Tu veux mon Activia?
Salut.
Je vais vous raconter une histoire. C’est quelque chose qui m’est arrivé il y a maintenant deux ans, et, même si sur le moment j’ai eu peur, aujourd’hui il m’arrive d’en rire. Il y a deux ans, je suis allée dans un hôtel pour quelques jours de vacances avec des copines. Le dernier soir on a décidé d’aller au restaurant et en rentrant je les ai rentrer chacune dans leurs chambres et je suis restée fumer devant l’entré. Un jeune homme m’y a rejoint, pas die plus âgé que moi mais inintéressant. Il m’a demandé une cigarette et dans ma grande générosité je lui en est donner une avant de m’en retourner à la contemplation de mon fils d’actualité. Et là, ne voici pas que le jeune homme me parle. -Oui je suis réceptionniste saisonnier ici, je ne fume pas, je voulais juste t’aborder, blablabla, t’es une belle noire blabla. Bref je lui ai fait comprendre, poliment qu’il ne m’intéressait pas. Et ça aurait put s’arrêter là. Un peu plus tard je prenais ma douche quand on a commencer à frapper avec énormément d’insistance à ma porte. J’ai été surprise, je me suis dit qu’il y avait surement un problème alors je suis sortie de la douche précipitamment , je me suis enroulée dans un serviette et j’ai ouvert la porte. c’était lui. Il a essayé de rentré « pour discuter », ne c’est pas excuser du dérangement. Je l’ai repousser (un peu violemment) et j’ai fermé la porte. Dans la nuit, j’allais m’endormir, il était tard à ce moment et il est revenue taper à la porte. J’ai bêtement crue que c’était une de mes copines. J’ai ouvert. C’était encore lui. Il m’a tendue un Activia; -Je t’ai ramené ça, je me suis dit que tu devais avoir faim _ est ce que j’avais l’air si minable?_ Je pourrais entrer et on pourrais discuter pendant que tu manges. Cette fois-ci c’était, je le croyais, la fois de trop. -Mais tu t’attend à quoi là? Que j’accepte ton Activia et que je t’invite à rentrer pour discuter puis que je te remercie d’avoir penser à mon transit en t’offrant mon corps pour un coït. Une fois de plus je l’ai repousser, j’ai refermé la porte, je l’a verrouillé, j’ai laissé la clé dans la serrure et mit la chaine. J’étais vraiment effrayé par son insistance , je n’ai pas dormit de la nuit. Le lendemain j’ai prévenu le réceptionniste des agissements de son prédécesseur avant de partir…
Plus tard, sur le chemin de retour à Paris j’ai reçue un bon nombre d’appel d’un numéro que je ne connaissait pas, put un message. C’était lui. « Salut, j’espère que ça va bien. J’ai prit ton numéro sur le registre de l’hôtel, j’aimerais qu’on fasse plus ample connaissance. » C’était la goute d’eau qui faisait déborder le vase. Je l’ai incendié. Si je n’avais pas été intéressée la veille, comment pouvais-je l’être maintenant? Je lui ai dit que s’il me rappelait j’appellerais la police, que j’avais prévenu la réception. « Si j’avais été blanc tu aurais accepté, c’est parce que tu es antillaise, tu pètes plus haut que ton cou, blablabla » Je n’ai plus eu de nouvelle de lui. Heureusement.
Je n’ai jamais eu de harcèlement plus effrayant et plus absurde que celui là.
Avez vous devinez de quoi je vais parler?
Oui je vais parler de harcèlement. Plus précisément de harcèlement sexuel et de harcèlement de rue.
Mais qu’est ce dont que le Harcèlement?
Le harcèlement c’est le fait de harceler… Oui, mais encore? Eh bien harceler c’est: -imposer quelqu’un ou un groupe à des petites attaques de manière répétitives -imposer quelqu'un à des demandes, des crisses et des réclamations continuelles (comme quand on insiste un mois avec un bureau pour un papier ) -imposer quelqu’un à des pression et sollicitation continuelles.
Ce qui est très important dans la notion de harcèlement c’est le caractère répétitif. A partir du moment où l’attaque est répétée elle se transforme en harcèlement. De même que le propos déclencheur se transforme en attaque s’il occasionne une gêne, un sentiment d’insécurité, un mal-être ou tout autre sentiment négatif (un refus, ignorer le dit agresseur). En gros vous harcelez quand vous vous montrez insistant sur des termes,actes et invitations auquel le destinataire n’est pas réceptif.
Sauf que les gens ne reconnaissent pas forcement leur actes comme du harcèlement. Très souvent l’insistance dont ils font preuve et plus pour eux un moyen d’arriver à leur but, juste de l’insistance, que de la pression.
Du coup qu’est ce que le harcèlement de rue et le harcèlement sexuel?
Eh bien on parle de harcèlement sexuel quand on subit des attaques répétitives à caractère sexuel (oui je vous jure). Très généralement on a droit à tout ce qu’on pourrait faire de notre corps (plus que de nous en tant que personne, un peu comme si notre corps était un objet mouvant).
Je vais vous fournir quelques exemple:
-« Hey viens on va dans un coin tranquille » (en général ça varie entre « chez moi » et « un placard à balais »)
- « Avec des fesses comme ça tu dois prendre cher. »
« Mh tu as une bouche pour faire ça »
« Qu’est ce que j’aimerais te la mettre »
Puis il y a le harcèlement de rue. Celui ci entre dans le cadre d’attaques dans la rue et passe par les catégories morales, sexuelles, racistes etc…
Vous pourrez avoir droit au typique « Hey sale pute, fais pas ta maligne, passes ton 06 » (devenue 07 maintenant), ou au « Sale noire, retournes chez toi avec ton gros cul » ou « Espèces de tarlouses, allez vous faire enculer par vos morts » (désolée de la violence de propos, aussi choquants soient -ils, pourtant, ils existent). A partir du moment où l’on vous attaque dans la rue, on parlera d’harcèlement de rue, d’autant plus si c’est insistant. Et très généralement, passé les « Hey » c’est de l’insistance. Donc du harcèlement. CQFD.
De même que ces termes sont violents, ce n’est pas la violences de propos qui définissent s’il s’agit de harcèlement. Non, c’est le simple fait que la victime ressente un gêne, voir plus, face à ces propos.
Car oui la drague « lourde » se trouve être du harcèlement.
Je m’explique.
Imaginons que vous êtes dans la rue, vous marchez tranquillement, on vous lance un « Hey miss, t’as pas un 07 », vous ne répondez pas et vous avez droit à un « Tu as ça là, tu es belle comme le miel e douce comme le sucre, viens me voir chérie » Et bien, en plus du fait que ce mec drague vraiment mal , il vous harcèle.
Comment reconnaitre le harcèlement?
-Si vous en êtes la
victimes
, le simple fait que les propos qui vous sont dit vous gênes, vous irritent ou que vous les considériez comme mal venue ou inconvenant, il s’agit de harcèlement.
-Si vous êtes
témoins
, c’est l’insistance du harceleur et le comportement de « recul » , gêne ou « fuite » de la victime qui vous interpellera.
-Si vous êtes le
harceleur
, et j’espère que vous ne le serez pas, le comportement de la personne que vous visez, mais aussi le fait que vous insistiez doit vous mettre la puce à l’oreille.
Qui est touché par le harcèlement?
Eh bien tout le monde et de tout âge.
Plus spécifiquement le harcèlement sexuel et de rue touche 100% des femmes (désolée de vous oubliez messieurs mais je n’ai pas de sondage pour m’appuyer pour vous) et aussi de tout âge.
J’ai vue des témoignage parler de petites filles de 5 ans visée dans la rue par du harcèlement sexuel.
Témoignages. « 1- très fréquent : les mecs qui me suivent ou me disent quand je passe ce qu'ils feraient avec mon corps. Mais vraiment "hey Miss ah ouais ce cul! J'aurais défoncé ça j'aurais mis des claques t'aurais pris cher" etc et qui s'énervent comme je les ignore (allez ouais bonne journée ma grosse)
2- fréquent : ceux qui s'en foutent grave de ma tête . Quand j'étais au collège, dès que je mettais le pied dehors (là où j'habitais ) y il y avait exactement la même bande de"gars de la rue" qui m'avait repérée . Ils avaient décidé de m'appeler Esméralda (parce que fuck me that's why) et j'avais beau essayer tous les accoutrements les plus dégueulasses _ genre même sortir fiévreuse avec la morve au nez_ ils s'en foutaient mais complètement. D'ailleurs ils étaient allés jusqu'à essayer de passer par mon meilleur ami et voisin sur le chemin de l'école - " hey Miss ! Miss ! Hey mon frère, ta sœur elle est bonne tu veux pas nous filer son 06?" Non, nous n'avions pas du tout la même tête lui et moi. Et oui, tout ça a commencé j'avais 11ans
3- le pédophile (trigger Warning?) : Ma mère était dans son délire d’ assimilation à fond et avait un "réseau" de pote. Un jour, je devais avoir 11ans, elle m'a emmené avec elle à la campagne chez des amis pour un déjeuner avec pleins de gens. Personne de mon âge, pas du tout mon milieu naturel, je m'ennuyais GRAVE. À un moment j'ai voulu m'isoler et un de ces invité (un monsieur de la 40-50aine) a décidé de venir près de moi pour me "Draguer" ?! . Il était assis trop près et posait des questions sur ce que j'aimais faire a l'école, me disait que j'étais très jolie et qu'il aimerait bien qu'on se voit ailleurs. Il a commencé à me promettre des cadeaux en disant qu'il allait me rendre heureuse. J'étais au collège, il le savait, et ma mère étais à une 20aine de mètres de nous.
4- exemple de journée combo : le trajet de chez moi jusqu'à la fac représentait un petit 15min de marche, un bus, et environ encore 5min de marche. Vu que je partais tôt, à part quelques joggeurs il n'y avait personne dehors dans mon quartier et plutôt résidentiel. Excepté 3 ouvriers qui faisaient je sais pas quoi et qui on décidé de m'interpeller en faisant les yeux doux et prenant un voix suave (sérieux à quel moment ils pensent que ça va attirer des gens?) L'un d'eux s'est même permis de traverser pour me rejoindre mais ne m'a pas suivis. Arrivée à l'arrêt de bus, encore une homme qui me fixe avec un oeil pervers. Finalement en descendant du bus, ayant la bouche sèche je décide de mettre un peu de baume à lèvres. Venu de DERRIÈRE moi un inconnu se penche et me susurre dans l'oreille "t'es déjà assez belle comme ça pas besoin de te maquiller plus" (notez bien qu'il m'a vu avant tout de dos). Fatiguée à seulement 7h30 du matin j'ai répondu que je ne me souvenais pas d'avoir demande l'avis de qui que ce soit. Il s'est énervé et manque de pot on avait encore un moment de marche à faire dans la même direction : il en a profiter pour m'insulter moi et ma famille sur plusieurs générations PS : les ouvriers du matin ont continué ce même petit manège jusqu'à ce que je me résigne à prendre un autre chemin plus long pour ne pas avoir à les croiser.
5- le très drôle mais possiblement dangereux : J'attendais le bus (franchement je crois que c'est un réel spot de harcèlement) seule, les écouteurs vissés dans les oreilles et les yeux rivés vers l'endroit d’où arrive mon bus. Du coin de l'oeil j'aperçois un homme (la 50aine) avec une forte odeur, qui crache ses poumons et arrive vers moi. Évidemment il décide de s'arrêter pour me dire un truc que j'entendais pas. Quand il s'est planté à 30cm devant moi, je me suis résignée à retirer mes écouteurs et c'est là qu'il m'a dit un truc du genre "hey chérie, tu viens avec moi, on va à Dubaï? (Ou je sais plus quelle destination "orientale"). Pas d'humeur et en retard, je lui fais remarquer qu'il devra plutôt aller prendre l'avion tout seul. Vexé , il s'énerve et dit que je suis sauvage, ce à quoi je répond qu'on ne se connait pas, et que j'aimerais continuer ma journée tranquillement. Il est alors partis dans un espèce de laïus "ouais faut pas être sauvage! On se connait pas mais on est là, on est tous les deux des enfants du bon dieu! On pourrait faire connaissance hein!". Ça en devenait tellement ridicule que je commençais à retenir un rire nerveux, mais forcément ça se voyait. Il s'est énervé en haussant le ton et levant la main "ah ! Tu fais ta maligne hein! Et bien tu sais quoi? Tu es une jeune fille très mal élevée! Et tu ferais mieux de rester à ta place hein! Parce que tu vas voir ce qui va t'arriver! Je connais ton père moi je vais lui dire hein et tu vas voir! " Évidemment pour pleins de raisons je savais qu'il était impossible qu'il connaisse mon père, et même si c'était le cas, c'est plutôt lui qui aurait eu des problèmes en racontant notre "entrevue" à ce dernier. Du coup, je me suis franchement mise à rire. Apparement ça l'a découragé et il est parti continuant de s'énerver avec un dernier "arrête de faire ta maligne! Tu verras je sais qui tu es hein!! Même que tu t'appelle ..... Géraldine !". Géraldine, si tu existe et lis ça, déso meuf. Alors oui, après coup j'ai beaucoup ris du ridicule de cet homme. Mais sur le coup j'étais vraiment très mal. Il avait clairement une attitude menaçante (verbalement et physiquement) et j'ai peut être eu de la chance que ce rire (nerveux) ne m'attire pas plus de soucis. » _ By Miss MTM
Pour ma part, en plus de l’anecdote de l’activa, jai très fréquemment droit à des -« Mh mademoiselle tu as un beau regard, tu es jolie, vient me voir » « Tu as vu les fesses que tu as, viens, je vais rentabiliser ça » « Mais pourquoi tu me répond pas » -Tu fais trop ta maligne toi, tu vas voir un jour » (voir quoi, j’attend toujours) Il y a aussi ces gars qui insistent pour faire connaissance avec toi sur Facebook, alors que tu n’as rien en commun avec eux, pas même un vague ami. Rien, nada. (Cf Mucho, Macho) Plus récemment j’ai passé des mois à faire comprendre à un homme que, non , il ne m’intéressait pas. Il m’invitait chez lui, ou à boire un verre, ou au restaurant et j’avais beau décliner et lui signifier que je ne voulais pas, il insistait. Le printemps arrivant j’ai décidé d’aller me faire percer les nipples (grand rêve). J’attendais mon tour quand j’ai reçue un message « Salut, j’espère ue ça va, j’ai appris que tu allais te faire percer, j’espère que tu n’auras pas mal et que j’aurais droit à une photo ». Je n’ai jamais définit s’il s’agissait d’une blague ou pas. Tout ce que j’ai vue c’est son culot et qu’il avait encore mon numéro que je lui avait demander des mois au paravant d’effacer. Alors ma réaction a été simple. Je lui ai intimé de me lasser tranquille, que j’irais me plaindre et d’effacer mon numéro. J’en a parlé autours de moi et c’est ce qui va me pousser à vous parler des réactions qui « confortent » le harcèlement sexuel et de rue.
Voila pourquoi ça continue.
Ce n’est pas par rapport à la tenue parce que, croyez moi, même en jogging, col roulé, sale, et malade on peut vous harceler. Non c’est simplement qu’il y a quelque choses qui dit au harceleur que ce qu’ils font est quelque part flatteur. Et même si c’est faux cette illusion les confortera autant que toutes les excuses qu’on pourra leur sortir (cf le slutshamming). Les harceleurs sont déresponsabilisés.
Personne n’est à l’abris du harcèlement parce que, aussi choquant soit-il, il est très souvent prit à moindre sérieux.
On m’a déjà dit que je devrait me sentir flatter, que ce n’était pas grave et pourtant à un moment de ma vie j’ai eu peur, j’étais irritée et mal à l’aise de croiser des gens parce qu’ils me harcelaient. Mais autours de moi ce n’était pas prit comme tel. C’était prit comme des blagues, des compliments, de la flatterie mais pas du harcèlement. Et pourtant je me sentais mal et ça devenaient épuisant parce que c’était tellement répétitif…
Aujourd’hui quand je suis face à une de situations de harcèlement je n’hésite plus à menacer ou à en parler à quelqu’un de confiance.
Alors si vous êtes victimes de harcèlement, réagissez. Parlez en. Si vous en voyez, réagissez, intervenez, parlez en. Ne minimisez pas un appel à l’aide ou une détresse. Et faites en sorte de ne jamais harceler. Si on ne vous répond pas, ou qu’on refuse, n’insistez pas.
C’est désolant qu’aujourd’hui on doive encore marcher avec des écouteurs et se déconnecter du monde pour marcher dans la rue et avoir la paix, qu’on doivent choisir la bonne jupe, le bon haut. Qu’on doive faire attention à l’heure où on sort et l’endroit où l’on va . Tout ça pour quoi? Parce que des gens ne savent pas voir quand ils sont inconvenants.
Pour finir j’aimerais vous fournir les sites suivants, qui pourraient vous éclairer sur les harcèlement.
http://www.stopharcelementderue.org http://stop-harcelement-sexuel.gouv.fr
J’espère vous avoir éclairer. Retenez bien qu’en cas de harcèlement la victime n’est pas la coupable. Je reste toujours disponible pour parler.
A la prochaine!
#BisousSucré











