CHEVIGNON / TORTICOLI : Split 12"(2013)
Un 12’’ en forme d’état des lieux. Deux des meilleurs groupes lyonnais actuels unissent leurs forces.
Face chauve-souris (et non on est pourtant pas sur un disque Alternative Tentacles), deux titres de Chevignon. Si je ne me trompe pas c’est leur première sortie depuis 2005, et si ca fait longtemps que Chevignon traîne ses guêtres (pas loin de dix ans en fait) je n’ai croisé leur route pour la première fois qu’en 2010, lors d’un concert mémorable, en première partie de Melt-Banana. Sur Créteil le quatuor pratique un faux-jazz tout en arpèges, en proie à de violentes cassures, dans l’esprit de certains titres de Plainfield. Surtout que si on traduisait les paroles des Plainfield, on ne tomberait pas loin de ce que Chevignon raconte. Parce que Chevignon, surtout sur scène, ce qui marque c’est d’abord le chant. Ici totalement crooner, toujours irritant et moqueur, fortement porté sur la bagatelle. L’intro de Vieille panthère nous fait carrément le coup des sanglots à la Eugène Robinson. Puis, toutes guitares en avant Chevignon se lance dans un titre acéré et frénétique, aux riffs tortueux qui viennent s’écraser sur un passage faussement lounge, avant de conclure par un pur passage Black Metal. Chevignon c’est le mauvais goût élevé au rang d’Art !
Trois titres sur la face chauve-souris et ses bébés. Trio instrumental (deux guitares, une batterie), Torticoli est également amateur de jazz. Enfin de blues, mais de blues martyrisé par un batteur fortement porté sur la freeture et les contretemps. Un sorte de match au sommet entre Don Caballero et Captain Beefheart. Gley Swimmer assène d’entrée de jeu un riff massif qui se dilue et se tord avant de retomber sur ses pieds, sans qu’on ait vraiment eu le temps de comprendre comment. Suit l’incroyable Pelvis Restless et son intro slidée traversée d’éclair de violence. Puis le tempo s’envole, les deux guitares s’invectivent, se répondent, se perdent et se retrouvent dans un final chaotique et envoutant. Rachel’s sanctuary démarre en trombe, dans la noirceur et la moiteur d’un noise-rock biberonné au whisky frelaté australien, pour se mettre au pas et faire preuve d’une élégance évoquant parfois Enablers.
Un disque qui peut s’acheter auprès des activistes suivants :
http://bigoutrecords.free.fr/
http://maquillage.crustaces.free.fr/
http://tandorirecords.bandcamp.com/







