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Je disparais
Mahahual, Mexique en 2014 (by Félix le Masne)
avec un bouton de moustique dans le cou
Quand j'suis arrivé sur la plage au petit matin avec mon surf sous le bras, y avait une fille qui était déjà là, qui fixait l'horizon. J'étais surpris, normalement j'suis toujours tout seul. Et j'te jure mec, tu l'aurais vu. Elle était dans un sale état. Elle était pieds nus, elle portait une robe blanche à moitié transparente qui lui collait à la peau, elle avait du sable partout sur le corps, des grosses cernes sous les yeux, les lèvres gercées, les cheveux emmêlés par la houle et collés sur ses joues creuses. Elle était vraiment pas belle à voir. J'sais pas ce qu'elle foutait là à six heures du mat, elle avait l'air complètement perdue, elle avait probablement passé la nuit ici, fin j'en sais rien, j'comprenais pas ce que pouvait bien faire une gamine ici aussi tôt. J'savais pas trop si j'devais aller lui parler ou pas, puis tu comprends c'était pas vraiment mes affaires. Elle avait l'air assez jeune, pt'être dans les dix huit ans, ou un peu moins. Elle avait aussi l'air tellement triste pour ses dix huit ans, tellement mal. Elle faisait peine à voir. Quand j'me suis retrouvé à sa hauteur elle s'est tournée lentement vers moi. C'est là que j'ai pu voir l'état de ses lèvres, mais ce sont surtout ses yeux qui m'ont frappés en premier. Des yeux plus bleus que l'océan. Tu vois la couleur de l'eau au petit matin, quand le jour s'lève à peine ? Ben c'était exactement la même couleur. D'un bleu foncé, pur, profond, pénétrant. Ouais, c'était exactement ça, pénétrant. Tu t'perdais dedans, un truc de malade. Ils m'attiraient autant qu'la mer, ils étaient tout aussi captivants et ils avaient la même lueur dangereuse et indomptable. C'est super cliché ce que j'te raconte là, mais j'te promets ils te transperçaient, t'avais l'impression qu'ils sondaient ton âme. J'sais pas combien de temps j'suis resté là à la regarder comme un idiot, incapable de bouger. Mon cerveau était comme en bug tu vois, j'étais pas en mesure de réfléchir, de commander à mes membres d'avancer. J'pouvais juste la dévisager, la bouche entrouverte. On est resté immobiles à s'regarder dans le blanc des yeux pendant un bon bout d'temps, et j'aurais pu continuer encore longtemps si elle avait pas explosé de rire d'un seul coup. Et son rire mec, son rire. La plus belle chose que j'ai jamais entendu. Il t'faisait l'effet d'une claque dans la figure, d'un coup d'fouet dans l'dos, d'un coup d'pied au cul. J'avais jamais entendu un truc pareil de ma vie, c'était le truc qui te retournait les tripes le cerveau tout. J'sais pas comment t'expliquer, c'est impossible t'façon. Après ça j'savais plus ce que j'étais venu foutre sur cette plage. Puis elle s'est détournée, et elle avait pas l'air d'avoir trop envie d'me parler, alors j'ai tant bien que mal repris mes esprits et mon surf, reconnecté mon cerveau à mes membres puis j'me suis enfoncé dans l'eau et j'ai nagé jusqu'aux vagues. Quand j'me suis retourné pour voir si elle m'observait ou pas, elle avait disparu. Comme ça, en moins de cinq minutes elle s'était volatilisée, et je l'ai jamais revue. J'y retourne tous les matins sur cette foutue plage, mais j'suis à nouveau tout seul. Ça fait deux ans maintenant, et j'me demande toujours ce qu'elle est devenue.
ouragandsentiments (via ouragandsentiments)
T'es fanée ma pauvre. Tu es laide. Regarde ton teint blafard. Ton rouge vulgaire. Tes yeux froids comme la glace. Et pire que tout : tu es stupidement normale. Comme les autres. Tu me dégoûte !! Tu es fausse. Tu te donnes des airs supérieurs mais tu es inférieure parce que bête et méchante. Tu te donnes des airs d'artiste mais tu n'es que fausseté. Saleté. Naturelle de mon cul ! Ah mais je ris ! Quand l'hôpital se fout de la Charité. Avant de critiquer regarde si tu es exempte de critiques.
Message en provenance de https://romantique-lunatique.tumblr.com/
Je ne répondrai pas à ce message. Il ne m’atteint pas. Néanmoins, je me sens concernée en tant que femme par ce que je viens de lire.
L’histoire ? Cet homme est revenu me parler après plus d’un an de silence. Je l’ai toujours trouvé étrange, gênant, parce que trop lunatique ou négatif. Je n’aime pas les gens négatifs, c’est mon choix. Là n’est pas la question. Par respect, et parce que je n’aime pas me fixer sur un avis peut-être trop hâtif, j’ai décidé de lui accorder une seconde chance, me disant que je l’avais certainement mal jugé, et qu’il avait peut-être, lui aussi, changé.
Malheureusement, mon ressenti fut le même : je fus victime d’un malaise immense. J’étais mal à l’aise face à ce changement de personnalité, face à cet état lunatique qui déstabilise et qui donne l’impression de parler à une toute autre personne. Ce manque de naturel. Ne le supportant plus, et voulant être honnête (car c’est un de mes principes), je lui ai fait comprendre, certes, peut-être un peu trop brutalement, que je ne souhaitais plus lui parler, car j’étais mal à l’aise et que je ne désirais pas le connaître, ou “explorer en profondeur” les “choses” en sa compagnie.
La réponse fut la suivante : un ramassis de haine, car je lui disais non. Peut-être trop violemment, mais je suis restée correcte, et, si j’ose aller encore plus loin : je suis restée polie. Je lui ai dit respecter ses pensées, mais rester mal à l’aise ; que je souhaitais écourter notre échange. Je n’ai eu ni le temps ni la possibilité de répondre à cette violence (si évidemment il y avait quelque chose à répondre), puisque ce dernier a décidé de me bloquer.
Quelques heures plus tard, je me reconnecte sur Tumblr et je reçois ce message. Ce n’est pas seulement un message qui se veut blessant, mais un message qui se permet de me juger sur un physique. Un physique visible sur une image dimension 100x100. Un physique qui ne me définit PAS, un physique que je n’ai pas CHOISI, un physique qui n’a pas, comme tous les autres, à être CRITIQUÉ.
Et surtout, ce message critique quelque chose que l’auteur est actuellement en train de produire : juger naïvement. Juger sur une apparence, juger sur un bref échange, tout simplement parce que j’ai souhaité ne pas me LAISSER FAIRE.
J’ai 22 ans. Beaucoup ne me connaissent pas. Beaucoup ne sont pas au courant de ce que j’ai vécu. Je suis une femme blessée. Je suis une femme qui a été victime, à plusieurs reprises, de viols, et qui se bat tous les jours contre sa peur des hommes. Je suis une femme qui a tenté de mettre fin ses jours à cause de ce qu’on m’a infligé. Je suis une femme qui a été battue.
Je vis avec ce physique que je n’aime pas spécialement tous les jours. Disons qu’il y a des jours avec et des jours sans. Les gens me demandent sans cesse, ahuris : “Pourquoi n’aimes-tu pas les compliments ? Pourquoi n’aimes-tu pas ton physique ?” Mais je ne peux leur répondre tel un bonjour : “Parce que j’ai été violée à mes 17 ans et que voir mon visage, c’est comme voir mon âme, et cette âme est bousillée.”
Je me suis forgée une image que j’apprécie. Je ne suis peut-être pas la science infuse, je ne suis peut-être pas le dernier mannequin en vogue, mais tous les jours, je travaille sur ma personne, pour tenter de l’aimer un peu plus, et vous savez quoi ? Je suis fière de moi. Ce n’est pas un message de la part d’un merdeux qui va me faire pleurer, pourtant, je suis en colère. En colère qu’en ce jour, les gens se permettent encore de se baser sur un physique, sur des premières paroles, pour critiquer avec cette méchanceté gratuite que je méprise et que j’accuse ; que les gens se permettent de s’indigner et d’oser reporter la faute sur les AUTRES alors qu’ILS sont fautifs.
C’est à cause de ce genre de messages que des hommes ou des femmes finissent avec des complexes qui bousillent leur vie chaque jour. C’est à cause de ce genre de messages qu’une personne dépressive peut avoir envie de se blesser, si elle n’a pas la force nécessaire pour en faire abstraction. C’est à cause de ce genre de messages qu’une personne peut finir en larmes, en perdre le sommeil et se sentir comme une moins-que-rien.
Car, oui, ne sous-estimons pas le pouvoir des mots. Personne ne mérite de recevoir ce que je viens de recevoir en plein visage. Se cacher derrière l’anonymat est lâche, proférer des insultes sur un physique, l’est encore plus.
Je suis peut-être laide, je suis peut-être “stupidement normale”, mais je suis vivante et j’apprécie ce trésor qu’est la vie. J’ai des principes. J’ai du vécu. J’ai l’espoir. Et je vais continuer à me battre, à me battre contre mes démons. Me battre contre tous ceux qui, comme lui, tyrannisent. Pourquoi ? Parce que j’ai de l’estime, parce que je me respecte, et parce que je vaux quelque chose. Comme vous ; vous qui lisez ce message.
Au contraire de toi,
Toi qui es tapi dans l’ombre,
Toi qui as honte,
Toi qui n’assumeras jamais les conséquences de ton acte.
vous n'avez plus que ce corps que vous devez vous trimballez. que vous devez supporter et que vous ne supportez plus
can we just like romanticise being bare faced?? like really bare faced, not this “no makeup makeup look” shit like pls lets romanticise dark circles and acne and discolouration and redness and skin conditions and eyebags and oily skin and just regular old eyebrows and looking tired because I am tired stop treating these as things that take away from beauty and just celebrate them like jesus pls
j'ai peur de dormir
Je gratte la surface des choses et je continue à regarder sous les cailloux, mais je ne retrouve plus la poésie du monde.
(via kradify)
J'ai plein de petits monstres qui se promènent en moi
J'ai construit des labyrinthes dans ma mémoire pour oublier où j'ai rangé ton souvenir.
(via harmonuit)
Je sais que j'étais pas facile à aimer C'est gentil d'avoir essayé
Divines (2016) par Houda Benyamina
A visual metaphor for falling in love.