“I cannot make anyone understand what is happening inside me.”
— Franz Kafka, The Metamorphosis
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“I cannot make anyone understand what is happening inside me.”
— Franz Kafka, The Metamorphosis
Franz Kafka, from a letter to Felice Bauer written in 1913, featured in Letters To Felice
— Franz Kafka, Letters to Milena
Avant toi, je ne pensais pas que je ressentirais un tel manque en perdant quelqu'un. Je ne pensais pas que je sombrerais six pieds sous terre en m'imaginant marcher sans toi sur cette terre. Je ne pensais pas que je pleurerais quelqu'un des journées et des nuits entières. Je ne pensais pas qu'en te perdant, j'allais aussi perdre une partie de moi-même. Je ne pensais pas que je pourrais mourir de chagrin pour une seule personne. Je ne pensais pas que je pleurerais des heures en relisant des messages, en regardant des photos, en récoutant tes messages vocaux. Je ne pensais pas que nos souvenirs me hanteraient au point de m'empêcher de dormir. Je ne savais pas que tout pourrait me faire penser à toi, même les choses avec lesquelles tu n'as rien à voir. Je ne savais pas que j'entendrais mon cœur se fissurer à chaque fois qu'on prononcerait ton prénom. Avant toi, je ne savais pas qu'on pouvait mourir de la perte de quelqu'un.
Tu te souviens de nous, de ce qu'on a été. Tu te souviens de tout ce qu'on a vécu ensemble ? S'il te plaît, dis-moi que tu n'as pas oublié. On passait toutes nos journées à se parler. Et nos nuits aussi. On était complètement crevés le lendemain matin. Mais on était heureux, alors c'était pas grave. On était les plus heureux du monde. On se racontait toutes nos journées dans les moindres détails. Parfois, on s'appelait juste pour se dire « je t'aime ». Et d'autres fois, on s'appelait pendant des heures. Je me lassais jamais de ta voix. C'était ma mélodie préférée. Celle que j'écoutais avant de m'endormir. Et on a tout fait ensemble. On riait, on pleurait, on s'aidait, on se consolait, on se donnait de l'espoir et surtout, on s'aimait. Je n'ai jamais aimé quelqu'un aussi fort que je t'ai aimé toi. Parfois, je relis nos messages en pleine nuit, lorsque ton souvenir me hante un peu trop. Et je me retrouve à pleurer jusqu'au lever du jour. Dis, ça t'arrive toi de repenser à moi ? Toi aussi, t'entends l'écho de mon rire à chaque coin de rue, ma voix dans le creux de ton oreille la nuit dans ton lit ? Toi aussi, tu sens encore mon parfum flotter dans l'oreille ? Tu vois aussi mon visage à travers chaque personne ? Je t'en supplie, dis-moi que j'existe encore quelque part au fin fond de ton cœur.
Tu as été le rayon de soleil lors des plus imposantes tempêtes. Tu as été l'étincelle dans la pénombre. Tu as été la lune dans la nuit. Tu as été le sourire entre les sanglots. Tu as été la caresse sur mes cicatrices. Tu as été le « je t'aime » parmi les « je me déteste ». Tu as été la voix douce après les cris. Tu as été l'ange parmi mes démons. Tu as été la main tendue lorsque je ne savais plus tenir debout. Tu as été l'espoir aux moments où je n'y croyais plus. Tu as été la vie quand j'ai frôlé la mort.
Quelquefois, je voudrait me laisser sombrer. Tout me semble dénué de sens, l'espoir manque en mon être. Alors tu sais, il y a des soirs durant lesquels je cesse mes activités en me demandant la raison de celles-ci. Par ces interminables réflexions, je me rends simplement compte que rien n'a d'importance lorsque le futur est incertain. La vie existera toujours sans ma présence, les gens poursuivront leur train de vie, leur bonheur ne s'affaiblira, les visages ne s'éteindront pas. En fait, rien ne changera. Je crois que leur indifférence est une raison supplémentaire de mon départ. Je pense que le monde ne pourra qu'être meilleur sans ma présence. Mais je reste dans l'attente, à l'affût de la moidre occasion. Je prends mon mal en patience afin de trouver la plus belle manière de m'envoler. Je ne sais combien de fois je m'écroulerai dans un long couloir sans vie, combien de fois j'hurlerai sous la pluie battante. Je ne connais pas la durée de la période durant laquelle je devrai encore étouffer ma peine au fond de mon être. Mais chaque soir, je regarderai les larmes aux yeux le temps défiler dans la même ruelle sombre.
Même si l'envie n'y est plus, souris. Souris à en oublier tes problèmes. Souris à en oublier que le monde est si laid. Souris à t'en cramer. Souris jusqu'à la fin. Souris simplement parce que chaque jour est une raison d'être heureux.
Je souffre encore, tu sais. Et la souffrance fera d'ailleurs toujours partie de ma vie. Elle sera toujours présente pour me rappeler que le teint rosé du coucher de soleil se noircit à la nuit tombée. Mais il ne faut jamais oublier que, tout comme le bonheur, la souffrance est éphémère. Les nuits peuvent sembler longues, voire interminables. Mais le soleil revient toujours. Toujours, crois-moi.
Il y a des fois, tu sais, où même les mouchoirs sont incapables de sécher les peines. Souvent, mon cœur a cesser de battre. Mais il arrivait aussi des fois où c'est mon corps qui a arrêté de se battre. Alors, tu sais, c'est ces soirs-là que ma voix s'est brisée à trop hurler. Que mes poings se sont détruits à trop frapper. Que mes bras ont été saccagés à trop dessiner. C'est ces soirs-là que quelque chose s'est éteint en moi.