même si c’est pas l’envie qui manque. « Non, va-t’en ! Enfuis-toi ! » Ces mots suppliants sont destinés à son petit-ami, apparu à ses côtés tel son plus beau miracle. Ce qu’il est : il s’est montré si compréhensif envers la boulimie de la rouquine. Il la comprend comme personne auparavant, c’était aussi effrayant qu’incroyablement libérateur. C’est pour cela qu’elle ne supporte pas l’idée qu’il se mette en danger pour elle. « Quinn ... » Mais il ne laisse pas de place à la protestation. Son bras se glisse sous ses aisselles et lui permet de la planter sur ses deux pieds, soulevant un sac en lambeaux dans son dos. Ce dernier a paré les offenses des mouettes en épargnant cette région du corps de Mary. « Pas sans toi ! » Elle peut aussi se montrer sévère, elle est habituée à devoir être autoritaire grâce à son rôle à la crèche. Donc ses doigts capturent ceux du brun, et elle se met à tracer à vitesse grand V vers la fameuse cabane, talonnés par la nuée de volatiles. Ils ne s’arrêtent qu’une fois qu’ils se sont faufilés à l’intérieur de l’endroit, fermant précipitamment la porte. La rouquine s’écarte et se plie en deux histoire de retrouver son souffle, les joues empourprées. Ses épaules sont lancinantes dû aux innombrables griffures mais ce qui l’emporte, après s’être remise de leur course et s’être débarrassée du sac qui n’en est plus vraiment un maintenant, c’est inspecter les dégâts de son partenaire. « Quinn, ton torse ... » Elle hoquette d’une voix imprégnée d’inquiétude, promenant une main menue sur le t-shirt déchiqueté du brun. Il laisse entrevoir les diverses coupures sanguinolentes.













