
titsay

PR's Tumblrdome
RMH
Three Goblin Art

★

Kiana Khansmith

oozey mess

No title available
Jules of Nature

Janaina Medeiros
🪼
DEAR READER
NASA
Sweet Seals For You, Always
No title available

tannertan36
2025 on Tumblr: Trends That Defined the Year
ojovivo
dirt enthusiast
h
seen from Sweden

seen from United States

seen from United States

seen from Türkiye
seen from Germany
seen from United Kingdom
seen from Malaysia
seen from United States
seen from United Kingdom
seen from South Korea

seen from United States

seen from India
seen from United States
seen from Brazil

seen from United Kingdom
seen from United States

seen from France
seen from Finland

seen from Switzerland
seen from Türkiye
@jacobinisme
Qu’on ne s’y trompe pas. Le mouvement de dérépublicanisation de la France est profondément le même que celui de sa déchristianisation. C’est ensemble un même, un seul mouvement de démystication. C’est du même mouvement profond, d’un seul mouvement, que ce peuple ne croit plus à la République et qu’il ne croit plus à Dieu. Une même stérilité dessèche la cité politique et la cité chrétienne. C’est proprement la stérilité moderne.
Charles Péguy
L’antijacobinisme, arme des ignares et des imbéciles
À présent que la réforme territoriale est actée et que les (dernières) élections départementales approchent, l’antijacobinisme refait surface au travers des candidatures passionnées des mouvements régionalistes, de saillies plus discrètes des partis de masse, mais aussi de pseudo-intellectuels qui tentent de se bâtir une gloriole personnelle en surfant sur ce thème.
C’est devenu récurrent ; le jacobinisme serait une plaie dont la moitié de nos maux actuels proviendraient, une idéologie aussi perverse que surannée. Pourtant, pas un des démagogues libéraux débitant ces inepties n’est capable d’expliquer en quoi le jacobinisme serait néfaste. Pas un n’est d’ailleurs en mesure de dire en quoi la réforme territoriale serait jacobine. Ces politiciens à la petite semaine sont dans l’invocatoire ; celui qui balaie toute possibilité de débat de fond et de réflexion. Et pour cause ! Généralement, ces personnages ont une culture historique, parfois même politique, aussi large qu’un dos de cuiller. Ils se fondent sur les élucubrations qu’on a pu leur souffler sur un Robespierre décapitant à tour de bras tout Paris, une centralisation politique et administrative excessive durant son mandat au Comité de Salut Public, et autant d’âneries qui ont pourtant été déconstruites depuis des lustres.
Les tenants de ces propos, pétris d’une mauvaise foi incroyable, refuseront toujours d’admettre que les atrocités commises sous la Terreur furent du fait de Danton, à la tête du Tribunal Révolutionnaire, qui réclamait « une tête par jour ! », ou que la centralisation évoquée est un processus entamé depuis Hugues Capet, structuré et accéléré sous Richelieu, qui importa en France la conception moderne de l’État, comme avaient pu le théoriser Machiavel ou Botero. La vérité fait mal, voilà sans doute pourquoi la plupart préfèrent l’ignorer et maintenir les citoyens dans l’ignorance la plus crasse qui soit. Le bourrage de crâne qu’ils opèrent n’a pour seul but que d’empêcher les gens de réfléchir par eux-mêmes.
Il est pourtant des contre-arguments simples et historiquement fondés qui mettraient à bas ces assertions fallacieuses si elles étaient rappelées comme l’exigerait la déontologie la plus basique des métiers de l’information ; mais nous n’en sommes plus là. Nous l’avons répété, la réforme territoriale ne peut être jacobine ; elle est même antijacobine, et ce, pour des motifs évidents.
Les jacobins ont créé les départements. La région n’existait pas lors de la Révolution Française. Et le but de ce nouveau découpage était alors très simple ; la réforme territoriale instaurant les départements était aussi une réforme sociale. Ils avaient ce double-objectif que de consacrer le peuple, le Quart État, en brisant l’hégémonie de la richesse immobilière (la noblesse) tout en coupant l’herbe sous le pied de la richesse mobilière (celle des capitaux, donc les bourgeois). Et de cela, seuls Robespierre et les jacobins s’en sont souciés, seuls eux ont instauré le suffrage universel direct, sans cens, pour consacrer le citoyen, là ou des Condorcet et des Sieyès estimaient « à voix haute que si tous les Français devaient cesser d’être des sujets pour devenir des citoyens, certains citoyens devaient être toutefois plus citoyens que d’autres, lesquels, en fait, ne le seraient plus. », comme le disait Guillemin. Dès lors, il est intellectuellement malhonnête de mettre sur le dos des jacobins une création anachronique (la région) dans le but d’écraser les citoyens. Voici ce qui fait mal aux libéraux en tout genre ; voir que la première volonté démocratique en France fut instaurée par la première gauche historique, qui mit aussi fin aux dérives que ces mêmes libéraux causèrent en démantelant l’héritage colbertiste.
Et malgré cela, la lutte de ces trompeurs publics se poursuit sous l’œil bienveillant des médias, qui n’ont que faire de la vérité historique ou de l’éthique. Des jacobins du Haut-Rhin et du Bas-Rhin nous ont notamment sollicités sur un cas qui répond à tous ces critères, et va même encore plus loin ! Sous couvert de défendre le département, en s’appropriant le slogan « Je suis Charlie » comme vulgaire outil promotionnel, voici qu’est publié discrètement une espèce de pamphlet qui voit en les grandes régions un retour au jacobinisme centralisateur ! Le paradoxe a ici atteint sa quintessence ; par la suppression des départements, création jacobine, et la recentralisation de certaines prérogatives vers ces aréopages et les EPCI, il s’agirait d’un jacobinisme régional ! Le tout en prétendant avoir analysé les « origines du département » par-dessus le marché ! Jamais nous n’aurions pu imaginer pareille manipulation, qui méprise l’intelligence et fait le lit des candidatures autonomistes, qu’elles soient alsaciennes ou autre. Au lieu de dénoncer le parisianisme, voici qu’ils tentent à présent de séparer le département de ses créateurs, dans une logique de rejet et d’aveuglement où la frontière entre l’ignorance et la mauvaise foi est plus que poreuse.
C’est en luttant contre ce type de béotiens que nous restaurerons la justesse de notre idéologie, mais aussi que nous aiderons nos concitoyens à élever leur esprit, tandis que ces démagogues de bas étage continueront à se complaire dans leur médiocrité. Notre mission est de réinformer le peuple, de lui donner les outils nécessaires à son émancipation, aux antipodes de ce que font ces égotistes.
À défaut de connaître l'histoire de la Révolution Française, Ubisoft a au moins produit ce très bel artwork de Robespierre.
Que serait une réforme jacobine aujourd'hui ?
Cela semble évident pour les juristes et les historiens, mais les citoyens, longtemps assujettis à la désinformation massive des politiciens et des médias ne savent pas que ce sont les Jacobins, par la voix de Robespierre notamment, qui créèrent le département pour renforcer le poids du citoyen dans les affaires publiques.
En effet, la création des départements s’inscrivait dans un double objectif : mettre d’abord fin à l’hégémonie d’une caste (la «richesse immobilière »), tout en empêchant qu’une nouvelle (la «richesse mobilière ») ne jette sa mainmise sur la jeune République à travers ses territoires. Le second objectif des départements était de se conjuguer avec l’instauration du suffrage universel direct, afin de renforcer le poids des citoyens dans les affaires d’État. En effet, la constitution jacobine de 1793 consacrait pleinement la démocratie participative et, malgré l’important taux d’analphabétisation d’alors, Robespierre considérait que les droits naturels du citoyen plaçaient la souveraineté populaire au-dessus de tout.
Dès lors, dire qu’aujourd’hui la réforme est «jacobine » en ce qu’elle créerait des aréopages gigantesques, qui reviendraient à diminuer le nombre de collectivités, et apporterait plus d’étatisme, est un sophisme de la pire espèce. Premièrement parce que, ainsi que nous venons de le démontrer, constituer de nouveaux grands ensembles territoriaux déconnectés des citoyens, accouchant de représentants sans représentativité, est à l’opposé du jacobinisme. Ensuite, supprimer des strates ne revient pas fatalement à «plus d’étatisme ». Dans son discours au Sénat du 28 Octobre 2014, le Premier Ministre insista fortement sur le transfert de nouvelles compétences, mais sans transmission pécuniaire nécessaire, augmentant encore notre émiettement institutionnel et organique. Ainsi, il nous semble important de remettre les choses à leur place, en esquissant ce que serait une réforme réellement jacobine.
Un retour au triptyque « État/Département/Commune »
On l’a dit, le département est la création phare des jacobins. Un système pérenne jusqu’à nos jours, dans lesquels les citoyens ont pu se reconnaître, car proche d’eux, et respectueux des identités locales. En attestent les rejets des propositions référendaires en Corse et en Alsace qui prévoyaient la suppression de leurs départements. Par le « NON » et l’abstention massive, les citoyens ont refusé de renoncer à la proximité, ayant compris qu’elle était un gage d’efficacité.
Et c’est justement en cela que le triptyque « État/Département/Commune » est une structure puissante et symbolique. La commune, premier échelon républicain, et le bassin de vie le plus petit, et donc celui auquel les citoyens sont le plus attachés. Pour réformer les territoires républicains, il faut d’abord clarifier les compétences. Le mythe du mille-feuille administratif, qui nous est vendu comme excuse, et la Région, sont des cultes avec lesquels il faut en finir. La clarification des compétences passe d’abord par leur redistribution.
En effet, la décentralisation est néfaste quand elle transforme les régions en baronnies, quand elle accentue les inégalités territoriales et quand elle empêche notre Nation de se développer. Mais elle est utile quand elle permet une meilleure action publique. Dans ce cas, les collectivités doivent avoir des compétences claires et les moyens d’action qui en découlent. La suppression de la clause générale de compétence est en cela une bonne chose, car elle permettra d’éviter les immixtions d’une collectivité à une autre, et les doublons.
En matière d’éducation par exemple, le lycée ressort de la compétence de la Région, le collège du Département, l’école primaire et la maternelle de la Commune. Le seul fait de rénover un établissement mixte se révèle un casse-tête dans lequel les collectivités se perdent dans un jeu de ping-pong inadmissible et coûteux. Il serait de bon ton de transférer les compétences régionales au département, et la plupart des compétences sociales du département à la Commune.
Néanmoins, cette dernière ne saurait être le fourre-tout de compétences ingrates dont personne ne veut. La Commune a un rôle démocratique et économique fort à jouer.
Revenir à la puissance publique
Face à la crise, et aux enjeux de la mondialisation, la puissance publique demeure le meilleur garant de l’emploi et de sa protection. Les Jacobins ont toujours démontré leur rejet du libéralisme, notamment en nationalisant les arsenaux équipant les armées, afin de les préserver des aléas de la spéculation de la richesse mobilière. C’est en ce sens qu’une réforme territoriale devrait être menée : renouer avec l’État stratège qui protège sa souveraineté en reprenant possession des pôles ayant un lien direct avec sa puissance régalienne. D’abord l’Armée, mais aussi l’Énergie, et l’Instruction Publique. La principale mission de la puissance publique est de donner à nos concitoyens les moyens de leur avenir et une vie quotidienne sereine et de qualité. La construction de l’avenir – éducation, recherche, politique, industrielle, formation – dépend de l’État et une large part de ce qui fait la vie quotidienne lui est rattachée.
Mais une autre partie des éléments qui pèsent sur la vie quotidienne demande une action de proximité. L’action des collectivités locales peut s’articuler utilement à celle de l’État au service de l’intérêt général.
Renforcer le département pour renforcer l’économie locale.
Cependant, c’est bien au département que demeure la possibilité de coordonner toute l’économie locale le plus efficacement possible, et de manière plus précise que la Région. Consolider le département, et lui octroyer des compétences appartenant aujourd’hui à la Région. Les circuits-courts sont un gage de dynamisme économique, et si un échelon est bien capable de créer une synergie grâce à eux, c’est bien le département ! En région frontalière, il peut assurer pleinement la circulation des marchandises, mais aussi la réguler.
Enfin, beaucoup trop omettent un élément important de notre économie : la France est encore un pays rural. Les Régions qui comportent des tissus industriels et ruraux favorisent les inégalités territoriales, dispersent leurs investissements arbitrairement. Le Département est plus pertinent en ce que, plus petit, il est plus à même de répondre aux enjeux locaux, d’investir dans son tissu économique majeur, et n’a pas à trouver de compromis qui aboutirait à un perdant-perdant. Il ne faut pas oublier que les collectivités locales réalisent 70 % des investissements publics chaque année en France. Pour que le département devienne un pôle économique digne de ce nom, il doit aussi obtenir des compétences stratégiques dans les domaines du développement économique, des transports, du logement, de la formation et de la recherche et les concilier à solidarité et au développement durable. Le Département est à même de soutenir les initiatives personnelles, et d’accompagner les citoyens désireux de bâtir leur propre entreprise, tout comme il est à même de soutenir les artisans.
Enfin, il faut lier les Conseils généraux aux Cours des comptes régionales. Premièrement pour éviter la gabegie des deniers publics dont font preuves les élus locaux (l’achat des nouveaux noms de domaines à des prix exorbitants, les dépenses en communication au lieu de l’investissement en sont les exemples les plus courants). Que le Préfet puisse à nouveau présider ces assemblées renouerait avec la stabilité et la continuité de l’action étatique, et l’éventuelle possibilité pour lui d’exercer un véritable contrôle de légalité empêcherait les dérives régionalistes, à l’image de celles que l’on voit en Alsace, en Bretagne, ou au pays Basque.
Renforcer la commune pour renforcer l’implication des citoyens
D’abord en renforçant ses pouvoirs. Les pouvoirs de police du Maire, pour ne citer que cet exemple, ne couvrent en effet pas tous les champs possibles. Il ne peut agir par exemple sur un terrain privé occupé par un campement sauvage, mais doit aussi solliciter le Préfet en plus du propriétaire, et la plupart de ses arrêtés doivent passer par le conseil municipal. Il semblerait alors pertinent d’élargir ses pouvoirs, et d’instaurer un contrôle a posteriori généralisé du Préfet et du Conseil Municipal sur ses actes, pour plus d’efficacité.
De même, le renforcement de la Commune passe par un raffermissement de la vie citoyenne. Le Citoyen doit se sentir impliqué dans les affaires municipales, car il peut en voir les changements tous les jours, et ceux-ci l’affectent directement. Pour cela, il conviendrait de permettre aux Citoyens de poser des questions lors des séances du Conseil Municipal, afin de changer son image de simple caisse enregistreuse. Jean-Pierre Chevènement procédait notamment ainsi lorsqu’il était Maire de Belfort, avant l’ouverture officielle de la session. Enfin, il conviendrait de banaliser la pratique de référendum ou de votations populaires à l’échelle communale, aussi bien par une initiative municipale que citoyenne. C’est en voyant que ses choix ont un impact direct et clair sur sa vie quotidienne que le citoyen appréhendera enfin la responsabilité qu’est la sienne dans les affaires publiques, et comprendra qu’il ne tient qu’à lui de changer ses gouvernants.
Toutefois, cela ne saurait être suffisant. La Commune a aussi une importance économique et industrielle, notamment les villes frontalières, voire trifrontalières (nous pensons surtout à l’Alsace, le Rhin étant un tissu stratégique que nous ne pouvons plus ignorer.)
La Commune doit en effet être en capacité d’offrir de l’emploi pour ses citoyens, et d’assurer une attractivité de son territoire. En cela, le rôle des EPCI est crucial, mais tel qu’ils sont actuellement, ils ne présentent aucune pertinence, se contentant d’aspirer les compétences des communes membres sans agir pour autant. Les EPCI ne sauraient recouvrer un autre rôle que celui de catalyseur économique, et non se substituer aux communes.
Ainsi, il paraît opportun de réserver la clause générale de compétence à la seule commune, sans possibilité de la transmettre, mais aussi de cesser ces augmentations coercitives de la péréquation, qui ponctionnent indirectement le citoyen afin que la Commune demeure en équilibre budgétaire. Cette baisse lui permettra de se consacrer d’avantage aux dépenses d’investissements, qui créent de la richesse pour l’avenir. En cela, impliquer les citoyens par les moyens suscités permettrait aussi de forcer des élus passifs qui ne comprennent pas que les politiques publiques et les circuits-courts doivent servir les entreprises locales.
Quid de la Région et des EPCI ?
La Région doit retrouver le rôle qu’elle avait avant 1982, c’est-à-dire une entité chargée de veillée à la bonne gestion des deniers par la Cour des Comptes Régionale qui se trouverait subdivisée en antennes départementales, mais la Région doit avant tout assumer un rôle plus administratif que les départements. En cela, le rôle du Préfet doit être remis au centre de la Région, et son assemblée, pour ne pas augmenter inutilement le nombre d’élus, devrait s’inspirer de la réforme avortée de 1969, qui prévoyait :
- Aux trois cinquièmes, des députés élus dans la région et des conseillers régionaux territoriaux, élus par les conseils généraux (un par département, pour trois ans) et par les conseils municipaux ou leurs délégués (les autres, pour six ans) ;
- Aux deux cinquièmes, des conseillers régionaux socio-professionnels, désignés par des organismes représentatifs, pour six ans.
Bien sûr, une telle réforme devrait s’accompagner de celle prévue à l’époque pour le Sénat, qui devait fusionner avec le Conseil Économique et Social afin de coordonner tout ce grand ensemble. De même, la composition du nouveau Conseil Régional composerait plutôt avec des élus généraux, plutôt que de réélire des conseillers régionaux, comme le prévoyait la réforme de 1969, afin d’éviter les doublons que nous voyons aujourd’hui.
Quant aux EPCI, nous l’avons dit, ils doivent se borner à la coordination des circuits-courts entre les communes, permettre de mutualiser leur financement pour certains projets décidés dans l’objet et dans le temps, afin de mettre fin à l’écart entre villes et villages. Ils ne peuvent plus être ces organismes vampirisant les compétences des communes, sans contrepartie, et surtout, sans contrôle, prenant des décisions dans le clair-obscur d’une assemblée méconnue des citoyens. Il est inconcevable qu’une entité avant tout technique puisse prendre des décisions engageant l’avenir des citoyens sans leur accord plein et entier.
Un retour de la justice et de la sécurité de proximité
Une réforme territoriale ne revêt pas qu’un aspect économique, ou démocratique. Elle induit aussi une réforme du rôle de l’État au travers de ses collectivités. Or, nous le constatons depuis plusieurs années, les gouvernements successifs, empêtrés dans leurs luttes pour conserver le pouvoir et le surenchérissement stérile, ont endommagé l’utilité de l’État pour les citoyens.
Or, il est impératif que l’État assure à nouveau sa présence auprès d’eux afin de satisfaire l’intérêt général. D’abord par la Justice ; en mettant fin au désastre crée par la « carte Dati », constituée par la Garde des Sceaux éponyme, qui brisa la justice de proximité. Rétablir les juridictions supprimées injustement, c’est assurer que la justice de la République s’applique partout, et pour tous de manière équitable, mais aussi libérer les tribunaux des engorgements crée. Chacun doit avoir droit accès à la justice dans des conditions raisonnables, et voir son dossier être traité avec toute l’attention qu’il mérite, ce qui n’est pas possible dans les conditions juridictionnelles actuelles.
Enfin, le retour de la justice de proximité devra être accompagné d’un retour à la sécurité de proximité. Cela doit se traduire par la fin des déserts policiers, en donnant aux commissariats les effectifs qu’ils ont besoin selon les particularités locales, mais aussi en reprenant le contrôle de nos frontières, sujettes à maints trafics, par le retour d’une douane véritable et efficace. La libre-circulation des biens et des Hommes entraîna beaucoup trop d’abus pour que l’on ne puisse pas la remettre en cause. Le dogmatisme n’a pas sa place ici, il en va de l’intérêt de nos citoyens. Réformer les territoires signifie en avoir la maîtrise, et y assurer l’ordre républicain
En clair, c’est d’une réforme jacobine dont les citoyens ont besoin, mais ils ne le savent pas. « La plus grande partie de nos concitoyens est réduite par l’indigence à ce suprême degré d’abaissement où l’Homme, uniquement occupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donné », disait Robespierre en son temps ; c’est malheureusement à nouveau vrai aujourd’hui.
" L'idée d'Europe impériale allemande était la négation de l'idée de France. Or, la France a choisi d'appartenir à une structure impériale dominée par l'Allemagne. Elle est en train d'en mourir."
Un prêtre défroqué, Sieyès, et un marquis éclairé, Condorcet, ont, dès Juillet 1789, estimé à voix haute que si tous les Français devaient cesser d'être des sujets pour devenir des citoyens, certains citoyens devaient être toutefois plus citoyens que d'autres, lesquels, en fait, ne le seraient plus.
Henri Guillemin in 1789 : Silence aux pauvres
" Les élus locaux ont alors beau jeu de dénoncer ce prétendu « jacobinisme », alors qu’il n’est nulle part ! Mais qui sont-ils, ces donneurs de leçons, à critiquer les instaurateurs du suffrage universel quand eux-mêmes piétinent sans vergogne le référendum du 7 Avril 2013 ? "
Henri Guillemin - Robespierre et la révolution Française
La plus grande partie de nos concitoyens est réduite par l'indigence à ce suprême degré d'abaissement où l'Homme, uniquement occupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donné.
Robespierre, 1788
Les Jacobins, défenseurs de la liberté.
La réforme territoriale augure une mutilation de notre territoire républicain sans précédent. Alors que la Révolution Française était parvenue à mettre fin aux règnes des fiefs en émiettant les provinces de l’Ancien Régime par la création des départements, voici que cette entité taillée pour être au plus proche des citoyens se voit menacée. Comble du comble, les premiers détracteurs de cette réforme y voient l’ombre du jacobinisme, pourtant créateur d’équilibre entre les territoires par son abolition desdites provinces et leur système vers lequel nous paraissons retourner.
Parce que oui, lever les préjugés les plus tenaces ne s’avère pas difficile d’un point de vue historique ou intellectuel, car ce sont les erreurs les plus grossières qui constituent le « mythe » antijacobin. Pour ces gens-là, le jacobinisme constitue la lie même de notre pays. Ce serait une chimère voulant anéantir les identités locales par l’écrasement étatique, cherchant à diluer les identités dans un conglomérat aussi vague qu’artificiel. Et gare à celui qui ferait le plaidoyer de cette infâme idéologie ! Pourtant, c’est ce que cet article tentera de faire : mettre fin au terrorisme intellectuel que subissent les jacobins, premiers défenseurs de la liberté.
Commençons par revenir aux sources. Les Jacobins sont un mouvement de pensée incarné par des Révolutionnaires qui se réunirent au Couvent des Jacobins, d’où leur nom. Au début des années 1790, après l’exécution de Louis XVI, il fallait armer la jeune République d’un arsenal juridique pour la rendre pérenne, mais aussi la rendre forte face aux velléités d’une noblesse archaïque. C’est en ce sens que l’abolition des privilèges fut prononcée, bien qu’elle n’ait rien de jacobin, mais découlait d’un consensus issu de la classe bourgeoise voulant tout bonnement s’accaparer le pouvoir désormais vacant, et d’en chasser les dignitaires consacrés par la tradition monarchique.
C’est après qu’arriva le jacobinisme au sens où on l’entend aujourd’hui, et leurs premières actions parlent pour eux. Les Jacobins se sont toujours inscrits dans l’idée de souveraineté populaire, telle que celle théorisée par Rousseau. C’est-à-dire une forme de démocratie participative et proche du citoyen. Rien à voir avec la lubie que ses détracteurs lui prêtent au sujet d’un « étatisme transversal », capricieux, et presque totalitaire à en entendre certains ! Nous en voulons pour preuve que ce furent les Jacobins qui élaborèrent le projet de redécoupage territorial en départements qui fut en vigueur jusqu’à aujourd’hui. L’idée d’atteindre un chef-lieu depuis un autre en « une journée à cheval » servait en effet à instaurer un échelon proche du peuple, lui permettant de communiquer rapidement à travers toute la France ! Qu’est-ce que cela pourrait changer en convertissant cette unité temporelle en trajet automobile ? L’on tend trop à oublier aujourd’hui que la représentation la plus représentative est la plus proche de soi. C’est en ce sens que les départements furent créés : permettre au citoyen d’avoir un bassin de vie dans lequel il peut se reconnaître tout en permettant au département de représenter et respecter correctement les particularités locales. D’un seul coup, voici balayés les sophismes les plus réactionnaires des grands défenseurs des identités locales !
Nonobstant cela, les procureurs du jacobinisme s’en prennent aussi à son caractère prétendument tyrannique, du fait que l’Histoire telle qu’on l’enseigne aujourd’hui à l’École, reprise massivement par les libéraux et les régionalistes, présente Robespierre comme cet oppresseur sanguinaire, clef de voûte de la Terreur. Ce point sensible nécessite de s’y attarder avec soin et précision.
Cette « légende noire » de Robespierre prend son origine parmi les acteurs de la réaction thermidorienne, qui brossèrent ce portrait sombre du Révolutionnaire, et lièrent le jacobinisme à la Terreur, tel qu’on l’apprend encore aujourd’hui. Il faut cependant remettre les choses à leur place.
Le Comité de Salut Public, et la Terreur, ne furent pas mis en place par Robespierre, et encore moins par les Jacobins seulement. C’est la Convention montagnarde, montagnards menés alors par Danton, qui le fit ! Ajouté au fait que ce ne fut pas Robespierre qui fut à initiative du Tribunal Révolutionnaire, mais Danton, voilà que se fissure déjà le vernis présentant ce dernier comme une victime de Robespierre, alors qu’il fut avant tout victime de son propre système d’oppression ! Par ailleurs, c’est lors de l’instauration de la Terreur que les Montagnards se scindèrent, Robespierre menant un courant partisan d’une alliance avec le peuple et de mesures sociales.
C’est d’ailleurs en ce sens qu’il fut à l’origine de la fameuse Constitution de 1793, lors de son discours aux jacobins le 21 Avril 1793 : « Les Hommes de tous les pays sont frères et les différents peuples doivent s’entraider selon leur pouvoir, comme les citoyens d’un même État. Celui qui opprime une seule nation se déclare l’ennemi de toutes. Ceux qui font la guerre à un peuple pour arrêter le progrès de la liberté et anéantir les droits de l’Homme doivent être poursuivis par tous, non comme des ennemis ordinaires, mais comme des assassins et des brigands rebelles ».
Robespierre reporta cette pensée humaniste dans la nouvelle Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, en en faisant le premier texte normatif, en France, consacrant les droits sociaux, les droits du travail, mais aussi le suffrage universel direct et, surtout : « Le Peuple Français est l’ami et l’allié naturel des peuples libres. Il ne s’immisce pas dans le gouvernement des autres nations ; il ne souffre pas que les autres nations s’immiscent dans le sien. Il donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour cause de liberté. »
Nous sommes ainsi bien loin des étranges attaques visant à présenter le jacobinisme comme une pensée totalitaire. Certes, Robespierre fut le dirigeant de facto le dirigeant du Comité de Salut Public, mais de facto ne signifie pas de jure. Il ne saurait être tenu pour le responsable de la Terreur, comme si le Comité était une sorte de cabinet unipersonnel qui aurait permis à Robespierre de jouer avec la guillotine seul. Son discours « Gouverner la République » qu’il prononça le 10 Mai 1793 est très explicite à ce sujet, et embrasse une vérité malheureusement encore en vigueur : « Parcourez l’histoire, vous verrez partout les magistrats opprimer les citoyens, et le gouvernement dévorer la souveraineté : les tyrans parlent de sédition, le peuple se plaint de la tyrannie ; quand le peuple ose se plaindre, ce qui arrive lorsque l’excès de l’oppression lui rend son énergie et son indépendance. Plût à Dieu qu’il pût les conserver toujours ! Mais le règne du peuple est d’un jour, celui des tyrans embrase la durée des siècles. »
Bien sûr, nous voyons déjà les répliques visant à dire que Robespierre aurait mieux fait de s’appliquer ses propres principes. Cependant, ces gens savent-ils que sous la première République, l’Assemblée Nationale siégeait en permanence et ne pouvait être dissoute ? Savent-ils que c’est précisément ce règne du législateur vénal et cupide, attaché au pouvoir, que Robespierre dénonce dans son discours ? Que ce fut Danton, initiateur du Tribunal Révolutionnaire et entré alors en conflit ouvert contre Robespierre, qui affirmait que "le Tribunal Révolutionnaire ne [travaillait] pas assez ! Je demande une tête par jour !" ? Non, ils se confortent dans la douce vision thermidorienne le dépeignant comme un monstre, seul responsable de la Terreur. Mais pourquoi un tel tyran ferait un discours contre la peine de mort, abolirait l’esclavage, ou consacrerait les premiers droits sociaux dans son projet constitutionnel ? C’est là une question que trop peu se posent, à l’instar de celle sur la création des départements. Si les jacobinsétaient des êtres animés par l’écrasement étatique, l’effacement des cultures locales, pourquoi auraient-ils cassé ces gigantesques baronnies locales au profit de petites circonscriptions ?
La réponse effraierait les audacieux antijacobins qui se la poseraient, parce qu’ils se rendraient compte de la grossièreté de leur erreur. Ils prendraient non seulement conscience que la création de ces « méga-régions » n’a rien de jacobin, mais qu’elles en sont le négatif, car elles ont vocation à diluer les citoyens dans des aréopages où ils ne se reconnaîtraient plus, où ils ne pourraient plus appréhender les organismes décisionnels, bref, où l’on trouverait des représentants sans représentativité.
C’est pourtant ainsi que fonctionne le terrorisme intellectuel qui cherche à nous manipuler, et qui atteint son point d’orgue en Alsace. Cette région, qui a eu la particularité d’avoir un référendum l’an dernier qui rejeta la disparition du département, comporte une caste politique qui est parvenue à pousser les Alsaciens à la manifestation contre leur propre décision, et leur propre intérêt, en attisant les peurs et les vieux démons régionalistes. Voilà le véritable ennemi du peuple, celui que Robespierre dénonçait le 10 Mai 1793, ceux dont Pasolini disait: « Si quelqu’un accepte, dans un esprit réaliste, une transformation qui n’est que régression et dégradation, cela veut dire qu’il n’aime pas ceux qui subissent cette régression et dégradation, c’est-à-dire les hommes en chair et en os qui l’entourent. »
Par Fabrizio Tribuzio-Bugatti.
Résistance alsacienne contre la disparition des départements
Sortie des troupes du Général Barbanègre de la Forteresse de Huningue lors de son troisième siège, en 1815.
« Huningue (28/07/1815-26/08/1815) : Le Général Joseph Barbanègre qui commande la garnison de Huningue( 100 canonniers, 30 isolés, 5 gendarmes, 140 retraités et 120 douaniers, en tout 395 hommes) refuse de reconnaître l’armistice et il est assiégé à partir du 28 juillet 1815 par les troupes de l’Archiduc Jean (15 000 hommes). Le 14 août, la tranchée est ouverte et 176 pièces mettent le feu à la ville sans intimider la garnison. Sommé de se rendre au nom de Louis XVIII, Barbanègre arbore le drapeau blanc mais refuse de livrer la place à l’étranger. Finalement, il capitule le 26 août sous la condition que la garnison ira rejoindre l’armée de la Loire. Une centaine d’hommes valides, reste de la garnison, défile fièrement devant l’Archiduc Jean et les Autrichiens stupéfaits. »
— Alain Pigeard, Dictionnaire des batailles de Napoléon : 1796-1815
"La République une et indivisible, c'est notre royaume de France"
Charles Péguy in l'Argent
On l’entend plus que jamais, scandé par toute la smala politicienne et repris par toutes leurs cohortes de lobotomisés : « L’Europe, c’est la paix ! ». S’ensuit quelques variantes, histoire de montrer qu’on sait utiliser les antonymes : « La nation, c’est la guerre ! », ou le coup du manichéisme...
L’analyse de cet événement historique possède une actualité ; elle ouvre également des perspectives. Le combat pour l’égalité reste toujours une urgence au moment où tous les rapports notent l’accroissement des inégalités sociales et territoriales. Pour cela, les thermidoriens d’aujourd’hui, c’est-à-dire les réactionnaires et les oligarques de tout poil, sont à l’œuvre. Ils ont, pour parvenir à leur dessein, mobilisé la notion d’équité.