Hé, on sort ce soir ?
Il n’y a rien de plus anodin que de sortir entre amis le soir après le boulot. A priori, on attend tous ce moment avec impatience.
Mais laisse-moi te donner un aperçu de ce que ce type de programme déclenche dans ma tête :
Va falloir entre attendre quelques heures avant de retrouver mon lit :
Cela parait dingue de penser comme cela à 29 ans ? Et pourtant c’est une réalité. Après une journée de travail de 8h, je n’ai qu’une envie : rentrer chez moi. Je suis fatiguée physiquement et mentalement. Je sais que je ne dois pas être la seule, mais l’obésité est un facteur aggravant. Ce n’est pas rare que je n’ai pas trouvé le courage de sortir et d’annuler (mais comme ça arrive que les autres annulent aussi, je culpabilise un peu moins).
2. On commence par un cinéma. Cool.
Sauf que je stresse d’avance non pas sur le choix du film, mais sur l’emplacement dans la salle. Mes copines veulent être au centre pour profiter au mieux du grand écran. Sauf que ces emplacements sont loin d’être idéal pour ma morphologie : accoudoirs trop étroits et espace pour les jambes limité. Je suis donc obligée de me m’asseoir de travers pour réussir à “rentrer” et ça me fait super mal (alors tenir 2h comme ça, ça n’aide pas à profiter du film).
Dans mon secteur géographique, il y a 3 cinémas. Celui en plein centre-ville est celui où les salles (et donc les sièges) sont les plus petites. J’évite donc de plus en plus ce ciné. Seulement, il est bien situé pour mes copines (à mi-chemin pour toutes généralement) donc elles le trouvent pratique. C’est dommage pour moi car les deux autres cinémas (un à 50 minutes de transports, l’autre à seulement 25 minutes) sont plus modernes et plus confortables. J’en ai marre d’user de mille stratagèmes pour les convaincre d’aller dans les deux autres. De plus en plus, je décide d’y aller seule (et comme ça, si je craque pour manger des friandises devant le film, personne de mon entourage ne le voit).
3. Ensuite, il faut débriefer du film : direction un café/un restaurant.
Evidemment, tes ami.e.s ne vont regarder que deux choses : le choix du menu et les tarifs. Et c’est bien logique. J’aimerais n’avoir que ces critères en tête. Seulement, la problématique du siège n’est pas valable qu’au cinéma. Pourquoi ce besoin de chaises ultra design qui épousent la forme du corps ? De petites chaises à accoudoirs ? C’est trop demandé de pouvoir s’asseoir correctement dans un lieu recevant du public ? A croire que les personnes obèses ne sont pas les bienvenues. C’est dommage... on est pourtant de bons clients !
Quand il y a des accoudoirs, j’essaie systématique de décourager mes ami.e.s à y aller, sous prétexte que la carte ne me tente pas trop. Et dès que je vois un restaurant/café dont les chaises correspondent à mes critères, j’essaie de les convaincre d’y aller, me moquant éperdument du menu, sans jamais leur avouer ma véritable motivation.
Parfois, je n’arrive pas à obtenir gain de cause. Alors je vais m’asseoir le plus lentement possible, sur le bord de l’assise (p***** d’accoudoirs), priant de toutes mes forces pour que la chaise ne se casse pas (ce n’est jamais arrivé au restaurant, mais plusieurs fois chez des ami.e.s... humiliation garantie à vie).
Et là, je cherche tellement à devenir légère que je raidis tous mes muscles. Je suis hyper mal-à-l’aise. Je ne profite pas du moment présent, trop occupée à penser à cette fichue chaise et à mes jambes qui crient grâce (ainsi que mes hanches compressées par les accoudoirs). Avant de passer commande, tu étudies toute la carte, cherchant non pas le plat qui te plait le plus, mais celui qui parait le moins calorique (et donc le plus socialement acceptable). Et tu te passes ensuite de dessert parce que les copines se sont émerveillées devant leurs assiettes (“tu as vu, c’est super copieux, on n’aura plus faim après tout ça” - et moi qui pense que je trouverai quand même facilement une place pour finir sur une petite touche sucrée...) Il m’est arrivé plus d’une fois d’écourter le temps des bavardages une fois nos assiettes finies. Mon corps est tellement éprouvé par l’inconfort que je déclare devoir me lever tôt le lendemain et que je dois rentrer (ce qui est la vérité en plus !).
4. Le retour à la maison :
Tu as beau avoir mangé il y a moins d’une heure, ton stress a été tellement important que ton premier réflexe est d’aller piocher dans le frigo. Superbe réaction...
Et pour finir, ta belle résolution de cuisiner un repas équilibré pour le lendemain passe à la trappe parce qu’à minuit passé, ce n’est plus l’heure de cuisiner.
Et toi, ça se passe comment tes sorties nocturnes entre potes ?






