Vendredi dernier, le 18 septembre 2015, j’ai eu l’occasion de passer la soirée dans l’un des petits coins clandestins et ésotériques que renferme le périmètre de la station Beaubien (qui jusqu’alors était considéré comme une secret location), dans le cadre de la soirée de lancement du blog SAYASPORA. Il s’agit en fait du bébé de cinq étudiantes de relations internationales et droit international à l’UQÀM. L’équipe a convié quelques centaines de personnes à l’inauguration de leur projet, qui cherche à promouvoir l’entreprenariat des femmes africaines à Montréal, qui vivent quotidiennement la diaspora, Justement, c’est ce qu’elles cherchent à dénoncer dans leur appellation ; SAYASPORA, Say Diaspora (coup de génie). C’est donc forcément avec frénésie que j’enfile ma nouvelle jupe en jeans AA et une paire de Stan Smith cette soirée là, pour voir ce qu’il en est.
À la sortie du métro, je balaye du regard ce qui se trouve autour de moi. Je suis à la recherche du Subway-distributeur officiel des sandwichs personnalisés des étudiants à petits budgets. Il faut le savoir, les indications du lieu de rendez-vous étaient plutôt rudimentaires : « tu prends la ruelle juste à côté du Subway en face du métro, pis tu verras une porte dans le fond avec des escaliers qui montent…ben c’est là.» Un peu perplexe tout d’un coup, j’emprunte ce chemin tumultueux et manque de me casser la figure dans les escaliers un peu trop à pique à mon goût. Toutefois, quand je lève la tête, j’en oublie ces désagréments. Le loft, démesurément grand, présente une panoplie d’étudiants qui partagent leur culture et leur talent d’outre-mer. Surplombés de guirlandes de petites lumières (ben famous chez Urban Outfitters) fixées aux poutres de bois, ils me font voyager en Afrique, où je mets les pieds pour la première fois. L’ambiance est au partage. Cette naissante plateforme bilingue offre des amuses bouches typiquement africains, tels que des bananes plantains ou encore des brochettes de bœuf et poulet épicés. Aussi, j’ai droit à un open bar (mesdames, messieurs, quoi de mieux ?), les cocktails créés par l’équipe sont gratuits et à volonté. Sur la terrasse d’autant plus grande que le loft lui-même, the aloof hipster et son DJ set fait danser les invités sur de la musique underground/funk/soul. Je pose mon verre pour goûter le service à thé marocain proposé et me dirige vers l’exposition de toiles d’une jeune artiste québécoise-japonaise, Yuki Kasai Pare, près des fenêtres. Il est désormais 22h00 et les mojitos revisités commencent à faire effet. Je me place en fil pour un tatouage au henné, histoire de vraiment plonger dans le multiculturalisme. À ce moment, on entame les discours d’inauguration. Djamilla Toure, Aurore Iradukunda, Dorra Bannouri, Rydia A. Sesay et Shana Musimbe, membres fondatrices de SAYASPORA, prennent la parole et expliquent le pourquoi du comment. Elles présentent aussi les différents éléments que l’on peut retrouver sur leur blog, soit; des articles sur des visites culturelles, d’autres sur des experiences personnelles entant que femmes de la diaspora africaine, des rencontres avec des personnalités inspirantes qui leur servent de modèle ou encore des entreprenariats africains à Montréal. Aux alentours de minuit, je quitte ce splendide urban loft typiquement montréalais, J’ai la tête pleine de couleurs, mais j’ai surtout l’Afrique en bouche. SAYASPORA est foncièrement actif sur les medias sociaux, on retrouve le projet sur Facebook, Twitter, Instagram et surtout au www.sayaspora.com. Une chose est sure, c’était une soirée d’un nouveau genre, ben artsy, qui m’a donnée un beau gros mal de tête le lendemain et je ne regrettes absolument rien. Je le crie sur les toîts aujourd’hui, renseignez-vous sur SAYASPORA.