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@fermainclancharlie
L'esprit, comme la nature, a horreur du vide. Dans le vide, la nature met l'amour; l'esprit, souvent, y met la haine. La haine occupe.
Ce n'est rien de mourir, c'est affreux de ne pas vivre.
Il y a souvent plus de choses naufragées au fond d'une âme qu'au fond de la mer.
Toutes les situations extrêmes ont leurs éclairs qui tantôt nous aveuglent, tantôt nous illuminent.
Il y a un spectacle plus grand que la mer, c'est le ciel; il y a un spectacle plus grand que le ciel, c'est l'intérieur de l'âme.
L'obscurité est vertigineuse. Il faut à l'homme de la clarté. Quiconque s'enfonce dans le contraire du jour se sent le coeur serré. Quand l'oeil voit noir, l'esprit voit trouble. Dans l'éclipse, dans la nuit, dans l'opacité fuligineuse, il y a de l'anxiété, même pour les plus forts. Nul ne marche seul la nuit dans la forêt sans tremblement.
J'ai rencontré dans la rue un jeune homme très pauvre qui aimait: son chapeau était vieux, son habit était usé; il avait les coudes troués; l'eau passait à travers ses souliers, et les astres à travers son âme.
L'âme aide le corps, et à de certains moments le soulève. C'est le seul oiseau qui soutienne sa cage.
Beaucoup d'hommes ont un monstre secret, un mal qu'ils nourrissent, un dragon qui les ronge, un désespoir qui habite leur nuit. Tel homme ressemble aux autres, va, vient. On ne sait pas qu'il a en lui une effroyable douleur parasite aux mille dents, laquelle vit dans ce misérable, qui en meurt. On ne sait pas que cet homme est un gouffre. Il est stagnant, mais profond. De temps en temps un trouble auquel on ne comprend rien se fait à sa surface. Une ride mystérieuse se plisse, puis s'évanouit, puis reparaît; une bulle d'air monte et crève. C'est peu de chose, c'est terrible. C'est la respiration de la bête inconnue.
La vie, le malheur, l'isolement, l'abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros; héros obscurs, plus grands parfois que les héros illustres.
La conscience, c'est le chaos des chimères, des convoitises et des tentations, la fournaise des rêves, l'antre des idées dont on a honte; c'est le pandémonium des sophismes, c'est le champ de bataille des passions.
La vie n'est qu'une longue perte de tout ce qu'on aime. On laisse derrière soi une traînée de douleurs. Le destin nous ahurit par une prolixité de souffrances insupportables.
Tout homme peut avoir dans sa destinée une fin du monde pour lui seul. Cela s'appelle le désespoir. L'âme est pleine d'étoiles tombantes.
Sull'altalena
Quel frammento di secondo
in cui si raggiunge l'apice
il punto più vicino al cielo
prima di oscillare indietro.
La stessa sensazione
ho ritrovato guardandoti.
(Joy Musaj)