Nous étions dans la rue je crois. Face à moi sur le trottoir, il se tenait avec une poussette de style Friedrich Hugo gris anthracite. Je ne distinguais pas l’enfant mais c’est comme si je l’avais déjà vu. Il me fixa en prenant l’enfant.
J’étais abasourdie. Pardon ? Je touchais mon ventre comme si j’avais un doute. Il ne me semblait pas avoir eu un enfant, avoir été enceinte, avoir accouché, avoir porter un être en moi.
Je ne pouvais pas le croire, mes yeux se chargèrent de larme. Ma main parcourait mon ventre à la recherche d’une preuve sans doute.
Tout le monde semblait au courant dans ma famille, j’avais cru comprendre que ma mère était ravie et que tout le monde semblait content. j’expliquais alors à quelques amis que je ne comprenais absolument pas comment cela semblait être possible. Je ne me souviens de rien.
- Ai-je fait une sorte de déni ? demande-je à Manon.
- Je ne sais pas, c’est possible, me répondit-elle.
- Mais c’est n’importe quoi, je m’en serais souvenu, on ne peut pas oublier une grossesse et un accouchement, à moins d’avoir été totalement inconsciente ! m’exclamais-je. J’aurais senti !
Je me suis mise à pleurer. Je sentais les larmes chaudes coulées le long de mes joues. “C’est impossible, c’es impossible” répétai-je.
- Elle me ressemble, c’est ça qui est fou. Elle a sa couleurs d’yeux et sa couleurs de cheveux mais elle a mes boucles, mon visages, mes yeux.
J'éclatais à nouveau en sanglot, encore et toujours la mains sur le ventre. Puis je me souvins du prénom.
- Il lui a donner un prénom ridicule, je crois que c’était Grizaille avec un z, on aurait dit un nom de chat, mais je ne peux même rien dire puisque je n’ai pas voulu de cet enfant et lui si.
Comme à mon habitude les larmes et les rires se mélangèrent. Nous riâmes tous en coeur en pensant à ce prénom. Pourtant c’est comme si c’était sans aucun doute mon enfant. Que c’était-il passé ?
Un grand immeuble blanc, un quartier joliment sobre au allure d’un quartier de New york comme le Queens ou un Brooklyn de série. Des rangés d’arbres longeaient le trottoir. Les Immeubles n’étaient pas plus haut de 3 à 4 étages.
Nous avions fait le chemin avec Julien afin d’arriver les premiers. C’était désormais mon appartement. Julien et moi avions visités cette belle surface neuve qui me laissait enfin entre voir un nouveau chez moi. Cependant je n’avais pas été garder comme locataire. Néanmoins comme celui qui était prévu n’était jamais venu s’installer, et par conséquent (étrange pourtant) il n’avait pas eu le bail, je décidais de saisir cette chance pour y emménager.
Je lui montrais différents espaces en lui désignant la futur place des plantes.
-Ici et la aussi. Il ne reste plus que les plantes et il sera prêt et fini.
J’étais ravie. Je me rendis dans la cuisine qui était d’une propreté immaculée. J’étais face au plan de travail quand soudain je pu constater en me retournant que la fenêtre dernièrement moi qui formait un triangle commençait à se rétrécir, pour être suivis bizarrement de la pièce. Je me tournais vers Julien en glissant sur ce parquet au fine planche.
- Il ni aura jamais de place pour un enfant.