Les artistes prĂ©sents dans BEING URBAN se dĂ©tournent des lieux de culture pour Ćuvrer au cĆur de la vie urbaine. Câest la raison pour laquelle BEING URBAN les expose dans la ville mĂȘme. Les Ćuvres dĂ©crites ci-dessous seront progressivement intĂ©grĂ©es dans Bruxelles pour modifier durablement notre environnement, au-delĂ du laboratoire mis en place par Lâiselp et ses partenaires.
Les interventions artistiques qui suivent sont reprĂ©sentĂ©es dans les salles de Lâiselp sous forme documentaire.
Revolution is not a pique-nique a Ă©tĂ© créée en 2007 par le duo dâartistes belges Denicolai & Provoost en ArdĂšche (FR). Il sâagit dâune massive armoire en bois placĂ©e au milieu dâun paysage de collines. FermĂ©e Ă clĂ©, elle nâoffre son contenu quâaux dĂ©tenteurs dâune des clĂ©s mises en vente dans un bar local. DĂ©placĂ©e en 2011 dans une cour dâimmeuble de la porte de Vincennes Ă Paris, grĂące Ă lâinitiative du FRAC (Fonds RĂ©gional dâArt Contemporain)  Ile de France et de Apdv Centre dâart, elle y est restĂ©e 3 ans. Ainsi, tout citadin qui le souhaite peut  acquĂ©rir une clĂ©, suivre un itinĂ©raire vers lâarmoire, puis accĂ©der Ă son contenu et lâenrichir. Par cette simple prĂ©sence dâune armoire dans le paysage, la question de la sĂ©paration entre espace public et espace privĂ© est posĂ©e.
L'armoire a aujourdâhui prĂšs de 300 co-propriĂ©taires rĂ©partis dans le monde. Chaque annĂ©e, une invitation leur est envoyĂ©e de se rĂ©unir pour une rĂ©union des co-propriĂ©taires qui prend la forme dâun pique-nique festif.
DurĂ©e de lâinstallation : 2 Ă 3 ans
Simona Denicolai (1972, IT) & Ivo Provoost (1974, BE) travaillent en duo depuis 1997. A lâintĂ©rieur de lâintimitĂ© esthĂ©tique et politique de leur processus artistique, ils questionnent lâespace de libertĂ© artistique âtolĂ©rĂ©eâ. Ils explorent les signes et les limites de lâespace public, lâimage publique en relation avec lâespace intime. Ils dĂ©tournent le rĂ©el par la mise en place dâoccupations temporaires ; ils interrogent les Ă©changes entre mondes divers via lâutilisation de langages familiers, comme les coutumes et les codes populaires.
www.denicolai-provoost.com/
Depuis 2009, Julien Celdran rĂ©alise des Ćuvres basĂ©es sur le principe du tatouage (personnalisation ou customisation) sur divers objets qui peuplent notre espace public par lâutilisation du vinyle adhĂ©sif.
En France, Ă Pau, Julien Celdran a personnalisĂ© 3 camions hydrocureurs (Histoire dâEau, 2009) en collaboration avec le pĂŽle culturel intercommunal de Pau (2009) et les conducteurs des vĂ©hicules. Ă Tours (FR), ce fut une sandwicherie mobile (Sandwich Sound System). Enfin, dans le quartier de la cage aux Ours Ă Bruxelles, lâartiste a personnalisĂ© 40 antennes paraboliques (2010-2011) dans le cadre du contrat de quartier Navez-Portaels. Les personnalisations ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es Ă l'adhĂ©sif dĂ©coupĂ© et/ou imprimĂ©. Toutes ces interventions sont le fruit de plusieurs rencontres entre les propriĂ©taires et Julien Celdran.
Dans le cadre de BEING URBAN, lâartiste a travaillĂ© avec les agents de propretĂ© de la ville de Bruxelles, uniquement des volontaires, pour la personnalisation de leurs brouettes. EnvisagĂ©s par lâartiste comme des signes de fiertĂ©, ces « tatouages » incarnent une certaine singularitĂ© dans un univers normalisĂ©. Un emblĂšme, un ornement, une identitĂ©. un soin apportĂ© Ă un objet dĂ©nigrĂ©.  Une rĂ©tribution symbolique pour le travail des agents, sans oublier lâhumour d'un geste qui consiste Ă dĂ©corer ces objets que personne ne penserait Ă embellir.
DurĂ©e de la personnalisation: jusquâĂ 7 ans
Julien Celdran (1976, FR) vit et travaille Ă Bruxelles. Depuis 2000, son travail se matĂ©rialise essentiellement par lâusage du vinyle adhĂ©sif et se dĂ©ploie principalement dans lâespace public. Il crĂ©e des processus consultatifs qui dĂ©terminent la forme de lâĆuvre tout en questionnant sa lĂ©gitimitĂ© et privilĂ©gie lâemblĂšme et lâornementation.
www.julienceldran.free.fr
Stephan Goldrajch domicilie Ă Lâiselp durant une annĂ©e sa crĂ©ature BAILGJYIQKHE, un bouc Ă©missaire de tous nos reproches individuels et collectifs, qui accumule les Ă©cueils de divers groupes de personnes. Durant un an, de maniĂšre ponctuelle, Stephan Goldrajch revĂȘtira son costume pour rencontrer diffĂ©rentes personnes (Ă©lĂšves, personnes ĂągĂ©es, aveugles, etcâŠ) et rĂ©colter leurs dolĂ©ances.
Pour les publics scolaires, l'artiste et Lâiselp mĂšneront un travail de mĂ©diation autour de la figure du bouc Ă©missaire.
Parce que câest un sujet sensible dans les Ă©coles, Stephan Goldrajch souhaite particuliĂšrement rencontrer des enfants en classe. Les enfants de 7 Ă 12 ans seront invitĂ©s Ă Ă©crire une lettre avec leurs accusations. Leur lettre ne sera jamais lue, mais ils devront rĂ©flĂ©chir ensuite au destin de ce bouc Ă©missaire et de sa charge symbolique. Pour lui Ă©crire : BAILGJYIQKHE / 31 Boulevard de Waterloo / 1000 Bruxelles
DurĂ©e : un an de vie Ă LâiselpÂ
Stephan Goldrajch (1985, IL) vit et travaille Ă Bruxelles. Il se dĂ©finit comme brodeur, artisan, conteur. HĂ©ritier dâarts, de pratiques populaires et ancestrales quâil mĂ©tamorphose, rĂ©interprĂšte et sâapproprie de maniĂšre contemporaine, il crĂ©e des objets Ă la polysĂ©mie infinie. Sa dĂ©marche sâexprime au travers de diffĂ©rentes techniques (crochet, tissage, broderie, couture ⊠) et repose sur lâimpĂ©ratif de lien.
www.goldrajch.com
Thomas Laureyssens prĂ©sente avec Les moineaux de Bruxelles une intervention interactive, ludique, urbaine et sociale, composĂ©e de plusieurs oiseaux lumineux placĂ©s sur des façades qui invite les passants Ă les activer en sifflant. Les oiseaux sont reliĂ©s Ă un site internet qui enregistre et compare les statistiques de chacun dâentre eux (nombre dâactivations, durĂ©e et intensitĂ© des sifflementsâŠ). Plus un oiseau est sifflĂ©, plus il gagne de points. Chaque propriĂ©taire dâun oiseau est invitĂ© Ă le mettre en Ă©vidence par lâutilisation des mĂ©dias sociaux, l'organisation d'Ă©vĂ©nements ou l'ajout de repĂšres visuels, pour convaincre les passants de participer Ă la compĂ©tition. Cette intervention a prĂ©cĂ©demment Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă Hasselt en 2014 (De mussen van Hasselt) oĂč dix oiseaux peuplent dĂ©sormais les façades de la ville.
Le site reprenant les statistiques des oiseaux mis en place pour le laboratoire BEING URBAN sera mis en ligne le 30 avril.
Le projet sera prochainement développé par les communes de Bruxelles, Schaerbeek (Centre Culturel De Kriekelaar), et Ixelles.  www.demussen.eu
Durée du jeu : illimité
Thomas Laureyssens (1976, BE) est artiste, designer et conférencier à la Faculté de Design des arts médiatiques  (LUCA Arts | KU Leuven, BE). Ses recherches se situent à la frontiÚre entre le design ludique et le design social, intégrés dans un contexte urbain. Actuellement, il poursuit un doctorat artistique (2011-15) sur la maniÚre dont les interventions ludiques et participatives intégrés dans un environnement urbain peuvent améliorer la qualité de ces espaces en augmentant leur caractÚre social.
www.thomaslaureyssens.be
Du 30 mai au 6 juin, lâartiste organisera une marche urbaine dâexploration de la ligne frontaliĂšre de Bruxelles-Capitale. Avec cette marche, JĂ©rĂŽme Giller nous propose non pas de traverser la frontiĂšre mais dâen suivre son tracĂ©, dâen relever et dâidentifier les marqueurs naturels, de tester la carte Ă lâĂ©chelle du rĂ©el.
Cette marche se fera sur plusieurs jours avec des points de rendez-vous fixĂ©s le long du parcours. Elle pourra ĂȘtre suivie en direct dans le laboratoire de BEING URBAN  grĂące Ă un systĂšme de traceur GPS qui actualisera la position des marcheurs et dessinera leur progression sur une carte interactive.
DurĂ©e de lâintervention: une semaine
JĂ©rĂŽme Giller (1973, FR) vit et travaille Ă Bruxelles. Son travail artistique se dĂ©ploie essentiellement dans les territoires urbains et pĂ©ri-urbains. Sa pratique artistique se fait en marchant. Câest en convoquant lâintelligence des pas et en parcourant les gĂ©ographies quâil agit. Sa mĂ©thode consiste Ă crĂ©er des situations a-typiques dans le quotidien et Ă placer le corps (le sien, celui du public) au cĆur de la situation plastique nouvellement construite. Ses interventions sur les territoires sont furtives, voire immatĂ©rielles. Ce sont avant tout des moments Ă vivre, des expĂ©riences ; des laboratoires poĂ©tiques qui infiltrent le rĂ©el.
www.jeromegiller.net
Depuis peu, Xurxo Duran Sineiro construit des dispositifs roulants, objets hybrides, Ă la fois chevalet, bureau, atelier et comptoir de vente. Chacune de ces charrettes fait lâobjet dâun scĂ©nario prĂ©cis. Lâune dâentre elles, Orieniâs, est fabriquĂ©e Ă partir dâun landau et dispose dâun emplacement  pour peindre et dâun autre pour sĂ©cher les tableaux, tout en permettant Ă lâartiste de se dĂ©placer dans lâespace public. Ce dispositif a servi en 2013 le temps de gagner Un salaire pour Xurxo Duran - titre donnĂ© Ă cette installation-performance conditionnant sa peinture. Le prix de vente de chaque tableau est conditionnĂ© par une rĂšgle. Les passants sont directement en contact avec un mode de production artistique et la question de sa rĂ©tribution. Lâautre est conçue comme une tribune de commissaire priseur. Il peint et vend directement aux enchĂšres Ă partir de 1 âŹ. Xurxo a activĂ© ce dispositif qui sâintitule Orieniâs en 2014 et continue de sâen servir. Pour BEING URBAN, il activera ce dispositif lors dâune rencontre.Â
Xurxo Duran Sineiro (1979, ES) vit et travaille Ă Bruxelles. Se dĂ©finissant comme peintre, il peint des bĂątiments, des places, des scĂšnes urbaines sur des petits formats. Chaque peinture est la trace de son occupation temporaire dâun lieu. A Bruxelles, il est un des occupants de La Poissonnerie rĂ©sidentiel et lieu socio-culturel autogĂ©rĂ©, rĂ©cemment mis en place en attendant la future destruction dâune rangĂ©e de bĂątiment rue du ProgrĂšs Ă Schaerbeek.Â
www.xurxoduransineiro.wordpress.comÂ
Carte blanche Ă IDM - Postcards from Mons (2015)
idm© atelier [Images dans le milieu] est un atelier transdisciplinaire de pratique des arts plastiques Ă lâĂ©cole supĂ©rieure des arts E.S.A. â ARTS 2 â Mons. Lâatelier aide lâĂ©tudiant(e) Ă trouver des solutions originales au maximum dâapproches artistiques, depuis la premiĂšre idĂ©e jusquâĂ la rĂ©alisation, en passant par la recherche, lâexpĂ©rimentation, la rĂ©solution technique, le dossier de prĂ©sentation et la communication. Lâatelier propose Ă lâĂ©tudiant(e) des projets extĂ©rieurs Ă lâĂ©cole avec une sĂ©rie de partenaires : Maison Folie Mons, Transcultures, MAAC Bruxelles, MACâs Grand Hornu⊠Lâatelier idm© crĂ©e ainsi pour ses Ă©tudiants-artistes des ouvertures vers le monde professionnel: organismes culturels et associatifs, musĂ©es, galeriesâŠ
www.youtube.com/playlist?list=PLvK29UzhqtClT0-qnaWSGCoNAf2jKbtm_
Carte blanche Ă RED Labo - âStudent classâ. Laboratoire pour guides Ă©mancipĂ©s
RED / Laboratoire pĂ©dagogique est une ASBL formĂ©e par un collectif dâenseignants-chercheurs qui travaillent tous dans des Ă©coles dâart du secondaire qualifiant et professionnel de la Ville de Bruxelles.
Lâobjectif est de questionner, Ă travers diffĂ©rents dispositifs pratiques, notre rapport au savoir et Ă sa transmission dans des espaces culturels.
Le RED / Labo est un lieu de recherche, dâexpĂ©rimentation et de rencontres entre amateurs dâart (Ă©lĂšves, parents, enseignants) et les acteurs culturels.
Le projet : 3 classes de 7Ăšme professionnelle (option sĂ©rigraphie, dĂ©coration dâintĂ©rieur et publicitĂ©) de lâInstitut Sainte-Marie proposent leurs propres regards de lâart dans lâespace public en animant des visites guidĂ©es.
Afin de nourrir leurs rĂ©flexions et leurs visites, chaque semaine de mai, ils participeront Ă une âStudent classâ Ă Lâiselp ouverte au public et Ă la discussion dans le Parlement
www.redlaboratoirepedagogique.be/dyn/
Carte blanche Ă lâAtelier Espace urbain de l'ENSAV-La Cambre - âArrĂȘt bilatĂ©ralâ
ArrĂȘt bilatĂ©ral propose une pause, un dĂ©cor dans lequel le visiteur est invitĂ© Ă s'arrĂȘter, Ă prendre le temps de lire et de regarder. Cet espace-dĂ©cor est une alternative Ă la rĂ©alitĂ©, une Ă©chappatoire aux flux de la ville, un moment de stase. Loin de l'aspect transitoire de nos dĂ©placements et de nos circulations, il sera possible, ici, de contempler ce qui s'inspire de l'urbain pour y Ă©chapper. Les espaces publics, et donc leurs usagers quotidiens, sont en mouvement perpĂ©tuel. Cette proposition bilatĂ©rale quant Ă elle, s'articule autour de l'arrĂȘt. Une proposition des quatre Ă©tudiants sortant de lâoption Espace urbain de l'ENSAV-La Cambre :Â
Vernissage dans lâAtelier le jeudi 11 juin 18h30-21h
Exposition du 12 au 26 juin (en parallĂšle Ă BEING URBAN)
Du lundi au vendredi / 11h-17h30
Finissage le 26 juin / 18h-21h - présentation des mémoires de fin d'études des quatre artistes