Récit accouchement
40 sa+2. Mercredi 15 juin à 3h le jour où notre vie a changé à tout jamais.
Ça me tire en bas du ventre , rien d’alarmant je ne me lève pour aller aux toilettes et je sens quelque chose qui coule, perte des eaux ? Fissure ? Contraction? Début du travail ? Je ne le sais pas encore, mais ça va être le début de 37 longues heures
Je vais dans mon salon et je marche, je tourne en rond , je fais les 100 pas, aller retour entre le canapé et la chambre de notre fille. Bien évidemment j’ai Mia ( notre maître, oui clairement on est ses esclaves humains) elle me réclame de du pâté depuis que je suis debout en me suivant partout dans l’appartement à attendre que je la nourrisse
J’ai l’impression qu’elles se rapprochent alors j’écris dans mes notes chaque minute de contraction. Je me rend vite compte qu’elles sont plus très loin l’une de l’autre, je préfère appeler la maternité.
Il est encore tôt, je peux me préparer à venir quand « la douleur n’est plus gérable » mais qu’effectivement ces bel et bien le début du travail. Je laisse Monsieur dormir 2 bonnes heures, je prends même le temps pour me préparer.
5h10 les contractions se rapprochent toutes les 5 min environ, je réveille monsieur, la douleur commence à être un peu plus intense.
Je lui dis de se préparer tranquille, que ça commence mais qu’il ne se précipite pas ( il était prêt, heureusement qu’il a assisté au cours d’accouchement) On décolle il est 5h30, je supporte la douleur. On arrive je ne suis ouverte qu’à 1 à peine , les sages-femmes vérifient si j’ai fissuré la poche des eaux, mais en me levant je sens que sa coule vraiment beaucoup, après 15 min effectivement j’ai fissuré, je vais être emmenée en chambre.
On arrive dans la chambre, on m’explique qu’il faut attendre que mon col s’ouvre, que si à minuit je n’ai pas accouché il faut que je sois à jeûn et qu’on me déclenchera le lendemain. Toutes les 4h on vient pour me faire un monitoring, et vérifier mon col, je marche dans la chambre on décide même de sortir un peu devant pour que je prenne l'air, impossible de rester dehors avec la canicule. Il est 17h et toujours rien, je commence vraiment à avoir mal , et je sent que la douleur s’intensifie au fur et à mesure des heures qui passent. 20h Dimitri s’en va ( je préfère qu’il se repose on est seulement à 10 min de route) et il faut nourrir Mia
J’ai faim je vais me chercher un truc à grignoter à la cafet, je remonte et je fais du ballon devant le concert de sexions d’assaut ( ça m’a permis de me faire passer le temps d’ailleurs) je chante je me dandine sur le ballon qui clairement me fait pas de bien du tout , je supporte la douleur en marchant dans la chambre, je sais que toutes les 5 min30 là contraction arrive. Arriver 00: 00 la douleur devient presque plus supportable, ça fait pratiquement 24h que je suis là, et les spasfons et dafalgan ne me suffisent plus. Je sonne et la sage-femme me propose de descendre en salle de prépa.
Au bout de 5h ici, à n’avoir toujours pas dormi, je ne supporte plus, je sonne je veux qu’on m’aide, je pleure, elles décident de vérifier mon col ... « a peine à deux, je peux vous proposer de l’acuponcture » médecine chinoise mon cul, ça ne m rien fait , mon corps tremble toujours autant de douleur, j’arrive à peine à répondre à leurs questions, je veux qu’on me donne quelque chose je veux juste dormir.
Après 1h30 avec des aiguilles partout, je sonne, je veux sauter par la fenêtre ( j’ai vraiment demandé, mais la fenêtre antisuicide mon bloquer et de toute manière un étage je risque à peine de me casser un bras) on me propose une piqûre de morphine qui pourrais peu être fait effet 1 h, bien évidemment chez moi ça à fonctionner 20 min à peine le temps de dire ouf pour dormir que les contractions étaient de retour et encore + forte.
5h30 16 juin il fait déjà 25 dehors ressentis 40 à l'intérieur , les sages-femmes me proposent un bain ( bonjour l'intimité perdue à la maternité, 4 personnes sont là pour m’aider à entrer)et bien sûr j’avais eu la bonne idée de prendre le soleil la veille, les coups de soleil sur mes cuisses ces cadeaux. J’ai tenu 20 min je veux sortir.
Dimitri me rejoint très vite, je n’ai plus du tout la notion du temps à ce moment précis, mais quand il arrive je lui réclame de l’eau ( a jeun depuis la veille et en période de canicule merci) je suis assise sur le ballon, la tête poser sur le « canapé lit » pas du tout penser pour les femmes qui souffrent, dur comme de la pierre, niveau confort on aurait pu faire mieux. 14h on reviens vérifier mon col, je pleure je demande qu’on m’aide, comment c’est possible ? Mon col est toujours à 2. La péridurale ne sera pas pour de suite.
J’avoue que je n’ai plus trop de souvenir de 14h à 17h30 je pense que j’étais dans une souffrance extrême et un taux de fatigue extra élevé, la seule chose dont je me souvienne c’est Dimitri qui voit mais contractions arriver pendant les monito, et il répète « sa monte, ça arrive, ça redescend, ça redescend »
Les sages-femmes reviennent, enfin on accepte la péridurale , le col est pratiquement ouvert à 3 il est 18h.
J’avoue que la péridurale est passé comme une lettre à la poste j’étais tellement creuver , que je me souviens juste qu’il fallait se mettre bien en avant dos rond et au bord du lit.
19h10 la péridurale commence à faire effet, je dis à Dimitri de rentrer que je l’appelle quand le col sera plus ouvert. On me pose une perfusion d’ocytocine, et les sages-femmes me disent de me reposer pour la poussée. À peine 40 min après, le temps « de m’endormir » je sens que sa pousse dans le bassin j’ai peur, j’appuie sur le petit bouton qu’ont m’avais laissé (qui me renvoyer du produit pour m'anesthésiassiez) mais ça ne passe pas je comprends pas, je sonne je crie, j’ai peur.
« vous êtes ouverte à 10 » cette phrase m’a clairement fait comprendre qu’on y était, que j’allais rencontrer ma fille, que c’était le jour J et que surtout je n'étais pas prête.
J’appelle Dimitri, je hurle et lui dit de se dépêcher, j’ai peur. Après 10 min de pousser toute seule je le rappel, « je me brosse les dents j’arrive » ( anecdote de cet accouchement d’ailleurs) QUOIIII mais non pourquoi? J’ai mal compris je rêve, je hurle je dis aux sage femmes que je ne l’attends pas, que je vais lui peter sa gueule ( j’ai du le répéter 10 fois je pense 🥲) , je hurle j’ai peur je pleure et je répète en boucle : j’y arriverais pas, je veux plus.
La porte s’ouvre, je pleure de douleur de fatigue, mais je vois l’homme de ma vie, là devant moi qui s’apprête à devenir le père de notre fille, à ce moment-là tout ce qui a autour n’a plus d’importance, je le regarde il se met derrière moi, il m’aide comme il le peut, j’entends simplement « on voit les cheveux, on y est presque, aller y pousser »
Je regarde Dimitri apeurée, il me fait la plus belle déclaration de tous les temps, je le regarde, je repense à nous, a tout ce qu’on a traversé lui et moi, a tout ce que j’ai endurée durant 26 ans, et a toutes les belles choses qui nous attendent. Je pousse une dernière fois , et la voilà posée sur moi, cette merveille, ce cadeau tomber du ciel, ma sauveuse , l’amour de ma vie, ma fille notre fille.










