En football, on appelle ça une purge. C’est un terme que l’on pourrait aisément appliquer à la campagne pour les élections départementales que nous sommes entrain de subir depuis quelques semaines. Nous, qui sommes pourtant friands de la moindre petite phrase assassine, de la présentation de programme, de réunions publiques endiablées,..., là on en a gros :
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On s’ennuie ferme, et c’est valable d’un côté de la frontière comme de l’autre (pour ceux qui n’auraient pas bien saisi le nom de ce tumblr : dans le 57 comme dans le 54). Alors on est bien d’accord, l’attitude du sélectionneur national (pour filer la métaphore sportive, fort à propos vous ne trouvez pas ?) n’a pas franchement aidé au bon déroulé du match. En passant du “les départements c’est vraiment un truc pas moderne du tout (alt modisch), pas adapté au XXIème siècle, on va tous les supprimer”, à “bon finalement on va quand même les garder, mais attention vous allez voir ce que vous allez voir, on va rationaliser les compétences, et axer son action sur le rural” à enfin “on continue plus ou moins comme avant mais on se revoit plutôt au printemps (donc après les élections) pour discuter des compétences”.
Que retenir de cette campagne du coup ? Si on répond rien, autant supprimer le contenu de ce billet et rentrer à la maison. Du coup, on va quand même s’essayer à dresser, à grands traits, les principales caractéristiques des candidats et de leurs arguments de vente.
Attention, les points listés ci-dessous peuvent être cumulatifs. Et rendez-vous à la fin de notre test (vous savez, les mêmes qu’il y a dans Femme Actuelle) pour savoir quel candidat aux départementales vous êtes.
Ne pas afficher le/les logo/s du/des parti/s vous soutenant, en fonction que ce/ces parti/s est/sont au pouvoir au niveau national
Ne pas présenter de programme aux électeurs (ce qui a au moins un mérite, ne pas être accusé plus tard de ne pas les respecter...)
Au contraire, formuler des propositions qui n’ont pas le moindre rapport avec les attributions d’un conseil général départemental
Commander en gros auprès d’une centrale d’achat de la banlieue parisienne (Nanterre nous semble-t-il) un stock de documents à distribuer qui ne parlent JAMAIS de la situation du département dans lequel vous vous présentez, en prenant tout juste le soin de coller votre trombine sur la première page
Être candidat contre une/des personne/s avec qui vous étiez candidat sur une liste commune en mars dernier (valable uniquement à Metz)
Parler de renouvellement des pratiques politiques et à la première occasion se présenter à une élection de ce type, parfois en compagnie d’élus qui hantent le paysage politique depuis plus de 3 décennies
Mélanger astucieusement vos réalisations en tant que membre d’une majorité municipale et ce que vous pourriez faire en tant que conseiller départemental
Vous retrouver (en cas de victoire) en cas de cumul de mandats, vous obligeant à en quitter un, et ce alors que vous défendiez justement un renouvellement des pratiques politiques (voir point précédent)
Prendre une drogue hallucinogène vous faisant croire qu’il est indispensable que vous soyez candidat à toutes les élections (valable uniquement sur Metz1)
Tenir constamment des propos outranciers (notamment) à l’égard de ces salopards de socialo-communistes qui n’ont rien compris à la vie (ces cons!) quand on a un passé de militant de gauche (valable uniquement sur Nancy2)
Croire que le haut patronage de vieux élus, parfois à moitié décatis, a encore une quelconque influence sur les électeurs
Si vous remplissez une ou plusieurs de ces conditions (ne vous mentez pas à vous-même, vous en remplissez forcément plusieurs) vous êtes dans le profil-type du duo de candidats moyens à cette élection. Bravo ! (ou pas)
N’allez pas voir dans ce paragraphe une quelconque mauvaise foi, ni même une volonté de rire à peu de frais mais bon quand même. Ce scrutin à venir présente des profils différents et permet (il a au moins ce mérite) de faire émerger un nouveau personnel politique, majoritairement les femmes grandes absentes de ces assemblées jusqu’à présent. Par contre et puisque les atavismes ont la vie dure, certains, même se disant “jeunes” (du moins en politique) perpétuent les vieilles rengaines. Prenant un cas au hasard, celui de Manu.
Le gars arrive sur la scène politique au début des années 2000, à Metz, avec un argument choc.com : “ouais je suis jeune, j’ai un peu de blé, et surtout je suis apolitique”. Bon ça a pas marché, du coup en 2008, il a retenté le coup et voulant absolument avec une place, même un strapontin, il a fait alliance avec les caciques de la droite locale. Même chose en 2014, sentant bien qu’il n’avait toujours aucune chance tout seul. Se sentant pousser des ailes et s’épanouissant plutôt bien, lui l’apolitique, au milieu de ses potes de droite, il se lance cette année dans la course à la magistrature suprême députation départementale.
On passera sur l’épisode de la multiplication des candidatures de droite sur ce canton de Metz 3 (comme sur Metz 1, constatons à ce propos, que les Nancéiens, sont plus économes au niveau du nombre des binômes) pour se concentrer sur son programme. Venant d’une personne qui dit (encore aujourd’hui) vouloir mettre fin aux vieilles pratiques (comme récemment sur France 3 Metz), regardons le passage aux actes.
Faire des promesses qui ne sont pas de la compétence de la collectivité. 1 exemple : défendre les sites mosellans de l’université de Lorraine. Bon déjà ça ne mange pas de pain ce type de formules, mais surtout depuis quand l’enseignement supérieur est une compétence majeure du CG (futur CD et bientôt Mp3 ?) ?
Faire des promesses non chiffrées. 1 exemple : la mise à 2x3 voies de l’A31 entre... Nancy (dans le 54) et Luxembourg (à l’étranger). Le CG57 est loin d’être le seul acteur dans ce débat, et surtout à combien Manu estime-t-il sa potentielle participation financière ?
Faire des promesses non tenables. 1 exemple : faire une métropole entre Metz et Thionville. Le président Weiten est lui manifestement opposé à pareille possibilité, du coup il fait comment Manu pour défendre cette position ?
Mélanger les choux et les carottes. 1 exemple : parler de la hausse de l’imposition locale avec des chiffres trompeurs mixant ville et agglo, taux d’imposition et montant des rentrées fiscales. Oublier dans le même temps que la majorité départementale dans laquelle compte siéger le loustic a elle-même augmenté les impôts ces dernières années.
note au lecteur, pas en lien (enfin...) avec le paragraphe précédent du texte : Au fait, on a regardé ça à la télé :
Et les électeurs dans tout ça ?
On ne voudrait surtout pas vous laisser à la fin de ce billet, sans vous apporter une petite dose de réflexion. Du coup, on vous met un lien un vers article de la Documentation française (datant un peu certes) s'attachant à observer la signification du clivage gauche/droite dans la gestion des collectivités locales. Vous pourrez le lire ici. Une bonne lecture !
Dernière chose, et pour votre culture personnelle, vous pourrez retrouver les résultats des précédents scrutins
pour Nancy en 2008 et en 2011
pour Metz en 2008 (où Françoise (aka la tradiréac) Grolet était candidate sur Metz 3 et non Metz 1...) et en 2011
On se retrouve la semaine prochaine pour tirer un enseignement du premier tour des élections.