âMon odyssĂ©e s'achĂšve. Je reviens au port. Mon pays m'a conduit Ă mon pays. Le chemin fut long, mais la rĂ©compense est grande. J'entends les mugissements des vagues Qui s'entrelacent jusqu'au rivage. Je les entends, les vagues, Haleter, haleter, haleter, haleter, haleter Haleter vers la jouissance qui ne viendra jamais. Qu'il est bon d'ĂȘtre lĂ . Entendre la mer se soulever de colĂšre, Folle de dĂ©sir, Imaginer qu'elle est le sexe du monde tournĂ© vers le ciel, Puis, Plonger dans ses profondeurs, S'enfoncer plus loin encore, LĂ oĂč personne jamais n'a su aller, Descendre, descendre, descendre, descendre, Descendre encore jusqu'au silence de Dieu, Puis, Juste avant la noyade, Remonter Ă©merveillĂ© vers la surface et plus loin encore, Vers le ciel, Vers l'autre profondeur, Ătre pourfendu par le soleil, Lutter contre le vent, S'Ă©lever avec les vagues, Courir sur les flots, Pour aller s'Ă©crouler, Ă©puisĂ© d'amour.â
â Littoral, Wajdi Mouawad













