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Découverte: Nouche, serial voyageur
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African Doers Live Talks: Tadjieuh Fenjep, Diamant noir et Kamit du clan Bamiliké
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« Omon mi » : un texte sublimé par une fabuleuse mise en scÚne
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African Doers Live Talks: Joy Ytal, Femme plurielle et Ăąme dâartiste
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African Doers Live Talks: un mélange de transformation, d'innovation et d'audace.
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Analyse: Le Sénégal, un cinéma de festival !
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Analyse : Cinquantenaire du FESPACO, le cinéma africain rate le rendez-vous de la maturité.
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Neuf couches de rouge/ La tchikoumbi furiosa est une crĂ©ation inĂ©dite du chorĂ©graphe congolais Delavallet Bidiefono dont le spectacle a eu lieu ce samedi 23 fĂ©vrier 2019, Ă lâInstitut français du Congo Ă Brazzaville.
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Tout commence avec lâambivalence rhĂ©torique du titre. Lâambage dâabord, le factuel ensuite, une suite qui favorise lâintelligibilitĂ© de la chorĂ©graphie.
âNeuf couches de rougeâ serait tout aussi vide de sens quâĂ©nigmatique. Il renverrait Ă un rite, une inscription, un signe. Il ferait penser, par pĂ©riphrase, au sang, Ă la peinture aussi.
âLa tchikoumbi furiosaâ rend la mĂ©taphore explicite: la tchikoumbi ayant pour sĂ©mantĂšmes Ă la fois un rite ancestral vili (ethnie du Sud-ouest du Congo-Brazzaville) et la personne adonnĂ©e Ă cette sujĂ©tion, et furiosa Ă©tant la traduction portugaise de lâadjectif âfurieuxâ. On infĂ©rerait de cela: âla tchikoumbi (suivant le deuxiĂšme sĂšme) vĂ©hĂ©mente, impĂ©tueuse, en folieâ.
Il nâest pas rare que les artistes congolais, comme par un Ă©lan de rĂ©habilitation mĂ©morielle, mettent la tchikoumbi au cĆur de leurs travaux. En 2017, le Centre culturel Jean-Baptiste Tati-Loutard de Pointe-Noire avait accueilli une exposition de peinture de Trigo Piula autour du mĂȘme sujet. Lâartiste avait retracĂ© les diffĂ©rentes Ă©tapes Ÿ de kubuilâ (la capture) Ă uâtiĂ©tou (lâachĂšvement de lâinitiation) Ÿ de ce rite qui prĂ©pare la jeune fille Ă devenir une femme.
Dans cette crĂ©ation, Delavallet Bidiefono adapte le sujet Ă une considĂ©ration contemporaine. Il exprime la voix de toutes les femmes Ă travers le corps dâune seule, celui de la danseuse Vesna Mbelani, illustrant la tchikoumbi. Les textes de slameurs des collectifs Art Plume et Stylâoblique, ainsi que la trompette du musicien Mayâs Bantsimba, ont accompagnĂ© la vĂ©hĂ©mence de la danseuse, Ă©voquant, dans un mouvement alternatif, leur rapport [univoque] Ă ce rite.
Il en vaut que les femmes confrontent Ă ces pratiques Ÿ qui les maintiennent sous la fĂ©rule de la tyrannie coutumiĂšre Ÿ le dĂ©passement, lâĂ©mancipation, la rĂ©probation. Quâelle manifeste une frĂ©nĂ©sie confinant Ă la transe ou libĂšre un cri languissant, la tchikoumbi, preuse, rĂ©siste Ă lâinjonction, intrĂ©pide, rĂ©pond Ă la communautĂ©, incarne lâhĂ©roĂŻne. La chorĂ©graphie aboutit Ă une composition digne de la dramaturgie, proche de la tragĂ©die antique, mais sans lâirruption du funeste.
Emeraude Kouka,
critique dâart et critique littĂ©raire
Danse contemporaine: Neuf couches de rouge/ La tchikoumbi furiosa
Deuil dans le monde musical bĂ©ninois Pas de deuxiĂšme rĂ©surrection pour Stan Tohon, le Roi du âTchink systemâ
«OUAGA, CAPITALE DU CINĂMA» DE MOHAMED CHALLOUF DiffusĂ© le 27 fĂ©vrier 2019
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Le Malien Cheick Oumar Sissoko réélu secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la FEPACI par ââconsensusââ
Le cinĂ©aste malien Cheick Oumar Sissoko a Ă©tĂ© réélu par ââconsensusââ au poste de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la FĂ©dĂ©ration panafricaine des cinĂ©astes (FEPACI), ce 22 fĂ©vrier 2019, lors de la clĂŽture du 10 Ăšme congrĂšs de cette structure Ă Ouagadougou.
Le corps Ă©lectoral a par ââacclamationââ reconduite le rĂ©alisateur malien pour un nouveau mandat de quatre ans aprĂšs plusieurs propositions.
ââOn ne change pas un secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la FEPACI au pied levĂ©e, il faut quâon ait une garantie, je propose quâon reconduise notre secrĂ©taire gĂ©nĂ©ralââ, a proposĂ© le cinĂ©aste camerounais Pierre DikonguĂ©-Pipa.
Une proposition appuyĂ©e par Cheikh NGaĂŻdo Ba qui dit, ââpar consensus, je propose que le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral soit reconduitââ. Ce que dâautres voix ont soutenu.
Ainsi, Cheick Oumar Sissoko rempile pour un deuxiĂšme mandat aprĂšs avoir dĂ©jĂ fait six ans Ă la tĂȘte de la FEPACI.
ââNous allons continuer le travail commencĂ© avec beaucoup de difficultĂ©s. En venant ici au Burkina Faso, terre de promotion du cinĂ©ma africain, avec le soutien du gouvernement burkinabĂ© et de son peuple, je crois quâon va arriver Ă faire des choses sur la base de ce que lâon a commencĂ©ââ, a soutenu le nouveau secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la FEPACI.
TrĂšs Ă©mu par ce âârespect mutuel entre cinĂ©astes africainsââ, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la FEPACI a exprimĂ© toute sa gratitude Ă ses homologues.
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ââJe suis dur Ă la tĂąche mĂȘme si les rĂ©sultats ne sont pas toujours visibles. Ils ont vu que les dĂ©boires que nous connaissons aujourdâhui Ă la FEPACI ne sont pas dus Ă un manque de volontĂ© dâavancer bien au contraireââ, a expliquĂ© le rĂ©alisateur homme politique malien.
Il se dit avoir ââla conscience assez claire des problĂšmes qui se posent au continent par rapport Ă la vĂ©tustĂ© des structures Ă©conomiques  des cinĂ©mas africainsââ.
Il ébauche ainsi une feuille de route pour cette nouvelle mission dont le départ sera pris à Ouagadougou.
ââCe sera un nouveau dĂ©part Ă Ouagadougou pour rĂ©nover avec un soutien politique et financier Ă©norme. Nous avons eu cette aide au Kenya, malheureusement lĂ -bas le secrĂ©tariat exĂ©cutif Ă©tait composĂ© de gens malhonnĂȘtes qui ont dĂ©tournĂ© lâargentââ, regrette le rĂ©alisateur de ââGuimbaââ (Le tyran) Etalon dâor de Yennenga en 1995.
Il tire un bilan ââacceptableââ de son premier mandat. Car dit-il, âânous sommes arrivĂ©s avec lâUnion Africaine Ă mettre en place la commission africaine pour le cinĂ©ma et lâaudiovisuel pour quâau plus haut niveau lâon connaisse les problĂšmes des cinĂ©astes africains et quâon y apporte des solutionsââ.
Cheick Oumar Sissoko comptabilise dans son bilan les deux programmes notamment celui de la restauration des films des cinĂ©astes africains ââen difficultĂ©sââ pour la mĂ©moire et celui de la recherche des archives et crĂ©ation de cinĂ©mathĂšques dans les diffĂ©rents pays.
ââNous avons grĂące au partenariat avec lâUNESCO et ââFilm fondationââ de lâAmĂ©ricain Martin Scorsese quatre filmsââ, dit-il.
Il sâagit de +Soleil O+ (1970) du Mauritanien Med Hondo, +Chroniques des annĂ©es de braise+ (1975) de lâAlgĂ©rien Mohammed Lakhdar-Hamina seul palme dâor du cinĂ©ma africain, +La femme au couteau+ (1969) de lâIvoirien TimitĂ© Bassori et +Muna Moto+ (1975) du Camerounais Pierre DikonguĂ©-Pipa.
Au-delĂ , fait savoir le rĂ©alisateur, 22 films restaurĂ©s seront projetĂ©s durant ce cinquantenaire du Festival panafricain du cinĂ©ma et de lâaudiovisuel de Ouagadougou (FESPACO) qui dĂ©marre ce samedi jusquâau 2 mars prochain.
Fatou Kine SENE
Le Malien Cheick Oumar Sissoko réélu secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la FEPACI par ââconsensusââ
LâassemblĂ©e des Yennenga : OĂč sont les rĂ©alisatrices ?
« Mémoire et avenir des cinémas africains » au cinquantenaire du Fespaco
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« Deviens ce que tu es »
Nietzsche
Toi⊠La libertĂ© est toujours devant toi. Mais, tu peux montrer que tu es libre ? Toi⊠tu dois devenir celui que tu es comme a Ă©crit Nietzsche. Celui qui doit ĂȘtre libre oĂč son ĂȘtre vibre au-delĂ du temps. Celui qui doit dĂ©passer ses croyances limitantes et rĂȘver dâamour et de paix. Toi et Moi. Toi qui peux ĂȘtre lâautre masculin ou fĂ©minin. Mais, qui pourrait ĂȘtre cet autre ? MĂšre ou pĂšre ? FrĂšre ou sĆurâŠÂ ? Ainsi, si nous joignons ces deux mots toi et moi, se pose Ă la fois une interrogation : Toi ? Et Moi ? Et une appartenance « Je suis Ă Toi, Je suis en Toi » car tu es lâĂ©cho de ma partie fĂ©minine ou de ma partie masculine. Ce dialogue entre Toi et Moi permet dâĂ©voquer la question et la nature de cet Ă©moi.
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Du son au sens, ces mots Ă©crits permettent de mettre en exergue lâĂ©moi qui ouvre une voie Ă chacun dâĂȘtre libre de se connecter Ă son moi profond, de dire ce quâil veut, dâaller oĂč il veut et de dĂ©lirer car « La seule libertĂ© qui mâimporte aujourdâhui, câest de dĂ©lirer, je suis Ă©garĂ©, je suis amoureux », prĂ©cise Roland Barthes.
Du son au sens
Câest alors quâune parole de lâĂmouvance commence Ă travers une installation-performance prĂ©sentĂ©e dans le cadre du SĂ©gouâArt 2019 au Mali intitulĂ©e : âLâĂtre est, le mien est vivantâ. LâĂȘtre, tout ce qui est devant et dedans lui des matiĂšres-Ă©motions qui nous a saisis de dĂ©couvrir cette sorte dâexprovisation[1] qui est justement fondĂ©e sur des paroles, des voix, des gestes et des regards. Un devant comme un dedans permettant un Ă©change entre le public et les Ămouvants Ă travers ces matiĂšres-Ă©motions et lâacte du tissage qui se rĂ©pĂšte, afin de dĂ©passer ces croyances limitantes.
« Ta mĂšre est morte », dĂ©clarent les Ămouvants. Cette affirmation nous a profondĂ©ment marquĂ©. Le public lâa reçue comme une surprise premiĂšre et touchante. Elle a Ă©tĂ© le dĂ©clencheur de sa rĂ©action en tissant les diffĂ©rents fils, afin de participer Ă une Ćuvre vivante et vibrante. Que lâespace est profond ! Que le cĆur est puissant ! Chaque personne du public a cru respirer le parfum de sa mĂšre. La mĂšre est une lumiĂšre qui vient et ouvre les mains pour accueillir lâĂȘtre qui est encore privĂ© de son pouvoir de crĂ©ation. LâĂȘtre est tout puissant et il ne fait rien. Il est tout puissant mais il ne fait rien. Il est seul dans le nĂ©ant parce quâil ne peut rien dire, parce quâil nây a ni espace, ni temps. Sa mĂšre est aussi seule dans le nĂ©ant parce que son ĂȘtre est enfermĂ© dans le moralisme limitant. Ainsi, en quoi les paroles des Ămouvants peuvent rĂ©vĂ©ler Ă lâartiste, Ă lâhistorien de lâart, Ă toute personne en gĂ©nĂ©ral, qui ferme les yeux et tente de penser lâĂȘtre ?  Dit-on que lâĂȘtre est Un ? Ou bien dit-on que lâĂȘtre lui-mĂȘme en train de naĂźtre ?
Les paroles des Ămouvants nous bouleversent, nous ouvrent au-delĂ de toute vie et, donc, de notre propre vie prĂ©sente.  Cette quĂȘte de lâĂȘtre, du moi profond, du âmoi purâ permet dâaborder la question de lâautre, de toi qui devine ce qui est et qui deviens ce qui est dans le silence. De surcroĂźt, les Ămouvants se rĂ©fĂšrent Ă la thĂ©orie du Pythagore sur les chiffres car en affirmant que le Un est mort, en deux sâaffirme la totalitĂ© du Dieu. De la dialectique des deux contraires procĂšde la crĂ©ation et naĂźt un troisiĂšme. Et ainsi de suite pour les autres chiffres car au moment oĂč Dieu mort, naissent la beautĂ©, la justice, lâinfini, la vĂ©ritĂ©âŠ
DĂšs lors, surgit la vie de ces oppositions et ces contradictions oĂč lâĂtre peut ĂȘtre non pas Un mais un zĂ©ro qui dĂ©teste pour aimer encore et toujours. « à Dieu, le ZĂ©ro touche Ă lâĂtre », comme lâĂ©crit Alain Nadaud.
Toi et Moi.
On a tous en soi, un ĂȘtre qui tend Ă naĂźtre et un moi qui permet Ă lâautre de ne pas disparaĂźtre en Ă©voquant lâĂ©moi. LâĂ©moi est un Ă©vĂšnement intĂ©rieur qui se manifeste Ă lâextĂ©rieur. Cet Ă©vĂšnement est un trouble parce que toi, tu me ressembles et je te ressemble. Oui un trouble qui trouve son air dâorigine dans cette installation-performance Ă travers les moments du silence et les voix qui expriment les six matiĂšres- Ă©motions crĂ©atrices telles que la surprise, la tristesse, la colĂšre, le dĂ©goĂ»t, la peur et la joie.
Chaque voix est une respiration principale de notre rapport au monde, câest-Ă -dire aussi de notre rapport Ă lâespace et au temps, au corps et au langage, Ă la spiritualitĂ© et Ă la volontĂ©. Les visages des personnes prĂ©sentes sont comme lâaire de projection des regards qui dĂ©gagent un voyage avec un dĂ©sir de dire et de sâexprimer. Lâexpression des visages reflĂštent des images qui resteront un Ă©cho de la mĂ©moire et un fragment de lâhistoire.
Tant de non-dits et de non-regards qui sâenferment et ferment lâespace oĂč tout mensonge sâefface au profit dâun vrai sentiment dâĂȘtre vivant. Levinas dit du visage de lâautre quâil est expression et regard affrontant, et en mĂȘme temps, accueil de la lumiĂšre. Un regard flottant qui se dĂ©voile encore et nous ramĂšne Ă lâaurore dans un espace-temps vibrant.
Ătre un Ă©tĂ© et avoir du soleil lors de cette installation-performance permet aux Ămouvants dĂ©lirants de crĂ©er des nĆuds de temps multiples. Il sâagit dâun dĂ©lire qui mĂšne et amĂšne une errance poĂ©tique dans le prĂ©sent issue dâune exprovisation inachevĂ©e. De cette errance, on peut rĂȘver de cet inachevĂ© qui va nous Ă©lever vers lâespĂ©rance et la libĂ©ration.
Je suis.
Je suis donc tu es. Je suis lâĂȘtre. Tu es lâĂȘtre. « Deviens ce que tu es ». Deviens un ĂȘtre libre, un « ĂȘtre a-mourant » comme a Ă©crit maĂźtre Benkhalifa en parlant de lâacte de crĂ©ation et de lâĂ©ternitĂ© de la vibration de lâĆuvre. Dans cette installation-performance, quel que soit les gestes finales, on perçoit un signal qui crĂ©e de la joie Ă travers une phrase marquante dĂ©clarĂ©e par les Ămouvants : « Ta mĂšre est vivante ».
Cet instant prĂ©sent est ineffaçable issue de cette exprovisation inarrĂȘtable car elle demeurera une noblesse. Parler et perler le vrai que lâon pĂ©nĂštre dans lâunivers de lâĂȘtre offre de lâespoir, afin dâĂȘtre un Ătre, voire un Dieu. De Toi Ă Moi, soutenons lâĂ©moi devant cette joie et les merveilleux sourires du public. LâĂ©moi, la matiĂšre-Ă©motion crĂ©e un Ă©change et une rencontre en interpellant ce public. Tellement, nous avons lu dans les yeux du public les lendemains qui sont pour eux des ombres sombres, un coup dâexprovisation comme « Et toi, es-tu libre ? Et toi tu es libre toi, comme moi, est ce que tu es libre ? Et toi ? Et toi ? Et toi ? âŠ. », a permis de crĂ©er un certain partage Ă travers lâacte du tissage, afin dâĂ©changer les regards et voir des visages menant Ă des voyages.
ToiâŠĂmoi pose cette quĂȘte sur lâĂȘtre et sa relation Ă son pouvoir de crĂ©ation ; « Suis-je une Ăąme, suis-je un ĂȘtre, suis-je un dieu », affirment les Ămouvants en mettant le public en Ă©moi. Que deviens ainsi Toi ? LâĂȘtre, peut-il se dĂ©couvrir ? Car la question demeure la suivante : Toi, acteur ou spectateur, sommes-nous crĂ©ateurs ?
Ikram Ben Brahim[2]
Les artistes participants à cette installation-performance :
-Houda Ghorbel
-Chawki Lahmer
-Ikram Ben Brahim
-NourhĂšne Ghazel
-Mouna Fradi
[1] Exprovisation : Terme employé par maßtre Mohamed Benkhalifa : Avocat international et maßtre-coach certifié.
[2] Artiste plasticienne, « en émouvance », Enseignante universitaire, Docteur en Science et Techniques des Arts, Chercheuse en esthétique et histoire des Arts Plastiques.
Critique: ToiâŠĂmoi par Ikram Ben Brahim
Les six cinĂ©astes sĂ©nĂ©galais en compĂ©tition au FESPACO 2019 : Entre âânovicesââ et ââhabituĂ©sââ
Des universitaires venus du SĂ©nĂ©gal, Niger, BĂ©nin, France, Canada et du Burkina Faso ont revisitĂ©, ce jeudi 21 fĂ©vrier 2019, lâĆuvre du dĂ©funt cinĂ©aste burkinabĂ© Idrissa OuĂ©draogo (1954 â 2018) Ă travers un colloque international en hommage au rĂ©alisateur organisĂ© Ă lâuniversitĂ© Ouaga 1 professeur Joseph Ki-Zerbo.Â
 Pour lâuniversitaire sĂ©nĂ©galaise Hadja MaĂŻmouna Niang, ââle cinĂ©ma de Idrissa OuĂ©draogo mĂȘme sâil est ancrĂ© sur lâesthĂ©tique a une forte dose dâengagement socialââ.
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ââQuand vous suivez les films de Idrissa OuĂ©draogo, vous vous dites que ce sont des films esthĂ©tiques comme +Yaaba+ (1989) ou +TilaĂŻ+ (1990), câest lâart pour lâart. Et lui disait quâil fait seulement des images, (âŠ). Mais au fond, Ă travers son cinĂ©ma, on voit quâil Ă©tait engagĂ© socialement pour sa communautĂ©ââ, explique Hadja MaĂŻmouna Niang.
Selon elle, SembĂšne faisait un cinĂ©ma ââmilitantââ, mais ââIdrissa faisait ce que jâappelle du +Trompe lâĆil+ââ, car au-delĂ des images, il y avait toujours cet engagement pour la communautĂ©ââ.
Lâuniversitaire de ThiĂšs qui a axĂ© sa communication sur le sujet ââA la recherche de la maternitĂ© de +Samba TraorĂ©+ de Idrissa OuĂ©draogo rĂ©alisĂ© en 1993 au regard de +Borom sarret de SembĂšne Ousmane datant de 1963ââ relĂšve lâactualitĂ© du problĂšme de maternitĂ© en Afrique.
ââEntre les films +Samba TraorĂ©+ et +Borom sarett+ qui ont vingt ans dâintervalle, on traite une sĂ©quence similaire oĂč la femme est transportĂ©e Ă bord dâune charrette pour la maternitĂ©. Aujourdâhui encore, Ă travers les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s, on voit des femmes rĂ©clamer la construction de maternitĂ©. De 1963 Ă 1993 et jusquâĂ en 2019, on est au mĂȘme point en Afrique. Ces cinĂ©astes sont en phase avec lâactualitĂ© de leur continentââ, indique-t-elle.
Ses collĂšgues AndrĂ©e-Marie Diagne BonanĂ© de la FacultĂ© des sciences et technologies de lâĂ©ducation et de la formation (FASTEF) et Fatou Ndoye Fall de lâuniversitĂ© de Bambey ont Ă travers leur communication intitulĂ©e ââlâAfricanitĂ© par et pour le cinĂ©maââ montrer que le ââcinĂ©ma de Idrissa OuĂ©draogo est nourri des rĂ©alitĂ©s africainesââ.
ââLe cinĂ©ma de Idrissa OuĂ©draogo enfonce ses racines dans les rĂ©alitĂ©s africaines. Dâabord la rĂ©alitĂ© de son ethnie, il est Mossi, sa rĂ©gion natale Banfora, mais aussi du Burkina Faso et de toute lâAfrique puisquâil a fait des films en CĂŽte dâIvoire, en Afrique du Sud. (âŠ), Ă travers les costumes, la coiffure, le mode dâhabitatâŠ, on le retrouve dans sa filmographieââ, note Mme Diagne maitre de confĂ©rence Ă la FASTEF.
Elle souligne que ââIdrissa OuĂ©draogo un des plus grands cinĂ©astes africains a voulu un primitivisme qui est une certaine Afrique avant la colonisation, câest une sociĂ©tĂ© qui a son harmonie et ses rĂšgles trĂšs strictes, mais qui Ă©tait Ă©quilibrĂ©e et les gens y trouvaient leur bonheurââ.
Toutefois, relĂšve AndrĂ©e-Marie Diagne BonanĂ© dâorigine burkinabĂ©, ââIdrissa OuĂ©draogo a montrĂ© que lâAfrique Ă©tait en contact avec la modernitĂ© dans +Yam Daabo+ (1986) et +Le cri du cĆur+ (1994) avec le thĂšme de lâĂ©migrationââ.
Pour lâuniversitaire Fatou Ndoye Fall, ââIdrissa OuĂ©draogo a luttĂ© pour le rayonnement de lâAfrique et des Africains en particulier comme ses aĂźnĂ©s LĂ©opold SĂ©dar Senghor, etc. Avec lâimage, il nous a montrĂ©s les rĂ©alitĂ©s africaines, personne ne pouvait rester intact aprĂšs les films de Idrissaââ, dit-elle.
Mais ce qui lâattire surtout dans la riche filmographie du dĂ©funt cinĂ©aste est cette ââprise de position face aux blancsââ.
ââEn un moment, il a reconnu vouloir faire comme le blanc, lâimiter et avoir une certaine reconnaissance, mais au fur et Ă mesure que son art murissait, il sâest imposĂ© avec ce refus intellectuel dâune globalisation. Il dit quâil nây pas un cinĂ©ma africain, mais des cinĂ©mas africains. Il est un modĂšle pour les cinĂ©astesââ, souligne Fatou Ndoye Fall professeur de Lettres modernes.
Dâautres tĂ©moignages ont Ă©tĂ© livrĂ©s sur lâhomme et son Ćuvre devant sa veuve, Sanata OuaĂ©draogo, le ministre de la Culture du Burkina Faso, Abdoul Karim Sango et le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral du FESPACO, Ardiouma Soma.
Pour le professeur Joseph ParĂ©, prĂ©sident du comitĂ© scientifique, le colloque hommage Ă Idrissa OuĂ©draogo, une initiative du Laboratoire langue, discours et pratiques artistiques (LADIPA), organisĂ© Ă quelques jours avant la cĂ©lĂ©bration du cinquantenaire du FESPACO est ââune contribution de la communautĂ© universitaire Ă la rĂ©flexion sur le devenir du cinĂ©ma africainââ.
Le cinĂ©aste Idrissa OuĂ©draogo disparu le 18 fĂ©vrier 2018 Ă lâĂąge de 64 ans est auteur de plus dâune quarantaine de films dont certains ont Ă©tĂ© distinguĂ©s Ă travers le monde.
Il sâagit de ââYaabaââ qui a obtenu en 1989 le prix de la critique au festival de Cannes. En 1990 le film ââTilaĂŻââ dĂ©croche le Grand prix du jury au festival de Cannes et un an plus tard remporte lâEtalon dâor de Yennenga Ă la 12 Ă©dition du festival. CâĂ©tait alors le premier Etalon du Burkina Faso.
Documentaire, docu-fiction, sĂ©rie-tĂ©lĂ©, le rĂ©alisateur burkinabĂ© a explorĂ© tous les genres cinĂ©matographiques et sâest investi dans tous les domaines du cinĂ©ma (rĂ©alisateur, producteur, exploitant et formateur).
Fatou Kiné SENE
Des universitaires revisitent lâĆuvre du dĂ©funt cinĂ©aste burkinabĂ© Idrissa OuĂ©draogo (1954 â 2018)