Alfred Hitchcock’s movies
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@haroldleroman
Alfred Hitchcock’s movies
(via FrLVUM_X0AEUz9f (702Ă—900))
Ils fabriquent des outils, innovent, anticipent l'avenir... En Nouvelle-Calédonie, des corbeaux sont grimpé sur l'échelle de l'évolution.
NOUVELLE VERSION
Avec Jacques Damade des éditions La Bibliothèque, durant le choix des couv. Cette deuxième édition de Harold n’était pas vraiment prévue et s’est décidée l’été dernier sur un coup de coeur et un coup de tête. Même si on ne partage pas les mêmes “univers”, j'aime beaucoup le travail d'éditeur de Jacques Damade : petits livres bien foutus, assez casse-gueule, hors du temps, un peu comme Les Fondeurs de briques (http://fondeursdebriques.free.fr), également diffusés par Les Belles Lettres, dans un autre créneau. Jacques adorait vraiment “Harold” et quand il y a eu la possibilité de récupérer les droits du roman, nous avons pu travailler sur une nouvelle version. Il y a eu quelques modifications par rapport à la version d'origine : les premières pages ne me plaisaient plus, les chapitres me paraissaient parfois trop courts, et un chapitre, à la fin du roman, retiré au dernier moment lors de la première édition, a été réintégré.
Hitchcock-Truffaut Episode 24: 'The Birds'
JAMES HADLEY CHASE
Dès que l’on doit traiter de la mafia et de L.A., on se heurte Ă l’empreinte de James Ellroy. je ne refusais pas la rĂ©fĂ©rence, mais il me semblait que James Hadley Chase ( RenĂ© Lodge Brabazon Raymond), aussi parce qu’il Ă©tait un contemporain du roman, correspondait mieux.Â
Chase à cette crudité, pour ne pas dire cette cruauté, qui ne passe pas par un style, un esthétisme (même si bien sûr cela finit par en devenir un). J’aime le côté basique et factuel de Chase (les rues, les routes, les lieux) et comme lui, j’ai tout simplement travaillé sur des cartes routières de l’époque (par exemple la route 66 existait au moment de l’action mais pas toute l’Interstate 15).
Le personnage qui recueille Harold est appelĂ© Chase en hommage Ă l’écrivain. Aujourd’hui encore, on continue de se poser des questions sur ce que James Hadley Chase a rĂ©ellement Ă©crit et avec combien de “mains”. Son refus d’accorder des entretiens ne fait qu’entretenir le mystère, de mĂŞme que son Ă©trange relation avec Graham Green et leur agent, l’énigmatique miss Bradley. Curieusement, Ă la mort de miss Bradley, ni Chase ni Green ne publièrent de nouveaux textes. Â
HANS ALBER
La voix de Hans Albers, l'un des premiers Baron Munchausen à l'écran, m’a guidé sur les premières pages, pour les couleurs de Vienne et du voyage parisien de Liberace…
Liberace Claire De Lune
DOUGLAS SIRK
Durant l'écriture, j'ai souvent pensé à Douglas Sirk. Je venais de revoir quelques uns de ses films, et certains de ses plans, de ses cadrages, m'ont inspiré, comme pour la scène de jeux, dans la maison des Gianelli, à Bodega, ou la séquence à Venice beach, avec Chase et Eva…
Si on connait  l'importance de Douglas Sirk dans le cinéma romantique des années 50, on oublie que sa façon de s'attacher à ses personnages, préfigure, d'une certaine manière, les séries d'aujourd'hui.
Depuis “Six feet under”, on parle d'un nouvel âge d'or du genre, comme si les séries avaient pris le pas sur les films. Un peu, comme avant, lorsque l'on trouvait qu'il y avait plus d'invention dans un spot publicitaire que dans un film. Impression que ce sont surtout les personnages qui ont pris le pas sur leur histoire, comme s'ils construisaient leur propre mythe, là où les “héros” de cinéma sont censés se confronter à un mythe qui les dépasse.
Si un film, objet unique, de part sa construction, généralement verticale, est obligé de confronter ses personnages à une histoire, la donne est sensiblement différente dans l'espace à la télé, essentiellement à cause du format et de sa répétition. Au lieu d'être confronter aux 90 ou 100 minutes généralement utilisées pour un long-métrage, la télé permet un morcellage en tranches de 52 minutes, voire plus rarement de 28. Sans doute, cela permet-il d'entrer à l'intérieur des personnages. De fait, la pression exercée sur l'histoire n'est-elle plus la même.
Il y a une déclinaison méthodique de ce qui peut poser problème dans les relations, les synergies, à l'intérieur d'un groupe, d'une famille, d'un couple. Il y a des images très fortes mais relativement peu de mise en scène et peu d'enjeux sur ce qui constitue la richesse d'un plan, sa profondeur. Les séries ont pris soin d’ “updater” les thèmes abordés, en validant de nouveaux profils de personnages, et en suivant les évolutions de la société qui les a vu naître, comme si la narration avait été recadrée par une agence de pub. Ce n'est pas un hasard si le “storytelling”, autrefois propre à la chanson et au cinéma, est depuis utilisé en en politique et publicité. La construction de toute pièce des origines de la marque “Avirex”, en reste un bon exemple.
Pour mémoire, un frippier de new-york se retrouve avec tout un vieux stock de fringues de l'armée au début des années 70. Le stock n'est pas renouvelable, les cuirs et les pantalons partent comme des petits pains.
Afin de répondre à la demande grandissante, le type reprend les coupes et achètent de nouveaux tissus. Même succès. O.K., si ça marche si bien, pourquoi s'en tenir à son quartier ? Le fripier contacte des amis à Hollywood, et construit de toute pièce la légende Avirex… Ainsi, le modèle “Pilot”, avec ses poches carrées sur le devant, est-il le pantalon officiel des mécanos d'avions durant la Seconde guerre mondiale. Quant au  "Mac Arthur" taillé dans un coton de Chine, il aurait été spécialement conçu pour les officiers durant les campagnes de Birmanie. Le coup de grâce arrivera, lorsque Tom Cruise portera un blouson Avirex dans “Top gun”, puis Harrison Ford dans “Les Aventuriers de l'Arche perdue”… Au point que ce fournisseur de l'armée américaine, qui ne l'était pas, va finalement le devenir pour de vrai… “Savoir faire” et “Faire savoir”.
ROY ORBISON
Même s'il ne lui ressemble pas physiquement, le chanteur Roy Orbison dégage quelque chose de proche du personnage de Chase… Peut-être le lien entre le chanteur et l'univers de Lynch, des pages à chercher son physique, sa gestuelle, pour au bout du compte finir seulement par se dire la même “loose” aérienne qu'une chanson d'Orbison…
INÉDIT !
(non corrigĂ©)Â
L'homme le plus gentil du monde s'appelait Roy Orbison. Seigneur, on dit qu'il chantait, comme le grand Caruso, et le fameux Presley le considérait comme le meilleur chanteur du monde. Sa femme s'est tuée en moto et, quelques années plus tard, deux de ses fils brûlèrent dans la maison qu'il avait fait construire. C'est pour ça que lorsqu'il chante “All I can dream you”, il leur parle encore. Ses paroles disent que tout ce qu'il peut faire, à présent, s'est de rêver à eux. Et lorsqu'il chante, en quelques notes, le crépuscule s'embrase dans des oranges, des mauves, des gris parfaits et si profonds. parfois sa voix s'envolait, donnant l'impression de recouvrir le ciel en quelques notes seulement. Elle pouvait alors recouvrir l'Amérique, celle qui s'étend loin des villes, dans toute l'étendue de sa ruralité, et par delà encore, au-dessus des espaces à l'état sauvage, ne laissant, lors de son passage que de rares zones d'ombre, un peu comme un nuage noir où le silence assourdissant, presque électrique, avec les mêmes vagues moîtes que provoquent les lampes d'un ampli Fender lorsqu'il n'a pas encore attend une chaleur stabilisée. Du ciel, cette ferme, au pied des rocheuses, ressemble à ces territoires où rien ne passe. En descendant, cela ressemble à l'aile d'un chateau taré, sans le chateau taré, quelque chose qui n'a pas été mené à terme mais dont on a su se contenter et, ùmis à part la voie ferrée uniquement réservée à la lanteur des longs cortèges de wagons de marchandise, il n'y a rien. Au plus bas, encore, on voit les outils abandonnés, quelque chose ne se passe plus ici, et la volière, avec encore quelques silhouettes qui ressemble à des oiseaux de passage. Une fois, les marches franchies, la porte d'entrée poussée, le couloir central avant l'escalier qui mène au premier, les pièces semblent être restées indifférentes au temps du dehors. La face explosée, et son corps allongé sur le sol, ne contredisent pas l'ensemble. Il n'y a pas de rictus d'effroi, juste un regard immobile, figé, et les projections de sang sur les murs, l'arme, une Winchester 12.3, posée sur un petit meuble de vestibule, la seule chose vivante ici, finalement. Dans l'une des pièces. Le bruit d'un projecteur provient de l'une des pièces. La mécanique rythmée et caractéristiquse de bobinots qui s'enroulent. Un homme assis, lunettes parfaitement noires regarde les images sur le mur d'en face. Elles sortent de la nuit, ou d'un cauchemar sauvage sans limites, c'est du noir et blanc, et ce dernier écrase les formes. On voit une femme blonde horrifiée, vêtements déchirés, blessée, bientôt définitivement mutilée, qui se protège avec désespoir de nuées d'oiseaux aussi noirx que la nuit qui les entourrrent. Il n'y a pas le son mais on ressent malgré tout les cris désespérés de la jeune femme. Elle a du être très belle, très désirable, avant. Là , c'est juste quelqu'un qui comprend que quoi qu'il arrive, elle ne survivra pas à ce cauchemar. Et les oiseaux finisent par la recouvrir toute entière. Et le film s'arrête. Juste le bruit du moteur. L'homme pleure. Il retire ses lunettes. Il n'a même plus ses yeux, juste deux globes de gélatines.
Avec des hommes tout-puissants à leur tête, les studios hollywoodiens avaient fait du harcèlement, du viol et du chantage sexuel des pratiques systémiques. Des maisons closes trop pleines, comme les décrivait Marilyn Monroe.
JAMES GRAY
La “car chase” de “La Nuit nous appartient”, rĂ©alisĂ© par James Gray, a Ă©tĂ© comme certaines autres scènes du film, très prĂ©sente dans ma tĂŞte au moment oĂą j’écrivais le roman. Comme souvent (pour moi) Il ne s’agit pas tant d’une rĂ©fĂ©rence logique qu’ “organique”… Les couleurs, la lumière, le rythme… Aussi peut-ĂŞtre parce que le rĂ©alisateur n’est pas un spĂ©cialiste du genre, mais qu’il en utilise certains codes en les revisitant Ă sa manière. Â
THE MAN COMES AROUND
“Harold” a été écrit en un peu plus de six semaines. Je manquais cruellement de temps, j'avais des problèmes d'argent, des rendez-vous pour d'autres projets. J'ai longtemps eu des doutes sur la “faisabilité” du texte.Pour moi, la ligne de conduite était un drôle de véhicule entre l'écriture très précise de James Hadley Chase, le romantisme de Douglas Sirk, le cinéma de James Gray, en cherchant le romantisme noir plus que le roman policier… Il aurait été paradoxal de vouloir traiter du désir, de sa fragilité, de l'altérité,et de plonger le lecteur dans un voyeurisme se vautrant dans des détails ne révélant justement rien d'autre que ce qu'ils montraient. Le but, avec ce texte, était de chercher derrière l'image…Je devais à chaque retour de l'extérieur, m'immerger, même lorsque j'avais peu de temps devant moi, dans le texte. Peu à peu s'est instauré, avant chaque séance de travail, un petit rituel : écouter cette chanson de Johnny Cash, “the man comes around”, tout en faisant défiler en rythme rapide les photos des lieux, des personnages, des objets, relatifs au texte, amassées ici et là sur le net. Je n'étais finalement pas si éloigné de la méthode de Kérouac, lorqu'il expliquait qu'avant de faire un descriptif, il regardait son sujet quelques minutes, fermait les yeux, et se ruait sur sa feuille de papier.
Tippi Hedren 1964