Du vrac, du partage et des bonnes idées !
Julie Vandard, Laval (Mayenne)
Innovation et aide pour les consommateurs. Développer les étiquettes intelligentes
Face aux DLC, il serait bon d'aider le consommateur. Notamment ceux qui jettent dès que la date est dépassée, sans même ouvrir la barquette pour vérifier (c'est pourtant pas compliqué !) Si mon steak haché a une DLC au 15, les germes n'attaquent pas à minuit le 16 ! Une étiquette qui dirait si le produit est encore consommable ou pas, ce serait bien.
Il existe plusieurs systèmes. Dans le film Food Savers, il me semble que certaines étiquettes étaient testées en Europe.
Un article : comment les emballages peuvent être utiles pour lutter contre le gaspillage alimentaire
Une étiquette à base de gélatine (en anglais) qui réagit comme la nourriture. (ma préférée)
Une note de tout ce qui peut exister comme systèmes d'emballages intelligents. (la note date de 2005)
Je recommande aussi l'excellente émission d'Arte Future Mag sur le gaspillage.
L'important étant que ce soit facile pour le consommateur. Et de faire de la pédagogie. Sinon ça ne marchera pas.
DLUO : ce nom me donne des boutons !
Je ne suis pas fan de "à consommer de préférence avant" : il y a "consommer" : qui dit "mangez-le", et "de préférence" qui sous-entend : après on ne sait pas trop ce que ça va devenir.
La formule "meilleur avant" est plus simple. Mais là encore, on ne sait pas ce qui se passe après. Est-ce qu'on pourrait envisager un "meilleur avant, toujours bon après" ? ou quelque chose dans le même esprit.
Là aussi, beaucoup de pédagogie à faire pour expliquer que même à date dépassée, c'est toujours bon. Il y a un énorme manque de compréhension de cette DLUO de la part des consommateurs.
Encourager les bonnes pratiques : partageons la nourriture
- Food Sharing : en Allemagne. Fondé par Valentin Thurn, le réalisateur de Food Savers. ça sert à échanger de la nourriture entre particuliers. Une journaliste canadienne qui a testé résume bien la situation quand elle parle "d'outrepasser le facteur beurk". Plus largement : partager sa nourriture sur les réseaux sociaux
- Partage ton frigo Est-ce qu'il serait envisageable que des lieux publics montrent l'exemple en installant des frigos partagés ? Les universités par exemple, ou des lieux gérés par l'Etat.
- Les frigo en libre service : (l'article original... si on parle l'allemand)
Généraliser le doggy bag. Et lui trouver un autre nom que "Gourmet bag", franchement c'est moche. En plus, on peut vouloir rapporter ce qu'on a pris chez soi mais ce n'est pas forcément de la nourriture de gourmet ;-) Tout le monde connaît "doggy bag".
Mais surtout communiquer sur la législation et la responsabilité du restaurateur : une fois qu'il a donné, il n'est plus responsable. Et du consommateur : si on ramène de la nourriture du resto, ce n'est pas pour jeter, consommez rapidement, n'attendez pas que ça moisisse pour venir faire un procès au restaurateur.
Les idées comme celle du composteur sont aussi à développer !
Et les « cafés sociaux » du projet « Real junk food » initié par Adam Smith en Angleterre : un café où l’on cuisine des invendus, et où l’on paie ce qu’on veut, ce qu’on peut. Si on ne peut pas payer, on donne un coup de main au service ou à la plonge.
Généraliser les "gâchis pain" ou autres moyens de montrer le gâchis. Exemple dans ce restaurant scolaire en communiquant les chiffres de ce qui est gaspillé et en donnant des équivalents (X g de pains gâchés c'est l'équivalent de X euros donc de X paquets de bonbons). C'est assez simple à mettre en place, et ça marque les esprits, c'est efficace.
S'inspirer des expériences menées. J'ai lu que dans un établissement on s'est rendu compte que mettre le pain en bout de chaine (au self) réduit le gaspillage : on se sert d'abord côté plats, et si besoin à la fin on prend du pain. Et pas l'inverse, sinon on prend trop de pain, et on gaspille.
En milieu scolaire est-ce que les plateaux ne pourraient pas être compartimentés ? pour réduire les portions ?
Trouver aussi un système qui permettent aux élèves qui ne mangent pas leur dessert par exemple de l'emmener pour le manger plus tard ? Quand j'étais jeune, quand je n'avais pas envie de manger les desserts emballés (gâteaux) au déjeuner, je les gardais pour un autre moment dans l'après-midi.
Facile pour les choses emballées mais plus difficile pour le reste.
-Travailler pendant les TAP avec les enfants. Les faire participer aux recettes, les emmener voir comment les aliments sont produits. Leur montrer qu'on peut cuisiner les restes etc.
- Apprendre à décrypter les étiquettes : pour connaître la différences entre la DLC et la DLUO. Pour qu'ils apprennent aussi à lire la composition des aliments. En biologie je me souviens avoir appris les lipides, les glucides et les protides. Franchement je ne me souviens de rien. Apprendre aussi les équivalences alimentaires. Donner les clés. Ensuite chacun est libre de ses choix.
- Utiliser la semaine du goût : soyons honnête, mon seul souvenir de la semaine du goût c'est un petit déjeuner une fois par an à la cantine avec tout le lycée. Super on ne va pas en cours, on mange et on est avec les copains. Mais je n'ai rien retenu. Il y a surement des choses à faire dans ce domaine.
Encourager le vrac. Les gens se sont mis aux sacs à ramener, ils peuvent se mettre au vrac avec contenant à ramener comme dans ce supermarché allemand.
La partie sur l'expérience allemande sans emballage c'est ça dont je parle.
Il y a aussi d'autres formes de supermarchés dans l'article, et là aussi : le supermarché circulaire, et les super qui vendent les périmés (on en revient à la fameuse DLUO). Je ne savais pas que c'était possible, mais je trouve ça carrément bien.
Encourager les initiatives comme Zéro Gâchis, les légumes moches, même si dans l'idéal il serait bon d'en revenir à un système qui ne calibrerait pas autant, et que les consommateurs prennent conscience qu'ils gaspillent en n'achetant que sur des critères esthétiques.
Une fois n'est pas coutume : j'aime bien l'idée des dosettes, mais évidemment pas sur tous les produits évidemment. J'ai lu qu'une coop a sorti une dose de farine à utiliser pour ne faire qu'un gâteau. Bonne idée... Sauf pour les déchets. Je suis contre les produits suremballés, mais pour des produits dont on ne se sert pas souvent, ça peut être une bonne chose. Même si le vrac c'est encore mieux !
Supermarché / Production / Emploi : Mc cain, les patates, les soupes et l'emploi. A lire là aussi, j'aime bien l'idée.
Rassembler les infos et les mettre à dispo de tout le monde
L'idée serait d'avoir un site internet / une appli, pour rassembler toutes les infos sur le gaspillage. J'ai été voir sur gaspillagealimentaire.fr mais on arrive sur le site alimentation du ministère. Je comprends que les deux sont liés mais je parle d'un site spécifique sur le gaspillage.
Pas uniquement pour communiquer au grand public. Mais aussi pour
- faire un lieu virtuel de ressources : expériences menées, résultats, etc. Imaginons un restaurant d'entreprise qui voudrait agir : il trouverait les expériences menées dans la restauration scolaire et pourrait s'en inspirer pour adapter ce qui lui conviendrait le mieux.
- Mettre à dispo toutes les études (Ademe etc.), faire le suivi des actions en cours (Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire)
- Et faire un endroit qui rassemblerait toutes les initiatives : Disco Soupe, Partage ton frigo, Disco boco, les applis anti gaspi comme Freedge ou Checkfood, Optimiam etc., qui ferait la liste de ce qui existe. (sachant que les initiatives/projets pourraient demander à figurer sur ce site) pour que les consommateurs puissent facilement retrouver toutes les infos à un seul endroit.
On pourrait imaginer une carte par exemple avec toutes les initiatives qui existent. Il y a une carte qui existe mais uniquement pour Falling Fruit
L'idée ce serait de dire : si une initiative est sur ce site, elle a été validée, elle est en quelque sorte « labellisée », allez-y vous pouvez avoir confiance. ça peut aussi rejoindre le souhait du gouvernement de faire un max d'open data.
Produire selon nos besoins
Sur les questions agricoles, agroalimentaires, il faut faciliter les dons en bout de chaine aux associations, mais aussi et surtout s'interroger sur notre manière de produire, notre manière de gérer les stock etc. Si j'en juge par les chiffres de Disco Soupe on n'a pas besoin de produire plus, on produit et on jette trop. Il faut produire mieux et arrêter de produire plus que ce dont on a besoin. On va être plus nombreux sur Terre d'ici quelques années, donc je n'ose imaginer les conséquences si on se mettait à produire plus que nos besoins pour encore plus de personnes.
J'en profite aussi pour parler de la plainte contre les Gars'pilleurs : ils sauvent plusieurs tonnes de denrées encore consommables, jetées alors qu’elles sont encore bonnes ! Je trouve dingue qu'on en vienne à leur coller un procès pour vol de denrées périmées qui étaient à la poubelle !
Dans le même genre, Rob Greenfield a parcouru les USA à vélo pour montrer le gaspillage. Les photos parlent d'elles-mêmes.
Si je devais résumer pour moi il est important de bien communiquer pour expliquer, faire de la pédagogie.
Trouver des solutions pratiques et faciles. D’encourager ce qui existe déjà et le valoriser.
Et faire participer les gens : on le voit avec les Disco Soupes, tout le monde est ravi de participer.