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As I was thinking of writing a Hollanov fic, I found out quite a few people were looking for co-writers, beta readers, people to brainstorm with so... I made a tiny discord server.
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This is a very new server so if something's missing or needs adjusting, I'm totally in for suggestions!!
(Before entering the server you have to answer two questions, then I will need to accept you, this is just to ensure everyone's here in good intentions! I will accept you as fast as possible!)
Looking for a co-writer for a Hollanov fic!
Knowing my poor ability to write on my own (don't we love AuDHD), I'm looking for someone (or multiple people?) who'd be willing to brainstorm and/or write together! (Please be 18+!!! Around 25-30 would be even better, being 28 myself) (Also side note, I'm European so in the CET time zone)
I have Hollannov plot ideas, mostly about international exchange students, but I'm open to more ideas.
If this sounds like you, please dm me! (We can then chat on discord or something)
I feel the need to write about Shane Hollander and Ilya Rozanov but my brain is empty, I have no plot ideas 😩 help
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Jeudi 22 Mars 2018. Even était toujours là, à gesticuler et faire trois choses à la fois. La vaisselle était à moitié propre et il était déjà en train de vouloir sortir les poubelles. Isak soupira un peu. Le regarder faire depuis ces derniers jours le mettait mal à l'aise. Il le voyait s'agiter, il le voyait lui cacher des choses, Even était parfois inatteignable. Cette nuit lorsqu'il était rentré de sa fête d'école, Even n'avait même pas fait attention au bruit qu'il avait fait. Le plus jeune finissait par vraiment s'inquiéter des conséquences. - Ev bébé... Tu peux te poser deux minutes ? Even tourna la tête vers lui immédiatement et s'assit à ses côtés. Isak pouvait voir l'effort qu'il faisait pour rester en place, les muscles de son corps étaient tendus, ses yeux se baladaient sans cesse. - Tu sais on pourrait- - C'est la saison des aurores boréales, tu en as déjà vu ? - Euh... Non mais... Répondit Isak, un peu dérouté par la question. - Oh alors on va y aller ! On va prendre l'avion et aller au nord du pays, ou encore mieux sur une île au nord. En ce moment il parait qu'il y en a plein. C'est fascinant ce genre de chose, il faut que tu en voies ! On pourrait y aller ce week end, on a rien de prévu on va se faire chier sinon. Le plus jeune le laissa continuer un moment, cherchant comment l'arrêter sans qu'il ne le prenne mal. Il inspira profondément et attendit qu'il y ait un arrêt d'une demi seconde pour reprendre la parole. - Ev je peux parler ? - D'ailleurs j'aimerais vraiment aller voir là bas. Et faire du chien de traîneau. - Even s'il te plait. Isak prit sa main doucement pour essayer d'attirer son attention, ce qui sembla marcher un instant. - Je sais que ce que je vais te dire ne va pas te plaire, mais il faut qu'on parle. L'ainé cligna des yeux sans comprendre ce que son copain voulait dire. - Je sais ce que tu fais, on ira pas voir les aurores... Enfin pas tout de suite c'est sûr. - Mais Isak t'en as jamais vu ! - Even tu es en pleine crise de manie là ! Répondit le plus jeune, il s'en voulu immédiatement parce qu'il y avait peut être été un peu fort. Par chance Even resta silencieux. Il fixait un point derrière son épaule. - Even c'est pas grave, ça va aller, mais on peut pas décider de choses comme ça, en plus là on a pas trop l'argent. Il faut y réfléchir d'accord ? Je suis pas contre hein, mais un voyage ça se prévoit. On peut pas y aller sur un coup de tête, et je sais que tu t'en voudrais. L'ainé semblait s'être renfermé. Il espérait que ce soit bon signe, mais il craignait qu'il ne devienne violent. - Bébé, tu sais comment ça se passe... Ça fait plus d'une semaine que tu montes en flèche... Et je ne sais pas comment contrôler ça à part te le dire tu comprends... ? Even pinça les lèvres, sa jambe tressautait sans arrêt, rapidement. Il déglutit et se leva. - Je dois sortir. Fit il en se dirigeant vers la porte. - Tu vas où ? - Je dois sortir. - Even s'il te plait j'ai besoin de savoir où tu vas... - Je vais... Aller chez mes parents. Isak se mordit la joue. - Tu promets ? Je peux t'accompagner sinon... Even sembla lutter avec lui même un moment et finit par hocher la tête. - Je parlerais pas si tu veux. L'ainé acquiesça à nouveau et resta planté là. Isak prit son manteau et lui enfila, Even avait l'air complètement détaché de la réalité maintenant, et il commençait à sérieusement s'inquiéter. Il envoya un message le plus rapidement possible à Cecilie, la mère de son petit ami, et mit son propre manteau et son bonnet. Il ne toucha pas plus Even, il ne parla pas, il ouvrit simplement la porte et le laissa sortir avant de fermer derrière eux et de sortir du bâtiment. Cecilie lui répondit peu après qu'elle les rejoindrait à mi-chemin, ce qui rassura un peu Isak. Ils marchèrent un moment dans le froid glacial, Even ne semblait pas vouloir prendre le bus. Alors Isak prit son mal en patience et marcha un peu derrière pour lui laisser un minimum d'espace vital. Ils finirent par rencontrer madame Bech Naesheim, qui remercia silencieusement Isak. - Rentre bien mon grand, on te tient au courant Le jeune homme hocha la tête et regarda son petit ami en inspirant. Even lui jeta un oeil et tendit un peu son bras, alors Isak s'y blottit un instant. L'ainé resserra son poing sur son manteau et le serra un peu trop fort. Cecilie pinça les lèvres. - Allez on va y aller. Dit elle, un peu fermement en voyant son fils serrer de plus en plus fort. Mais Even ne semblait pas vouloir lâcher Isak, et ce dernier commençait à s'inquiéter de la surtension de ses muscles. -Even. Répéta la mère en attrapant son bras. Lâche le et viens maintenant. Isak se racla la gorge et gigota un peu pour se défaire de son emprise, sans grand succès. Il flippait réellement cette fois mais garda son sang froid. - Lache moi Ev, tu vas rentrer chez toi et être en sécurité. Ne fais pas quelque chose que tu vas regretter plus tard. Il força doucement pour le repousser et essaya de le faire lâcher. Cecilie tira son bras de son côté pour l'inciter à la suivre, et enfin, Isak put s'éloigner. - On se voit bientôt, d'accord ? Fit Isak en lui souriant, même si il était clairement en train de se briser de l'intérieur. Cecilie lui envoya un regard plein d'empathie et le jeune homme lui sourit le moins tristement possible. Isak tourna les talons, il se fit la remarque qu'il n'avait rien fait d'aussi difficile dans sa vie. Il avait l'impression de l'abandonner, même si c'était pour son bien. Il fit le chemin inverse, la poitrine oppressée et la gorge serrée. Il ne savait pas comment il allait réussir à dormir la nuit venue. Il angoissait, et il était seul. Et il laissait Even. Peut être entre de bonnes mains, mais il le laissait tomber. Il essaya de se dire que c'était mieux pour lui, qu'après tout, c'était son petit ami qui en avait fait la demande, qu'il ne pouvait pas s'en vouloir de ne pas savoir gérer sa maladie parce qu'il n'était pas médecin ni même psychologue. Mais c'était tellement dur, la culpabilisation le rongeait incroyablement. Il avait le souffle court lorsqu'il entra dans l'appartement un peu trop calme. Un peu trop vide. Le contraste avec l'hyperactivité grandissante d'Even fut brutal. Il posa ses chaussures, puis son manteau et enfin son écharpe et son bonnet. Ses gestes étaient lents, sa respiration sifflante, sa tête lui tournait presque, et ses yeux étaient brillants de larmes prêtes à rouler sur ses joues. Il regarda le plafond et souffla maladroitement. Il n'avait même pas faim. Il se laissa tomber sur le lit et fixa le mur décoré par leur soin avec différentes photos, citations et dessins d'Even, et il craqua.
5
Mercredi 7 Mars 2018. Le cours se termina enfin. Isak rangea ses affaires et salua Sana qui semblait pressée. Even n'avait pas cessé de lui envoyer des messages un peu osés voir carrément cochons, et il avait eu beau lui dire que ce n'était peut être pas le moment, son petit ami semblait trouver ça très amusant de le mettre mal à l'aise. D'ailleurs, la professeur l'avait rappelé à l'ordre plusieurs fois. Heureusement qu'elle ne l'avait pas forcé à lire le contenu des messages à toute la classe. Il soupira un peu en mettant son sac sur son dos et sortit de la salle avec le reste des élèves pour éviter une remarque de sa prof. Il tomba sur Jonas au détour d'un couloir et ils prirent le temps de discuter un moment. Ils se voyaient moins depuis qu'il avait emménagé avec Even, et ça lui manquait un peu, il devait l'avouer. lls finirent par se mettre d'accord, Jonas viendrait manger à l'appartement un de ces soirs. Après un check de la main, il descendit un étage, le nez sur son téléphone, et fut tirer dans un recoin. Le portable manqua de voler et avant qu'il ne comprenne ce qu'il se passait une paire de lèvres s'écrasait déjà sur les siennes. - Hé tu pourrais au moins dire bonjour ! Tu m'as fait peur ! - Bonjour Isak. Rit Even, l'air tout amusé. - Qu'est-ce que tu fais ici ? - Je suis venu voir une ancienne prof pour un projet pour l'école. Et je t'attendais. Je finissais par me dire que tu étais déjà parti. - Non, j'ai croisé Jonas, c'est pour ça. - Ah oui, il allait bien ? - Ça te dérange si il vient un de ces jours ? Even secoua la tête en souriant. - Non en plus j'avais envie de cuisiner ! Donc c'est l'occasion. Tu préfères lasagnes ou boulettes de viande ? - Ça se discute... - Mais bon là maintenant j'ai envie d'autre chose, et j'ai pensé à ça toute la journée. - Je te le fais pas dire, c'est limite si c'était pas du harcèlement à ce niveau ! - C'est ça, rentrons donc calmer nos ardeurs. Et vite. Isak rit mais ne se fit pas prier. Samedi 10 Mars 2018 Lorsqu'Isak poussa la porte de l'appartement, suivi de près par son meilleur ami, une douce odeur de sucre se faufila jusqu'à ses narines. Il sourit et trouva évidemment Even en cuisine. - Salut les gars, faites pas gaffe c'est le bazar mais je gère ! Isak haussa les sourcils en voyant l'état de la cuisine. Il y avait de la sauce tomate qui avait giclé par terre, un saladier plein de viande hachée, et un début d'empilement de lasagnes. - J'ai fait une salade de fruit et un gâteau au yaourt pour le dessert. Fit-il, l'air concentré sur sa quantité de bolognaise. - Bébé tu sais on est que trois à manger là. - Oui, ben j'ai fais pour trois. Jonas se retint de rire et échangea un regard avec Isak qui leva les yeux au ciel. - Tu as besoin d'aide peut être ? - Non je gère je te dis. - On peut goutter ? - Non pas touche ! Isak approcha son bras du four pour en ouvrir la porte mais Even l'en empêcha. - J'ai dit non touche à rien. - Rolala, monsieur rabat joie... - Estime toi heureux d'avoir un cuisinier. - Hé c'est la meilleure, c'est toi qui m'a dit que tu voulais cuisiner l'autre jour ! Isak préféra donc quitter la cuisine en bougonnant un peu. Even et lui se prenaient souvent la tête ces derniers jours. Il mettait ça sur le compte du projet de son petit ami, ça devait le stresser. Il s'installa avec Jonas sur le lit et lança sa playstation sur leur petite télé. Il lança une manette à son ami qui l'attrapa au vol. - Je vais te démonter encore une fois ! - N'importe quoi, c'est moi qui ai gagné la dernière fois ! Et c'est ainsi qu'Isak perdit trois fois contre son meilleur ami. Ils passèrent enfin à table. Isak était toujours en train de bouder de ses défaites, et Jonas ne se gênait pas pour se vanter. Even leur servit chacun une énorme part de lasagne et le brun fit les gros yeux. - On ne va pas mourir de faim ! En tout cas ça sent vraiment bon. - Attends de goûter. Fit Isak en se léchant les lèvres d'impatience ; il attendit tout de même que son petit ami ne se serve à son tour. Bon app les gars. Ils se jetèrent tous trois sur leur repas, il faut dire que leurs estomacs réclamaient depuis un petit moment déjà. Isak râla en se brûlant la langue et Jonas se moqua gentiment de lui mais se mordit la langue à son tour, ce qui ne manqua pas de faire rire l'ainé des trois qui secoua la tête en soufflant sur sa bouchée. Le repas alla bon train. Les discussions sur le lycée ne s'arrêtaient plus, et Even, même si il en avait souvent des nouvelles, appréciait d'avoir le point de vue de Jonas sur ce qu'avait pu lui dire Isak. Il leur parla un peu de son école et de ses projets de l'année, et il avait l'air si passionné que les deux amis ne purent que boire ses paroles, presque comme si eux mêmes étaient soudainement passionnés. Finir leurs assiettes fut plus difficile qu'il n'en avait l'air, le brun se tenait le ventre et prennait son temps entre chaque fourchette, Isak avait opté pour les minuscules parts, et Even avait déjà calé pour tout dire. - Comment veux-tu qu'on touche aux desserts après ça... Je t'avais dit qu'il y en avait trop... - Je pensais que vous aviez faim ! - Qu'est-ce que ça aurait été si on avait pas eu faim alors... Rit Jonas, qui abandonna pour de bon. - Tant pis on aura des restes. On va attendre d'avoir digéré un peu pour la suite. Proposa Isak en jetant un oeil à son petit ami. Even hocha la tête. - On a qu'à se poser devant la télé alors. Les trois acolytes s'installèrent donc sur le lit, chacun une bière à la main. Les programmes n'étaient pas vraiment intéressants alors ils zappèrent avant de rester sur un petit film sentimental qu'ils ne cessaient de critiquer. Et puis au bout d'un bon moment, Isak proposa de passer au dessert. Il fit un effort pour se lever et les servir, et ils finirent ainsi le repas vautrés sur le lit, à parodier ce fameux film. Au final, ce fut une bonne soirée passée entre amis, et Jonas rentra chez lui tardivement.
4
Dimanche 18 février 2018. Ils s'étaient levé tôt ce matin. Even avait insisté pour passer sa première journée New Yorkaise dans l'incontournable Central Park. "Juste pour vérifier que ce soit si grand qu'on le dit" avait il dit. Isak avait juste rigolé, mais ça lui allait. Évidemment que ça lui irait de toute façon, tant qu'Even souriait comme ça. Alors il avait fait un effort, non sans grogner au réveil, et ils étaient sortis tôt. Enfin... A neuf heures ils étaient dehors, il considérait déjà cela tôt. Ils avaient marché, s'étaient perdu, avaient galéré avec les noms de rues, mais finalement, ils avaient trouvé le fameux parc. Vu d'ici, il ne payait pas de mine, après tout, c'était un parc. Mais il était quand même plutôt joli. Ils s'étaient donc baladés un peu au hasard dans les allées, main dans la main. Even avait les yeux partout, comme si il tentait d'imprimer le moindre détail dans sa mémoire, et Isak était juste là, à regarder les alentours, et à le regarder lui, et à fondre d'amour. Et surtout à profiter de voir Even si heureux. Il inspira, il ne voulait pas penser au pire. Il allait se contenter d'observer sa joie et son excitation semblable à un enfant de six ans un matin de noel. C'était beaucoup trop mignon pour qu'il ne se gâche le moment. Alors ils avaient marché, et puis avaient prit des photos. Des tonnes de photos. Even prit aussi des vidéos évidemment "pour faire un film de leurs vacances", et Isak le laissa faire. Ca leur ferait un souvenir. Sur les coups de midi, ils s'étaient trouvé un coin à peu près tranquille avec vue sur le lac, avaient posé leur petite couverture sur le sol gelé, et s'étaient blottis l'un contre l'autre et avaient sorti leur repas. - C'est quand même vraiment trop bête. - Hm ? Questionna Even, la bouche pleine. - Ben traverser le monde et venir à New York, et devoir manger des sandwichs à Central Park parce qu'on est pauvres. L'ainé secoua la tête et prit le temps d'avaler sa bouchée. - Je m'en fiche, c'est déjà beaucoup trop bien de visiter. Et puis je préfère manger des sandwichs et qu'on puisse se faire vraiment plaisir sur quelque chose. - Comme Broadway ? Les yeux d'Even s'illuminèrent. - Tu veux vraiment qu'on y aille ? - J'ai pris des tickets. Even le regarda, bouche bée. - Mais... Je l'avais retiré de la liste parce que je pensais que ça ne te plairais pas... Et puis ça coûte cher... - Tant pis, on mangera des sandwichs un peu plus longtemps. Even rit, il le prit dans ses bras et le serra fort, qu'est-ce qu'il l'aimait. Mardi 20 février 2018. Le coucher de soleil depuis le sommet d'un immeuble avait été magnifique. La journée de visite avait été magnifique. Les souvenirs seraient magnifiques. Ce qui allait être moins magnifique, ce serait l'état de ses jambes le lendemain matin. Even était infatigable, il trouvait toujours quelque chose à faire de plus, à ajouter au programme. - On pourrait juste aller faire un tour là bas, pas longtemps promis. - Ev, je suis mort, si je dors pas on pourra jamais réussir à faire ce qu'on a déjà prévu. L'ainé bouda un moment, sur le chemin du retour à leur logement, mais il finit par se dire qu'ils en avaient peut être déjà fait beaucoup aujourd'hui. Et puis il ne voulais pas se gâcher le souvenir de ce voyage, et donc il ne servait à rien de s'engueuler avec son petit ami. - Tu voudras un massage ? - Tu ferais ça ? - Tu as mal où ? Isak ouvrit la bouche pour répondre mais s'arrêta un instant. - En fait c'est plutôt où je n'ai pas mal... Even sourit en coin. - A ce point ? - Even on a du faire plus de cinquante kilomètres à pied en trois jours, je suis mort. Rit il. - J'oublies que tu as des petites jambes... Le taquina l'ainé. - C'est toi, c'est pas des jambes que t'as c'est des échasses ! Even rit de bon coeur et embrassa sa tempe. - Tu es bien content d'avoir un petit ami monté sur échasses. Isak fit mine de faire la moue, mais ça ne marcha pas bien longtemps. Enfin, il put se laisser tomber sur le lit et s'endormit presque aussitôt qu'Even ne commença à lui masser le dos. Vendredi 23 février 2018. New York s'éloignait peu à peu à mesure que leur avion ne grimpait dans le ciel. Even fixait la ville par le hublot, l'air un peu ailleurs. - La prochaine fois on ira voir Hollywood. Lui murmura son petit ami. - Il y aura une prochaine fois ? Fit il en tournant la tête vers lui. - Pourquoi n'y en aurait-il pas ? Even lui sourit joyeusement et le serra fort contre lui. Aussi fort qu'il pu pour lui transmettre toute sa reconnaissance, mais avec une tendresse délicate pour ne pas non plus lui faire mal. Il lança un dernier regard à la ville qui ne dort jamais, au revoir l'Amérique, rebonjour la routine.
3
Lundi 12 février 2018. Lorsqu'il ouvrit les yeux ce matin là, la première chose qu'il vit fut la lumière. La lumière vive de l'extérieur, qui s'affaiblit peu à peu le temps que ses yeux ne s'y habituent. Ensuite il vit une paire d'yeux qu'il connaissait bien, qui le fixait plutôt intensément. Sa première pensée fut "il est déjà si tard ?", mais la ville n'étais pas encore vraiment réveillée, alors il ne comprit pas vraiment. Isak n'était jamais réveillé avant lui. Ce dernier sourit tendrement et caressa sa joue du plat du pouce. - Bon anniversaire Even. Le jeune homme cligna des yeux deux fois, se remémorant la date d'aujourd'hui, puis sourit simplement. Il tira le plus jeune contre lui et l'entoura d'une étreinte chaleureuse. - Merci. Murmura-t'il d'une voix encore endormie. Le sourire ne quitta pas ses lèvres tout de suite, et les deux garçons restèrent là un moment, dans les bras l'un de l'autre. Isak était en train de tracer des formes aléatoires sur l'omoplate d'Even, et Even embrassait l'épaule d'Isak. - Tu étais réveillé depuis longtemps ? Ils étaient maintenant face à face, à jouer avec les cheveux l'un de l'autre. De temps en temps leurs doigts venaient se trouver. - Hm... Vingt minutes peut être, quelque chose comme ça. Enfin pas hyper longtemps quoi. Even haussa un sourcil. Il n'arrivait pas à croire que son petit ami ait pu se réveiller si tôt. - Juste pour mon anniversaire ? Isak hocha la tête et il avait l'air si fier de lui que l'ainé ne put s'empêcher de sourire. - Et c'est moi le cliché vivant ? - On est tous les deux des clichés vivants. Le couple cliché. Cette remarque les fit rire tous les deux et ils se chamaillèrent gentiment. Entre les chatouilles ou les taquineries se glissaient quelques baisers légers, des caresses plus douces. Isak voulait à tout prix qu'Even garde cet air joyeux, il l'avait trouvé tellement beau pendant son sommeil. Il aurait aimé que tous les matins soient comme celui-là, mais il finissait par comprendre que ce ne serait jamais le cas. - Tout va bien ? Isak revint à lui dans un petit "hm ?", et comprit soudainement qu'il avait arrêté de gigoter et de rigoler. - Oh, oui, je réfléchissais juste. Le plus vieux pencha la tête de côté légèrement, pas vraiment satisfait de cette réponse. - A quoi ? - A euh... J'espère juste que Eskild ne t'a pas acheté une poupée gonflable, il a émit cette possibilité l'autre fois et laisse moi te dire que je serais jaloux. Even le regarda d'un air perplexe, mais finit par rire en imaginant bien leur ami faire ce genre de cadeau. Le plus jeune soupira discrètement, au moins il avait réussi à détourner l'attention de son copain. Il ne voulait pas l'inquiéter et tout gâcher, encore moins le jour de son anniversaire. - Tu serais jaloux ? Il faudrait que je sois frustré pour que je me serve de ce genre de truc alors que je t'ai toi. Et j'ai de la chance parce que je suis loin de l'être. D'ailleurs viens ici toi ! Isak couina lorsqu'Even le tira par les hanches pour le tirer de nouveau sur le lit. - Even on a plein de choses à faire... Tenta de se plaindre le plus jeune, mais les frissons qui suivaient les baisers de son compagnon le firent rapidement changer d'avis. Il tenta néanmoins de se faire entendre, sans grand succès; - Ca peut bien attendre un peu non ? Je ne savais pas qu'on avait un emploi du temps chargé aujourd'hui. - Hmm peut être... Dépêche toi alors, sinon c'est moi qui sera frustré. Et peut être que l'emploi du temps fut un peu plus chamboulé que prévu ce matin là. Toutefois, ils étaient presque à l'heure lorsque les invités arrivèrent. Tarjei avait invité les amis proches pour l'après midi, histoire qu'ils viennent après les cours qu'eux mêmes avaient loupés, et ce soir ils pourraient aller au restaurant qu'Even choisirait. Tout ce beau monde se retrouva un peu serré dans le si petit appartement, et les meubles se retrouvèrent poussés contre les murs rapidement dans l'espoir de faire un peu plus de place. Tout le monde s'installa plus ou moins confortablement sur le sol et commencèrent à partager ce qu'ils avaient emmené. Un pique nique géante s'improvisa dans la pièce. Magnus avait apporté un Uno et Jonas son Cards Against Humanity, et les adolescents se prêtèrent vite au jeu. Bientôt, l'appartement n'étais que cris et bousculade. Vint l'heure du gâteau et des cadeaux, et malgré l'allure ratée dudit gâteau qu'Isak tenta de défendre tant bien que mal, celui-ci était meilleur qu'il en avait l'air. Eskild n'offrit pas de poupée gonflable à Even, mais rit de bon coeur lorsque le jeune homme lui fit la remarque. - La prochaine fois je n'hésiterais pas... C'est qui le prochain anniversaire sur la liste ? S'écria Elskild, qui récolta de nouveaux cris en guise de réponse. - Alors, tu as un cadeau préféré ? - Ca se fait pas de choisir un cadeau préféré ! - Allez on en a tous un... Vas y Even, choisis ! Le blond réfléchit un instant puis se tourna vers son petit ami en fronçant les sourcils. Il le regarda un moment. - Je ne peux pas choisir, je n'ai pas eu le cadeau d'Isak. Cette remarque déclencha un débat pour deviner le cadeau qu'Isak allait donc lui offrir, en passant par des propositions douteuses bien évidemment. Jonas se fit lyncher puisqu'il était le seul à être au courant, et tenta de se défendre en expliquant que c'était une surprise et qu'Isak s'était donné trop de mal pour tout organiser pour qu'ils gâchent ladite surprise. L'après midi passa incroyablement vite aux yeux de toute le monde, preuve d'une bonne entente et d'un bon moment passé tous ensemble. Les invités laissèrent les amoureux seuls en souhaitant une nouvelle fois un bon anniversaire à Even. Magnus leur suggéra de ne pas casser le lit ce soir là ce qui lui valu un doigt d'honneur d'Isak qui lui fit la remarque qu'il ferait mieux d'y faire attention lui même. Puis, une fois seuls, ils se préparèrent tranquillement pour pouvoir sortir au restaurant. Even en avait choisi un plutôt simple et chaleureux, ce qui n'était pas étonnant venant de lui. Alors pour l'occasion, ils s'étaient fait beaux. Even s'était bien coiffé, avait revêtu sa chemise bleue foncée et sa veste en jean blanche. Ses yeux brillaient d'excitation, d'impatience, et de joie. Il avait ensuite opté pour un jean bleu foncé lui aussi tout simple. Il aida Isak à boutonner sa chemise blanche, et il se fit la réflexion qu'il aurait hâte de la lui retirer un peu plus tard dans la soirée. Il le voyait déjà avec les cheveux en bataille et sa fameuse chemise à moitié ouverte, un peu éméché à cause de quelques verres de vins ou d'il ne savait quoi, à lui dit qu'il avait beaucoup trop chaud mais qu'il voudrait bien brûler si c'était Even qui l'y aidait. - Bébé ? Ici la terre ? - Hein ? Fit le blond en clignant des yeux. - Tu étais parti loin, ça va là avec cette veste ? Il jeta un oeil à la tenue de son petit ami et attarda un peu son regard sur ses hanches et ses lèvres. - Ouais tu es parfait. - Sûr ? T'as pas l'air de bien être présent là . Even lui sourit et le tira à lui. - Désolé je réfléchissait, oui ça m'arrive je sais... - Ca devait être très important pour que tu réfléchisse à ce point. Rit tendrement Isak. - Ca l'était. - Tu veux me partager ta réflexion ? - C'est pas ma réflexion qu'on va partager, c'est le lit après le resto si tu vois ce que je veux dire. Cela eut le don de faire rire le plus jeune qui le repoussa gentiment. - Oui alors comme tu dis, après le resto sinon on ne mangera jamais ! C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent à une table décorée dans les mêmes tons marrons et verts clair que le reste de la pièce. Quelques cadres étaient accrochés aux murs, des lampes à l'intensité modérée éclairaient agréablement la pièce. - Si la bouffe est aussi bonne que la déco est belle, on sera bien tombés. Fit remarquer Even. Le plus jeune acquiesça en tripotant la serviette pliée sur son assiette. - C'est chouette en effet. On leur apporta le menu et ils choisirent assez facilement leur repas, même si tout les tentait un peu. On leur apporta des amuses bouches le temps que l'entrée n'arrive et ils discutèrent un peu de leur journée, du lycée, du travail d'Even et de ses études aussi. Quand vint le dessert et qu'Isak sorti une bougie pour la planter sur les profiteroles qu'ils partageaient -le repas ayant été copieux- avant de se mettre à chanter, les regards se tournèrent vers eux. Au final toute la salle chanta en coeur jusqu'à ce qu'il souffle sa bougie, après avoir fait son voeu bien évidemment. Il avait souhaité ne jamais blesser Isak ou ses amis, et que peut être sa maladie s'améliorerait. Il remercia toutes les personne en levant son verre et en souriant, tout simplement heureux en cet instant. Isak le bouffait du regard, les yeux rivés sur le sourire de son petit ami, sur son visage illuminé, sur ses traits éclatants de joie. Lui avait un grand sourire niais. Il tenta de se souvenir de chaque détail, chaque sensation. Ainsi il pourrait se souvenir de ce moment là pour les jours moins heureux. Il prit une photo de son Even flamboyant. Il lui vola également un baiser avant qu'ils ne commencent à manger leur dessert. La question ne tarda pas vraiment, comme il s'y était attendu. - Mais du coup... C'est ça mon cadeau ou j'en ai un autre ? - Non il y en a un autre. Even lui fit implicitement comprendre qu'il attendait la suite d'un léger froncement de sourcil rieur. - Il est dans ta poche de veste. L'ainé haussa les sourcils cette fois. Il rit un peu et secoua la tête. - Tu veux dire que je l'ai depuis tout ce temps ? - Je ne sais pas, regarde ? Il plongea donc sa main dans sa poche, de laquelle il sorti un papier plié en deux et une enveloppe. Il jeta un oeil à Isak pour savoir par quoi il devait commencer, et celui-ci lui pointa le papier. Even découvrit un dessin comme il en faisait encore de temps en temps au plus jeune. Il sourit en voyant que ce dernier s'était donné du mal à dessiner un avion et leur deux visages. - On va quelque part ? - Je ne sais pas ouvre l'enveloppe ? Il s'exécuta et sourit sincèrement en y trouvant deux billets pour New York. - Je me suis dit qu'on pourrait enfin réaliser ton rêve ? Even fixa un moment les billets et finit par se lever pour venir le prendre dans ses bras. Il le serra fort. Quelques petits "ow..." attendris se firent entendre, et Even finit par regagner sa place. Il regarda à nouveau les billets d'avion et serra fort sa main. En ressortant du restaurant, il n'avait plus que ça en tête. Il avait déjà envie d'être à la fin de la semaine et de s'envoler de l'autre côté de la planète. Il se voyait déjà au milieu des grattes ciel et des New Yorkais occupés. Et Isak ne pouvait décrocher ses yeux de son visage si souriant qu'il aurait pu illuminer toute la rue. - On a un programme ? Demanda t'il soudainement. - J'ai regardé un peu, il y a des programmes selon le nombre de jour sur internet, mais on peut bouger ça un peu. - C'est une bonne idée ! J'ai hâte ! - Je vois ça. Rit le plus jeune, la bonne humeur de son petit ami était contagieuse. Une fois rentrés à la maison, Even se rua sur l'ordinateur pour regarder tout ça, il était déjà en train d'écrire tous les programmes qu'il trouvait, de marquer en gros ce qu'il voulait absolument voir. Isak le regarda faire en souriant doucement, amusé. Il aurait aimé que la vie soit toujours aussi bonne. - Mais d'ailleurs... Even le coupa soudainement dans ses pensées, il releva les yeux vers lui. - On va loger où ? Tu as du dépenser toutes nos économies ! - Tes parents nous payent l'airbnb bébé, et un peu du reste des dépenses. Tu leur dira merci sinon ça aurait été beaucoup plus court. Rit il. Even sourit un peu plus, si toutefois cela était possible, et gribouilla à nouveau vigoureusement sur la feuille. - Ca te va si on commence par Broadway et les alentours ? - On commence par où tu veux Ev, c'est ton voyage. - Mais et toi ? - Moi je te suis, tant que tu gardes ce sourire ça me va parfaitement. - Alors tu me laisses tout planifier ? - Oui, si tu veux bébé, fais toi plaisir. Enfin pas non plsu dans la démesure, il faut que ce soit faisable. - Oui bien sûr ! Oh et puis je veux vraiment qu'on pique nique à Central Park et qu'on filme tout. Oh et puis je veux faire un album photo ou alors un carnet de voyage. Cela fit rire Isak qui le trouva adorable. Le voir se démener ainsi sans pour autant que la maladie n'en soit l'origine avait quelque chose de pur à regarder. Finalement, Even passa encore une bonne partie de la soirée et de la nuit à ajuster leur semaine New Yorkaise, le tout organisé jour par jour. Et ce jusqu'à ce qu'Isak ne finisse par le tirer presque de force au lit.
2
Mardi 23 janvier 2018. - Tu vois, commencer une nouvelle année, c'est comme écrire un nouveau chapitre. - Tu trouves ? - Ouais, tu prends des bonnes résolutions- - Que tu ne suis pas... - Laisses moi finir ! Donc tu prends de bonnes résolutions, tu commences une nouvelle année, c'est un peu comme un nouveau départ. C'est comme une ardoise. Tu effaces tout et tu recommences, en essayant de ne garder que le meilleur. - Je vois pas ça comme ça. Isak le regarda, l'incitant à lui expliquer son raisonnement. - Pour moi, on efface pas les choses aussi facilement. On peut pas tout oublier. Alors je vois pas ça comme une ardoise. Plutôt comme une page qui se tourne, mais on peut quand même lire ce qu'il s'est passé avant. Bon ou mauvais. On peut pas s'en sortir si facilement, en oubliant le mauvais, en ne gardant que le bon, ce serait trop simple. Ça te reviens forcément la gueule un jour ou l'autre. Tu payeras toujours de tes erreurs. - C'est nul de penser comme ça, c'est hyper pessimiste... - C'est utopiste de penser que les gens oublient si facilement. On est toujours un minimum rancunier. Et puis si le karma existe, ça illustre très bien la chose. - Mais les gens peuvent pardonner. - Ouais, mais c'est pas pour cette raison qu'ils oublient. Ils ajoutent juste, ils repassent par dessus. Mais rien ne les empêche de se rappeler. Isak pinça les lèvres d'un air grognon. - Quoi ? Me regarde pas comme ça... - Je te regarde comment ? - Comme si tu étais jaloux parce que j'ai toujours raison. - C'est même pas vrai, J'AI toujours raison ! - C'est ça, c'est ça... Rit Even pour le taquiner. Isak râla un peu et lui planta le bout du pied dans les reins pour l'embêter. - Hé ! Tu veux jouer à ça ? T'en es certain ? Tu vas regretter ! Even sauta sur ses pieds et se rua sur lui pour le chatouiller. Isak se tortilla entre ses mains et tenta de répliquer mais il riait déjà trop, et le plus vieux trouva cela adorable. Ils se chamaillèrent un moment, chahutant sur le lit, et peut être que plusieurs critères étaient réunis pour qu'ils se retrouvent à moitié nu en si peu de temps. Après tout ils étaient jeunes, fougueux, amoureux, rajoutons à cela les hormones... L'inévitable se produisit forcément. Isak sourit un peu avec cet air coquin qui faisait perdre la tête à son petit ami à chaque fois, et celui-ci lui rendit un regard brûlant en échange. L'ainé commença par l'embrasser un peu partout puis protesta. - Arrête de gigoter comme ça. - Je peux pas tu me chatouilles... - Tu es incroyable. - Hé c'est ta faute aussi... - Ma faute ? Tu vas voir ce qui va être ma faute... Cela fit rire Isak qui leva les yeux au ciel - C'est ça montre moi... Even lui sourit et caressa sa peau à nouveau. Ses lèvres se baladaient par-ci par-là, faisant frissonner Isak sur leur passage. Ce dernier ne le quitta pas des yeux et glissa sa main dans ses cheveux. Ils finirent par se câliner tous les deux avec une certaine douceur et Even le prépara avec une patience incomparable, ce qui embêtait un peu le plus jeune qui, lui, aurait bien voulu passer à la vitesse supérieure plus rapidement. Heureusement pour lui, l'ainé lui fit bientôt trop de bien pour qu'il arrête de penser et il se laissa aller dans ses bras. Ils jouirent tous les deux dans un entremêlement de soupirs et caresses, et c'était si doux qu'Even se dit qu'il allait probablement mourir d'amour sur place. Existait-il meilleur moyen de décompresser de sa journée ? - J'ai déjà arrêté de tenir la moitié de mes résolutions tu vois... Murmura enfin Isak. Even, qui jouait avec ses doigts leva les yeux vers lui. - Hm ? Lesquelles ? Demanda t'il d'une voix un peu rauque. - Ben déjà, j'avais dit pas trop de baise. - Quel intérêt ? - On fait ça tout le temps ? Ça m'empêche de réviser. - Ouais mais c'est anti-stress et ça te fait faire du sport. Isak pinça les lèvres un instant et haussa les épaules. - Ouais t'as raison, c'était une résolution de merde, je peux pas ne pas baiser, surtout avec toi. Even rit doucement et secoua la tête. - Heureusement que je suis là pour te remettre dans le droit chemin ! Alors qu'elles sont les autres ? - Hm réviser, chercher quoi faire l'an prochain... Ce genre de truc chiant. L'ainé caressa sa joue en souriant. - Ça c'est pas une histoire de résolution. C'est plutôt de la motivation, quand tu auras trouvé tu le feras sans te forcer. Enfin moins en tout cas. Isak le regarda et réfléchit un peu. - Tu parles comme un père de famille. L'ainé prit un air faussement offusqué. - Mais c'est la vérité ! C'est juste que là tu sais pas ce que tu veux faire donc tu trouves ça chiant. - Ouais sûrement, mais comme tout le monde quoi. - Oui, donc j'ai raison, encore une fois. Isak lui tira la langue et ils se chamaillèrent à nouveau jusqu'à ce qu'ils soient forcés par leurs estomacs à se lever faire à manger.
1
Lundi 1er janvier 2018. La musique était forte dans la maison. Les jeunes gens ne pouvaient pas louper un événement tel que le nouvel an. Eva avait pu réquisitionner la maison étant donné l'absence de sa mère, et tout semblait bien mieux se passer que lors de la dernière fête qu'ils avaient organisé ici. Déjà, ils se connaissaient et s'appréciaient tous. Ils avaient tous insisté pour faire cela en comité plutôt réduit, et par plutôt réduit cela voulait dire le groupe des garçons, celui des filles, la kollektivitet, et les quelques personnes qu'ils avaient intégré au fil du temps. Pour situer un peu plus la chose, les filles étaient en train de danser sur la playlist confectionnée avec soin par Esklid, qui était pour sa part en train de parler de l'un de ses cadeaux de noel à Magnus et Mahdi avec cette excitation qui lui était propre. William regardait distraitement les filles danser, assit sur le canapé avec une bière à la main, tandis que PChris et Emma étaient en pleine séance de nettoyage de bouche commun juste à côté de lui. Jonas quand à lui tentait de gérer tant bien que mal Eva, qui était inévitablement déjà torchée. Linn quant à elle se tenait dans un coin stratégique de la pièce et observait tout ce petit monde. Lorsque Vilde s'écria que le compte à rebours allait commencer, tous se ruèrent vers le centre de la pièce pour entamer le décompte... Tous excepté Isak, qui semblait trouver bien plus intéressant de se tortiller à cheval sur les genoux d'Even et de l'embrasser avec fougue et passion. - Bébé on va louper la nouvelle année. - On a 365 jours pour ne pas la louper... Le contra Isak d'un ton bourru. - On a aussi toute l'année pour faire ça. Sourit Even. - Oui mais on a pas tout le temps envie et là j'ai envie. - T'as trop bu encore une fois... Se moqua gentiment l'ainé. - Tais-toi, c'est toi qui a dit que tu voulais bien vivre au jour le jour... Râla à nouveau le plus jeune avant de reprendre sa session embrassade afin d'empêcher Even de répondre. Le reste du groupe pendant ce temps débutait les dix dernières secondes de l'année, avant de tous hurler et se sauter dessus pour souhaiter le meilleur à l'un ou à l'autre. Even avait fini par forcer son petit ami boudeur à saluer eux aussi tout le monde. La fête reprit là où ils l'avaient laissée. Alors que les garçons jouaient de nouveau à des jeux d'alcool, et que les filles débattaient sur l'origine du nouvel an et le fait que certaines fêtes existaient depuis longtemps ou différaient selon les cultures, Isak tentait toujours d'obtenir l'attention de son petit ami qui essayait de discuter avec Linn. - Eeev... - ... Mais du coup peut être qu'on pourrait voir ça en... - Eeeev.... - ... Passant par le... - Eeeeeev.... S'impatienta le plus jeune, ce qui fit s'interrompre Even. - Quoi ? Je discute bébé, c'est pas très poli surtout pour Linn. Isak fit la moue et finit par aller rejoindre son meilleur ami. Peut être que lui voudrait bien s'occuper de lui. - Jonaaaaas... Marmona-t'il en arrivant dans son dos. Il passa ses bras autour de ses épaules et resta pendu là un petit moment avant de se bouger un peu et jeter un oeil à leur partie de cartes. - T'as perdu Jo-Jo. - Merci de me le rappeler Is, si ça se trouve c'est toi qui me porte la poisse. - C'est méchant... Se plaignit il en même temps que les huées des autres garçons. - T'auras déjà oublié dès demain. - Pf n'importe quoi... Vous êtes tous méchant ce soir... - Il a raison t'es carrément bourré. Ajouta Magnus. - Merci voix de la raison. Ironisa Isak. Magnus lui fit un grand sourire et lui proposa de jouer la prochaine manche avec eux, mais le garçon refusa. Il se fit évidemment charrier pour ça. Après quelques autres heures plus ou moins mouvementées, quelques derniers verres et fringales nocturnes, les adolescents commencèrent un à un à tomber de sommeil. Chacun trouva sa place sur un coin de matelas gonflés pour l'occasion, ou sur le canapé en se serrant un peu. Isak était blotti dans les bras de son petit ami, son taux d'alcool redescendant doucement. Il était tellement bien là, Even dans son dos, emmitouflé dans une couverture, non loin de la cheminée dans laquelle crépitait le feu dans lequel Eva venait de remettre du bois. Il planait totalement. Il se fit la réflexion philosohique que parfois, le bonheur ce n'était pas grand chose. - Tu dors ? Murmura t'il à l'intention de son petit ami. - Non non. - Tu trouves pas que les flammes font une forme de coeur ? - T'es carrément niais Isak. - Mais... Se plaignit il. - Mais tu as raison, ça fait un peu un coeur. - Ah voilà. Un grognement à leur droite les fit taire. Il serra doucement la main d'Even dans la sienne et sourit légèrement. Cette année allait bien se passer. Il l'espérait. Il avait un bon pressentiment. Les mouvements des flammes les bercèrent peu à peu, leurs yeux se fermèrent lentement. Bientôt, le sommeil les attrapa eux aussi, et le calme de la pièce ne fut troublé que par des respirations emmêlées. Ils passèrent le reste de la nuit bien calés l'un contre l'autre, au chaud, et plus amoureux que jamais.
Sail
Pourquoi tu ne pars pas ? Pourquoi tu ne me laisse pas là, à moitié mort sur le sol notre chambre ? Tu vois dans quel état je suis ? Je n'ai même pas pu me trainer jusqu'à notre lit. Je n'ai plus le contrôle d'aucune de mes capacités. Je vois trouble, et je ne me sens pas bien, j'ai trop bu pour ne plus savoir ce que je fais. Et la drogue qui coule dans mes veines n'aide pas. Vas t'en avant qu'il ne soit trop tard, vas t'en sinon je vais te faire du mal. Ça n'est pas mon but mais je ne me contrôle plus. Je n'y arrive plus. Tu sais, je t'aime mais je ne peux pas te le montrer, c'est trop tard maintenant je suis allé trop loin. S'il te plait, ne me laisse pas t'atteindre plus que ce n'est déjà le cas. Je t'aime mais je ne te le dirais pas. Je te l'aurais dis, tu sais, si je n'étais pas tombé là dedans. Ça avait l'air si attrayant, je voyais les gens heureux, et on m'a dit "vas-y ! Essaye tu verras ! C'est génial ! Tu vas te sentir libre !". Je les ai crus, et maintenant, cette liberté s'est refermée sur moi. Je ne suis plus libre d'aucun mouvement, et même mes pensées se confondent. C'est trop tard. C'était déjà trop tard quand tu m'as trouvé. Je ne suis pas fais pour toi. S'il te plait sauve toi, emporte tout, et tu peux même emporter mon cœur, puisque de toutes façons, seul toi le fait encore battre. Je suis bien trop orgueilleux pour te le dire. Mais sache que chaque jour qui se lève, je pense à toi, et au plus profond de moi, je te dis que je t'aime. Mais je suis déjà en train de siffler toutes les bouteilles que tu n'as pas trouvées, le soleil n'est même pas encore complètement levé, et puis je vais dans un bar que je connais bien, où l'on me donne ce dont j'ai besoin. Pars, pars loin, loin de moi, maintenant, personne ne peut me tirer de là. Je suis trop profondément ancré dans la dépendance. C'est de la faute de ces foutues substances si je ne peux pas t'aimer comme je le devrais. Alors pourquoi tu t'accroche encore à moi ? Ça ne peut pas être uniquement l'amour, ça ne serait pas assez fort n'est-ce pas ? Laisse moi crever, laisse moi me détruire, mais ne me laisse pas te détruire avec.
Je t'en supplie de toutes les manières possibles, mais aucun mot ne dort de ma bouche, je ne sais même plus comment on parle. Mon sang me brûle, j'ai mal de ne pas pouvoir retenir plus longtemps cette haine qui commence à couler dans mes veines. Sauve toi ! S'il-te-plait sauve toi ! Je n'arrive plus à rien, je vais te faire du mal ! Cours pendant qu'il en est encore temps ! Sauve-toi, et trouve une personne mieux que moi, qui pourra t'offrir ce dont tu as besoin. Il y a forcément quelqu'un d'autre qui t'aime sur cette horrible planète. Je vois rouge, l'agressivité s'empare de moi, elle part de mon cœur, et se propage dans tout mon organisme, propulsée à la vitesse de l'alcool et des drogues que j'ai pris ce matin, ce midi, ce soir, tout le temps. Je ne sais même plus combien de doses. Je hais le monte entier, je hais notre civilisation, je hais tout ce qui m'entoure. Je hais la façon dont notre planète est agencée, et je déteste avoir l'air de cette petite marionnette dont on tire les ficelles. Tire toi, je ne veux pas t'atteindre, je ne veux pas te faire du mal physique en plus de celui moral que je suis pratiquement sûr que tu subis à cause de moi. Je ne veux pas tâcher tes belles ailes blanches qui sont cachées derrière ton dos, et que même toi tu ne vois pas. Pourquoi sommes nous destinés à vivre ça ? Etait-il écrit sur les lignes que je n'aurais pas le droit de t'aimer ? C'est tellement cruel. Pourquoi n'avons-nous pas le droit de nous aimer ? Nous sommes deux hommes, et on nous rejette pour ça. Mais nous n'avons rien demandé, ça nous est tombé dessus, et nous ne savions pas que cela pouvait être aussi fort. Si seulement tu pouvais remplacer mon sang pourrit par ton amour. Mais c'est impossible, il en faudrait beaucoup trop, et même si tu m'aimes, personne ne peut m'aimer à ce point là. Parce que je suis une raclure qui mérite ce qui lui arrive. Mais toi, toi tu ne mérites pas cela. Tu ne mérite pas ce que je te fais subir. Et je ne mérite pas ton amour. Je sais très bien que tes proches t'ont déjà dit que je n'en valais pas la peine. Oh crois moi je les ai entendu. Mais écoutes-les bordel, barre toi ! Ne fais pas comme moi, suis leurs conseils, casses toi d'ici, et laisse moi crever. Moi je n'ai pas écouté mes amis quand ils m'ont dit que j'allais finir un vieil alcoolique drogué. Ils avaient raisons. Alors écoutes les tiens, tire toi avant que toute ma haine envers le monde qui nous entoure ne se retourne contre toi. Je hais tout le monde, mais toi je t'aime. Tu es le dernier à qui j'aimerais léguer tout le reste de mes sentiments de joie et de bonheur. Parce qu'il n'y a que toi qui me retiens encore dans ce monde. Je me serais déjà fini, avec une overdose, si tu n'avais pas débarqué dans ma vie. Du moins, ma piteuse existence. Je ne sais pas si je dois te remercier pour ça, car tu m'as laissé apercevoir une lueur d'espoir. Mais je ne la vois plus. Personne ne peut me sauver. Vas-t'en... Je t'en prie... Il n'y a plus d'espoir pour moi. Ma vie a été tracée pour que je finisse comme ça. Tu ne le vois pas ?
Et je te vois, là, dans l'encadrement de la porte. Tu me regarde, je suis avachi à même le sol, je n'ai aucune contenance. Rien. Je ne suis qu'une loque prête à aller à la poubelle. Je dois puer l'alcool à des kilomètres. Et je te regarde aussi, tu es une masse floue. Et sombre. Mais je connais tes traits par cœur. Pourquoi tu es aussi beau ? Tu veux me faire souffrir un peu plus, c'est ça ? En fait tu es là, depuis le début, dans le but de rendre ma survie plus difficile ? Tu n'es qu'un sale connard, même toi tu es du coté de ceux qui haïssent les gens comme moi. Allez avoue-le. Tu t'es pointé comme ça, avec ta belle gueule d'ange, tu m'as montré cette lueur, en me disant que je pouvais m'en sortir, tu m'as fais croire que tu m'aimais, pour que finalement, tu me laisse retomber comme une merde que je suis déjà. Tu es là pour m'achever n'est-ce pas ? Regarde, il ne me reste qu'une infime part de lucidité. La haine est déjà trop répandue, mes pensées vont être dictées par elle, et je vais finir par te faire du mal. Sauve toi, arrête de me regarder comme ça, tu vois bien que c'est trop tard. Non ! Ne t'approche pas ! Que fais-tu malheureux ! Je vais te détruire ! Repars ! Ne reviens plus jamais ! Arrête ! Non ! Pourquoi tu te penches sur moi ? Pourquoi ton visage s'approche inexorablement du mien ? Ne fais pas ça... Je vais te briser... Pars... Enlève tes lèvres des miennes, et tes mains de mes joues. Pourquoi tu pleure ? Je ne veux pas que tu pleure. Le flou se dissipe un peu. Qu'est-ce que tu as dans la main ? Ce sont des piqures ? Il y a quoi dedans ? Tes yeux sont tellement clairs. Ça fait tellement longtemps que je ne les avais pas vus si clairement. Et ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas plongé dedans. Ça fait du bien tu sais. Je vois ta bouche qui s'ouvre, et finalement, tu te penche un peu plus vers moi, et je sens ton corps contre le mien, et à mon oreille, j'entends ta voix. Claire, pas vraiment déformée pour une fois. "Laisse-moi nous laisser une chance de nous aimer pour l'éternité" Tu me murmure cela à l'oreille. J'ai peur. Qu'est-ce que tu es sur le point de faire ? Ces piqures, ce ne sont pas des piqures de drogue, ni de médicament n'est-ce pas ? Tu veux nous entrainer tout droit dans un nouveau monde ? Un monde ou nous pourrons être ensemble pour toujours ? Ne me laisse pas. Je veux rester avec toi. S'il te plait, ne m'abandonne pas. Promet moi que tu dis vrai. Tu enfonce l'aiguille dans ma peau, je ne sens rien. Et puis tu appuie sur le piston. Tu fais pareil pour toi-même. Je sens une sorte de liquide gelé dans mon bras, au niveau de là où tu m'as piqué. Il remonte lentement, terriblement lentement le long de ma veine. Attends. J'ai peur. Mais c'est trop tard pour faire demi-tour non ? Tu t'es couché sur moi, et tu as caché ta tête dans mon cou. Toi aussi tu as peur ? "Désolé. J'espère qu'on va se retrouver très vite." Ta respiration s'écrase contre mon cou. Et tu sanglote doucement. Dis-moi que ça va bien se passer... Je sens cette substance glacée au niveau de mon épaule maintenant. J'ai vraiment peur. Ça va faire mal ? Je referme mon bras sur ton petit corps, je sens ton cœur battre tout contre le mien. Et de mon autre main, j'attrape la tienne. J'ai besoin de te le dire. Maintenant. Avant que nous ne nous éteignions pour toujours. "Je t'aime" Ça n'était qu'un murmure, mais tu l'as entendu. Alors tu te redresse, et tu viens m'embrasser, encore. Et je te rends ce baiser, avec tout l'amour qui me reste. Et je me sens partir. La force avec laquelle tu serais ma main s'amoindrit. Et je sais que tu t'en vas aussi.
Finalement, tu vas partir. Et tu vas m'emmener avec toi. Nous allons partir à deux. Promet moi de ne pas me laisser faire la même connerie. Je veux rester avec toi pour l'éternité.