Les ombres au Groenland
C'est en lisant les œuvres de Paul-Emile Victor et de Jean Malaurie, et en regardant cette terre lointaine sur le globe, que depuis ma jeunesse j'ai a eu envie de découvrir un jour cette ile septentrionale.
Ainsi, en juillet 2024, après avoir passés trois jours à Copenhague, nous sommes partis deux semaines au Groenland. Nous nous sommes focalisés sur trois lieux différents et facilement accessibles pour une première visite de cette île: Kangerlusuaq, Ilulissat et l'ile de Disko. Nous avons privilégié les randonnées et quelques visites de villages typiques.
Après trois heures de vol depuis le décollage de Copenhague, nous survolons la calotte glaciaire du Groenland. Nous apercevons des lacs d'un bleu turquoise saisissant.
Nous sommes excités à l'idée de découvrir dans quelques instants ce pays si fascinant. Nous atterrissons à Kangerlusuaq, un ancien aéroport militaire américain.
Jour 1 – Kangerlusuaq – lac de Fergusson
A la sortie de l'aéroport un bus nous emmène à Old Camp, notre hébergement situé à 2 km. Après avoir posé nos bagages, nous partons aussitôt pour faire notre première randonnée en direction du Lac Fergusson, impatients de fouler cette terre groenlandaise. Nous contournons l'aéroport, puis traversons le pont, nous bifurquons à droite sur une piste qui surplombe le fjord de Kangerlussuaq. Au bout de 30 minutes apparaissent les eaux du lac dans lesquelles se reflètent les montagnes environnantes et les nuages. Nous grimpons sur un chemin qui longe des maisons en bois rouge, nous rappelant les maisons de Suède.
La végétation est rase, aucun arbre à l'horizon. Le paysage est parsemé de linaigrettes, petites fleurs blanches cotonneuses spécifiques des régions du nord. A chaque virage nous craignons de nous retrouver face à des bœufs musqués (un panneau de signalisation ayant indiqué leur présence). Le chemin devient un sentier plus ou moins balisé, parfois marécageux nous obligeant à couper à travers la toundra humide. Nous parvenons à un deuxième petit lac de montagne à partir duquel nous apercevons Kangerlussuaq en contrebas. Le calme est absolu, nous goûtons la quiétude du lieu, au soleil. Nous sommes surpris par cette chaleur : il fait 15-20°C à la mi-journée. La halte est perturbée par les moustiques nombreux et voraces :ils piquent à travers les pantalons de randonnée. Nous mettons alors nos chapeaux moustiquaires achetés en France (Décathlon).
Nous redescendons à travers un petit sentier puis sur la piste et rejoignons Old Camp.
Bon à savoir : Old Camp est un hébergement composé de plusieurs bâtiments, chacun ayant soit des chambres soit des dortoirs et une cuisine commune.
Évidemment, ici pas de volet et un soleil omni présent toute la nuit !
Jour 2 – Kangerlussuaq – Point 660
Ce matin nous prenons notre temps pour aller visiter le village à pied. Ici toute la vie se concentre autour de l'aéroport : commerce alimentaire, boutiques de souvenirs.
Nous allons jusqu'à l'église en bois située à l'arrière de la piste d'avion et revenons à l'hébergement. A 13h, le bus de l'organisation Albatros Article Circle vient nous chercher avec 15 autres personnes. Nous partons durant 4h pour l'expédition « Point 660 », la randonnée sur la calotte glaciaire (nous avons réservé cette sortie sur internet depuis la France un mois auparavant). Le bus prend une piste qui monte au-dessus de Kangerlussuaq et longe le fjord en direction du nord. C'est une route sinueuse et escarpée. L'excitation est à son comble dans le bus, chacun étant à l'affût de voir des animaux sauvages : la nature s'étend à perte de vue au bout de 10 minutes de bus seulement.
Nous traversons des zones très humides avec des marécages, des lacs. Nous apercevons des rennes juste avant de faire une pause sur un promontoire pour observer la calotte glaciaire face à nous.
D'ici,elle ressemble à la moraine d'un glacier géant. Après 1h30 de route, le bus s'arrête au « point 660 ». Notre accompagnateur nous informe qu'il faut d'abord traverser la moraine à pied (pendant 20 minutes) avant d'atteindre la calotte glaciaire. Puis, arrivés face à cette immensité blanche et bleue qui s'offre à nous, nous nous déplaçons librement.
Contrairement à ce que nous avions imaginé, le paysage est vallonné et non plat. Sous nos pas, le bruit du craquement de la glace est le seul bruit qui perturbe le silence général. Autour de nous, à 360°C, ni faune, ni flore, seulement de la glace avec quelques ruisseaux : je ne résiste pas à boire cette eau pure mais fraîche ! Sous la glace, de l'eau coule aussi et nous l'apercevons par transparence. Nous ne savons où aller, nous déambulons dans cet univers d'un blanc immaculé et bleuté, en grimpant et descendant au hasard du relief qui s'offre à nos pas. L'endroit est tellement immense que nous avons vraiment l'impression d'être seuls alors que nous apercevons au loin quelques personnes de notre bus... Nos chaussures de randonnée suffisent largement pour cette marche (les crampons et guêtres ne sont pas nécessaires).
Après plus d'une heure de marche, de déambulation magique nous devons déjà rebrousser chemin en direction du bus. Le bus reprend l'unique piste. Après quelques péripéties, embourbements..., le bus nous dépose au restaurant Roklubben au bord du lac Fergusson. Nous y dégustons un buffet typique groenlandais composé de poissons fumés, de tartare de baleine et crevettes pour l'entrée ; puis (après avoir repris une deuxième assiette d'entrée !) pour le plat principal, nous nous servons du rôti de renne, du bœuf musqué et un ragoût de renne. Nous regagnons notre logement en bus, repus et des souvenirs pour toujours !
Bon à savoir : Dans le restaurant Rokubben, le buffet est seulement servi une fois par semaine (mercredi) pour 375kr (soit 50€ par pers). Nous avions réservé le restaurant en envoyant un mail à l'organisme Albatros Arctic Circle.
Jour 3 – Kangerlussuaq - Illulissat :
Dès le lever nous partons à pied sur le sentier de « Black ridge », dont le départ est situé à gauche après le pont. C'est une piste qui monte en pente régulière mais raide. Nous arrivons sur un plateau enherbé avec de nombreuses étendues d'eau et apercevons la calotte glaciaire au nord, et en contrebas le village avec son fjord. Nous poursuivons notre chemin et distinguons un bœuf musqué qui court. Nous sommes surpris par sa vitesse et sommes contents d'être assez loin. Nous quittons la piste du Tacan trail et bifurquons sur la droite pour nous rendre au point culminant.
Après avoir profité de la vue, nous repartons en direction de l'aéroport pour nous envoler vers Illulissat.
Durant le vol, dans un petit avion à hélice assez bruyant, nous apercevons les premiers icebergs sur notre gauche. Le vol dure seulement 45 minutes, pour admirer ces étendues de glace flottante, nous avons hâte d'atterrir.
Le propriétaire du logement vient nous chercher en personne et nous accompagne à notre hébergement : Illulissat Appartment. C'est une grande maison bleue avec une grande terrasse et quatre chambres, un salon et une cuisine communs. De notre chambre nous avons une vue sur la ville et les icebergs au loin. C'est un logement agréable : la chambre est relativement spacieuse et la literie confortable. La cuisine est très bien équipée et à notre grande surprise, le petit déjeuner est inclus ! Deux grands supermarchés (ce qui nous change de la petite supérette de Kangerlussuaq) sont situés à 10mn à pied !
Bon à savoir : Nous avons pu enregistrer nos bagages le matin alors que notre vol était à 15h.
Notre vol entre Kangerlussuaq et Illulissat est retardé de 2h en raison du mauvais temps à Nuuk : ce qui est fréquent même en été.
Jour 4 – Sentiers Unesco d'Illulissat :
Les alentours d'Ilulissat possèdent plusieurs itinéraires de randonnée, chacun matérialisé d'une couleur différente. Ils sont tous accessibles et sont plus ou moins longs.
Ce matin, nous traversons Ilulissat en partant vers l'ouest pour rejoindre le début du sentier « jaune ». Toutes les maisons sont colorées, perchées sur des pilotis en bois, nous passons à proximité des étendues où se trouvent les chenils des chiens de traineaux, un peu à l'écart des habitations et arrivons au début du sentier après 20 minutes de marche.
Dès le début du sentier nous sommes subjugués par la multitude d'icebergs, de toutes tailles et formes, certains teintés de bleu. Nous sommes surpris par la douceur des températures. Nous déambulons sur ce chemin, en pleine nature : la végétation est rase, parsemées de rochers plats et arrondis. Nous longeons ainsi la côte vers le sud. Le paysage est vraiment spectaculaire, certains icebergs sont immenses, s'entrechoquent les uns aux autres en produisant un bruit sourd.
Après 3km nous continuons en suivant une partie du sentier bleu qui commence par un platelage en bois sur pilotis permettant de passer au dessus des marécages. En empruntant des escaliers métalliques nous grimpons au sommet d'une colline qui nous permet d'observer des icebergs à 180°C : nous sommes au bord de l'Icefjord ! Une rivière d'icebergs coule devant nous. Ce paysage est grandiose, calme et reposant : il y a peu de monde sur ces sentiers.
Après 5h de randonnée, de photos, nous rejoignons le musée de l'icefjord et retournons à l'appartement en traversant le petit centre-ville.
Nous sommes surpris par le peu de boutiques souvenir (une ou deux) : il y a quelques hôtels et restaurants. Les trottoirs sont étroits ou inexistants : piéton, il faut toujours faire attention. Il est possible aussi de se déplacer en taxi dont l'arrêt principal se situe à côté des deux supermarchés.
Jour 5 – Découverte du glacier Eqi :
Ce matin nous nous rendons à l'embarcadère situé à coté de la boutique Albatros Artic Circle et de l'hôtel Hvide Falk pour partir en excursion : la découverte du glacier Eqi (nous avions acheté les billets 3 mois avant le départ sur le site internet (https://albatros-arctic-circle.com/eqi-glacier-tour).
Nous sommes une quinzaine de touristes et prenons place à bord d'une grosse navette. C'est parti pour deux heures de navigation à travers les icebergs, la mer quasiment gelée à proximité d'Ilulissat.
Nous longeons des montagnes abruptes et observons les nids d'oiseaux. Puis soudain, face à nous, alors que la glace se densifie sur l'eau, le glacier Eqi apparaît.
Il est immense : 4km de long et 200m de haut. Une véritable barrière de glace qui avance immuablement vers la mer en provocant des effondrements de glace dans un bruit sourd et provocant quelques vagues.
Par mesure de sécurité le bateau reste à 1km. Ça peut paraître loin, mais vu l’immensité du glacier on a vraiment l'impression d'être proche.
Nous repartons après avoir déjeuné sur le bateau et être restés à contempler ce glacier près de deux heures. Durant le trajet retour, nous observons plusieurs baleines, le bateau ralentit pour nous permettre de profiter de ce spectacle de baleines plongeant !
Nous arrivons à Ilulissat en fin d'après midi après cette belle journée mémorable ! S'il n'y a qu'une seule excursion à faire, c'est vraiment celle-ci !
Jour 6 – Les sentiers rouge et bleu :
En ce 14 juillet, le ciel est couvert et les températures ont chuté.
Bien couverts, nous partons vers l'Icefjord Center, départ des sentiers de randonnées. Nous retrouvons le fameux sentier bleu et ses platelages en bois et prenons la direction du sud. Nous retrouvons les immenses icebergs à la dérive.
De ce côté la côte est plus escarpée. Le chemin se poursuit sur des roches polies. Tout est calme, le silence est perturbé par le bruit des craquements d'icebergs. Après une heure de marche le sentier s'enfonce vers l'intérieur des terres mais nous poursuivons hors sentier vers un sommet surplombant la mer.
Nous marchons ainsi sans repère en évitant les zones marécageuses durant une heure puis pique-niquons au sommet de la colline avec une vue imprenable sur l'étendue de glace. Nous rebroussons chemin et retrouvons le sentier qui sillonne à travers des éboulis. Après 15 km de randonnée nous rentrons à l'appartement. Le soir, un feu d'artifice est tiré. Nous le voyons à peine car il fait encore bien jour à 23h !
Jour 7 – Départ pour l’île de Disko :
Le propriétaire de l'appartement nous amène au port à 6h du matin. Nous partons sur l'ile de Disko avec la compagnie Disko Line. Alors que nous nous attendions à voir un ferry, une petite navette pour 12 personnes accoste. Enthousiastes, mais peu rassurés nous embarquons tous en moins de 10 minutes. Dès la sortie du port, nous naviguons au milieu d'une multitude d'icebergs de toutes tailles.
Après quelques instants, le bateau est obligé de ralentir car la glace se fait dense à la surface de l'eau.Le bruit sourd de la coque du bateau sur les petits morceaux de glace est très impressionnant. Le capitaine fait zigzaguer l’embarcation afin d'éviter les plus gros blocs.
Après 2 heures de traversée mémorables,nous débarquons au sud de l'île de Disko, à Qeqertarsuaq, petit village de pêcheurs de 750 âmes blotti entre des montagnes et la mer.
Nous traversons le village à pied en 15 minutes, sacs sur le dos, afin de nous rendre à notre hébergement, une charmante maison rouge (trouvée sur Airbnb).
Pour notre première sortie, nous avions repéré sur l'application Maps, Whalewatching hut (un observatoire à baleines nommé Udkiggen), à l'extrême sud de la péninsule de Qeqertarsuaq.
Pour y accéder, nous ne pouvons compter ni sur un balisage ni sur un sentier bien marqué, mais uniquement sur notre perception pour nous diriger à vue à travers les terres marécageuses.
Après 2h de marche nous arrivons au but, une petite hutte en bois avec un banc fait face à l'océan. Seuls face à cette immensité, les icebergs se déplacent immuablement.
Le bruit de ces géants de glace qui se retournent est toujours impressionnant.
Jour 8 – Kuannit trail :
Après une bonne nuit (ensoleillée) nous partons vers l'est en direction de Kuannit trail, un site aux formations volcaniques. Le temps est nuageux, le vent se fait sentir : il fait vraiment froid ! Après avoir dépassé le stade du village, traversé le pont rouge de la rivière, nous suivons un sentier balisé par des points jaunes.
Ce dernier est à peine marqué, il surplombe la mer avec des icebergs à perte de vue. Au fur et à mesure de notre avancée, la toundra fait place à un paysage plus minéral, plus volcanique avec de nombreuses cascades qui se jettent dans la mer.
Ces énormes rochers ressemblent étrangement à des orgues basaltiques, comme nous pouvons en observer en Auvergne ou en Islande.
C'est un lieu surprenant qui se diffère du reste de l'île. Depuis notre départ nous n'avons rencontré personne, pas de touristes, de randonneurs... tout est calme.
Durant la pause déjeuner, nous prenons conscience que certains icebergs se déplacent à vue d’œil. Nous en voyons un qui s'effondre et se retourne dans un vacarme. Avec la différence de vitesse du son et de la lumière, nous entendons ce bruit bien après avoir vu l'impact.
Sur le chemin du retour nous rencontrons une grand-mère et sa petite fille qui ramassent de grandes tiges vertes, nommées « Angéliques vraies ». Elles nous proposent de goûter une tige avec elles : une saveur particulière qui ressemble étrangement au céleri. Elles l’utilisent dans les soupes. Lors du retour, vers 17h, nous passons à nouveau devant le stade sur lequel se déroule un match de football. Les gradins sont remplis de spectateurs.
Dans ce petit village, tous les jours, en fin d'après midi, il est de coutume de venir se rassembler en famille pour voir un match. Nous nous joignons au spectacle et prenons place au milieu des Groenlandais sous leurs regards étonnés.
Nous regagnons notre hébergement, ce soir il est difficile de trouver le sommeil à cause de la luminosité : on a l'impression qu'il est 15h alors qu'il est 23h !
Jour 9 – Le glacier Lyngmark :
En ce troisième jour sur l'ile, une belle journée ensoleillée s'annonce et nous partons en direction de la montagne et du glacier Lyngmark. Nous contournons le port et atteignons l'extrême nord du village.
A partir de là, le sentier, balisé en bleu, commence. Nous devons traverser plusieurs ruisseaux issus de la fonte des glaces qui nous font face. Nous prenons peu à peu de la hauteur, la végétation se raréfie. Derrière nous le paysage est à couper le souffle : le village aux maisons colorées s'associe avec les icebergs au loin.
La progression se fait lentement, le sentier est raide et pierreux. Après trois heures de marche nous atteignons enfin le col. Les montagnes minérales, au sommet plat, nous entourent. Leur partie supérieure est de couleur ocre et constituée de nombreux ravins. Nous redescendons en empruntant un sentier à peine marqué pour rejoindre une langue de terre se jetant dans l'océan.
Tout y est calme, le clapotis des vagues nous inviterait presque à une sieste si les températures n'étaient pas aussi fraiches. Nous regagnons notre logement, un peu fatigués.
Jour 10 – Les torrents et cascades :
Ce matin, nous partons vers l'est pour faire une randonnée à la découverte de torrents et cascades. Nous traversons un pont rouge et entamons cette dernière randonnée sous un soleil éblouissant. Ici les rochers ont une forme arrondie, dégageant une certaine douceur. Ce sentiment est accentué lorsque nous apercevons des linaigrettes, cette petite fleur semblable à du coton effiloché.
Nous devons rester vigilants car le terrain est assez marécageux. Il y a toujours aussi peu de monde, nous sommes quasiment seuls dans ce paysage nordique. Nous arrivons assez vite à une succession de cascades plus ou moins larges et profondes, formées par le torrent et ces fameux rochers arrondis.
Nous nous posons quelques instants au bord de l'eau et ne résistons pas à mettre les pieds dans l'eau glacée ! Après la pause, nous redescendons et nous arrêtons sur la plage de sable noir située entre le stade et le village. Nous allons tester la température de l'eau en nous y aventurant jusqu'aux genoux, ce qui est déjà un exploit pour nous. Non loin de là, de jeunes Groenlandais se baignent entièrement au milieu de petits icebergs. Le petit Alan vient faire notre connaissance timidement en faisant une roue. Il est amusé de nous voir nous baigner un peu gauchement. Nous repartons en direction du village accompagnés des enfants à vélo.
Jour 11 – Retour à Ilulissat :
Ce matin, nous sommes tristes à l'idée de quitter cette ile. Nous reprenons à nouveau cette petite navette pour rejoindre Ilulissat. Cette escale et découverte de ce village de l'île de Disko restera pour nous un des meilleurs souvenirs du Groenland. Une sensation de vivre au milieu des Groenlandais et d'évoluer à travers une nature sauvage et préservée.















