Découvert l’an dernier à Cannes, ce superbe documentaire sort enfin dans les salles belges. Dans Carré 35, l’acteur Eric Caravaca mène l’enquête sur un secret de famille enfoui depuis toujours. Ce secret est remonté à la surface le jour où il a fondu en larmes, sans comprendre pourquoi, devant la tombe d’un enfant qu’il ne connaissait pas. Il avait toujours cru qu’il n’avait qu’un frère, mais il y a eu, avant eux, une sœur, décédée à l’âge de trois ans. De cet enfant, plus aucune trace, plus aucune image. Mais Caravaca, déterminé à comprendre, va s’engager à recoller les morceaux du puzzle. Mettre un visage sur ce fantôme, mettre des mots sur ce secret, sur cette douleur. Avec courage, sensibilité et extrême pudeur, il va interroger ses parents, il va enquêter sur l’histoire de sa famille, sur l’histoire de cette soeur qu’il n’a jamais connue. Cette autopsie familiale, extrêmement intime, est profondément bouleversante. Parce que la démarche est désarmante de sincérité et d’humanité, et parce que les parents ne sont jamais jugés. Et si le film prend une plus grande ampleur encore, c’est parce que Caravaca croise son histoire intime, dite « petite », avec la « grande » Histoire. Film court (1h07), Carré 35 est néanmoins puissant et d’une grande richesse. A voir absolument.
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