Horia, 7 Borgval, 1000 Bruxelles
Si du coup vous avez une adresse de friterie sympa à Beyrouth, je prends !
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Horia, 7 Borgval, 1000 Bruxelles
Si du coup vous avez une adresse de friterie sympa à Beyrouth, je prends !
MOB Hotel, 4-6 rue Gambetta, 93400 St Ouen
_ Dans la famille “Hôtel”, je voudrais la boutique de skate. _ Tiens. _ Merci. Dans la famille “Hôtel”, toujours, je voudrais les cours de yomade*. _ Tiens. _ Cool. Toujours dans la même famille, je voudrais…hmmm… les pizzas délice. _ Pff, abusé : tiens ! _ Yes ! Je continue dans la famille “Hôtel” et je demande cette fois… les plafonds d’escalade dans chaque salle de bain. _ Pioche ! _ Et merde. _ Aloooors. Dans la famille “Pizza”, je voudrais, stp, la tomate, piment de padron, bresaola de bœuf, parmesan, câpres, olives et roquette**. _ Tiens. _ Dans la famille “Pizz’”, toujours, je voudrais celle à 17€. _ Euh, laquelle ? _ Ah ! Euuuuh, la Romaine, steupl’ (sauce tomate, gorgonzola, poire, endives, noix et crème de balsamique). _ Comme par hasard : tiens. _ Héhé. Pour continuer, je voudrais, dans la famille “Pizza”, s’il te please, la Cagole. _ Pardon ? _ La Cagole (tomates cerise, copeaux de parmesan, roquette, pistou). _ Certainement pas. Pioche ! _ Bonne pioche !
*yoga nomade. Arrh. **la Pablo <3
Le Petit Dakar, 5 rue Elzevir, 75003 Paris
Simple et cainfri, simple et cainfri. Simple et cainfri, l’esprit cainfri.
Nagusia Lau, Calle Mayor 4, Donostia
Dans ma ville idéale, les immeubles auraient plusieurs étages. Au rez-de-chaussée de l’un se trouverait du pain. Au premier du jambon ibérique. Au second une tranche de boudin noir. Sur le toit un œuf de caille au plat.
Au niveau zéro d’un autre, il y aurait du pain. Au 1, du bacon. Au 2, un poivron farci à la mousse d’anchois. Au 3, un piment grillé.
Dans le jardin municipal, les bassins seraient pleins de lamelles de poulpe à l’huile. Des fontaines en crevettes panées, jaillirait de la mayonnaise. Certains bancs, en pain, seraient garnis de miettes de crabe et de pata negra.
Les commerces seraient frits, on y trouverait de la purée de morue pimentée.
Quelques maisons de plein pain, seraient saumon mariné sur toute leur surface, terrasse en sardine filée.
Dans ma ville idéale, toutes les habitantes et tous les habitants seraient ciudadophages. Ils et elles auraient bien raison.
Café Hyperion, Videopolis, Disneyland Paris, 77777 Marne-la-Vallée
On n’a pas vu de pizza Mickey. Une pizza pour la tête et deux plus petites pour les oreilles. On n’a pas vu de stand à hot-Dingo. Ni de Pluto avec serpenti jaune et serpenti rouge sur le ventre et dans du pain. Pas trouvé de Donald laqué. Aucune spécialité mulanaise. Où sont ces salades de la jungle et autres brochettes de souris-kangourou ? On n’a pas trouvé de plateaux de petits fruits de mer. Ni de trucs aux olives et compagnie. Pas plus de cœurs de lapin à la citrouille cendrée. Pas vues les belles assiettes, ni les bêtes, ni les clochardes. Pas de sunday à la ratatouille, alors on a pris un menu Jedi.
Pour plus de magie qu’un triste Vador imprimé sur un pauv’ bun : http://www.telegraph.co.uk/food-and-drink/recipes/star-wars-recipes-7-ways-to-jedi-fy-your-sea-food/
Brasserie Le Français, 7 avenue Alsace Lorraine, 01000 Bourg-en-Bresse
On ne dit pas “on veut manger burgien”, on dit “on va au Français”. Parfois on veut manger chinois, alors on dit “on va au Dragon du Poitou”. C’est en France, aussi. Dans les pays, on mange partout.
Noms de menus de l’hexagone : “Formule midi express”, “Kidz”, “Le Quattro (4 steaks)”, “Le Régional”, etc.
On n’est pas loco, on veut manger local. S’essuyer la bouche sur des serviettes en tissu et les doigts sur des lingettes au citron.
Les cuisses sont de grenouilles et de poulet. Bressan pour cent.
Un beurre persilladé dont on se ferait des shots si ce n’était pas gravos. Diététiquement et psychologiquement gravissimos. Déjà, tout saucer, c’est limite-limite. C’est presque comme consommer un paquet entier de choses.
Ne pas tout saucer serait hérétique.
Le potage en amuse-bouche, la persillade en entrée, la crème en plat, la crème en dessert. Le pain est mortel, vive le pain !
Alerte : un choix est à opérer quant à la garniture du poulet, entre riz et gratin dauphinois. Ne.pas.se.foirer.
C’est la grande sortie, on a choisi le lieu selon la hauteur sous plafond. Fresque et miroirs, tabliers noirs, ramasse-miettes et cocktail maison, raccord avec les néons.
C’est la grande brasserie, bresserie par excellence. Numéro Ain dans l’expérience. Aaah, la gastronomie français !
(Pour digérer il nous faudra l’intervention de la bouteille de gnôle maison imposée sur la table par le chef de salle. Et de la patience.)
Schwartz's Deli, 16 rue des Écouffes, 75004 Paris
Tout bonnement dégueu
Luni, 17 rue de Bagnolet, 75020 Paris
- Mademoiselle, bonjour. - Bonjour. - Je me permets de vous interrompre une minute. Vous avez récemment déjeuné chez Luni, un mot à ce sujet svp ? - En effet. Et bien je dirais comme il est terrible de croire qu’à la maison on a enfin maîtrisé la cuisson al dente pour alors déjeuner chez Luni et réaliser qu’en fait, bah non. À la maison, c’est soit un tout petit peu trop cuit, soit un tout petit peu pas assez. - Certes. J’ajouterais qu’on est sur de belles sauces, bien garnies, bien crémeuses quand il faut l’être, mais un peu frustrées par le pain qui n’est pas à la hauteur une fois l’assiette vide. Des desserts, un précédent témoignage nous a dit du bien et du moins bien, tandis que pour les entrées tout semble ok !
Les Rochers Blancs, Le Semnoz, 74000 Annecy
Une fois, on y avait fêté mon anniv et j’avais reçu un collier de lycéenne en art, un jonc métallique sur lequel enfiler un ou plusieurs petits tubes de peintures colorées (type à l’huile), en métal également. C’était il y a 15 ans. Une autre fois, on y avait déjeuné en terrasse d’une fondue savoyarde aux cèpes un 29 décembre. C’était il y a 1 mois. Le fromage fondu était agrémenté d’un saladier croquant, d’une planche de charcut’ hyper correcte, et d’un bébé portant des mini lunettes de soleil.
Nakagawa (traiteur), 7 rue des Fêtes, 75019 Paris
Il faut le voir pour le poisson croire. Sur les tables de petite cantoche, on pourrait penser que les brocs d’eau sont à moitié vides. Mais à la fin du repas on réalise : depuis le début c’est à moitié pleins qu’ils étaient ! Des barquettes de makis and co. dans un frigo sans porte, quelques préparations moins japan expo derrière une vitrine sans déco, et sur cette vitrine des menus aux typos et prix variés et quelques photos, dont celle d’un bel udon. Sur cette photo est écrit “soupe” au feutre Veleda bleu. Ni l’image, ni le texte ne mentent. Dans le bol de bouillon, beignets de porc pané, algues en paillettes, tempuras de légumes, bâtonnets de carottes, oignons émincés et feuillettes de coriandre se mêlent aux nouilles. Et c’est fou, ça fond ! Chaque cuillère est plus imprégnée que la précédente, chaque aspiration de nouille invite un peu plus de tendresse à se joindre à la fête improvisée organisée au palais. Ma faim était immense, peut-être que ma joie immense d’avoir mangé ça et là en était troublée, mais je ne crois pas. Le bonheur je l’ai vu, et le poisson cru.
PS : on a goûté les California qui sans n’avoir rien à prouver ont tenu toutes leurs promesses. PS 2 : Et puis un bon bal de soupe, ça réchauffe aussi les cœurs masqués.
Groupe Hospitalier Diaconesses, 18 rue Sgt Bauchat, 75012 Paris
Si vous êtes dans le coin avec une petite faim sans pour autant avoir l’intention d’accoucher, je serais tentée de vous déconseiller cette adresse. Les problèmes de température des plats n’entravent néanmoins en rien la joie la plus immense de la life.
Le Bistrot d'Éric, 42 port St-Etienne, 31000 Toulouse
Niché dans une crique du canal avec vue sur un pub fishandchipsien, le Bistrot d'Éric propose une ardoise de 2m de haut et une carte remplie d’assiettes belles et bonnes, design culin’air marin et texture en trois parties : entrée, plat, dessin réaliste d’un paysage aquatique. Aujourd’hui le homard est breton. Mais le reste n’est pourtant pas bien compliqué. Sont-ce ces petits poivrons salés qui changent tout, tout, tout ? Les huîtres font leur boulot, un travail d’orfèvre, un job à plein temps, temps radieux. Couteaux et coques à la plancha se parent d’un jus à l’ail et c’est la pièce de collection qui met le mieux leurs formes en valeur. Les woks en mots comptent triple marquent des points, les Saint Jacques à la provençale rendent les locaux loco, la parillada brille au clair de love et le homard, ce soir, est breton. Le service est vraiment sympa, à part cette fois où il m’avait apporté un moulin à sel au lieu d’un moulin à poivre et qu’une huître m’avait brûlé les yeux. La déco est aussi riche que la carte, et à la carte, aussi, de la lotte aux lardons, des gambas au caramel, de la friture d’éperlans. Le fish and chips d’en face n’est pas dégueu, mais autour de lui ne circule aucun petit poivron salé.
Nem 101, 101 rue du Ranelagh, 75016 Paris
Jirō Taniguchi et Masayuki Kusumi sont dans le XVIe arrondissement. Du ciel tombe de l’eau. Qu’est ce qu’il se passe ? Le gourmet solitaire mange souvent à des heures improbables et de la nourriture asiatique. 19h, c’est complètement dingue, et Nem 101 est un resto vietnamien. La soupe Phở n’est qu’une entrée pas donnée (9€20), mais elle remplit le job de réchauffer avec goût et délicatesse. Le rouleau frais au bœuf n’est pas donné (9€20), mais il remplit l’estomac avec joie et délice. Un bon moment réconfortant, du bœuf dans une danse joliment rythmée, oui, mais pas la peine non plus d’en faire toute une BD.
Y-Izakaya, 14 Rue des Dames, 75017 Paris
La bouche dans l’un de ses meilleurs rôles, celui de manger.
Slurp slurp, chomp chomp, miam miam.
Ce sont surtout des brochettes. Nous comptons les bâtonnets vides.
Retournons-nous y demain.
Il y avait aussi la bœuf-asperges.
Snif snif.
Le Train Bleu, 1er étage, Gare de Lyon, Place Louis Armand, 75012 Paris
En retombant sur un carnet free from le lycée, je me suis dit “pourquoi pas !”. Sur une page cansonnée, un mot daté du jour de mes 18 ans parlait au présent du trajet entre le père et la mère, du moment face à soi et aux paysages de tes vies qui défilent à grande vitesse. Profil bas, profil du rasoir, coup de tête à gauche, coup de pression à droite, cul entre deux sièges numérotés et compagnie des chemins de traverse. Un texte un peu émotion mais franchement écrit par une personne de 18 ans. C’est exceptionnellement faisable, donc c’est décidé, le jour des 30 ans, nous déjeunerons avec maman et dînerons avec papa. Pour que ce petit miracle ait lieu, comme il y a 12 ans, il me fallait un train. C’est donc au Train Bleu que nous avons commencé à nous projeter. Et si sur ma liste des trucs à faire avant le changement de dizaine je n’ai pas su barrer “finaliser un ouvrage”, sachez que sur la nouvelle, j’ai déjà validé “manger une savoureuse gougère d’escargots Petit gris et cuisses de grenouilles accompagnée de crème d’ail”. Le futur, je l’attends paisiblement. À l’instar du plat, qui arrive plus vite que demain, mais qui a le même goût que tous les jours d’après, celui de la chance d’être entourée de belles personnes, de beaux produits de l’existence. Gigot rôti, ça veut dire je t’aime. Gratin dauphinois, ça rime avec toujours. Certes, la vie en bleu a un prix, en même temps le décor est d’or, c’est pas tous les ans mon annif, on est à deux pas du quai pour le repas de ce soir, et puis c’est maman qui invite. Pour la life et le déjeuner, merci beaucoup gros bisous !
Quartier Rouge, 52 Rue de Bagnolet, 75020 Paris
L’an 2000, s’il existait des chipirons sauce “clavier d’ordi”, j’en commanderais. Je continue néanmoins, malgré l’acquisition audacieuse d’un mini-PC, à noircir du papier. C’est ce truc de la rature, de la phrase barrée j’imagine, qui me garde à l’encre. Ou c’est que, marié au calamar, il raconte des poésies que j’aurais aimé découper, ou au moins apprendre par cœur en CM2. Les petits traits sur les doigts, les grosses traces sur les dents. La photo ci-dessus a été prise à Venise, sur le marché aux poissons, ce genre d’endroit indélébile. Mais c’est que de l’image, on n’y avait pas croqué alors. La dernière fois que je suis allée à Venise, c’était la fois de la photo. Les dernières fois que j’ai mangé des chipirons à l’encre, c’était au Quartier Rouge. La portion du midi a plus envoyé que celle du soir, la proximité avec le soleil, probablement. Mais outre un manque de tentacules au dîner, les deux assiettes sont reparties blanches. Autant je lis lentement, autant j’ai toujours encore faim. Le midi la formule est formide, et en dehors, c’est promesse de magie aussi. À l’entrée nous accueillent des couteaux aux agrumes et sauce vierge, piquillos farcis à la ricotta, velouté de panais chipsé. Entre autres. En plat, parfois, il y a des chipirons. Autant j’aime ça, autant ici j’aime tout je crois. Un tatoo sur les papilles.
/
Sur mes menus de resto Sur mes papilles et les autres Sur la table sur l’arpège J’écris ton nom
(…)
Chipiron. /
J'aimerais quand même te dire Tout ce que j'ai pu écrire Je l'ai puisé à l'encre de seiche
Le Berry, 5 Place Georges Clemenceau, 64000 Pau
De Pau possiblement aurai-je du tester son golf, le premier ouvert hors Commonwealth, dixit mes fiers compagnons de table. De Pau, le feu d'un terroir viandeux, sinon. Un goût de gras, de garbure peut-être. Mais non, outre à la douceur de l'air de vivre et aux vieilles mignonneries architecturales, c'est à la dorade que j'ai goûté. Nature, sans ail. C'était une bonne dorade, nature, sans faille. Les bidoches alentours (énorme tartare de bœuf, porc confit cuit, porc confit cru, trucs rouges en sauce…) semblaient promettre d'autres choses, des invitations secrètes, je reviendrai, je vous prendrai, avec les frites maison à volonté bien sûr. Mais peut-être aussi que j'irai ailleurs.