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Les arbres sur le campus de l'université
Bonne chance
Très souvent, quand un israélien te dit aurevoir, il te dit behatslacha, c'est à dire bonne chance. Il ne dit pas "bon courage" comme on dirait en France, mais bonne chance. C'est la meme expression dont ils se servent avant de passer un examen par exemple, donc c'est à prendre littéralement je crois.
Mon interprétation c'est que la société israelienne est vraiment rude, c'est une société de pionners, où beaucoup repartent les poches vides et avec leur espoirs deçus. Rien n'est acquis ou facile quand on s'installe ici. On parle de faire son aliyah, ce qui veut dire "monter" en Israel, car on estime que c'est un privilège particulier de vivre ici. Mais on parle aussi de "yérida", c'est à dire de descente, de gens qui quittent le pays.
Alors c'est peut être pour ça qu'on se souhaite bonne chance à tout les sauces. Et non bonne journée, expression qui traduit une certaine oisiveté, où l'on peut jouir de sa journée tranquillement. Le bonne chance israélien ressort du coup plus de l'ordre de la survie, car on sait que pour tous ceux qui tentent leur chance ici, tous ne réussiront pas. Vivre ici c'est un peu comme les chercheurs d'or du far ouest - il faut y croire. Et c'est ce que les israéliens vous disent à longueur de journée.
Les supermarchés Israéliens
Ok alors je me suis vraiment tapé la honte aujourd'hui en prenant cette photo. Je voulais témoigner d'un phénomène qui me fascine morbidement: les ongles des caissières ici. Pour une raison qui m'échappe, on ne peut visiblement pas être recrutée comme caissière de supermarché dans ce pays si on a pas des faux ongles atrocement manucurés (cf photos). Je voulais prendre une photo de la caissière qui m'a servie aujourd'hui mais problème, mon appareil était réglé sur flash. Elle s'est donc retournée et m'a demandé si je la prenais en photo (enfin je suppose que c'est ce qu'elle m'a dit). J'étais super mal à l'aise car vraiment ce n'est pas trop correct de ma part de faire ça, de prendre les gens pour des objets de curiosité. J'ai donc bafouillé en hébreu que c'était un nouveau telephone (lie) et que je ne savais pas m'en servir (lie). je me suis ensuite copieusement excusée (blattant sign de culpabilité).
Still, c'est tellement fascinant de voir ces ongles atroces taper sur l'écran à chaque article qu'elles scannent et le petit clac que ca fait. Et en même temps, je me sens très culturellement impérialiste, élitiste et un peu misogyne de faire ce genre de remarques. Surtout d'avoir pris cette photo et de m'être fait prendre. Et surtout que je l'ai prise uniquement pour ce blog. C'est quand même étrange que le fait d'écrire un blog influence ma vie ici, de quelque manière que ce soit, alors qu'à la base je ne l'envisageais que comme témoignage de ma vie. Ecrire ce que l'on vit ou vivre pour l'écrire, telle est la question du bloggeur.
Mea Shéarim
Je suis allée la semaine dernière à Mea Shéarim, le quartier ultra-orthodoxe. Ici, ca ne rigole pas beaucoup. Tout le monde est en noir, les femmes en perruques ou chapeau, les hommes en caftans avec leur péyotes (meches de cheveux sur les côtés).
Ca ne rigole pas du tout, car j'étais avec S. qui avait un centimètre carré de peau sur le thorax visible et elle s'est faite reprendre par une dame dans un magasin, qui lui a gentiment demandé de caché cette peau qu'elle ne saurait voir. Ambiance.
Il y a ce balcon avec tous ces talitot qui sèchent, je trouve que c'est une photo excellente, in my humble opinion.
Ce que je trouve hilarant c'est ce magasin de chaussure où il y a les chaussures hommes et les chaussures femmes. Celles pour les hommes surtout: il y a le choix entre plein de sortes différentes de chaussures noires, qui, pour l'oeil non averti, sont exactement les mêmes! Chez les femmes, on remarque un peu plus de diversité, pour les super rebelles, il y a même de chaussures beiges.
Et finalement, une fois prises dans un très bon resto pas cher conseillé par D. Sur le mur, il y a en grand la prière que l'on dit en fin de repas (le Birkat Hamazon), là où dans un autre restaurant takeaway, il y aurait de la pub pour des menus, comme au McDo, où le consommateur est incité à commander plus, un autre désert, un menu plus gros, etc. ici, il y a une prière. Non, ici, pas de pub mais une incitation à la prière, et c'est comme ca dans les rues du quartier aussi, il n'y a aucune publicité mais les murs sont recouverts d'annonces communautaires (annonçant par exemple les décès de la semaine). Sur cet aspect là, je me demande si ce n'est pas en fin de compte assez apaisant, que l'on nous demande pas de payer mais de prier.
Le Jardin Botanique de Jérusalem.
Un peu décevant car très sauvage + pas de petites pancartes claires. Un soleil de plomb, peu d'ombre, mais un très bon restaurant sur les bords du pond. Et puis je viens de faire un text en cours d'hébreu sur le "gan botani" et donc ca me faisait marrer d'y aller. Quelques belles fleurs en tous cas.
A l'université hébraïque de Jérusalem où je suis allée suivre un cours, comme vous pouvez le voir sur cette photo, il y a une synagogue, une salle pour changer les bébés et une salle d'allaitement. Au cours où je suis allée, il y avait une fille très enceinte. Et on m'a expliqué que ca arrivait souvent que des filles viennent avec leur bébé en cours. J'ai même entendu une anecdote où un bébé pleurait en cours, et la professeure l'a pris dans ses bras pour le restant du cours, pour permettre à la maman de prendre des notes tranquillement.
C'est tellement impensable en France! Ici tout le monde a des enfants, beaucoup et tôt, que l'on soit religieux ou non. Jérusalem grouille d'enfants, de bacs à sable, de toboggans, de femmes enceintes, de famille allant se balade. C'est tellement vivant et sain. Pas comme en France où être enceinte est difficilement compatible avec ses études.
Présidentielles 2012: premier tour à Beer Sheva
Avec un peu de retard, voici un poste sur le premier tour de élections.
Chers lecteurs,
Moi j'ai voté par procuration. Par contre, j'étais au rendez-vous pour dépouillé les bulletins au seul bureau de vote de Beer Sheva. A ma grande surprise, il y a plus de 2000 français inscrits sur les listes.
Sur 443 votants,
373 Sarkozy
37 Hollande
20 LePen
6 Bayrou
3 Mélenchon
2 Dupont Aignan
1 Joly
1 Artaud
(et quelques nuls)
La plupart des votants sont de vieux juifs marocains qui n'ont probablement pas mis le pied sur le sol français depuis les année 70, voire jamais car ils ont fait leur aliyah directement après l'indépendance. Est-ce que tous les juifs marocains ont obtenu la citoyenneté française d'ailleurs? Bon ce n'est pas la question. Juste que ces votes sont incroyables. D'abord pour le score de Sarko, mais on ne va être surpris, puisque les votants ne pensent qu'en fonction d'Israel, et que Sarko est perçu comme le candidat le plus pro-Israel (c'est le cas aussi pour la population juive de France qui vote massivement UMP).
Ensuite ce sont les 20 voies FN. Probablement des juifs. Tellement flippant. Une amie ici m'a dit que c'est à cause des bombes qu'on reçoit de Gaza ici. Ils votent FN car ils en ont marre des arabes. Sans faire la moindre distinction. Sans vivre en France et sans comprendre les enjeux, et sans avoir à subir les répercussions d'un tel vote.
Ein Avdat
Hier je suis allée avec belle mère et belle soeur to be à Ein Avdat (cliquer pour voir le lien google maps) C'est un petit grand canyon caché entre deux montagnes. De loin, on a l'impression que le relief est très plat. Puis on voit que la plaine descend à pic. Ensuite on a l'impression que tout est stérile. Et c'est là qu'on arrive à Ein Avdat, petite oasis merveilleuse de fraicheur, de faune et de flore.
Lit d'une ancienne rivière qui est désormais réduite à un mince filet d'eau, la roche a été creusée en d'impressionnantes grottes comme ici:
La photo l'a mal rendu, mais dans cet arbre se trouvait une gazelle mâle, qui broutait tranquillement les feuilles. Et qui a fini par en sortir en un bond absolument magnifique et painless, je n'ai jamais vu d'animal plus gracieux. Les gazelles présentes dans le negev s'appellent des Ibex et marchent sur le plat comme sur des inclinaisons quasiment verticales avec la même facilité.
Bon je triche car la photo ci dessus a été prise à la midreshet Ben Gurion et pas à Ein Avdat, mais voici un portait d'Ibex mâle (facilement reconnaissable avec leurs bois).
Ici on voit les parois de Ein Avdat qui se font face. Fou d'imaginer que c'est l'eau qui s'est frayé un passage entre la roche et qui a fini par creuser un tel abîme.
Ici on voit les différentes strates géologiques et le petit reste d'eau qui se trouve au fond du canyon.
Voilà des arbres préhistoriques d'un espèce très rare qu'on ne trouve qu'ici (on présume que le fait d'être encaissés dans ce canyon les a préservés).
Nous sommes rentrées fourbues après cette marche mais ravies.
Le désert
Vendredi avant shabbat, je suis partie pour une excursion dans le désert du Négev. On est allées à Wadi Perez. C'était incroyablement beau. En voici quelques photos.
Celle ci a été prise au début de la promenade, en hauteur. Nous allions descendre en suivant le chemin que vous voyez. On se croirait sur la lune. C'est magnifique. J'adore ces paysages lunaires où l'on voit le travail du temps. C'est l'érosion qui a dessiné ces reliefs aux contours plutôt doux. Le Negev était une mer il y fort longtemps, et cette mer s'est asséchée, s'est recroquevillée, tellement, qu'il n'en reste aujourd'hui qu'une petite flaque de rien du tout: la mer morte, seul résidu de cette eau qui a désormais disparu pour ne laisser que des roches. J'ai essayé de trouver des informations sur internet sur l'histoire géologique sur la mer morte et sur le Négev mais je n'ai rien trouvé.
La promenade a duré 4h je crois. On est arrivés à 8h30. La spécificité du désert ici c'est qu'il est en hauteur et qu'on ne se rend pas forcément compte de la chaleur tant l'air y est sec. Il faut boire beaucoup et très souvent, même si on ne ressent pas la sensation de soif. Il faut aussi impérativement se couvrir la tête.
On trouve de la flore intéressante. Ici des câpres sauvages en fleurs !
On voit la mer morte à l'horizon, qui est, comme vous le savez peut-être le point le plus bas sur terre en dessous du niveau de la mer (-422 mètres en dessous du niveau de la mer)
Ici on voit un véritable canyon avait de grand blocs de pierre carrés qui se sont détachés des bords. Il y a de encore un peu d'eau dans ce canyon l'hiver, saison des pluies ici.
Là on voit bien l'érosion causée par le passage de l'eau. On dirait presque un glacier.
Yom haShoah
Yom haShoah, jour officiel de la commémoration de la Shoah. A 10h pile, une sirène très forte a retenti dans tout le pays. Tout le monde s'est arrêté pendant une minute. Les voitures se sont arrêtées, les passants se sont immobilisés, la vie s'est tue.
A l'université, une cérémonie assez émouvante était organisée. Comme vous pouvez le voir sur les photos, il y avait énormément de monde.
Mais comme une amie allemande non juive me l'a fait remarqué, il n'y avait pas de bédouins présents. On les a cherché du regard (les femmes voilées sont bien sur facilement repérables) et on en a pas vues. Peut être que c'est pas si surprenant. Ca ne les concerne pas directement. Mais quand même étrange, on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a aussi un déni que l'on connait trop bien en Europe. En fait j'aimerais beaucoup parler à un bédouin pour savoir quel est leur sentiment par rapport à la Shoah. S'ils s'en foutent, s'ils trouvent que c'est de la connerie.
Je n'ai presque rien compris à la cérémonie mais j'étais quand même assez émue. Il y avait bien sur de la musique larmoyante à souhaits, ce qui facilite toujours les larmes. Mais ce n'est pas ca qui m'a touché. C'est le fait que pour la première fois de ma vie, j'ai senti que se rappeler de la Shoah n'était pas quelque chose de creux. Pas une jolie phrase absurde que l'on se répète pour se donner bonne conscience comme c'est le cas en France. Que beaucoup des gens qui étaient là sont comme moi des survivants de 3e génération, des petits enfants de survivants, de victimes, d'enfants cachés. Que ca nous touche tous personnellement puisque c'est notre histoire, que ca a déterminé nos choix. Ces étudiants sont israéliens à cause de la Shoah, car leur ancêtre se sont installés après la guerre pour beaucoup. Tous connaissent de près ou de loin des survivants. Ici je ne me sens pas différente, je ne sens pas que la commémoration c'est factice, que c'est du toc. Ici j'y crois puisque je sais que mon sentiment est partagé, et ca, c'est vraiment fort. Pour une fois, je sens que mon ressenti n'est pas contesté, qu'il est pleinement légitime car majoritaire et ça c'est une sentiment qui apaise. Et c'est pour ça que en Israel, c'est beaucoup plus agréable de se souvenir de la Shoah qu'en Europe. Parce qu'on a pas à se justifier.
Voici l'affiche officielle de la journée, organisée par Yad Vashem.
Selon sa créatrice Dorielle Rimmer Halperin, “My design shows that the shadow of the family lying on the road is the shadow of the family who perished and will always be there with the survivors. But this is also the shadow of their new family of survivors, which is there to remember, to preserve them and their heroism”.
J'aime l'idée du monde perdu, que le petit enfant avait une famille qu'il a perdue. Contrairement à ce que ressentent beaucoup d'enfants de survivants, il y a eu une histoire avant, il y avait des familles entières, et pas juste des individus isolés. C'est juste qu'on a perdu la trace de ces ancêtres, comme c'est le cas dans ma famille maternelle.
En ce jour je veux me rappeler du père de mon grand père maternel dont je ne connais que le prénom: Yitshak, ainsi que son fils, mon grand père, Simon ben Yitshak veHaya, enfant caché pendant la guerre. (Il y a bien assez de gens de la famille de mon père pour se rappeler d'eux, donc je ne le ferai pas ici). Que leur mémoire soit source de bénédictions.
Le Parc Monceau.
Hier soir je suis allée à une conférence où une enfant cachée racontait son histoire pendant la Shoah. Elle est née à côté de l'Arc de Triomphe, à Paris. Chose étrange, elle a passé toute son enfance, avant de devoir fuir à la campagne, dans le parc monceau. Comme moi.
Pour moi, le Parc Monceau est le lieu de mon école maternelle et primaire. Ecole de luxe, avec tous les enfants de star et du "showbiz", mais aussi d'enfants bilingues comme moi, le parc a toujours été pour moi synonyme de luxe et d'innocence. Il y avait tous les enfants de diplomates et leur nounous black qui venaient les chercher avec des gouters. Il y avait cette kermesse de fin d'année dans l'impasse Van Dyck.
Et là, cette dame, qui a depuis fait son alyah (émigrer en Israel), nous racontait comment elle a survécu la Shoah, et cette scène incroyable où elle jouait au parc avec son petit frère qui conduisait un vélo et qui par mégarde heurte un soldat allemand. Les enfants sont terrorisés, mais le soldat est gentil et leur donne des bonbons. J'ai ressenti la terreur dans sa voix quand elle racontait l'histoire. Elle se demande pourquoi les soldats allemands avaient souvent des bonbons, son hypothèse est que c'était pour amadouer les enfants pour le jour où ils seraient raflés. Je suis pas entièrement convaincue mais ne propose aucune autre piste. Et de penser que ca a eu lieu au Parc Monceau!
Mais en y réfléchissant, une sombre anecdote me vient à l'esprit. C'était un jour de Yom Kippour, j'étais en 3e, donc ca devait être en Septembre Octobre 97 ou 96. Je n'avais pas encore fait mon "retour" au judaïsme. Mais il me semble que j'avais déjà décidé de prendre des cours chez les libéraux et que ces cours commençaient quelques semaines après Kippour .
J'étais avec des amis non juifs qui venaient de la même banlieue que moi. Pour une raison que j'ignore, nous nous sommes retrouvés au Parc Monceau. Selon toute vraisemblance, ça du être moi qui a voulu revenir sur les traces de mon enfance mais je ne sais pas. Et en ce jour de fête (je dis Kippour, mais au fond ca aurait pu être Rosh hashana? je crois me rappeler que c'était Kippour, mais je ne sais pas comment j'aurais su ça à l'époque, puisqu'on ne le faisait pas du tout chez moi, je ne savais même pas vraiment ce que c'était, alors qu'on a toujours fait rosh hashana).
Bref, c'était un jour de fête, une après-midi, et le parc était rempli de juifs en talit, de juifs en promenade, de juifs en jour de fête, qui se promenaient dans le parc. Et moi et mes amis étions sur un banc. Et je ne sais plus exactement ce qui fut dit mais je me rappelle que mes amis ont fait des commentaires anti-semites sur tous ces juifs qui étaient dans le parc. Et de sentir avec certitude que moi aussi l'année prochaine je ferais aussi Kippour comme ces gens, parce que je l'avais déjà décidé (avant cet épisode). D'être étonnée des propos de mes amis mais de me sentir comme ces juifs en talit.
Ok en fait je me rappele d'un autre fâcheux épisode au parc. C'est une amie qui me l'a raconté car j'avais oublié. Au primaire, j'ai réalisé car très tardivement, toutes mes amies étaient juives. Et une ne l'était pas (V). Elle avait été exclu de nos jeux par une autre amie (K ou S) car elle n'était pas juive. Ironie de l'histoire, étrange retournement. Je ne m'en souviens pas, je me demande si j'étais là car je n'aurais surement pas laissé passé un truc pareil. En tous cas je suis heureuse que contrairement à cette dame, enfant cachée, survivante de la Shoah, moi j'ai pu jouir du Parc en toute innocence, jusqu'à ce qu'on me rappelle que ce parc était un "parce de juifs" en 3e, et que ce récit de la Shoah ne me rappelle à tout cela, à tout ce que ce lieu représente pour moi. Je me sentirai toujours comme une fille du Parc Monceau.
tempête de sable
Alors mon dernier post date du mois de Novembre. Je suis encore là jusqu'en Juillet et j'ai décidé de reprendre car ça me fera de bons souvenirs (ou pas), qu'écrire permet de comprendre ce qui nous arrive, de le métaboliser. Aujourd'hui il y a une tempête de sable à Beer Sheva. On voit très mal, il y a du sable partout, du vent souffle à une vitesse incroyable. On voit des déchets, malheureusement bien trop présents dans les rues de mon quartier, voler à toute allure, les gens courir dans des taxis. On entend les hauts du hurle vent, son que je ne pensais pas entendre en Israel, puisque ça me rappelle plus la Normandie que le désert. La dernière fois qu'il y avait une peu de sable dans l'air, j'ai demandé à mes colocataires si c'était une tempête de sable et elles ont ri en me disant que j'avais encore rien vu et que j'en aurais pour mon argent. Effectivement, aujourd'hui ça n'est rien en comparaison avec ce que j'avais vu l'autre jour. On m'a expliqué aussi que le problème de cette ville est qu'elle n'est pas fortifiée. Comme elle est au milieu du Negev, elle est balayée par des vents extrêmement violents, ce qui la rend glaciale la nuit en hiver et qui produit ces folles tempêtes de sable. Une question s'impose: qui a eu l'idée complètement débile d'installer des populations ici alors que le climat est si hostile? Si dans la Bible Abraham s'y installe, Isaac en part! Ce n'est peut être pas un hasard. Je dis ça, je dis rien.
Tout va bien
Hello,
Je voulais juste dire que tout va bien, Qu'apres la sirene, j'ai moins peur, que je me sens forte, que ca me rend encore plus la rage de vivre et de profiter car il ne faut pas les laisser gagner. Sur le moment ca m'a fait peur mais maintenant je comprends et je crois que j'aurais moins peur par la suite.
Sinon je suis vraiment très heureuse parce que a special someone atterrit ce soir - on va passer plusieurs jours à Jerusalem, j'ai organisé tout un programme.
Bref, tout va bien.
Premiere sirene d'alerte a la bombe
Voila mon souhait morbide exhauce - il y a quelques minutes j'ai eu droita ma premiere alerte a la bombe. Dieu merci, c'etait dans les meilleures circonstances possibles car il y avait quelques personnes avec moi et que j'etais bien tranquillement dans mon bureau a la fac. Comme il est au dernier etage, et que c'est donc dangereux siun missile tombe sur le toit(i can't believe I'm actually writing this!), il suffit de descendre d'un etage pour etre safe, et se mettre dana la cage d'escalier car il n'y a pas de fenetres.
How do I feel right now? Just really scared . Je me demande ce que je fais ici.
En meme temps, je dois un noter un sentiment de blague qui est probablement ma reaction tres personnelle au danger. Mais j'ai un vrai sentiment d'incredulite. Peut etre parce queI was inside et que j'ai entendula siren de loin, que je n'ai pas vu de gens courir vers les abris. Mais une vraie impression de blague, thinking this can't be real, on me fait une farce. Ou alors que c'est a drill.
Just as people told me, I did hear a big bang at onepoint. And I had to conclude queit was the rocket que le bouclier anti missile a, barouh hashem, intercepte avant qu'il ne nous tombe sur le coin de la figure. Mais encore, de l'interieur, on se sent plus en securite. Donc qu'est ce queca implique chers lecteurs? Qu'on va etre obliges de rester indoors a litteralement raser les murs pour ne jamais se retrouver trop loin d'unabri. Les gaullois avaient peur que le ciel leur tombe surla tete. Et bienmoi aussi. Et croyez moi, je vais rentrer en France et je vais etre tres zen dans lemetro et dans toutes lesgaleres parisiennes. And I am going to be so thankful to live a country which does not receive daily bombarding.
I am just so unhappy that these terrorists are succeeding in what terrorists do best : terrorise people. Alors peut etre que la reponse c'est de ne pas les laisser gagner et justement not to care. Mais alors il faut ne pas tenir beaucoup a sa vie. Moi j'ai encore plein de choses a faire. Peut etre faire comme ma cousine dit: notre sort est entre les mains du ciel - donc courrir aux abris, prendre toutes les precautions et ne pas stresser car ca ne depend pas de nous. Donc une dose de stoicisme.
Ou alors comme une copine me dit, a Paris j'ai plus de chance de me faire attaquer que de recevoir un missile grad ici. Donc relativiser.
Et comment ne pas me sentir ultra coupable de vous dire tout ca? Que vous vous inquietiez pour moi? Ca me fait egoistement sentir moins seule de partager cette experience, (meme si je suis bien entouree ici - d'ailleurs des amis m'ont encore appele aujourd'hui, il y a beaucoup de solidarite dans ces moments). Je suis un peu desolee de publier ce post.
Au sujet de ce blog
J'aime beaucoup partager mes impressions mais je n'aime pas le manque de retours - si vous lisez mes posts, pouvez vous laisser un message ou un commentaire, parce que j'ai l'impression de partager des choses personnelles a un écran d'ordinateur qui ne me dit rien.
Sous les bombes
Hier il y a eu un missile lance de la bande de Gaza sur Beer Sheva. Il a été intercepte par le bouclier anti-missile et donc a explose en plein vol sans faire de dégâts humains ou matériels (il y a eu un mort a Ashkelon par contre). Plusieurs missiles ont été lances par le jihad islamique (faction qui ne fait pas partie du hamas, si j'ai bien compris).
Je n’étais pas la, je n'ai donc pas encore vécu d'alerte. on m'a mise en garde des mon arrivée - quand il y a un missile, une alerte strident sonne pour avertir les habitants. On a alors une minute pour se réfugier dans un abri anti missiles. Il y en a dans la plupart des immeubles et certaines maisons. Mon université est entièrement en béton arme et donc qualifies as a giant shelter. Si on se trouve trop loin d'un bâtiment, il faut se coucher sur le sol et mettre sa tete entre ses bras pour "se protéger en cas de dirty bombs". Nice. And just think que you could be wearing something really nice et qu'on doit se mettre a plat ventre sur le periph. Renice.
I'm not sure how I should be feeling about this. C'est une expérience tellement étrange. Rationnellement il n'y a aucune raison d'avoir peur (statistiques, bouclier anti-missile, abris, etc), mais c'est absolument terrifiant en même temps. Hier, en rentrant d'une bat mitsva a Tel Aviv avec mes cousins, on était en voiture, près d'Ashkelon sur l'autoroute en rase campagne et regardait le ciel en me disant que je verrais peut être un missile (il faisait nuit mais il faisait assez clair, et tout le monde m'a dit qu'on pouvait voir les missiles dans le ciel quand ils tombaient). Et j'ai juste pense que d'habitude, en voiture la nuit, en dehors de la ville, je suis dans la campagne française, et ce qui me préoccupe ce sont mes propres pensées. Ou alors j’espère voir un cerf traversant la route, éblouit par les phares de la voiture (private comment: comme sur la ronte de conches). C'est tellement étrange de penser que la c'est un missile que je guettais la peur au ventre. Qu'il y a des gens qui se réjouirait de ma mort a moi, Lili, non pas parce que je suis juive mais parce que j'ose résider en Israël. Je me demande qui veut ma mort a moi? Qui sont ces gens qui seraient heureux que le nombre de casualties augments grâce a moi? J'ai croise des bédouins tout a l'heure et j'ai eu envie de leur demander ce qu'ils pensaient, s'ils avaient peur aussi. C'est absurde, parce qu'ils sont des targets tout autant que moi. J'essaie de trouver une logique mais je ne sais pas s'il y en a une.
C'est évident qu'on s'y habitue. C'est ce que tout le monde me dit. Qu’après ma première alerte, ça ira mieux. Mais si tout le monde s'empresse pour me mettre en garde, surtout les nouveaux résidents, c'est certainement parce qu'ils ont vécu ça comme un traumatisme ou en tous cas que ça les a vraiment impressionnes. Bref c'est juste très bizarre parce que tout d'un coup, tout est relativise, le plus important c'est d’être en vie et que mes proches le soient aussi.
J'interromps ce post pour dire que deux nouvelles amies françaises qui vivent ici et une ancienne amie francise qui est a Tel Aviv m'ont appelée aujourd’hui pour me demander si tout allait bien et pour me répéter les instructions de sécurité. Je suis vraiment touchee.
J’espère que ça va se clamer et que je vais pouvoir me promener sans penser a la proximité ou non d'un abri. Apparemment ils vont faire un autre échange de prisonniers avec le hamas, il y a donc toutes les raisons que ça se calme. Je vais poster ici plus régulièrement. Je pense fort a vous tous et me culpabilise déjà d’écrire ce message. Mais je me dis que ne rien dire est peut être plus inquiétant pour vous?
Mes activités extra-scolaires (aperçu)
Salut mes lecteurs,
Alors la semaine commence bien, levée aux aurores, je suis allée à mon premier cours de pilates! Un cours en anglais, avec moins de10 élèves, une prof super, un lieu sympa, un prix complètement débile (20€ le mois avec 3 cours par semaine). Bref, c'est chouette! Je n'ai jamais fait de pilates et man, it's just so hard, mais je me suis très bien sortie de ce premier cours. Donc ma vie ici sera sportive :)
Autre bonne découverte, une communauté juive orthodoxe et égalitaire. Il y a un voile de séparation entre hommes et femmes mais les femmes chantent et lisent dans la Torah, à tour de rôle avec les hommes. Des offices très chantés et une communauté très sympa. Beaucoup de gens que je connais y sont. Beaucoup d'américains et d'israéliens. Le Judaïsme qui me fait tellement défaut à Paris en somme.
Et finalement, ce soir je vais à une audition pour participer à une comédie musicale (en anglais). C'est une compagnie amateur mais très pro - la troupe partira en tournée dans 10 villes israéliennes. Le seul problème c'est que ca prend beaucoup de temps (2 ou 3 soirs par semaine) et je ne sais pas encore si c'est tellement bien de me bloquer autant de soirées, surtout que j'ai déjà mon activité juive type hillel house le lundi soir; Bref, j'ai pas fini le snej pour recommencer à remplir à bloc mon emploi du temps. Ou si? Encore faut il que je réussisse l'audition et que je trouve la troupe sympa.
Voilà en tous cas qu'Israel me présente des opportunités nouvelles, et des occasions de changer d'horizon. Plutôt sympa!