« Si t’y penses encore, c’est que ça compte toujours. »
@alencredemaplumee
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@nepastoublier
« Si t’y penses encore, c’est que ça compte toujours. »
@alencredemaplumee
« Écoute, je ne demande pas grand-chose,
seulement ta main, la tenir
comme une rainette qui dort contente ainsi.
J'ai besoin de cette porte que tu m'offrais
pour entrer dans ton monde, ce petit bout
de sucre vert, joyeux de sa rondeur.
Me prêtes-tu ta main cette nuit
de fin d'année et de chouettes enrouées ?
Tu ne le peux pas pour des raisons techniques. Alors
je la tisse avec l'air, ourdissant chaque doigt,
la pêche soyeuse de la paume
et le verso, ce pays d'arbres bleus.
Je la prends ainsi et je la soutiens, comme
si de cela dépendaient
beaucoup des biens du monde,
la suite des quatre saisons,
le chant des coqs, l'amour des hommes. »
Julio Cortázar
Photo d’un poster réalisé avec une photo de Julio Cortázar
Merci @loladevalence ✨
« Là où le sol s’est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s’éteignent, les esprits s’appauvrissent, la routine et la servilité s’emparent des âmes ».
Élisée Reclus, Du sentiment de la Nature dans les sociétés modernes. http://www.philosophie-spiritualite.com/textes_2/reclus2.htm
" Je me demande combien de temps encore ces images vont rester nettes, limpides, avant de se déformer, puis de se brouiller, puis de s'effacer ; avant que je ne les oublie. J'aimerais les serrer contre moi, comme on serre contre soi un corps aimé, de toutes ses forces, pour le retenir. Mais je sais bien que, de la même manière qu'on ne peut retenir un amour, on ne retient rien de son passé, il s'échappe lentement, chaque jour davantage, et on ne choisit pas ce qu'on en garde... "
Laurence Tadieu.
“La vie est courte: transgressez les règles, pardonnez rapidement, embrassez langoureusement, aimez profondément, riez comme des fous et ne regrettez JAMAIS quoi que ce soit qui vous fait sourire”
—
Il y a des regrets, des remords, des fêlures et des compromissions qui ne cicatrisent pas, qui ne cicatriseront jamais.
- Anna Gavalda
“Je t'aimais, terre. Je posais sur ta peau mes deux mains, je caressais l'argile. J'aimais la sève, le parfum des fruits. Je m'endormais sur toi pour le réveil heureux. Je respirais le rire de tes herbes. Je t'aimais. Car je m'aime moi-même, un réseau de racines, un ramage de liens. Je t'aime et tu me tiens. Je n'irai pas ailleurs, je n'irai pas plus loin. C'est en toi que je suis moi-même et je te porte dans mon sein.”
— Marcela Delpastre, L’araignée et la rose et autres psaumes (1969-1986)
Colette
Les Vrilles de la vigne
Autrefois, le rossignol ne chantait pas la nuit. Il avait un gentil filet de voix et s’en servait avec adresse du matin au soir, le printemps venu. Il se levait avec des camarades, dans l’aube grise et bleue, et leur éveil effarouché secouait les hannetons endormis à l’envers des feuilles de lilas.
Il se couchait sur le coup de sept heures, sept heures et demie, n’importe où, souvent dans les vignes en fleur qui sentent le réséda, et ne faisait qu’un somme jusqu’au lendemain.
Une nuit de printemps, le rossignol dormait debout sur un jeune sarment, le jabot en boule et la tête inclinée, comme avec un gracieux torticolis. Pendant son sommeil, les cornes de la vigne, ces vrilles cassantes et tenaces, dont l’acidité d’oseille fraîche irrite et désaltère, les vrilles de la vigne poussèrent si drues, cette nuit là, que le rossignol s’éveilla ligoté, les pattes empêtrées de liens fourchus, les ailes impuissantes.
Il crut mourir, se débattit, ne s’évada qu’au prix de mille peines, et de tout le printemps se jura de ne plus dormir, tant que les vrilles de la vigne pousseraient.
Dès la nuit suivante, il chanta, pour se tenir éveillé :
Tant que la vigne pousse, pousse, pousse,
Je ne dormirai plus !
Tant que la vigne pousse, pousse, pousse…
Il varia son thème, l’enguirlanda de vocalises, s’éprit de sa voix, devint ce chanteur éperdu, enivré et haletant, qu’on écoute avec le désir insupportable de le voir chanter.
J’ai vu chanter un rossignol sous la lune, un rossignol libre et qui ne se savait pas épié. Il s’interrompt parfois, le col penché, comme pour écouter en lui le prolongement d’une note éteinte… Puis il reprend de toute sa force, gonflé, la gorge renversée, avec un air d’amoureux désespoir. Il chante pour chanter, il chante de si belles choses qu’il ne sait plus ce qu’elles veulent dire, Mais moi, j’entends encore à travers les notes d’or, les sons de flûte grave, les trilles tremblés et cristallins, les cris purs et vigoureux, j’entends encore le premier chant naïf et effrayé du rossignol pris aux vrilles de la vigne :
Tant que la vigne pousse, pousse, pousse…
Cassantes, tenaces, les vrilles d’une vigne amère m’avaient liée, tandis que dans mon printemps je dormais d’un somme heureux et sans défiance. Mais j’ai rompu, d’un sursaut effrayé, tous ces fils tors qui déjà tenaient à ma chair, et j’ai fui… Quand la torpeur d’une nouvelle nuit de miel a pesé sur mes paupières, j’ai craint les vrilles de la vigne et j’ai jeté tout haut une plainte qui m’a révélé ma voix…
Toute seule éveillée dans la nuit, je regarde à présent monter devant moi l’astre voluptueux et morose… Pour me défendre de retomber dans l’heureux sommeil, dans le printemps où fleurit la vigne crochue, j’écoute le son de ma voix… Parfois, je crie fiévreusement ce qu’on a coutume de taire, ce qui se chuchote très bas, puis ma voix languit jusqu’au murmure parce que je n’ose poursuivre…
Je voudrais dire, dire, dire tout ce que je sais, tout ce que je pense, tout ce que je devine, tout ce qui m’enchante et me blesse et m’étonne; mais il y a toujours, vers l’aube de cette nuit sonore, une sage main fraîche qui se pose sur ma bouche… Et mon cri, qui s’exaltait, redescend au verbiage modéré, à la volubilité de l’enfant qui parle haut pour se rassurer et s’étourdir…
Je ne connais plus le somme heureux, mais je ne crains plus les vrilles de la vigne…
#lepetitechodesarts
#les vrilles de la vigne
Grant Wood (United States,1891-1942)
Young Corn
“- tu reviendras ici ? - peut être jamais”
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La nostalgie — baume et poison de mes jours. Je me dissous littéralement dans l’ailleurs. Dieu sait après quel paradis je soupire.
Emil Cioran - Cahiers
““Il n'y a pas d'amour heureux” dit Aragon. Peut-être les amours heureuses sont-elles celles dont on ne parle pas. Et seules les amours malheureuses ou tragiques accèdent-elles au stade de l'écriture. Ce sont elles qui remplissent les livres et les recueils de poèmes, ce sont elles qui chantent les chansons populaires et les opéras. Il est rare que les amants soient gais. L'amour se révèle davantage par les soupirs et la souffrance que par les rires et les cris de joie.”
— L’hystérique, le sexe et le médecin - Lucien Israël
“Toi, et toi seul, auras les étoiles, personne d'autres. Dans l'une d'elles, je vivrai. Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiterai dans l'une d'elles, puisque je rirai dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire !”
— Antoine de St Exupéry - Le petit Prince
“«Je garde tous nos baisers, nos câlins, nos délires.Je gardes les heures où on ne faisait rien. Je garde les jours où je ne te voyais pas et que tu me manquais. Je garde toute cette vie future que l'on ne partagera pas, je la garde pour moi, elle sera comme un éclat de blessures vivants qui tout les jours me rappèlera à quel point nous nous sommes aimé.»”
— :/
" La tendresse " de Bourvil"
Le trop grand vide d'Alphonse Tabouret, 2010, roman graphique