Entrez dans lâesprit de Riley, 11 ans. RĂ©alisĂ© par lâun des auteurs de lâexcellent « LĂ -Haut », Pete Docter signe donc le nouveau film dâanimation des studios Pixar, Vice-Versa. AprĂšs plusieurs dĂ©clinaisons, plus ou moins rĂ©ussies de ses succĂšs passĂ©s, la maison de John Lasseter, filiale pareillement de Disney, renoue avec lâoriginalitĂ©, en raison du scĂ©nario inĂ©dit du long-mĂ©trage. OsĂ©, il met en scĂšne les Ă©motions qui rĂšgnent sur la psychologie dâune fillette de onze ans. Joie, Tristesse, ColĂšre, DĂ©gout, et Peur sont alors protagonistes du film, mettant en avant une vision sombre de lâenfance, presque mĂ©lancolique.
Cas gĂ©nĂ©ral, le film pour enfant est toujours dans le mythe du rĂ©cit pour enfant, sâapparentant Ă la noirceur, Ă la tragĂ©die de la sortie vers lâadolescence. Le niveau des somptueux films de Pixar est rĂ©atteint selon la critique. Sur ces prĂ©cĂ©dentes animations, telles que Montres & Cie notamment, la volontĂ© est dâentrer dans lâimagination et la rĂ©alitĂ©, dans la tĂȘte dâune fillette. RĂ©alisĂ© de maniĂšre efficace, en reprĂ©sentant lâesprit de Riley comme une petite industrie, dans lesquels sâaffairaient des ouvriers dits dâĂ©motions, symbolisĂ©s par une Ă©toile, une larme, un brocoli. Le long-mĂ©trage prend une autre dimension lorsque cette jeune fille devient ado, oĂč elle est confrontĂ©e Ă un sĂ©isme total avec le dĂ©mĂ©nagement provoquant un dĂ©racinement le plus absolu. Le film tourne tout autour de la profondeur, celle de la pensĂ©e de la petite fillette, avec des Ăźles dĂ©terminant lâensemble de la personnalitĂ©, qui sera la plus grande angoisse de la protagoniste Joie, touchĂ©e et bouleversĂ©e par la disparition supposĂ©e de ces souvenirs, caractĂ©risant les traits de la personne. Ă ce moment-lĂ , le long-mĂ©trage prend la tournure dâune Ă©popĂ©e, oĂč la collaboration entre les diffĂ©rentes Ă©motions devient une nĂ©cessitĂ© dans les trĂ©fonds de lâĂąme de la fillette, et ainsi le film enseigne comme morale, que grandir, câest faire lâexpĂ©rience de la mĂ©lancolie, que chaque souvenir ne peut prĂ©senter quâune unique expressivitĂ©. Ă cela, Victor Hugo disait que « La mĂ©lancolie, câest le bonheur dâĂȘtre triste ».
Film prĂ©fĂ©rĂ© de lâannĂ©e, Pixar prĂ©fĂ©rĂ© de tous les temps (pour lâinstant) remplaçant « Monstres & Cie » ou « LĂ -Haut ». Lâanimation est avant tout esthĂ©tiquement rĂ©jouissant, oĂč visuellement on Ă©voque les Ă©motions primaires par des couleurs fondamentales. Les personnages sont incroyablement expressifs et bien caractĂ©risĂ©s, telles que au sens psychiatrique, fou, le rĂ©alisateur a pu imaginer ce que cela serait dâentrer dans le cerveau dâun individu. Or sans mĂȘme aucune notion de neurologie, le spectateur semble avoir lâimpression dâune incarnation concrĂšte de ce qui peut se passer dans le train de la pensĂ©e, le grand fossĂ© des oubliettes, le monde de lâimaginaire, le hangar des pensĂ©es abstraites, subjuguant toutes les idĂ©es ingĂ©nieuses de cette rĂ©alisation. En nâen faisant une aventure intĂ©rieure et un pĂ©riple matĂ©rialisĂ©, grĂące Ă un simple dĂ©mĂ©nagement, Ă©voquant lâintime, ce Pixar rend Ă©mue toute personne devant cette modĂ©lisation psychologique. Lâapprentissage est le noyau central du long-mĂ©trage si intelligent, expliquant des choses complexes Ă des enfants dans une forme ludique, mais aussi touchant la part dâenfance des adultes.
Inside Out /// Long-mĂ©trage dâanimation de Pete Docter et Ronnie del Carmen avec Diane Lane, Amy Poehler, Mindy Kling
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