Une fusillade a éclaté ce mercredi matin à Paris, dans le XIème arrondissement au siège du journal satirique Charlie Hebdo. Selon les dernières informations, elle a fait 12 morts, dont deux policiers et quatre blessés graves. Deux ou trois hommes armés sont toujours recherchés. Ils ont pris la fuite en voiture et auraient crié des revendications islamistes.
Tilafushi est à des milliers de kilomètres des magnifiques plages de sable blanc et des villas sur pilotis, seule image que les brochures vantent, et unique image que les touristes de passage garderont avec celles de plongées exceptionnelles.
Ici, des montagnes de poubelles cachent le ciel bleu : plastiques, boites de conserve, vieux bidons rouillés d'huiles usagées, carcasses de deux roues, épaves de bateaux, à perte de vue (au sens "propre", pas au figuré).
A la différence de la plupart des "resorts"(hôtels), les seuls visiteurs de cette île sont les nuages de mouches qui vrombissent autour de nous, et les travailleurs Bangladeshi qui se déplacent dans ce bouillon infâme et bravent les fumées nauséabondes pour brûler les tonnes de déchets qui arrivent sur cette île tous les jours.
Le TAFTA aurait un effet nuisible sur l’économie européenne, démontrent deux études
Un article de reporterre.net
Destructions d’emplois, baisse des salaires, pertes nettes en terme de PIB... Autant de répercussions négatives du TAFTA/TTIP sur l’économie européenne, pointées par deux nouvelles études qui contredisent l’optimisme affiché par la Commission européenne.
En ce vendredi 19, une manifestation se déroule à Bruxelles contre le traité de libre échange, visant à encercler le Sommet européen qui se déroule ce jour.
Le TAFTA/TTIP, l’accord commercial secret négocié par Bruxelles et Washington, coûterait à l’Europe 600 000 emplois. En France, l’accord entraînerait aussi une baisse des salaires de 5 500 euros par travailleur et le transfert de 8 % du produit intérieur brut (PIB) du travail vers le capital.
Publiée en octobre 2014, l’étude de Jeronim Capaldo, de l’Institut mondial du développement et de l’environnement à l’Université Tufts aux États-Unis, décrit les conséquences graves qu’aurait le Tafa/TTIP pour l’Union et ses États membres.
Celle de Werner Raza (en allemand), directeur de la Fondation de la recherche autrichienne pour le développement international ÖFSE de Vienne, présentée le 19 octobre dernier, remet en question les pronostics optimistes des promoteurs du Tafta/TTIP, basés sur quatre études réalisées par Ecorys (2009), le CEPR (2013), le CEPII (2013) et Bertelsmann/ifo (2013).
L’effacement des classes populaires sur France Inter
Un article de Fakir sur ACRIMED
La direction d’Inter le promettait : la radio saurait « entendre le pays », voire « proposer une photographie du monde ». On a écouté, donc, curieux. Finalement, les classes populaires sont exclues de la photo. La Maison ronde tourne en rond, n’entendant du « pays » que les ministres, les patrons, et surtout les artistes. Et avec ce constat, accablant, la directrice Laurence Bloch est presque d’accord…
« Maintenant le boycott sera total », prévenait Philippe en juin. Et Pierre annonçait : « Je refuse d’écouter France Inter que j’écoutais pourtant depuis mon adolescence, j’ai 57 ans ! », etc. Les réactions indignées affluaient cet été. À quoi Laurence Bloch, la directrice, répondait avec sagesse : attendez ! À la rentrée, vous aurez une radio « punk » et qui saura « entendre le pays ».
Sagement, nous avons attendu. Et durant toute une journée, le mercredi 3 septembre, de 5 h à 23 h, nous avons audité France Inter chrono en main. Pas pour chipoter sur tel animateur, tel journaliste, mais pour constater une double absence…
Le député UMP des Hauts-de-Seine, Thierry Solère, affirme que la loi donne aux anciens président le droit à un bureau et trois collaborateurs. C'est faux pour deux raisons : ce n'est pas une loi mais une simple lettre signée en 1985 et le député oublie beaucoup d'avantages.
Ce n'est donc pas une loi sur les règles qui concernent "les conditions de vie des anciens président et de leurs conjoints". Il s'agit en fait d'une simple lettre envoyée le 8 janvier 1985 par Laurent Fabius, alors Premier ministre, à Valéry Giscard d'Estaing (voir ici).
Pas trois mais sept collaborateurs
Thierry Solère oublie beaucoup d'avantages pour les anciens présidents. Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n'ont pas le droit à trois mais sept collaborateurs : un chef de cabinet, deux assistants, un archiviste et trois secrétaires. Une équipe pris en charge financièrement par le budget de Matignon.
Par ailleurs, ce n'est pas un bureau mais un appartement de fonction meublé et équipé, accompagné d'un forfait téléphonique et de deux personnels de maison. Deux policiers sont également mobilisés en permanence pour la sécurité des anciens chef de l’État. Protection que peut également demander leurs conjoints.
Une retraite de 6.000 euros brut pour un mandat présidentiel
Concernant les déplacement, les anciens présidents ont le droit à une voiture de fonction avec deux chauffeurs. Leurs voyages en train, en bateau ou en avion sont pris en charge dans la meilleur des classes, que ce soit en France ou à l'étranger. Pour les déplacements internationaux, les ambassadeurs sont chargés de les accueillir et de les loger.
Ils touchent également une retraite pour leur mandat. La loi du 3 avril 1955 précise que le montant correspond au salaire brut d'un conseiller d’État en activité, soit un peu plus de 6.000 euros brut par mois. Il faut y ajouter les 11.000 euros de traitement liés à leur statut de membre de droit du Conseil constitutionnel.
Quand ils sont venus chercher les communistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n'ai rien dit, je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait personne pour protester...
Martin Niemoller (1892-1984), à Dachau 1942
Fiche wikipédia :
Emil Gustav Friedrich Martin Niemöller, né le 14 janvier 1892 à Lippstadt et mort le 6 mars 1984 à Wiesbaden, est un pasteur, théologien allemand et créateur de l'Église confessante.
Politiciens corrompus : un ado invente l'application qui les démasque
un article du Huffington Post
TECHNO - Nick Rubin, un Américain de 16 ans vivant à Seattle, a développé une application pour démasquer les politiciens corrompus sur votre ordinateur. Greenhouse permet, en cliquant sur le nom d'un membre du congrès américain dans un article de presse, de découvrir l'origine de l'argent récolté par ce politicien. Et ce dans plusieurs navigateurs (Chrome, Safari, Firefox).
Ce passionné de codage et de politique, interviewé par Vice , déclare vouloir pousser les politiciens américains à plus de transparence. "Quand vous passez au-dessus d'un nom avec votre souris, une page apparaît sur laquelle vous pouvez voir les montants reçus et les donateurs", explique-t-il. Ainsi, facile de savoir si un politicien s'opposant à une loi environnementale a reçu une grosse somme d'argent venant d'une compagnie de pétrole ou si un élu reçoit plus de contributions de l'industrie médicale ou de cabinets juridiques.
"Je veux que Greenhouse soit un outil non partisan. Ce qui me préoccupe, c’est l’énorme quantité d’argent qui est injecté dans le système car il y en a vraiment beaucoup. Lorsque les gens seront informés, ils pourront rejeter les élus qui sont plus motivés par l’argent que par les principes. J'espère que Greenhouse permet aux lecteurs de voir l'histoire d'argent derrière l'actualité", ajoute-t-il.
L'appli permet également de voir le pourcentage de contributions apporté par les citoyens américains plutôt que par les différentes industries. De plus, Nick Rubin tweet chaque jour une "Story Of The Day", c'est-à-dire une actualité sur laquelle l'utilisation de Greenhouse révèle un problème d'intérêt.
Comme le rappelle Rue89, une telle application n'est pas prête à être adaptée en France car il est "difficile d’accéder à la liste des donateurs d’une campagne électorale", mais le site propose quand même "pour pimenter, on pourrait y ajouter les éventuels liens directs avec des entreprises"...
Le FBI a poussé des Américains musulmans à commettre des attentats selon un rapport
Un article du Huffington Post
TERRORISME - Le FBI a "encouragé, poussé et parfois même payé" des musulmans américains. Pourquoi ? Pour les inciter à commettre des attentats, au cours d'opérations de filatures et clandestines montées de toutes pièces après le 11-Septembre, conclut un rapport publié lundi.
Dans nombre des plus de 500 affaires de terrorisme conduites par les tribunaux américains depuis le 11 septembre 2001, "le ministère américain de la Justice et le FBI ont ciblé des musulmans américains dans des opérations clandestines de contre-terrorisme abusives, fondées sur l'appartenance religieuse et ethnique", dénonce ce rapport de l'organisation Human Rights Watch (HRW) étayé de nombreux exemples.
L'organisation aidée de l'Institut des droits de l'homme de l'Ecole de droit de l'Université de Columbia a en particulier étudié 27 affaires, de l'enquête au procès, en passant par l'inculpation et les conditions de détention, et interviewé 215 personnes, qu'il s'agisse des inculpés ou condamnés eux-mêmes ou de leurs proches, d'avocats, juges ou procureurs.
"Dans certains cas, le FBI pourrait avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi en leur suggérant l'idée de commettre un acte terroriste", résume un communiqué, estimant que la moitié des condamnations résultent de coups montés ou guet-apens. Dans 30% des cas, l'agent infiltré a joué un rôle actif dans la tentative d'attentat.
"Encouragés, poussés et parfois même payés"
"On a dit aux Américains que leur gouvernement assurait leur sécurité en empêchant et en punissant le terrorisme à l'intérieur des Etats-Unis", a déclaré Andrea Prasow, l'un des auteurs du rapport. "Mais regardez de plus près et vous réaliserez que nombre de ces personnes n'auraient jamais commis de crime si les forces de l'ordre ne les avaient pas encouragés, poussés, et parfois même payés pour commettre des actes terroristes".
L'étude cite notamment les quatre de Newburgh, accusés d'avoir planifié des attentats contre des synagogues et une base militaire américaine, alors que le gouvernement avait, selon un juge, "fourni l'idée du crime, les moyens, et dégagé la voie" et transformé en "terroristes" des hommes "dont la bouffonnerie était shakespearienne".
Selon HRW, le FBI a aussi souvent ciblé des personnes vulnérables, souffrant de troubles mentaux et intellectuels.
Le rapport cite également le cas de Rezwan Ferdaus, condamné à 17 ans de prison à l'âge de 27 ans pour avoir voulu attaquer le Pentagone et le Congrès avec des mini-drones bourrés d'explosifs. Un agent du FBI avait dit de Ferdaus qu'il avait "de toute évidence" des problèmes mentaux, mais le plan avait été entièrement conçu avec le policier infiltré.
Pour 100 g, le Big Mac est plus calorique que le cassoulet (136 kcal), que le coq au vin ( 91 kcal), que le pot-a-feu (72,2 kcal) * ! Les plats en sauce traditionnels français sont donc moins calorique que le burger américain !
TiSA : les trois dangers du nouvel accord mondial de libéralisation
Un article des Décodeurs du Monde
Après le traité transatlantique TTIP/Tafta, voilà un nouvel acronyme qui fait trembler les ONG et la gauche radicale : TiSA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français.
Une brèche vient de s'ouvrir dans le secret des négociations, jusqu'alors très opaques, de cet accord de libéralisation qui rassemble une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis et l'Union européenne.
WikiLeaks a fait fuiter le mois dernier un document de travail datant d'avril 2014, portant sur le chapitre des services financiers. S'il ne s'agit pas du texte définitif, puisque les négociations sont encore en cours, il permet de se faire une idée sur ce à quoi pourrait ressembler l'accord.
« Même si nous n'avons pas l'ensemble du texte, ce document contient les principaux légaux généraux de TiSA », explique William Waren, spécialiste du commerce international au sein de l'ONG écologiste Les Amis de la Terre, qui se dit « très inquiet». Le fait que le négociateur en chef américain ait déclaré en juin que le cadre général de l'accord était en place laisserait à penser que les grands principes exposés dans ce document seront dans l'accord final. Les voici :
1. La libéralisation par défaut ?
Actuellement, un pays membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) n'est tenu de libéraliser que les secteurs sur lequels il a explicitement donné son accord, en les inscrivant sur une « liste positive ». TiSA prévoit d'inverser cette logique en introduisant des listes négatives : seuls les secteurs cités explicitement dans les accords ne seront pas libéralisables.
Ce qui ouvrira la possibilité de libéraliser par défaut tous les nouveaux secteurs de l'économie, de la santé à l'éducation, en passant par l'énergie. Les Etats seront donc menacés de poursuites s'ils maintiennent des monopoles publics ou favorisent leurs entreprises locales pour relancer la croissance, à moins d'avoir auparavant négocié des exemptions dans certains secteurs.
Du côté de la Commission européenne, on assure que des « lignes rouges » sont posées : « Les services publics ne seront pas ouverts. »
2. Un point de non-retour pour la libéralisation
Le document de WikiLeaks montre que les Européens et les Américains réclament une clause qui gèlerait le niveau de régulation à la date de la signature : c'est ce qu’on appelle la « standstill clause ». Si TiSA était signé en 2015, les Etats s'engageraient donc à ne jamais revenir à un niveau de régulation supérieur à celui de 2015.
Une clause de « cliquet » (« ratchet clause ») pourrait pousser la logique encore plus loin : toute nouvelle libéralisation définirait un nouveau plancher irréversible.
Ces deux dispositions posent question d'un point de vue démocratique, car elles empêcheraient les gouvernement de revenir sur les choix faits par leurs prédécesseurs.
3. Un isolement des pays émergents
Les initiateurs des négociations TiSA se sont eux-mêmes baptisés les « très bons amis des services ». Il serait plus exact de parler des très bons amis de l'Occident. En effet, outre l'Union européenne et les Etats-Unis, on retrouve autour de la table :
Les Européens non-membres de l'UE, mais liés à elle par d'étroits partenariats : la Norvège, l'Islande, le Liechtenstein et la Suisse ;
Des alliés traditionnels des Américains : le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Israël et la Turquie ;
Sept Etats sud-américains plutôt pro-Américains : le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Mexique, Panama, le Paraguay, le Pérou ;
Trois Etats asiatiques concurrents de la Chine : Taïwan, Hongkong et la Corée du Sud ;
Le Pakistan
Soit les deux tiers du commerce mondial, en écartant soigneusement tous les grands pays émergents. En creux se dessine donc bien une alliance anti-BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), assumée par la Commission européenne :
« Contrairement aux négociations du cycle de Doha, le possible futur accord ne prévoit pas pour l’instant la participation de certaines des principales économies émergentes, notamment le Brésil, la Chine, l’Inde et les pays de l’Asean (Association des nations de l'Asie du Sud-Est). Il n’est pas souhaitable que tous ces pays recueillent les bénéfices d’un futur accord sans y avoir contribué et être tenus par ses règles. »
Pourquoi cette logique de blocs ? Côté américain, on souhaite clairement se prévaloir contre la montée en puissance de la Chine et des autres émergents, en fixant des standards mondiaux sans les consulter. C'est également la logique qui prévaut à la négociation par Washington des traités transatlantique (avec l'Europe) et transpacifique (avec une dizaine de pays du pourtour pacifique, sans la Chine).
L'Union européenne se défend de son côté d'une telle vision offensive à l'égard de la Chine – elle a d'ailleurs, en vain, soutenu l'intégration de Pékin d'intégrer aux négociations.
« Les très bons amis des services sont inquiets que les émergents adoptent une approche différente de l'économie, moins libérale, estime William Waren. Ils veulent donc mettre sur pied une Constitution pour le commerce international pour limiter les pouvoirs d'intervention des Etats. »
Comme nous vous l'expliquions dans notre article présentant TiSA, l'idée sous-jacente de ces négociations est en effet de trouver un consensus à cinquante pour ensuite le « multilatéraliser » – c'est à dire l'imposer à l'ensemble des membres de l'OMC, soit la grande majorité des pays du monde, y compris la Chine.
Quand on sait que, de son côté, la Chine négocie un grand accord baptisé RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership, accord économique régional complet) avec le reste de l'Asie, l'Inde et l'Océanie, on peut craindre que ne se dessinent à l'avenir de grands blocs antagonistes. Une idée que balaye d'un revers de la main la Commission européenne : « Ni TiSA ni le traité transatlantique ne sont des OTAN économiques dirigés contre la Chine. Cela serait contre-productif, car nous avons besoin de la croissance chinoise. »
lire aussi Les décodeurs du Monde : TiSA : un accord géant de libre-échange en discrètes négociation
Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire.
George Orwell (1903-1950)
Fiche Wikipédia :
George Orwell, nom de plume de Eric Arthur Blair, né le 25 juin 1903 à Motihari (Inde) pendant la période du Raj britannique et mort le 21 janvier 1950 à Londres, est un écrivain et journaliste anglais.
Son œuvre porte la marque de ses engagements, qui trouvent eux-mêmes pour une large part leur source dans l'expérience personnelle de l'auteur : contre l'impérialisme britannique, après son engagement de jeunesse comme représentant des forces de l'ordre colonial en Birmanie ; pour la justice sociale et le socialisme, après avoir observé et partagé les conditions d'existence des classes laborieuses à Londres et à Paris ; contre les totalitarismes nazi et soviétique, après sa participation à la guerre d'Espagne.
Témoin de son époque, Orwell est dans les années 1930 et 1940 chroniqueur, critique littéraire et romancier. De cette production variée, les deux œuvres au succès le plus durable sont deux textes publiés après la Seconde Guerre mondiale : La Ferme des animaux et surtout 1984, roman dans lequel il crée le concept de Big Brother, depuis passé dans le langage courant de la critique des techniques modernes de surveillance. L'adjectif « orwellien » est également fréquemment utilisé en référence à l'univers totalitaire imaginé par l'écrivain anglais.
C’est le ministère des Finances qui le reconnaît : le cocktail « baisse des charges sur les entreprises » et « réductions des dépenses » détruit plus d’emplois qu’il n’en crée !
Créer des emplois : c’est l’objectif du Pacte de responsabilité et de solidarité, affirme le Premier ministre. Et il le redira sans doute demain à l’Assemblée, lors du débat sur le projet de loi de finances rectificative, qui porte une partie des mesures de ce Pacte.
C’est Mesange qui le dit
Le problème, c’est que le ministère des Finances dit le contraire : les baisses de charges et d’impôts du Pacte devraient certes créer environ 190 000 emplois à la fin 2017 ; mais les réductions de dépenses qui contribuent à son financement en supprimeront 250 000 dans le même temps. Le solde est donc négatif, avec la suppression de 60 000 emplois !
Ces chiffres proviennent de la direction du Trésor et son modèle d’évaluation Mesange. Ils sont publics depuis la mise en ligne, hier, du rapport de Valérie Rabault (PS, Tarn-et-Garonne) sur le projet de loi de finances rectificative.
« Effet récessif »
Le Pacte, écrit Valérie Rabault, aurait « pour effet de rehausser l’activité de 0,6 point à l’horizon 2 017 et de créer 190 000 emplois ». Cela pour la partie positive, les baisses de charges et d’impôts. Reste l’autre face du Pacte, les 50 milliards de réductions de dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale : ils auraient « un impact récessif sur la croissance de 0,7 % par an en moyenne entre 2015 et 2017, et pourraient entraîner la suppression de 250 000 emplois à l’horizon 2017 ».
La rapporteure générale Valérie Rabault affirme qu’elle « soutient le gouvernement ». Mais elle réclame de veiller aux « contreparties » demandées aux entreprises en termes d’emplois, et de mieux doser le cocktail de « mesures d’économies et mesures de relance ».
41 frondeurs… et plus ?
Autant d’arguments pour les « frondeurs », qui contestent depuis deux mois le déséquilibre du Pacte : trop pour l’offre, pas assez pour la demande. Dans cet esprit, ils proposent par exemple avec Jean-Marc Germain un effort sur les emplois d’avenir ou sur les investissements, quitte à diminuer le volume de baisses des charges – en vain, pour l’instant.
La fronde avait fédéré, fin avril, 41 députés socialistes, qui s’étaient abstenus sur le plan d’économies défendu par Manuel Valls. Le Premier ministre s’est depuis juré de réduire leur nombre au minimum sur les deux textes de lois qui portent ce Pacte : le projet de finances rectificative (PLFR) présenté demain à l’Assemblée, et son équivalent sur la sécurité sociale (PLFRSS), qui arrive le lundi suivant. Mais il faudra retravailler l’argumentaire, si les experts du ministère des Finances continuent de dire que le Pacte fabrique des chômeurs…
Une preuve de plus de inefficacité d'un plan de rigueur budgétaire qui met en berne le pouvoir d'achat et donc la consommation. Le problème ce n'est pas qu'il y a trop de charge sur les entreprises. C'est qu'il n'y a pas assez de demandes à ces entreprises, elles ne vendent pas assez. Quand bien-même elles auraient 0 charges, les effets seraient les même !
Alors pourquoi s'acharner à appliquer en France ce qui n'a pas marché partout ailleurs plutôt que de favoriser un cercle vertueux de l'économie ? Est-ce que l'appartenance de M. Pierre Moscovici, ancien ministre des finances et de l'économie, au groupe lobbyiste patronal français auprès des institutions européennes (cf. le Cercle de l'Industrie, proche du MEDEF) est une pièce expliquant le dangereux virage libéral pris par les gouvernements Hollande ?