FRAGMENT#Lovember : [ Noël ]
Il fait froid dans le grand salon de la maison. Tout y est calme et plongé dans l'obscurité. Cette pénombre est éclairée par la douce lumière chaude et dorée des guirlandes. Elles parent le fier sapin, trônant en majesté, d'un collier discontinu de perles incandescentes. Lucas et Castiel sont là, affalés, l'un contre l'autre, enroulés dans un plaide et buvant du vin chaud qui leur fait tourner la tête. Ils portent des pulls aussi laids que confortables. Ils s'en moquent, mais finalement, chaque année ils les endossent, trouvant qu'ils ont un certain charme un peu kitsch qui fait la magie de Noël. Ils regardent leur album photo de l'année et se remémorent ensemble tous ces précieux souvenirs. Bien que certains de ces moments leur paraissent déjà flous et lointains, ils ont toujours, dans leurs cœurs, les émotions de chacun de ces souvenirs. Les "tu te souviens? Les "Ah oui..." et les rires viennent se glisser entre le bruit des pages plastifié de l'album qui se frottent entre elles. Ils pensent, avec nostalgie, de tous leurs moments passés ensemble: les rires, comme les disputes, les joies comme les peines, les moments incroyables, comme les plus banals. C'est leur histoire commune, leur histoire d'amour. Le temps passe et le vin aux épices leur monte à la tête. D'un coup, comme extirpé de ce voyage dans le temps, Lucas regarde l'heure à l'horloge:
"-Neh, ça ne serait pas le moment d'ouvrir les cadeaux?"
Ils se regardent, puis brutalement, ils se lèvent et courent vers le sapin comme des enfants faisant la course. Lucas, en chaussette de laine, manque de tomber en glissant sur le parquet fraîchement ciré. Il rattrape Castiel, déjà assis et impatient d'ouvrir son cadeau. Lucas le lui donne, Castiel avec l'impatience d'un gamin, déchire le papier cadeau et révèle une boîte en bois précieux. Il l'ouvre et y découvre trois sublimes pinceaux. De véritables objets d'art et de collection, si beaux qu'il était à peine concevable de s'en servir comme d'un vulgaire outil. Castiel est fou de joie et ému. C'était vraisemblablement des pinceaux créé sur mesures pour lui. Il l'embrasse et tend à son tour un paquet rayé au couleur de Noël. Très étonnement, Lucas ne se rue pas sur le cadeau pour l'ouvrir. Il se lève, remonte dans la chambre, au grand étonnement de Castiel. Il redescend aussi vite et sait les quatre dernières marches de l'escalier faisant trembler et grincer le parquet sous ses pas. Il a pris son appareil photo polaroid avec lequel il a immortalisé tous ces moments. Il se rassoit par terre devant Castiel et commence à lui parler pendant qu'il trifouille son appareil:
"- j'oublierais petit à petit, ces moments passé avec toi ce soir. J'oublierais les petits détails: ce qu'on a mangé, l'odeur du vin chaud que l'ont a bu ensemble, les paroles que l'ont s'est dites, les caresses que l'ont s'est fait, les baisers qu'on a échangés... Surement que je les oublierais..." lui dit-il d'une voix mélancolique.
Lucas, après avoir réglé son appareil photo, le pose un peu plus au loin. Puis lui dit, dans un de ses sourires les plus doux et amoureux:
"- mais en tous cas, jamais je n'oublierais le bonheur que j'ai en ta compagnie durant toutes ces années, car ma vie avec toi est un noël perpétuel. Merci mon p'tit cœur... "
sans un mot, les deux jeunes hommes s'embrassent. Plus rien n'a d'importance: l'odeur du vin chaud, le cadeau de Noël de Lucas, ni même l'appareil photo polaroid qui a couché à jamais sur papier glacé ce moment de bonheur aussi précieux qu'ordinaire.