1 an (plus quelques jours).
Pardon. De mâĂȘtre trompĂ©e dans les dates ; dâavoir laissĂ© le quotidien dĂ©tourner mon attention ; dâavoir nĂ©gligĂ© les autres.
1 an.Â
Quelquâun dâautre mâa offert une plante grasse pour mon nouvel appartement, quelquâun dâautre mâa dit que jâĂ©tais belle avec mon piercing au septum, et mes cheveux roses, puis violets, puis bleus.
Il y aura toujours quelquâun dâautre, nâest-ce pas ? Quelquâun dâautre mais plus toi.
Je maintiens que tu auras niquĂ© la Saint Valentin pour les prochaines annĂ©es Ă venir. Pas que ça ait beaucoup dâimportance aujourdâhui. Pas pour moi.
Jâaurais des millions de choses Ă te dire, besoin dâentendre ton rire, de tâentendre dĂ©clamer mon prĂ©nom avec dĂ©sapprobation, sentir tes bras mâenlacer. Te regarder vivant, Ă me demander ce qui dĂ©file derriĂšre tes yeux qui fixent, quoi, je ne sais pas. Ă quoi bon.
Ă quoi bon se dire que jâaimerais.
Puisque je ne peux pas.
Adieu encore. Adieu pour toujours.
Jâessaye encore de ne pas tâen vouloir. Câest dur. Jâai toute cette colĂšre en moi et rien pour la laisser sortir. Ce feu dont jâignorais lâexistence. Moi qui suis lâeau qui dort, la terre ferme, la constance, la raison.
Ce monde me remplit de haine et jâai mal pour les autres alors que je nâen ai pas le droit. Dans un an, qui sait, jâaurais Ă©teint le feu.
Farewell my friend.
Je laisse lâeau des bulles croupir dans leur pot en attendant dâĂȘtre assez forte pour les laisser sâenvoler.
Il s'est passé trois ans depuis cette note.
Ce qui n'a pas changé :
la tasse avec ton nom dans laquelle je bois tous les jours et de laquelle je n'arrive pas à me séparer, malgré les quelques questions curieuses de temps en temps
tous les pigeons s'appellent Astrid
"on n'est pas sortis des asperges"
"il n'y a pas de fumĂ©e sans Ćufs"
tu me manques
Je crois avoir Ă©teint le feu. Ă regret peut-ĂȘtre. Et d'autres se sont allumĂ©s depuis.
Les bulles, elles, restent dans leur pot. J'ai peur de les laisser s'envoler, de lĂącher prise, et de les perdre.
Cette date arrive bientĂŽt. Je ne sais plus quand c'est. Je ne fais plus l'effort de la retenir, parce que ça fait encore mal. Parce que je n'en vois pas bien l'intĂ©rĂȘt. Le cerveau est bien fait non ? Le mien en tout cas fait en sorte d'oublier, de rendre tout un peu flou. Parce que tout fait mal.
J'essaye de perpétuer les jolies choses, les choses qui nous faisaient rire.
Dalida, les paillettes.
Tous les pigeons s'appellent Astrid, et je les gronde tous les matins de peur de leur rouler dessus à vélo.


















