Mercredi 5 octobre 2011, Steve Jobs (Steven Paul Jobs), visionnaire de génie et emblématique ex-patron d'Apple s'éteint chez lui à l'âge de 56 ans emporté par un cancer du pancréas diagnostiqué en août 2004.
En soi, cette mort prématurée n'est donc pas une surprise, puisque le 25 août de cette année 2011, Steve Jobs présentait sa démission au conseil d'administration de son entreprise via une lettre, expliquant qu'il ne se sentait plus en mesure d'y assumer la fonction de PDG.
“J'ai toujours dit que si jamais je venais à ne plus être en mesure d'assumer mes fonctions et obligations en tant que CEO d'Apple, je serais le premier à vous le faire savoir. Malheureusement, ce jour est arrivé.”.
“Je démissionne de mon poste de CEO d'Apple. J'aimerais servir, si cela convient au conseil, comme président du conseil, directeur et employé d'Apple.”.
“Pour ce qui est de mon successeur, je recommande fortement que nous exécutions notre plan de succession et désignions Tim Cook comme CEO d'Apple.”.
“Je crois que les jours les plus brillants et les plus innovants d'Apple sont à venir. Et je suis impatient d'observer et de contribuer à son succès dans un nouveau rôle.”.
“Je me suis fait d'excellents amis chez Apple et je vous remercie tous pour toutes les années durant lesquelles il m'a été permis de travailler avec vous.”.
Depuis sa première période de convalescence en juillet 2004 pour son intervention chirurgicale visant retirer une tumeur cancéreuse de son pancréas, les rumeurs sur l'état de santé de Steve Jobs allaient bon train sur le web, alimentant les spéculations financières sur le devenir de la marque à la pomme.
Alors que depuis son retour aux commandes d'Apple, celle-ci voit ses bénéfices croitre de manière exponancielle avec notamment l'arrivée de produits comme l'iPod, l'iPhone et l'iPad, le spectre d'un nouveau marasme économique semblable à celui vécu par l'entreprise durant l'absence de son fondateur de 1985 à 1997 continue de planer sur les marchés.
Si je n'ai nullement l'intention et les connaissances nécessaires pour retracer la vie de cette inventeur et homme d'affaire d'exception, j'ai néanmoins jugé bon de revenir sur la période durant laquelle il fut évincé d'Apple sous la demande de son conseil d'administration.
Nous sommes en 1986, cela fait donc déjà deux ans qu'Apple commercialise le Macintosh qui remporte un franc succés partout à travers le monde.
A la tête de cette entreprise, un jeune trentenaire auto-entrepreneur nommé Steve Jobs avec une vision entrepreneuriale totalement sienne.
Si les performances économiques de ce jeune patron sont pourtant bien au rendez vous, celui-ci préfère néanmoins confier cette lourde tache à une personne jugée plus expérimentée dans cet exercice.
Voulant montrer aux yeux de la planète finance l'ambition d'Apple à rivaliser face au géant IBM et ses fameux ordinateurs personnels IBM PC, Steve Jobs propose à John Sculley, alors patron du groupe PepsiCo, d'occuper cette même fonction au sein d'Apple avec une de ses fameuses formules dont il à le secret…
“Vous comptez vendre de l'eau sucrée toute votre vie ou vous voulez changer le monde avec moi ?” .
Flatté par la proposition de Jobs, Sculley quitte la direction de PepsiCo pour celle d'Apple.
Pourtant, les deux hommes sont loin de partager la même vision sur ce que doit être l'entreprise, si bien que durant cette même année 1986, John Sculley évincera Steve Jobs sous la pression du conseil d'administration jugeant son approche trop orientée vers la création et non sur le business.
Blessé mais certainement pas vaincu par cette décision, Steve Jobs décide de repartir de zéro en investissant l'argent gagné lors de son divorce avec Apple en fondant NeXT, une société de micro-informatique dont les machines, comme leur OS, sont synonymes d'excellence.
Si cette fois le succès restera cantonné au secteur multimédia, NeXT réussit à être suffisamment rentable pour intéresser Apple, qui elle est au bord de la faillite.
Plus intéressé par la tête dirigeante de NeXT que par l'entreprise elle même, Apple rachète cette modeste entreprise en 1997 pour un montant supérieur à 400 millions de dollars.
De nouveau à la direction de l'entreprise qui l'avait auparavant évincé de ce poste, Steve Jobs doit d'abord y réinstaurrer les méthodes de travail ayant fait les beaux jours d'Apple à ses débuts, car la santé économique de l'entreprise est au plus bas en ce milieu des années nonante.
La faute pour beaucoup à un manque d'innovation et une diversification inefficace dans les gammes de produits et secteurs d'activité.
Bien qu'en soi la nouvelle du retour de Jobs à la direction d'Apple et l'annonce de 150 millions de dollars d'actions investis par Microsoft dans l'entreprise sont perçues comme des signes positifs pour les actionnaires, les résultats financiers de la firme restent désespérément ancrés dans le rouge.
Pour que la situation commence réellement à s'améliorer, il faudra attendre le lancement de l'iMac G3 en août 1998.
Cet ordinateur tout en un au design incomparable participera pour beaucoup à la remontée en puissance d'Apple grâce notamment à une campagne publicitaire soft et efficace.
Les années qui suivent verront naitre les produits phares de entreprise que sont l'iPod et iTunes en 2001,ensuite viendra la possibilité d'acheter de la musique en ligne avec l'iTunes Store en 2003, l'iPhone en 2007, et l'iPad en 2010.
Mais maintenant que Steve Jobs n'est plus, beaucoup s'interrogent sur le potentiel d'Apple à continuer sans celui qui fut son fondateur comme son sauveur.
Si considérer Steve Jobs comme celui ayant permis le retour à des finances viables chez Apple parait indéniable, résumer cette succes story à son seul mérite serait oublier le génie d'individus comme Tim Cook (Nouveau CEO d'Apple) ou Jonathan Ive (Senior Vice President Industrial Design) ainsi que toute une équipe aux talents nombreux.
Alors oui, Apple peut continuer sans Steve Jobs exactement comme Ferrari ou Disney continuent des années après leurs fondateurs.
De plus, sa succession fut préparée longtemps avant sa démission du 25 août 2011.
Pour le monde de l'informatique, le décès d'un homme comme Steve Jobs est évidemment vécu comme une grande perte.
Ce qui en revanche est plus surprenant, c'est de voir l'émoi que suscite sa disparition aux yeux du reste du monde.
Des principaux acteurs de l'économie numérique comme Bill Gates (fondateur de Microsoft) Larry Page, (fondateur de Google), Mark Zuckerberg, (fondateur de Facebook), aux hommes politiques comme Barack Obama et Nicolas Sarkozy, tous y allèrent de leur petite phrase pour rendre hommage au défunt patron de la marque à la pomme.
Parmi tous ces hommages, le plus touchant est probablement celui de Bill Gates qui déclare…
“Je suis vraiment attristé d'apprendre la mort de Steve Jobs. Melinda et moi adressons nos sincères condoléances à sa famille et ses amis, et à tout ceux que Steve a touchés à travers son travail.”.
“Steve et moi nous sommes rencontrés il y a bientôt 30 ans, et nous avons été collègues, concurrents et amis pendant plus de la moitié de nos vies.”.
“Le monde connaît rarement des gens qui ont eu une influence aussi importante que celle de Steve ; ses effets se feront sentir pendant encore plusieurs générations.”.
Partout dans le monde, des fans d'Apple rendent également hommage à Steve Jobs en déposant des gerbes de fleurs à l'entrée des boutiques officielles de la marque, les fameux Apple Store.
En toute logique, l'évènement fait aussi la une de tous les journaux télévisés ainsi que des grands quotidiens de la presse écrite.
Pour ceux qui veulent faire part de leurs condoléances à Apple et à la famille Jobs de manière plus conventionnelle, une boite mail conçue spécialement à cet effet est disponible à cette adresse…
Si la disparition d'une personnalité suscite inévitablement l'émoi auprès des foules, c'est bien la première fois que celle d'un patron d'entreprise est vécue de manière comparable à celle d'un artiste.
Pour ma part, je choisis de rendre hommage à Steve Jobs en refermant cet article par la citation ayant clôturé son discours de la cérémonie de remise des diplômes de Stanford en 2005...