Get your sh*t together woman !
Je sais, je sais, ça fait des mois que j'étais pas venue gueuler ici. On aurait presque pu croire que ça allait, hein ? Oulà, mes Kakapos, vous aviez donc oublié que ma vie fonctionne selon la loi de Murphy. Bande de petits foufous que vous êtes. Ben ouais, pour changer, c'est le bowdel !
Toujours autant en mode forever alone, toujours aussi ermite, et toujours aussi connasse (non parce que ce que j'aime bien chez moi, j'essaye de le cultiver). Mais bon, tout n'est pas perdu, il me restent des collègues de boulots 'ach'ment cools (coucou les copains), et encore heureux puisque mon cercle social se limite en tout et pour tout à eux, mon Bro qui vit dans le pays de la choucroute et des cigognes et... ma maman (si toi aussi en lisant ça, tu as eu pitié, ben euh merci.)
Oui, je suis quelqu'un de solitaire. J'aime bien ma propre compagnie, au moins je suis avec une personne dont je partage les goûts et le sens du sarcasme. Ce qui est tout de même rare. Mais j'avoue que parfois il me manque le soir un truc poilu contre lequel me blottir et que je caresserait longuement avant de m'endormir. J'hésite encore entre un chat ou un mec, mais quelque chose me dit que ça va être le chat. Une sorte d'instinct.
Bref, outre le fait que ma vie c'est de la merde et je l'échangerai bien contre celle du roi du Maroc (bravo à ceux qui ont compris la référence. Alors les gars, vous non plus vous n'avez pas de vie et des goûts étranges ?), le problème est que je reste une grande introvertie (j'entends déjà les potes se marrer. Et pourtant...).
La dernière fois où j'ai fait une soirée, je suis allée chez le copain de ma coloc, et il y avait des potes de boulot donc bon, j'étais dans mon élément. Mais je me rends compte que plus le temps passe, plus me retrouver avec des gens m'est pénible, et la foule des transports publics insupportable. Manque de bol, je vis en région parisienne, donc je repasserai plus tard pour les grands espaces où je pourrai vagabonder en solitaire, hululant telle Kate Bush un Wuthering Heights pas piqué des hannetons. En attendant, je reste à survivre en zone surpeuplée avec une connexion internet intermittente (parce que tant qu'à faire, autant combiner les désagréments de l'urbanisme galopant avec ceux de la rase campagne. Juste histoire de bien m'emmerder jusqu'au bout).
Or le problème majeur des gens comme moi, c'est qu'il leur faut du temps pour se sentir à l'aise avec d'autres personnes. De prime abord je suis quelqu'un de très étrange (bon en me connaissant mieux aussi, il est vrai.) qui semble débarquer tout droit d'une autre planète ou d'un asile psychiatrique. Mon sens de l'humour très très spécial ne fait souvent rire que moi. J'ai des manies étranges. Des TOCs. Et une façon de dire les choses pas vraiment en accord avec cette vague notion qu'on appelle "bienséance". Pour résumer, de prime abord je passe pour une grosse connasse cynique et sarcastique, sans aucun sens de la communication avec autrui. Et si il est vrai qu'un temps durant ma prime jeunesse, je me suis plu à jouer le personnage, force est de constater que le rôle m'a largement rattrapée. Joie.
Bref, comment fait-on quand on a pas envie de crever seule entourée de 42 chats, mais que sortir communiquer avec des gens est très difficile à supporter ? Non je veux dire autre que le suicide. Je suis pas encore désespérée à ce point, désolée si vous y aviez cru, ceci est une fausse joie. Et bien oui mesdames et messieurs, il nous reste internet, fleuron de technologie nous permettant de discuter avec le monde entier dans le cocon rassurant de son plumard. Mais il y a un hic.
C'est qu'on y trouve des gens comme soi. Un peu trop. Alors au début on s’enthousiasme, on se sent pousser des ailes, c'est trop cool, on est tout content, c'est des potes, peut être plus, yahoo et youpi. Sauf que.
Sauf que de l'autre coté on a un être aussi paumé que soi. Voir plus. Sauf qu'on met des attentes sur un(e) parfait(e) inconnu(e) qu'on a l'impression de connaître parce qu'on se raconte mutuellement sa vie, son parcours. Moi je n'ai de confiance suffisante en personne pour prêter un CD à qui que ce soit. Mais parler de ce qui se trame dans les tréfonds de mon cerveau malade à une personne avec qui je discute depuis une semaine, AUCUN PUTAIN DE PROBLÈME. Et je suis même super contente lorsque j’apprends que mon interlocuteur/trice est aussi taré que moi. Ben voyons. Si on transpose ceci dans la vraie vie de tous les jours, mettons une conversation banale autour d'un verre. Prenons une femme qu'on appellera Tabouret et un homme qu'on appellera Pot de Moutarde (marre du conventionnel bordel, je veux que la vie soit plus fun. D'ailleurs, si tu t'appelles Tabouret ou Pot de Moutarde, je veux bien de ton numéro, ça m’intéresse)
Tabouret : Non mais tu sais, je rêve de faire l'amour à une licorne tout en écoutant le bruit du métro, le tout entourée de crackers au fromage.
Pot de Moutarde : Non mais t'es sérieuse ? J'en rêve toutes les nuits. Mais la licorne doit être verte. Et avoir la voix de...
Tabouret : Morgan Freeman. Non mais c'est incroyable cette connexion entre nous.
Pot de Moutarde : C'est comme si nous étions fait l'un pour l'autre.
Tabouret : Et si nous décidions arbitrairement de vivre notre passion commune tels deux fringants lémuriens courant sur les feuilles d'automne ?
Pot de Moutarde : J'en rêverai.
J'ai grossi le trait (quoique), mais sur internet, une telle conversation n'est pas si improbable, voire parfaitement normale. IRL, c'est autre chose, vous en conviendrez.
Hélas, grandeur et décadence du virtuel, on se prend trop vite et trop facilement au jeu. Le quotidien créé la proximité. Et cette proximité est possible car nous sommes tous connectés H24 (que celui qui n'est pas d'accord me jette le premier smartphone à la face). C'est un petit peu comme quand on tombe amoureux d'un personnage de roman (oui bon, je sais, je suis bizarre, mais je suis pour toujours amoureuse de Dorian Grey, Patrick Bateman et Severus Snape. J'ai un faible pour les psychopathes. <moment fugace de lucidité> et si c'était pas ce qui fait que je trouve toujours plein de monde avec des points communs sur internet ? </moment fugace de lucidité> Nan. Tiens, et si je regardais mes messages sur forevertoutseul.com ?)
Brefeuh. Comme le disait ce cher Will de Stradford sur Avon : c'est beaucoup de bruit pour rien. Pourquoi ne pas se lâcher mutuellement la grappe et laisser les choses se faire d'elles-mêmes ? Pourquoi mettre l'Enterprise avant le Capitaine Picard ? Pourquoi se lancer à corps perdu dans un truc totalement virtuel (une peu comme à l'époque ou Civilization II est sorti) et se foutre une pression démentielle sur nos épaules de pauvres petits introvertis qui flippons d'être totalement seuls face à un monde qu'on ne comprend toujours pas bien, mais parfaitement effrayés à l'idée d'intimité avec quelqu'un d'autre (bon moi par intimité je pense pas forcément sexe hein. Parce que paradoxalement, j'ai nettement plus de facilité à faire sauter ma culotte face à un parfait inconnu qu'à lui expliquer ma passion pour les canards de bains)?
J'assume parfaitement mon petit coté psychorigide qui me laisse terrifiée face à l'imprévu. Genre moi je suis la meuf qui peut se créer un ulcère à l'estomac quand on lui annonce qu'on va lui faire une surprise. La surprise est source d'angoisse car non prévue. Oui je sais, j'ai une case en moins. Mais j'ai des gros seins, ce qui m'ajoute +15 en charisme IRL.
Donc si pour une fois on pouvait tous, nous les introvertis vivant sur internet et n'aimant pas les surprises (vous seriez étonnés de savoir à quel point nous sommes nombreux) tenter de moins se mettre la pression à tenter de se créer une vie sociale, et si on prenait notre temps et qu'on y allait à notre rythme ? Je ne dis pas, bien entendu que trouver quelqu'un avec qui vieillir en lançant des cailloux sur les enfants en écoutant Darkthrone entourés de pleins de chats qui seraient comme nos enfants, c'est comme un rêve qui deviendrait réalité. Déjà trouver quelqu'un qui ne me court pas sur le haricot au bout d'un mois serait miraculeux. Arrêtons d'être obsessionnels (des figurines de Darth Vader partout dans ma chambre ? mais ce n'est pas une obsession, c'est simplement du bon goût!) et laissons nous le temps de la réflexion. Ça nous apprendra peut-être aussi à mieux vivre dans ce quotidien perturbant. Ou à le croire.
Étrangement, en me relisant, je suis rassurée en me relisant. Je craignais paraître blasée, mais je suis contente de me lire aussi optimiste que ce que je ressens actuellement.
Allons camarades ! Trouvons l'amûûûr sur le net si il le faut. Ou au moins trouvons des t-shirts sympas. Ou des potes. Ou des cornes de licornes en plastique gonflable pour nos chats. Et arrêtons de nous prendre la tête pour ça. Laissons venir à nous les choses. Après tout on a fini par l'avoir cette putain d'invocation de Bahamut ! Ben là c'est pareil. Bon, sans sauvegardes, je vous l'accorde. Mais les die and retry ont cet avantage de nous permettre d'apprendre de nos erreurs.