Tra le due sponde - Entre deux rives
Quando attraverso il mare, sento scorrere dentro di me le energie degli uomini che nei millenni hanno attraversato queste acque alla ricerca di nuovi porti dove approdare. Mercanti, guerrieri, esploratori partiti per fuggire o per il bisogno di conoscere i luoghi oltremare. I secoli passano inesorabili ma quelle tratte continuano a essere consumate da insaziabili viaggiatori.
Quand je traverse la mer, je sens courir en moi les énergies des hommes, qui par milliers ont traversé ces eaux à la recherche de nouveaux ports où s’échouer . Marchands, guerriers, explorateurs partis pour fuir ou par désir de connaitre de lointains horizons . Les siècles ont passés inexorablement, mais ces chemins sont toujours parcourus par les insatiables voyageurs.
L’agitazione delle onde si fa sentire e noi cominciamo ad accusare il tanto temuto mal di mare. Il gruppetto di pescatori siculi con cui cominciamo a chiacchierare, invece, sembra non accorgersi di niente. Hanno visto di molto peggio.
Ci raccontano il percorso del tonno:
“Il tonno nasce nell’Atlantico e attraversa lo stretto di Gibilterra fino ad arrivare nel mar Mediterraneo, dove trova il suo habitat ideale. E’ Nello stretto di Messina che incontra il suo nemico naturale, il pesce spada. Questo lo porta a deviare il suo percorso costeggiando la Sicilia, fino ad arrivare alle coste della Tunisia.”
Le roulement des vagues se fait lentement sentir et nous commençons a souffrir du mal de mer tant redouté. Le petit groupe de pêcheurs siciliens avec lequel nous avons commencé à discuter ne semble pas affecte. Ils ont vu bien pire.
Ils nous racontent le trajet du thon:
“Le thon nait dans l’Atlantique, passe le détroit de Gibraltar pour arriver finalement en mer Méditerranée, où il trouve son habitat idéal. C’est ensuite dans le détroit de Messine qu’il rencontre son ennemi naturel, l’espadon, le forçant à longer la Sicile jusqu’aux côtes tunisiennes.”
Sulla rampa d’imbarco del traghetto per la Sicilia incrociamo una ragazza piccoletta alle prese con un enorme carrello carico di scatoloni. Dopo averla aiutata a portarlo fino alla nave, ci rivela il contenuto delle scatole: ceramiche di Nabeul, saranno le bomboniere per il matrimonio della sorella.
Diventa la nostra nuova compagna di viaggio, durante il quale ci racconta la sua storia alternando parole in siciliano e dialetto tunisino.
“I miei genitori si sono conosciuti alla dogana tunisina, dove mia madre lavorava. Mio padre si innamorò subito di lei e per corteggiarla le portava sempre delle mele rosse. Tre giorni dopo il loro matrimonio andarono a vivere in Sicilia.”
Sur la rampe d embarquement du trajet vers la Sicile, nous croisons une fille toute petite aux prises avec une énorme charrette remplie de cartons . Nous l’aidons à la porter sur le bateau. Les cartons pèsent une tonne. De la céramique de Nabeul, nous dit-elle. Un cadeau pour le mariage de sa sœur.
Devient notre nouvelle compagne de voyage, durant lequel elle va nous raconter son histoire, alternant mots de derja et dialecte sicilien.
“Mes parents se sont rencontrés à la douane tunisienne, où ma mère travaillait. Mon père est aussitôt tombé amoureux d’elle. Pour la courtiser, il lui apportait tous les jours des pommes rouges. Trois jours après leur mariage, ils sont allés vivre en Sicile.”
Sono già passate un paio d’ore da quando la nave si è allontanata dal porto di Cagliari, il sole è ormai tramontato da un pezzo e io me ne sto sul ponte a fumare sigarette con un ragazzo algerino conosciuto poco prima. Guardiamo il mare immersi nel rumore delle onde.
Alla fine, il ragazzo rompe il silenzio:
“Avevo dieci anni quando sono partito clandestinamente per l’Italia. La nostra imbarcazione è colata a picco e ho passato quattro giorni disperso in mare solo e alla deriva: ho perso molti dei miei amici in quella traversata. Sono stato ritrovato da una nave che mi ha portato in Sardegna.”
Deux petites heures après que le bateau ait quitté le port de Cagliari, le soleil déjà couché depuis longtemps, je fume une cigarette sur le pont avec un garçon algérien. Je viens de le rencontrer. On regarde la mer, immergés dans le bruit des vagues.
Enfin, le garçon rompt le silence.
“J’avais dix ans quand je suis parti clandestinement pour l’Italie. Notre embarcation a coulée à pic et j’ai passé quatre jours en mer, seul à la dérive : Beaucoup de mes amis sont morts dans cette traversée. Un navire m’a trouvé et m’a amené en Sardaigne.”

















