She's cute but she reads Sartre once and takes psychedelics in the dark alone at night and suddenly makes transcendance of the ego and of the self her whole personality.

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@batteriefaible
She's cute but she reads Sartre once and takes psychedelics in the dark alone at night and suddenly makes transcendance of the ego and of the self her whole personality.
Plus les utilisateurs de GLP1 augmentent et plus ils tĂ©moignent, plus le spectre de ces mĂ©dicaments se dĂ©ploie. Dâabord positivement : des femmes attestent que ça aiderait considĂ©rablement leur endomĂ©triose, de nombreuses autres seraient enfin tombĂ©es enceinte naturellement aprĂšs des annĂ©es dâinfertilitĂ© et parfois aprĂšs des tentatives de FIV infructueuses (dâailleurs attention, certaines pilules contraceptives seraient moins efficaces et puisque câest une rĂ©alisation rĂ©cente il nâest pas toujours prĂ©cisĂ© aux femmes dâadapter leur contraception par mesure de prĂ©caution). Puis il y a de nombreuses autres qui tĂ©moignent de vision dĂ©gradĂ©e de maniĂšre dĂ©finitive voire de cecitĂ© quasiment totale et de gastroparesie. Et en rĂ©alitĂ© jâai toujours pas dâavis sur ces mĂ©dicaments qui, je sais, sont salutaires Ă beaucoup, mais jâadmets que je suis agacĂ©e quâils aient pu ĂȘtre mis sur le marchĂ© et extrĂȘmement popularisĂ©s sans que des tests plus poussĂ©s concernant la fertilitĂ©, lâestomac ou la vue aient Ă©tĂ© conduits sur des Ă©chantillons appropriĂ©s. Câest quoi encore cette affaire oĂč la population est traitĂ©e comme un cobaye et oĂč la santĂ© (particuliĂšrement des femmes puisque ça touche beaucoup leur systĂšme reproductif) est encore nĂ©gligĂ©e et considĂ©rĂ©e comme accessoire ? AprĂšs les scandales comme ceux du mediator, du levothyrox, de lâandrocure, je ne comprends pas quâon nâimpose pas des Ă©tudes plus rigoureuses avant de potentiellement handicaper, empoisonner ou tuer des gens qui cherchent juste Ă se soigner.
Une mean-girl de mon collĂšge/lycĂ©e, qui Ă©tait populaire, jolie et positivement odieuse qui, comme une Ă©crasante partie des jeunes-filles correspondant Ă cette typologie a fait une Ă©cole de commerce remplie de gens Ă l'IMC dĂ©sirable et Ă la vacuitĂ© cĂ©rĂ©brale considĂ©rable, a pris beaucoup de poids suite Ă un problĂšme mĂ©dical. Nous sommes adultes aujourd'hui et elle oeuvre fort pour l'inclusivitĂ© et contre la grossophobie. Je suis heureuse qu'elle soit devenue une meilleure personne et qu'elle dĂ©die son temps et son Ă©nergie Ă dĂ©fendre des causes justes. Au fond de moi je ne peux cependant m'empĂȘcher de me demander si elle aurait accomplis ce chemin si elle avait gardĂ© sa taille 36 tant convoitĂ©e et valorisĂ©e par la sociĂ©tĂ©.
Jâai deux obsessions qui apparaissent et disparaissent par vague dâhyperfixation depuis lâenfance : les volcans et les centrales nuclĂ©aires. Elles se rĂ©veillent souvent tard le soir. Il est minuit et demi, on vient de se claquer un dĂ©mĂ©nagement et on a une semaine de dingue qui sâannonce mais mon mec est patiemment en train de me faire une topologie des diffĂ©rentes technologies de rĂ©acteurs avec leurs points positifs et negatifs. Je passe un bon dimanche soir.
Un truc dont je peux parler ici quand mĂȘme câest que jâai Ă©tĂ© tracter dans ma ville de bourgeois et jây ai croisĂ© ma voisine qui tracte avec nous dorĂ©navant đ je lâadore elle. TrĂšs hĂąte quâon devienne copines.
Il y a des choses qui prennent des proportions un peu plus importantes que la normale. Elles se dĂ©litent et sâinfectent. Je sais ce quâil faut quâon fasse, la route est claire et dĂ©gagĂ©e et je me rĂ©pĂšte le plan inlassablement comme si ça allait aider Ă le faire advenir. Je ne suis pas inquiĂšte ni stressĂ©e. Les choses sont en place ou le seront bientĂŽt. Je suis en revanche Ă©puisĂ©e. Je dors peu et mal. Je rĂȘve beaucoup.
It was a dream.
Je suis allĂ©e voir le Diable s'habille en Prada 2 et si je ne m'attendais pas Ă assister Ă la palme d'or, je ne m'attendais pas non plus Ă voir un un film aussi mauvais. C'Ă©tait une catastrophe multifactorielle et totale : le jeu des acteurs, l'Ă©criture, le rythme, la crĂ©dibilitĂ© de l'histoire et des dialogues, les botox-faces, le stylisme (pour un film sur l'industrie de la mode mdr), la rĂ©solution improbable des problĂ©matiques, la chromie. Tout Ă©tait positivement mĂ©diocre. J'ai vu des films Disney Channel plus qualitatifs (et je n'exagĂšre pas). Le truc le plus choquant a probablement Ă©tĂ© la salle quasi comble qui (au moins pour la moitiĂ©) riait aux Ă©clats aux blagues franchement Ă©clatĂ©es (ce qui donnait l'impression d'assister Ă une mauvaise sit-com) et les gens qui ont discutĂ© du film Ă la sortie de la sĂ©ance en commentant "c'Ă©tait rafraichissant mĂȘme si j'ai trouvĂ© que parfois ils parlaient vite et disaient des choses un peu compliquĂ©es". CompliquĂ© ? Chiquita c'est un phone movie. Il est fait pour ĂȘtre visionnĂ© en scrollant sur TikTok. God we are becoming fucking stupid I can't.
EDELIJ S K MUSEUM A M M STERD
only way to be everyone's cup of tea is to be bland and inoffensive
I have a very well rounded life, I think to myself as I shove oatmeal into my mouth, naked, with my feet against the wall while I lay on the floor. I have 17 unread text messages, I haven't left my house today, and I napped for 3 hours.
Ă chaque fois que je suis avec des gens qui discutent des violences faites aux femmes et plus particuliĂšrement des violences sexuelles comme si c'Ă©taient des statistiques dĂ©sincarnĂ©es, une rĂ©alitĂ© parallĂšle ou des situations abstraites, qu'ils minimisent Ă la fois l'impact et la proportion, qu'ils se figurent une typologie particuliĂšre d'agresseur qui ne ressemblerait en rien aux hommes qu'ils connaissent et cĂŽtoient, je repense Ă mon cousin qui m'a violĂ©e pendant des annĂ©es pendant que j'Ă©tais enfant et qui maintenant vit une vie trĂšs respectable Ă Bordeaux, au collĂšgue bien sous tout rapport qui a violĂ© Santana Ă une soirĂ©e de bureau et qui a Ă©tĂ© rĂ©cemment promu au sein de la sociĂ©tĂ©, au mari parfait de Clara qui la violait tous les soirs quand il ne la battait pas et qui va bientĂŽt ĂȘtre papa d'une petite fille. Tous ces hommes qui font des barbecues en famille pendant lesquels ils s'indigent probablement des violences faites aux femmes en dissimulant ou parfois allant jusqu'Ă ignorer qu'ils sont nos agresseurs et que nous sommes, femmes attablĂ©es avec eux, filles, conjointes, soeurs, collĂšgues, leurs victimes. Et lĂ , un verre Ă la main, alors que je les Ă©coute poliment parler des femmes victimes comme de personnages fictifs qui n'auraient rien Ă voir avec nous, je me demande combien des autres femmes assises autour de la table font de mĂȘme. Combien taisent, minimisent ou ignorent les exactions qu'elles ont subies, pas parce qu'elles ont peur de parler mais parce qu'elle mĂ©nagent le confort des hommes assis autour de la table. Il ne faudrait pas les mettre mal Ă l'aise. Pas qu'ils soient confrontĂ©s Ă la rĂ©alitĂ© inconfortable que s'ils connaissent autant de victimes la probabilitĂ© voudrait qu'ils connaissent au moins autant d'agresseurs. Peut-ĂȘtre mĂȘme en font-ils partie.
On estime (enfin l'OMS, pas moi personnellement) qu'environ 1 femme sur 3 a subi au cours de sa vie des violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime, des violences sexuelles de la part d'une autre personne, ou les deux. Un chiffre qu'on connait comme Ă©tant trĂšs largement sous-estimĂ©. Nous sommes nombreuses Ă ne jamais avoir rien dit et Ă ne pas figurer dans les statistiques. Autour de la table nous sommes 7 femmes. Dans cet Ă©chantillon la logique voudrait qu'au moins une autre femme ait Ă©tĂ© ou sera victime de violences sexuelles au cours de sa vie. Les chiffres sont bien plus compliquĂ©s Ă Ă©valuer pour les agresseurs. Ils ne revendiquent bien Ă©videment pas les agressions, ne sont parfois mĂȘme pas conscients qu'ils en sont les auteurs, sont rarement dĂ©noncĂ©s et encore moins condamnĂ©s : c'est de fait trĂšs difficile Ă estimer. Pour autant, ces femmes de la statistique prĂ©cĂ©dente ont Ă©tĂ© agressĂ©es par des hommes, et le grand nombre de victimes implique un nombre important d'hommes violents (mĂȘme si certains de mauvaises fois se figurent qu'il existerait uniquement des violeurs en sĂ©rie spectaculaires et monstrueux plutĂŽt que des hommes banals, mĂ©diocres et violents). J'avais lu qu'une estimation plausible serait entre 1 homme sur 4 et 1 homme sur 10 (oui le delta est grand) qui serait l'auteur de violences sexuelles. Et invariablement alors qu'ils ne se demandent probablement pas combien de femmes autour d'eux font parties de ces tristes mais communes statistiques (parce qu'ils ne parviennent mĂȘme pas Ă imaginer la rĂ©alitĂ© des violences dans le cercle intime et domestique et parce qu'une victime silencieuse qui ne dĂ©nonce pas n'en serait pas une), je les regarde tous un Ă un et je me demande lesquels, parmi ces 8 hommes, ont ou vont agresser une femme au cours de leur vie. Et peut-ĂȘtre que ce soir, une femme se pose la mĂȘme question que moi depuis une terrasse Bordelaise. Alors peut-ĂȘtre que pendant que mon cousin rigole avec elle, s'indigne de maniĂšre convenue des VSS et des mascus, lui ressert un verre, elle se dit "non mais pas lui, c'est un type bien".
Et jâai un trĂšs trĂšs gros dĂ©faut (sur lequel je travaille) : je suis extrĂȘmement loyale. Je sais que ça semble ĂȘtre une qualitĂ© mais le souci est que lorsque la loyautĂ© est aveugle et totale, elle dĂ©samorce lâesprit critique, rationalise des comportements condamnables, excuses des choses qui ne devraient pas ĂȘtre excusĂ©es. Je suis loyale dans beaucoup de domaines et Ă des degrĂ©s diffĂ©rents. Dans le milieu pro et vis Ă vis de ma famille ça reste quelque chose qui relĂšve davantage de la qualitĂ©, en revanche, la loyautĂ© que jâentretiens vis Ă vis de mes amis a pu parfois ĂȘtre vĂ©ritablement toxique. Et jâai dĂ©jĂ beaucoup Ă©crit sur combien jâai excusĂ© Ă Alicia dâavoir Ă©tĂ© positivement horrible avec ses mecs quâelle utilisait et trompait Ă outrance et mĂ©chante avec des femmes qui nâavaient rien demandĂ© ou sur comment jâai laissĂ© G abuser de ma patience et de ma gentillesse. Jâai rarement Ă©crit sur Pablo. Pablo Ă©tait mon meilleur ami. ChloĂ© a bien tentĂ© de me dire que leur sexualitĂ© Ă©tait violente, sous condition, toxique et problĂ©matique mais puisquâelle avait de gros troubles psy et que ça nâallait pas fort, que nous avions seulement 16 ans et quâil nous Ă©tait difficile de savoir comment nous positionner, parce quâelle Ă©tait folle amoureuse et glamourisait ce cĂŽtĂ© passionnel aussi, nous avons rien dit et rien fait. Câest quand il y a eu Talia que jâai compris vĂ©ritablement ce dont parlait ChloĂ©. On Ă©tait plus ĂągĂ©s, Talia ne sâest pas laissĂ©e faire et est partie pour nous laisser dĂ©couvrir un Pablo colĂ©rique, egotique, manipulateur et dangereux. Câest Ă ce moment lĂ que jâai commencĂ© Ă lui tenir tĂȘte et Ă ĂȘtre plus virulente sur les sujets Ă©tendus des VSS. Câest aussi Ă ce moment lĂ quâil a commencĂ© Ă ĂȘtre plus possessif vis Ă vis de moi et Ă reproduire des comportements quâil avait eu avec ChloĂ© et Talia qui nâĂ©taient pas acceptables dans le pĂ©rimĂštre de notre relation amicale. Aussi jâai mis un terme Ă notre amitiĂ© et mis en garde les femmes de son entourage. Sans faire de vague. Comme on fait toutes. Inviter Ă rester sur ses gardes. Ă ĂȘtre vigilante. Ă ne pas ĂȘtre permissive vis Ă vis de ses discours. Mais il mâaura fallut des annĂ©es. Des annĂ©es pour ouvrir les yeux et voir ce qui Ă©tait visible tout ce temps. Des annĂ©es pour ne plus excuser sa violence et sa prĂ©dation. Je me suis excusĂ©e auprĂšs de ChloĂ©. Nous avions 22 ans. Comme quand je parle de mon agression, elle a minimisĂ© les faits comme si câĂ©tait pas grand chose mais je pense que cette relation qui aura durĂ© 6 ans lâaura probablement abĂźmĂ©e. Aujourdâhui, et quand je suis entourĂ©e dâhommes jâai parfois des sursauts de luciditĂ© au cours desquels jâarrĂȘte de les percevoir via le prisme obscurcissant de lâamour que je porte Ă mes amis. Alors je me demande, comme je le fais ce soir, est-ce que je ne suis pas en train de laisser, par nĂ©gligence ou par affection, un agresseur bĂ©nĂ©ficier dâune identitĂ© sociale rassurante et valorisante qui lui permettra dâagresser davantage.
Ă chaque fois que je suis avec des gens qui discutent des violences faites aux femmes et plus particuliĂšrement des violences sexuelles comme si c'Ă©taient des statistiques dĂ©sincarnĂ©es, une rĂ©alitĂ© parallĂšle ou des situations abstraites, qu'ils minimisent Ă la fois l'impact et la proportion, qu'ils se figurent une typologie particuliĂšre d'agresseur qui ne ressemblerait en rien aux hommes qu'ils connaissent et cĂŽtoient, je repense Ă mon cousin qui m'a violĂ©e pendant des annĂ©es pendant que j'Ă©tais enfant et qui maintenant vit une vie trĂšs respectable Ă Bordeaux, au collĂšgue bien sous tout rapport qui a violĂ© Santana Ă une soirĂ©e de bureau et qui a Ă©tĂ© rĂ©cemment promu au sein de la sociĂ©tĂ©, au mari parfait de Clara qui la violait tous les soirs quand il ne la battait pas et qui va bientĂŽt ĂȘtre papa d'une petite fille. Tous ces hommes qui font des barbecues en famille pendant lesquels ils s'indigent probablement des violences faites aux femmes en dissimulant ou parfois allant jusqu'Ă ignorer qu'ils sont nos agresseurs et que nous sommes, femmes attablĂ©es avec eux, filles, conjointes, soeurs, collĂšgues, leurs victimes. Et lĂ , un verre Ă la main, alors que je les Ă©coute poliment parler des femmes victimes comme de personnages fictifs qui n'auraient rien Ă voir avec nous, je me demande combien des autres femmes assises autour de la table font de mĂȘme. Combien taisent, minimisent ou ignorent les exactions qu'elles ont subies, pas parce qu'elles ont peur de parler mais parce qu'elle mĂ©nagent le confort des hommes assis autour de la table. Il ne faudrait pas les mettre mal Ă l'aise. Pas qu'ils soient confrontĂ©s Ă la rĂ©alitĂ© inconfortable que s'ils connaissent autant de victimes la probabilitĂ© voudrait qu'ils connaissent au moins autant d'agresseurs. Peut-ĂȘtre mĂȘme en font-ils partie.
On estime (enfin l'OMS, pas moi personnellement) qu'environ 1 femme sur 3 a subi au cours de sa vie des violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime, des violences sexuelles de la part d'une autre personne, ou les deux. Un chiffre qu'on connait comme Ă©tant trĂšs largement sous-estimĂ©. Nous sommes nombreuses Ă ne jamais avoir rien dit et Ă ne pas figurer dans les statistiques. Autour de la table nous sommes 7 femmes. Dans cet Ă©chantillon la logique voudrait qu'au moins une autre femme ait Ă©tĂ© ou sera victime de violences sexuelles au cours de sa vie. Les chiffres sont bien plus compliquĂ©s Ă Ă©valuer pour les agresseurs. Ils ne revendiquent bien Ă©videment pas les agressions, ne sont parfois mĂȘme pas conscients qu'ils en sont les auteurs, sont rarement dĂ©noncĂ©s et encore moins condamnĂ©s : c'est de fait trĂšs difficile Ă estimer. Pour autant, ces femmes de la statistique prĂ©cĂ©dente ont Ă©tĂ© agressĂ©es par des hommes, et le grand nombre de victimes implique un nombre important d'hommes violents (mĂȘme si certains de mauvaises fois se figurent qu'il existerait uniquement des violeurs en sĂ©rie spectaculaires et monstrueux plutĂŽt que des hommes banals, mĂ©diocres et violents). J'avais lu qu'une estimation plausible serait entre 1 homme sur 4 et 1 homme sur 10 (oui le delta est grand) qui serait l'auteur de violences sexuelles. Et invariablement alors qu'ils ne se demandent probablement pas combien de femmes autour d'eux font parties de ces tristes mais communes statistiques (parce qu'ils ne parviennent mĂȘme pas Ă imaginer la rĂ©alitĂ© des violences dans le cercle intime et domestique et parce qu'une victime silencieuse qui ne dĂ©nonce pas n'en serait pas une), je les regarde tous un Ă un et je me demande lesquels, parmi ces 8 hommes, ont ou vont agresser une femme au cours de leur vie. Et peut-ĂȘtre que ce soir, une femme se pose la mĂȘme question que moi depuis une terrasse Bordelaise. Alors peut-ĂȘtre que pendant que mon cousin rigole avec elle, s'indigne de maniĂšre convenue des VSS et des mascus, lui ressert un verre, elle se dit "non mais pas lui, c'est un type bien".
Ă chaque fois que je suis avec des gens qui discutent des violences faites aux femmes et plus particuliĂšrement des violences sexuelles comme si c'Ă©taient des statistiques dĂ©sincarnĂ©es, une rĂ©alitĂ© parallĂšle ou des situations abstraites, qu'ils minimisent Ă la fois l'impact et la proportion, qu'ils se figurent une typologie particuliĂšre d'agresseur qui ne ressemblerait en rien aux hommes qu'ils connaissent et cĂŽtoient, je repense Ă mon cousin qui m'a violĂ©e pendant des annĂ©es pendant que j'Ă©tais enfant et qui maintenant vit une vie trĂšs respectable Ă Bordeaux, au collĂšgue bien sous tout rapport qui a violĂ© Santana Ă une soirĂ©e de bureau et qui a Ă©tĂ© rĂ©cemment promu au sein de la sociĂ©tĂ©, au mari parfait de Clara qui la violait tous les soirs quand il ne la battait pas et qui va bientĂŽt ĂȘtre papa d'une petite fille. Tous ces hommes qui font des barbecues en famille pendant lesquels ils s'indigent probablement des violences faites aux femmes en dissimulant ou parfois allant jusqu'Ă ignorer qu'ils sont nos agresseurs et que nous sommes, femmes attablĂ©es avec eux, filles, conjointes, soeurs, collĂšgues, leurs victimes. Et lĂ , un verre Ă la main, alors que je les Ă©coute poliment parler des femmes victimes comme de personnages fictifs qui n'auraient rien Ă voir avec nous, je me demande combien des autres femmes assises autour de la table font de mĂȘme. Combien taisent, minimisent ou ignorent les exactions qu'elles ont subies, pas parce qu'elles ont peur de parler mais parce qu'elle mĂ©nagent le confort des hommes assis autour de la table. Il ne faudrait pas les mettre mal Ă l'aise. Pas qu'ils soient confrontĂ©s Ă la rĂ©alitĂ© inconfortable que s'ils connaissent autant de victimes la probabilitĂ© voudrait qu'ils connaissent au moins autant d'agresseurs. Peut-ĂȘtre mĂȘme en font-ils partie.
Tales About Plants. 1865.
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