1000km à vélo, fracture de la cÎte et tartes citron meringuées
Lâaventure et les calories illimitĂ©es
Quitter la Nouvelle CalĂ©donie pour Sydney ne mâa pas laissĂ© indiffĂ©rent, jâĂ©tais assez triste pour tout dire, mais le job me plaisait toujours alors jâai sautĂ© le pas. Pour occuper mon esprit je me suis mis en quĂȘte de projets pour le futur. Depuis longtemps je fais de vĂ©lo, mais jamais vraiment en mode sportif. Jâai pu avoir un petit aperçu en CalĂ©donie avec quelques sorties sur mon VTC, rien dâextraordinaire comme vĂ©lo mais le principe me plait bien.
Quel vĂ©lo acheter ? Je commence Ă creuser et je me rends compte que je nây connais pas grand chose au final. Sâen suit des heures de vidĂ©os Youtube Ă apprendre les diffĂ©rents types de vĂ©los, matĂ©riaux, dĂ©railleurs, freins, pneus et jâen passe. Un type de vĂ©lo mâintĂ©resse particuliĂšrement, le gravel. Câest assez versatile pour ĂȘtre rapide et passer Ă peu prĂšs partout. Ăa sera parfait pour lâutiliser sur les trajets du travail (16km par jour) et aussi pour partir Ă lâaventure.
Ă la base je pensais prendre un Ă©lectrique mais pour minimiser mon impact Ă©cologique jây renonce. En effet la production de batterie est polluante et il faut la recharger. Et puis si je pars Ă lâaventure je nâaurai pas de soucis de recharge, il faudra juste quelques tartes citron.
Je me fais Ă lâusage du vĂ©lo, jâadore, maintenant quand est-ce quâon part Ă lâaventure ? De nouveau des heures Ă regarder Youtube et lire des articles pour en apprendre plus. Les sacs de bikepacking seront ce quâil y a de mieux pour mon vĂ©lo (et pour le style aussi). JâachĂšte aussi le minimum de camping qui ira dans ces sacs, petit et lĂ©ger pour ne pas trop galĂ©rer sur le vĂ©lo. Mi-janvier je suis parĂ©.
Malheureusement les feux en Australie et le COVID-19 mâempĂȘcheront de sillonner les chemins avec mon attirail.
De retour en France fin juin sans emploi et avec du temps, câĂ©tait le moment ou jamais de me lancer dans une grande aventure de bikepacking. Ătant amateur de surf, longer la cĂŽte ouest de Vannes Ă Biarritz sera parfait pour faire des pauses Ă la plage.
1000km ça se prĂ©pare. Il me manque encore un peu dâĂ©quipement, je me professionnalise avec des chaussures automatiques, un cuissard et un GPS. La plus longue distance journaliĂšre que jâavais faite Ă©tait de 70km, complĂštement rincĂ© et irritĂ© de partout. Avec le nouvel Ă©quipement je monte petit Ă petit la limite. 50, 70 et 100km⊠ça passe, je peux me lancer.
Test de chargement. Est-ce que je prends mon appareil photo ? Ăa fait tout de mĂȘme 3kg en plus sur le dos et je nâai pas vraiment dâendroit oĂč le ranger de maniĂšre sĂ»re dans ma tente. Câest sĂ»r que si je ne le prends pas je regretterai dâavoir loupĂ© ces magnifiques shoots, il sera donc sur mon dos. Est-ce que je prends mon iPad ? JâhĂ©site mais oui, ça me permettra de sauvegarder mes photos et vidĂ©os, de lire des livres et regarder des vidĂ©os le soir sous la tente.
Vendredi 24 juillet, jour J, câest le dĂ©but de lâaventure.
Note : Vous pouvez voir toutes mes étapes au mÚtre prÚs ici : https://www.komoot.fr/collection/1006382/-2020-07-vannes-biarritz
Tout est encore nouveau, jâessaye dâempaqueter mes affaires de diffĂ©rentes maniĂšres pour que ça prenne le moins de place possible. Dernier pesage, le vĂ©lo fait 26kg au complet et le sac Ă dos 8. 10h30, câest parti !
Je me fais petit Ă petit Ă pĂ©daler avec tout lâĂ©quipement, le temps nâest pas ouf mais il ne pleut pas. Nâayant jamais fait de longue distance, je ne sais pas comment mon corps va rĂ©agir ni ce quâil me faut comme quantitĂ© de nourriture. Jâarrive Ă Muzillac et vois une boulangerie, ça sera mon stop dĂ©jeuner avec ma premiĂšre tarte citron meringuĂ©e !
ArrivĂ©e Ă 16h30 au camping, câĂ©tait dur sur la fin avec tout le chargement, heureusement que je nâai pas fait 100km. JâĂ©labore mon plan dâarrivĂ©e dans un camping. En premier jâinstalle la tente et toutes les affaires de camping. Ensuite je me lave et fais la lessive de mon cuissard et tee shirt. Je finis avec les Ă©tirements (parce que les muscles sont bien raides).
Il y avait un SPA, ça aurait été pas mal pour mes jambes mais le temps de faire tout mon schmilblick il était presque 18h et ça allait fermer, dommage.
La faim arrive Ă grand pas, câest lâheure de manger comme un ogre. 21h je commence Ă comater dans ma tente, il ne mâaura pas fallu longtemps pour mâendormir.
Saint-Brevin-les-Pins, 84.51km
PremiĂšre nuit (de 10h) dans la tente et premier test de tout lâĂ©quipement. PlutĂŽt content de mes choix, pas eu de problĂšme mais quelques ajustements Ă faire pour les prochaines nuits.
AprĂšs le petit dĂšj câest lâheure de tout remballer, la procĂ©dure est encore balbutiante, ça prend du temps et de lâĂ©nergie mais jâarrive Ă tout faire rentrer dans les sacs. LĂ encore il y aura quelques ajustements Ă faire.
Pause déjeuner à Guérande et deuxiÚme tarte citron meringuée avec un peu de framboise, pas mal !
Avec tous les trucs Ă traĂźner câest dur quand mĂȘme. Sur un groupe de bikepacking il me conseillait de ne rien mettre sur le dos, mais je nâaurais plus de place pour mettre mon gros appareil photo. Je vois mes parents et ma marraine pour un resto le soir, du coup je vais en profiter pour leur refiler quelques trucs. Mettre le moins de kilos possible sur le dos et rĂ©partir sur le vĂ©lo. Je vais enlever le seul pantalon, le tee shirt sport de rechange, la polaire de rechange, le pyjama et lâiPad (aie, je vais devoir parler aux gens). Ăa devient vraiment le minimum du minimum.
Câest quand mĂȘme cool de voir tous ces paysages qui dĂ©filent et cette sensation de libertĂ© sur le vĂ©lo.
Mes parents mâattendaient de lâautre cĂŽtĂ© du pont de Saint Nazaire, plus que quelques kilomĂštres avant le camping. Sur celui-ci il y avait des emplacements spĂ©ciaux pour vĂ©lo, trop cool ! Re-belote avec tout le matos, le mĂ©tier commence Ă rentrer.
Pas trop de kilomĂštres Ă faire aujourdâhui, la fatigue commence Ă apparaitre et une petite flemme de se lever par la mĂȘme occasion.
Il a plu pendant la soirée et la nuit, du coup mes affaires de vélo sont encore trempées. Je vais attendre le dernier moment pour les mettre.
Pas de petit dĂšj de dispo au camping, je mangerai Ă la boulangerie un peu plus loin aprĂšs avoir tout empaquetĂ©. Mauvaise idĂ©e, flemme + rien dans le ventre avant de commencer la journĂ©e me mettront dans le mal jusquâau dĂ©but dâaprĂšm.
11h câest parti, les vĂȘtements mouillĂ©s ne me gĂȘnent pas plus que ça au final, ils sĂšchent vite et il ne fait pas trop froid.
Le temps est au beau fixe, la cĂŽte jusquâĂ Pornic est magnifique mais pas lâĂ©nergie de mâarrĂȘter pour y faire des photos. Pas mal de douleur au genou et de fatigue musculaire.
Pause déjeuner au port de Pornic (trÚs mignon), pas de tarte citron meringuée disponible dans la boulangerie (scandale). Je repars avec la pÚche et plus aucune douleur malgré le manque de tarte.
Parcours toujours aussi sympa mais qui fini avec 5km sur une dĂ©partementale, un peu stressant toutes ces voitures qui te frĂŽlent Ă 90km/h quand mĂȘme. Jâai le vent dans le dos, je peux tracer pour que ça dure le moins longtemps possible.
Arrivée chez ma marraine, pas de tente à monter, accueilli comme un roi avec un festin. Bonne soirée.
2km aprĂšs le dĂ©part, dĂ©partementale barrĂ©e, fuck. Je regarde les itinĂ©raires alternatifs mais comme câest plus ou moins des marais ça me rajoute 15km dans la vue. DĂ©jĂ que je ne suis pas parti en avance et que mon itinĂ©raire fait 101km, tant pis je tente le coup par la route barrĂ©e. Grande ligne droite, personne sur la route, parfait. Je distingue des camions sur les deux cĂŽtĂ©s de la route Ă environ 2km, bon. Jâarrive sur place, un camion Ă©tait parti, rien de spĂ©cial, je passe tranquille, cool ! Virage et re-grande ligne droite avec dâautres camions sur la route au loin. Jâavance un peu et un vĂ©lo de route passe dans le sens contraire et me dit que câest bouchĂ©, fuck ! JâhĂ©site, demi tour ? Je tente ? CâĂ©tait quâĂ 500m du coup je tente. La route a Ă©tĂ© gratĂ©e, yâa les gros engins pour refaire lâasphalte au loin, ça sâannonce mal. La route semble ĂȘtre mouillĂ©e, soit. Jâarrive au niveau des travaux, je vois avec les gars si je peux passer, sympa, ils me disent que ça le fait sur lâherbe. Par contre ils me disent que le mouillĂ© dans lequel jâai roulĂ© câĂ©tait de la colle, ah ! Je passe les travaux sur lâherbe (heureusement que je peux aller partout avec mon vĂ©lo) et mâarrĂȘte voir les dĂ©gĂąts que la colle Ă fait. Effectivement yâa plein de tĂąches blanches et noires sur le cadre et les sacoches, fuck ! Je me dĂ©pĂȘche dâen enlever une grosse partie avec mon chiffon Ă vĂ©lo avant que ce soit sec. Ăa ira comme ça, jâai dĂ©jĂ pris 30 min dans la vue, câest quâil y a de la route !
Je continue, gros vent de face, fait pas trĂšs beau, paysage moyen.
ArrivĂ© en dessous de Noirmoutier, ça se dĂ©gage, toute la piste cyclable dans la forĂȘt et la cĂŽte jusquâĂ mon camping est magnifique, je recommande !
Pause boulangerie avec tarte citron meringuĂ©e, enfin, jâĂ©tais en manque !
17h14, 102km dans les jambes, fier de moi, enfin le repos mĂ©ritĂ©, jacuzzi et massage ! Ătant prĂ©voyant jâavais appelĂ© dans la journĂ©e pour voir sâil y avait de la place. Jâarrive Ă la rĂ©ception, oui bonjour jâai appelĂ© tout Ă lâheure et vous mâavez dit quâil y avait de la place. ĂtonnĂ©e et ne se souvenant pas de la conversation elle me dit quâen fait le camping est plein, ah ! Je retourne sur le site web et lui montre... et bien en fait il y a plusieurs camping « bois soleil » et jâai pris le mauvais, Jean Michel Boulet. Bon jâai pas envie de refaire du vĂ©lo, jâappelle les campings Ă cĂŽtĂ©, tous complets. JâĂ©largis le champ de recherche et yâen a un Ă 5km qui a des places, ouf ! Du coup je reviens sur mes pas et peux installer ma tente pour dormir 12h au moins.
Bon, sur ce camping yâa la plage pas trop loin avec possibilitĂ© de louer des planches de surf ! Je vais rester 2 nuits mais je repartirai sans mon jacuzzi et mon massage.
AprĂšs seulement 11h de sommeil je peux commencer ma journĂ©e. Une fois le petit dĂšj englouti je me balade sur la plage et me renseigne sur la location de surf, ils ont juste des planches en mousse mais ça fera lâaffaire. Je continue ma balade et reviendrai cette aprĂšm pour surfer. Le vent souffle assez fort et il fait frais, Ă©tant pas mal fatiguĂ© la mise Ă lâeau risque de me rendre malade. MĂȘme aprĂšs le dĂ©jeuner et une petite sieste je sens quâaller surfer ne le fera pas, il me reste encore 8 Ă©tapes jusquâĂ Biarritz. Jâassure le coup et rentre par les dunes pour ĂȘtre moins exposĂ© au vent, en plus câest trĂšs joli. Jâaurai dâautres occasions dâaller Ă lâeau.
Le soir je retourne sur la plage et mange dans un petit snack. Le coucher de soleil arrive, la lumiĂšre est magnifique. Jâen profite pour faire quelques photos mais je rentre avant que le soleil ne croise lâhorizon car il faisait trop froid.Â
Avant de glander dans la tente jâenlĂšve mes lentilles pour mettre mes lunettes de vue. Impossible de les retrouver, je retourne toute la tente et toujours rien. Jâai sĂ»rement dĂ» les oublier aux sanitaires mais rien non plus. Je vais au resto, qui allait bientĂŽt fermĂ©, et demande sâils nâavaient pas trouvĂ© des lunettes. SauvĂ© ! Je suis soulagĂ© car jâaurai bien Ă©tĂ© embĂȘtĂ© (et jâai bien fait de ne pas ĂȘtre restĂ© jusquâau coucher de soleil sinon jâaurais trouvĂ© porte close). PremiĂšre fois que ça mâarrive en une vingtaine dâannĂ©e, faut croire que jâĂ©tais bien fatiguĂ©.
Aiguillon sur Mer, 75.27km
Cette journĂ©e de repos mâa fait du bien, je repars un peu plus frais et je sens que ça devient de plus en plus facile sur le vĂ©lo. Les pistes cyclables sont toujours aussi jolies. Câest fou le monde quâil y a ! La plupart sans valises sur le vĂ©lo mais quand mĂȘme. Toujours du beau temps et que du vent dans le dos aujourdâhui, câest pas mal ! Malheureusement pas de tarte citron disponible non plus aujourdâhui, est-ce quâune boulangerie Ă le droit dâexister sans tarte citron meringuĂ©e ?
Je me rends compte que je carbure pas mal en vĂ©lo en fait, je dĂ©passe pratiquement tout le monde. Et yâa pas un gen avec des valises comme moi qui mâa dĂ©passĂ©. Depuis le dĂ©but la moyenne est Ă 20,45km/h, instant fiertĂ©.
ChĂątelaillon-Plage, 79.16km
Câest reparti, ils annoncent la canicule pour aujourdâhui, on verra bien. Les kilomĂštres dĂ©filent et il nây a rien dâintĂ©ressant Ă se mettre sous la dent. Câest plat, longues lignes droites dans les champs, le soleil commence Ă taper, bref, câest chiant. Jâarrive Ă Marans, ma ville Ă©tape du dĂ©jeuner. Je pars Ă la recherche dâune boulangerie, premiĂšre fermĂ©e et dans la deuxiĂšme rien Ă manger de vĂ©gĂ©tarien, super ! JâachĂšte quelques fruits au marchand dâen face et retourne au resto que jâavais repĂ©rĂ© le long de la riviĂšre. CâĂ©tait assez bucolique et ça sera une galette. Ăa me permettra aussi dâĂȘtre un peu au frais Ă lâheure du midi.
La route nâest toujours pas trĂšs interessante et il fait vraiment chaud, je mâarrĂȘte toutes les 30 minutes pour me mettre de lâeau sur la tĂȘte. Jâarrive Ă La Rochelle, centre ville trĂšs mignon mais je ne mây attarde pas, jâai hĂąte de poser ma tente. Quelques kilomĂštres plus tard jâarrive au camping. Avec 32°C de moyenne et des pointes Ă 40, cette journĂ©e mâa bien tuĂ©e, je passerai 2 nuits sur place. Je suis toujours mon petit rituel de pause de tente, douche, lessive et Ă©tirements, ça marche plutĂŽt bien.
Je me lance en quĂȘte du diner, il fait toujours trĂšs chaud. Je trouve un resto qui a une salade vĂ©gĂ©tarienne bien garnie et variĂ©e, jâen ai un peu mare de manger tout le temps des pizzas et ou des quiches. Les options vĂ©gĂ© sont peu nombreuses et je me retrouve souvent Ă manger la mĂȘme chose.
Je reste sur la plage jusquâau coucher de soleil, il est magnifique et câest le premier que je vois depuis que je suis revenu en France, il Ă©tait temps !
Bien reposĂ© je mâen vais me balader dans le centre ville, ça tombait bien ce jour lĂ il y avait le marchĂ© ! Jâen profite pour acheter Ă manger aux producteurs du coup et me pose sur la plage pour lâaprĂšm. Premiere baignade depuis de le dĂ©but du trip ! Il nây a pas de vague ici mais câest quand mĂȘme plaisant.
Je reprends la route, les jambes vont vraiment bien.
Pause dĂ©jeuner Ă Rochefort, je trouve une boulangerie (avec tarte citron meringuĂ©e) et les gĂ©rants voient ma tunique et mon vĂ©lo puis commencent Ă discuter avec moi. Ils me disent quâils font le mĂȘme genre de trip Ă voyager lĂ©ger sur leur moto. Je leur montre mon itinĂ©raire et ils me conseillent de faire un crochet Ă Brouage (mais pas de papier), une ville fortifiĂ©e trĂšs sympa apparement. Je verrai si je suis dans les temps et ai encore assez de jus tout Ă lâheure.
Je me pose pour manger au bord de la Charente et Ă cĂŽtĂ© du bateau lâHermione. Une autre personne vient discuter avec moi et pause des questions sur mon vĂ©lo. Il est de la vieille Ă©cole et a fait du cyclocross, de la route etc. Le type de vĂ©lo Gravel nâexistait pas encore et sâinterroge lĂ dessus, trĂšs sympa.
Jâaurais pu couper par le pont Transbordeur mais je dĂ©cide de suivre la piste cyclable qui fait le dĂ©tour. Je nâai pas tant que ça de kilomĂštres Ă faire aujourdâhui et peut ĂȘtre que je tomberai sur des coins sympas. Bon, câĂ©tait des longues lignes droites dans les champs et rien dâintĂ©ressant mais au moins jâĂ©tais dans la nature sans voiture Ă me frĂŽler.
Je suis en avance sur le programme je fais donc une encoche Ă Brouage. Et bien câest trĂšs mignon ! Je laisse mon vĂ©lo dans un coin et fait le tour des remparts Ă pied.
ArrivĂ©e au camping, jâinstalle ma tente. Le spot pour les vĂ©los est Ă moitiĂ© sur une dune sous les arbres, trĂšs sympa. Je fais quand mĂȘme mes Ă©tirements mais ça ne me tire plus vraiment dans les jambes.
Je trouve un trĂšs bon resto le long de la mer avec des plats qui sortent de lâordinaire, impec !
Demain jâarrive dans les Landes, jâattends impatiemment ce moment, ça sera parfait !
Montalivet les bains, 76.77km
Aujourdâhui je passe donc de lâautre cĂŽtĂ© de la Garonne, je nâai pas pu surfer Ă Olonne sur mer, cette fois-ci je vais prendre plus de jours off pour profiter des vagues et du surf. AprĂšs tout câest aussi le but de mes vacances.
Je prends le bac de Royan au Verdon, les kilomĂštres sâenchainent facilement, mes jambes sont rodĂ©es maintenant.
Ă Soulac, jâavais loupĂ© la piste cyclable du coup je voulais la reprendre Ă lâentrĂ©e suivante. Je vois de loin un petit trottoir Ă monter, tranquille. Plus je mâapproche et plus je mâaperçois quâil y a en fait beaucoup de sable entre la route et le trottoir... jâarrive trop vite, ma roue avant nâa pas aimĂ©e, elle se bloque dans le sable et câest le vol planĂ© au dessus du vĂ©lo. Une famille ayant vu la chute, apparemment impressionnĂ©e par la violence du choc, me demande si ça va. Rapide check up, je me relĂšve, tout Ă lâair de fonctionner, je leur rĂ©ponds donc que tout va bien. Jâexamine mon vĂ©lo, la selle nâĂ©tait plus dans son axe, quelques Ă©gratignures, les roues ne sont pas voilĂ©es, rien de mĂ©chant, tout va bien. Check up un peu plus complet de mes blessures, je suis tombĂ© sur lâĂ©paule droite et la tĂȘte. JâenlĂšve mon tee-shirt, en effet sur lâĂ©paule droite câest bien Ă©gratignĂ©, un peu sur le coude et sur la main. Je dĂ©sinfecte de suite avec du gel hydroalcoolique, aie, ça pique. Le casque Ă pris cher, heureusement que je lâavais !
20km avant 2 jours de repos, ça ne fera pas de mal aprĂšs cette chute. Je remets la selle droite et câest reparti. Jâarrive toujours Ă pĂ©daler mais je suis toujours un peu sonnĂ© dâĂȘtre tombĂ© sur la tĂȘte. Lorsque que jâavance un clic se fait entendre Ă chaque tour de pĂ©dalier, nây prĂȘtant pas attention au dĂ©but, je me rends compte que le grand plateau est tordu et touche le dĂ©railleur, dâoĂč les cliquetis. Câest pas trop gĂȘnant pour le moment, jâai ramenĂ© mes outils de MacGyver, je devrai pouvoir rĂ©parer ça une fois arrivĂ© au camping.
Il y a toujours des places, on mâaccompagne Ă mon emplacement. PremiĂšre chose, rĂ©parer le plateau. Je sors ma pince et essaye de le tordre dans lâautre sens. AprĂšs plusieurs essais jâarrive Ă le remettre plus ou moins droit, câest pas parfait mais jâajusterai ça plus tard.
Câest reparti pour planter la tente, maintenant câest les doigts dans le nez, je connais la procĂ©dure. Un fois que tout est installĂ© je me penche dans la tente pour prendre mes affaires de toilettes, oula, petite douleur Ă la cĂŽte, rien de mĂ©chant mais Ă surveiller.
Lâestomac gargouille, je pars en quĂȘte dâun festin. Jâen profite pour me balader un peu dans la ville et trouve un bon resto.
Bon cette chute mâa mis un coup au moral quand mĂȘme. Les douleurs disparaitront pas du jour au lendemain. Je la joue soft pour aujourdâhui, repos, plage et baignade mais pas de surf.
AprĂšs plusieurs essais je finalise la rĂ©paration de mon grand plateau, ça nâest pas tout Ă fait droit mais ça fera lâaffaire. Je vais faire quelques kilomĂštres jusquâĂ la plage pour tester et au pire jâirai au magasin de vĂ©lo.
Je pars au centre ville, le grand plateau ne fait plus de bruit, parfait ! Ayant marre de manger tout le temps la mĂȘme chose dans les boulangeries (sauf la tarte citron bien sĂ»r), je pars Ă la recherche dâalternatives. Je trouve dans les supermarchĂ©s des cĂ©rĂ©ales / quinoa / whatever prĂ©cuit Ă rĂ©chauffer. Ăa pourrait ĂȘtre pas mal Ă©quilibrĂ© et apporter une bonne quantitĂ© de calories, mais je nâai pas de micro-ondes⊠je tente quand mĂȘme. Et bien mĂȘme si ça doit ĂȘtre meilleur chaud ça se mange bien, je pense que je vais adopter cette stratĂ©gie pour les prochains jours et me ferai une boulangerie de temps en temps.
Repus je mâen vais Ă la plage. Dans les vagues je sens quâil y a quelque chose qui bloque au niveau de la cĂŽte. Je ne peux mĂȘme pas faire de body surf. Bon, ça ne me fait pas plus mal que ça, mais on ne va pas trop forcer.
La nuit et la fatigue arrive de mĂȘme que la psychose. Dans la tente avec des interrogations sur lâĂ©tat de ma cĂŽte je me fais des films. Est-ce que câest grave ? Et si je dois voir le docteur ? Faire des radios ? ArrĂȘter mon trip ? JâĂ©tablis un plan pour un Ă©ventuel scĂ©nario catastrophe du lendemain (si je dois aller voir le mĂ©decin, qui appeler, oĂč aller Ă©tapes par Ă©tapes, etc.) et arrive enfin Ă me calmer puis Ă mâendormir.
Les douleurs sont toujours lĂ mais le moral est remontĂ© et la fatigue a diminuĂ©e. Ă mon plus grand regret jâabandonne lâidĂ©e de faire du surf pour me reposer, jâespĂšre que dans 3 jours, quand je serai au Vieux Boucau, mon Ă©tat se sera amĂ©liorĂ© et que je pourrai aller Ă lâeau.
Le soir je pars faire des photos du coucher de soleil sous les pins et sur la dune, magnifique !
Le plan catastrophe nâa pas Ă©tĂ© utilisĂ©.
Andernos-les-Bains, 93.19km
Maintenant que les automatismes sur le vĂ©lo et au camping sont acquis, je vais pouvoir utiliser lâĂ©nergie supplĂ©mentaire pour faire plus de photo et vidĂ©o, et pourquoi pas un vlog avec des gens rencontrĂ©s sur la route ?
Ă part quand je respire profondĂ©ment je ne sens pas la cĂŽte, ces deux jours de repos mâont fait du bien. Les jambes sont de plus en plus facile, je passe par des tous petits chemins sinueux dans la forĂȘt, le ciel est bleu, il y a lâodeur des pins que jâadore, câest pour ces moments lĂ que ça vaut le coup dâen chier pendant des heures !
Mon camping est juste au bord du bassin dâArcachon, la journĂ©e continue dâĂȘtre belle, jâen profite pour prendre des photos du coucher de soleil.
Sainte-Eulalie-en-Born, 98.30km
MalgrĂ© une bonne nuit je sens ma cĂŽte dĂšs mon rĂ©veil, ça ne me fait pas plus mal que ça mais câest embĂȘtant. Ils annoncent canicule aujourdâhui mais je me dis quâen mâhydratant bien ça devrait le faire.
La forme nâest pas au rendez-vous Ă cause la cĂŽte mais je gĂšre quand mĂȘme. Je passe par la dune du Pilat, ça monte et ça descend, la pause dĂ©jeuner un peu aprĂšs est la bienvenue. De retour sur la piste cyclable, malgrĂ© lâombre des pins on sent le vent chaud.
ArrivĂ© Ă Biscarosse mon itinĂ©raire planifiĂ© me fait passer par la route, je regarde celui de la piste cyclable. Ăa me rajoute une petite dizaine de kilomĂštres, ça grimpe pas mal mais ça a lâair super joli. AprĂšs avoir hĂ©sitĂ© quelques minutes, lâidĂ©e de rouler Ă cĂŽtĂ© des voitures ne me fait guĂšre envie et mes jambes tiennent toujours, je choisis donc la piste cyclable dans la nature. Je traverse la forĂȘt, le parcours est magnifique comme promis mais je ne suis pas mĂ©content dâarriver au lac pour une pause, câĂ©tait dur avec cette chaleur.
Pas le temps de se baigner il me reste encore 30km. Fini la forĂȘt on passe en plaine avec des longues lignes droites. Câest chiant, il fait entre 38 et 40°C, le vent est brulant, câest la souffrance. Je mâarrĂȘte rĂ©guliĂšrement pour mâhydrater, lâeau est brĂ»lante, je pourrais y mettre une tisane nuit tranquille sans problĂšme. 10km, jâen vois pas le bout. ExtĂ©nuĂ© jâarrive au camping, vient maintenant la question : est-ce quâil reste de la place ? Oui, heureusement sinon je me serais Ă©croulĂ© par terre. Instant fiertĂ©, mĂȘme dans la souffrance je suis arrivĂ© Ă faire presque 100km Ă 21,70km/h de moyenne, plutĂŽt pas mal.
Je mâinstalle, je mâhydrate et une fringale monumentale arrive, jâai jamais mangĂ© un paquet de pistaches aussi rapidement. Je vais au resto pour le diner, ça va mieux.
Le coucher de soleil est magnifique sur le lac. Pas de vent, lâeau comme un miroir. Dilemme, je vais me coucher ou je vais prendre des photos ? Câest vraiment trop joli, je ne peux pas louper ça.
Jâavais prĂ©vu de faire 70km jusquâau Vieux Boucau le lendemain mais aprĂšs cette journĂ©e ça ne sera pas possible, je change mon plan dĂ©cide de nâen faire que 36. Du coup je ferai mon voyage en 13 Ă©tapes au lieu de 12.
Enfin arrive lâheure de dormir, ma cĂŽte me fait trĂšs mal, la douleur se propage sur tout le cĂŽtĂ© gauche du thorax, est-ce que le coeur est touchĂ© aussi ? Tellement au niveau zĂ©ro des batteries que je me fais une psychose XXL. Jâen suis arrivĂ© Ă en avoir peur de mâendormir car je nâĂ©tais pas sĂ»r de me rĂ©veiller le lendemain matin. JâĂ©tabli un nouveau plan catastrophe et arrive Ă me calmer. Je mâendors aprĂšs plus dâune heure Ă tergiverser. Deux heures plus tard je me rĂ©veille pour aller aux toilettes #hydratation. Jâai repris quelques forces, je suis soulagĂ©, mon heure nâest pas encore venue.
Bizarrement jâai rĂȘvĂ© que je me mariais, je sais pas avec qui, câĂ©tait une galĂšre sans nom mais il faisait beau, le lieu Ă©tait magnifique, sur le bord de mer rocailleux avec lâeau bleue pĂ©tante et jâavais le sourire. Soit.
Vers 10h je sens que mĂȘme 36km seront de trop. Je me dirige vers la rĂ©ception pour savoir si je peux prolonger dâune nuit mais je trouve porte close. Quelques minutes plus tard la rĂ©ceptionniste arrive et je peux Ă©tendre mon sĂ©jour, je suis soulagĂ©.
Il fait toujours chaud, du coup pendant toute la journĂ©e je reste au bord du lac et fait lâĂ©toile de mer sous les arbres, immobile. Ăa tombe bien ma cĂŽte ne se fait plus sentir sans bouger. Une petite baignade pour se rafraichir est pas mal aussi. Aux heures de repas jâavale des quantitĂ©s astronomiques de nourriture, ça fait du bien.
Le coucher de soleil est moins bien que la veille, jâai bien fait de faire des photos hier.
AprĂšs les derniĂšres pĂ©ripĂ©ties une courte journĂ©e sera la bienvenue. Pas trop de kilomĂštres et je pourrai profiter de lâocĂ©an lâaprĂšs-midi avec toujours un espoir de surfer.
Les jambes vont toujours bien mais la cĂŽte câest de pire en pire. Le parcours est sympa. Pendant 5km jâai roulĂ© avec un groupe de cycliste. Je me suis cru dans le Tour de France, câĂ©tait cool.
Une fois installĂ© je mâen vais pour visiter les lieux et me baigner. Un petit test en body surf pour voir lâĂ©tat de la cĂŽte, et bien non, ça fait trop mal. Je fais donc la crevette sur la plage le reste lâaprĂšs-midi et abandonne dĂ©finitivement lâidĂ©e de surfer durant mon sĂ©jour. Jâsuis dĂ©goĂ»tĂ©.
Les douleurs ne sâamenuisent pas jâĂ©tudie donc les possibilitĂ©s pour Ă©courter le voyage, je ne prends plus vraiment de plaisir. Jâaimerai bien abandonner mais il me faut une housse pour mettre mon vĂ©lo dans le train (que je nâai pas) et les magasins les plus proches sont Ă Biarritz, 100km.
De toutes les options et la moins pire est de finir mon parcours. Je me motive en me disant que ce sera un bon test pour savoir si je suis capable dâendurer des os surement cassĂ©s si dans une future aventure je suis vraiment coincĂ© au milieu de nul part. LĂ au pire, si ça ne va vraiment pas, je peux toujours appeler une ambulance Ă la rescousse.
Encore un coucher de soleil magnifique, forcément je fais des photos.
Ici Ă©galement jâarrive Ă prolonger mon sĂ©jour dâune nuit pour mâaccorder un dernier jour de repos avant les deux derniĂšres Ă©tapes jusquâĂ Biarritz. Je me repose au maximum en faisant le minimum de mouvement. Je suis dans ma bulle, concentrĂ© sur mon objectif final. LĂ aussi je fais une croix sur la possibilitĂ© de faire des rencontres et partager des moments. Toute mon Ă©nergie part dans la rĂ©cupĂ©ration et je ne peux pas me permettre dâen perdre (ça me demande beaucoup dâĂ©nergie Ă rencontrer des gens).
Cette nuit câĂ©tait les orages qui grondait, jâai aussi entendu ma cĂŽte craquer, yâa dĂ©finitivement quelque chose. Jâai repĂ©rĂ© la position dans laquelle ça craque, je vais lâĂ©viter histoire que le peu de rĂ©tablissement que jâai soit maintenu. Je sens assez fortement ma cĂŽte pendant 3/4h - 1h et puis ça devient acceptable. La nuit passe, jâai toujours des douleurs et jâespĂšre que ça tiendra pour la journĂ©e.
Je me lance, 70km Ă faire sans avoir la certitude dâarriver au bout mais je suis concentrĂ© sur mon objectif. Les jambes vont bien, 25km/h de moyenne sur les 30 premiers kilomĂštres. Je sais quâil ne faut pas que je traine pour limiter lâimpact sur ma cĂŽte mais je deviens impatient et commence Ă faire nâimporte quoi sur la route. Ă ĂȘtre mĂ©chant avec les gens sur la route quand ils ne suivent pas les rĂšgles. Je fais donc une pause avec encas pour me calmer.
Jâarrive Ă LĂ©on pour me restaurer et refaire le stock de doliprane au cas oĂč la cĂŽte me fasse trop mal. Une fois repus et je fais une petite sieste/mĂ©ditation pour recharger les batteries. Bonne idĂ©e.
Lâheure nâest pas Ă faire le touriste, ni prendre des photos ou vidĂ©os. Je vois dĂ©filer toutes ces plages que je ne pourrai pas foulerâŠ
DeuxiĂšme petite sieste/mĂ©ditation sous les pins, cette fois-ci jâai vraiment dormis tout en ayant lâimpression dâĂȘtre restĂ© conscient, soit. Les batteries ont eu un bon coup de charge.
Je mâarrĂȘte sur le passage Ă Hossegor pour acheter le diner et le petit dĂ©jeuner. Comme ça je minimise lâĂ©nergie dĂ©pensĂ©e et une fois arrivĂ© au camping tout sera organisĂ©, jâaurai juste Ă planter ma tente, prendre une douche et manger.
23,7km/h de moyenne, jâai rĂ©ussi mon paris et ai mĂȘme fait mieux de ce que je pouvais imaginer. Plus quâune Ă©tape, 30km restant. Je prĂ©vois un dĂ©part Ă 10h pour arriver Ă la gare dans les dĂ©lais, mon train est Ă 13h56. Lâheure nâest plus Ă faire le touriste (mĂȘme si jâaurais bien aimĂ©), lĂ jâai juste envie de rentrer et ne plus rien faire.
Mardi 11 aoĂ»t, je donne mes derniĂšres forces, je remballe tout le matĂ©riel et je pars Ă 10h pĂ©tante. Jâai 21km jusquâau DĂ©cathlon pour acheter la housse, 10 de plus pour aller Ă la gare. Je passe quand mĂȘme Ă la grand plage pour respirer lâair marin et faire une photo pour la postĂ©ritĂ©. Je retrouve le trafic routier et le stress de la ville, jâĂ©tais quand mĂȘme mieux sous les pins.
13h, jâai la gare en vue, je fais un stop Ă la boulangerie pour mon dĂ©jeuner et achĂšte une tarte citron meringuĂ©e pour fĂȘter mon exploit (tous les prĂ©textes sont bons). Spoiler, elle Ă©tait pas trĂšs bonne. Je foule le carrelage de la gare, jâai rĂ©ussi ! Quelques larmes de soulagement sâĂ©chappent mais tout nâest pas encore terminĂ©, transporter mon vĂ©lo dĂ©montĂ© avec une cĂŽte mal en point ne sera pas une partie de plaisir.
Pour minimiser les efforts de portage je rentre dans le TGV avec le vĂ©lo montĂ© est compte le mettre en piĂšce une fois Ă lâintĂ©rieur. Le contrĂŽleur me voit et me dit que ça ne sera pas possible de monter avec mon vĂ©lo car il nây a pas de place. Je lui explique la situation en lui disant que je le dĂ©monterai une fois rentrĂ© et que jâai la housse dans mon sac. Câest bon je suis autorisĂ© Ă aller Ă bord. Quelques sauts de sueur plus tard le vĂ©lo est dans sa housse au niveau des emplacements bagages, je suis en rĂšgle monsieur lâagent.
Il faudrait que je me repose mais je nâarrive pas Ă fermer lâoeil, je suis concentrĂ© sur mon prochain objectif, changer de TGV Ă Paris. Quelle sera la solution utilisant le moins dâĂ©nergie possible ? Ma premiĂšre idĂ©e est de remonter le vĂ©lo dans le train une trentaine de minutes avant lâarrivĂ©e, ça sera plus facile Ă transporter et le poids des sacoches restera sur le vĂ©lo. Un peu aprĂšs le dĂ©part le contrĂŽleur annonce que nous auront 30 minutes de retard Ă cause des fortes chaleur. Fuck, comme sâil fallait que le destin en rajoute une couche, ça me laissera moins de 10 minutes pour changer de train. Jâabandonne lâidĂ©e de remonter le vĂ©lo, il va falloir que je sois vif et jâaurai plein de gens dans les pattes pour le rĂ©-assembler. AprĂšs un peu de rĂ©flexion je trouve le plan. Je vais accrocher les sacoches sur mon sac Ă dos pour avoir les mains libres (mais bonjour la souffrance de la cĂŽte) et je porterai le vĂ©lo dans la housse⊠en courant vers lâautre TGV.
Dernier effort, je nâai pas vraiment envie dâattendre encore 1h30 de plus Ă Montparnasse pour le prochain train, je tente le coup. Le terminus est Ă lâapproche, je me prĂ©pare largement Ă lâavance histoire dâĂȘtre dans les premiers Ă sortir. Le vĂ©lo est Ă cĂŽtĂ© de la porte, les sacoches sont attachĂ©es au sac, en le mettant sur mon dos je sens que la cĂŽte est prĂȘte Ă lĂącher. Je change de position et lâenfile doucement. Paris, ici Paris, je sors et me prĂ©cipite vers la voie 4, par chance câest juste Ă cĂŽtĂ©. Je passe les portiques tant bien que mal, le sac est lourd, les sacoches bougent dans tous les sens mais jâarrive Ă ma voiture dans les temps. Je rentre Ă lâintĂ©rieur du train, ce nâest pas ma place mais je vois un carrĂ© libre Ă lâentrĂ©e. Il nây a pas de place dans la zone bagage, je pose donc mon vĂ©lo sur un cĂŽtĂ© du carrĂ© et moi de lâautre. Je suis extĂ©nuĂ© et ai encore remplis quelques sauts de sueur. Le train part dĂ©jĂ .
Le but nâest plus trĂšs loin. Je nâarrive toujours pas Ă dormir mais jâai deux beaufs Ă cĂŽtĂ© qui font le spectacle pendant le trajet. Vannes, ici Vannes. Jâaperçois mes parents et mon parrain (qui est venu faire une petit tour en Bretagne), je peux enfin lĂącher du leste. Au sens propre comme au sens figurĂ©, je nâai plus tout Ă gĂ©rer tout seul, enfin !
Mercredi 12 aoĂ»t, câĂ©tait la canicule, 30°C dans la chambre toute la nuit. CâĂ©tait pas top pour se reposer. Heureusement que jâai plus trop Ă pĂ©daler.
Maintenant jâaimerai bien savoir ce quâil y a Ă ma cĂŽte. Je vais donc voir le mĂ©decin et il me fait une ordonnance pour une radio. Impossible dâavoir un rendez-vous avant fin aoĂ»t, what ? JâĂ©largis le champ de recherche des cabinets de radiologie et trouve une place libre le mardi Ă Hennebont. Ăa fait une peu de route et est encore dans une semaine mais câest le mieux que je puisse faire.
Pendant ce temps lĂ je me repose. Jâai vraiment une grosse fatigue et je ne peux pas dormir autant que jâaimerai. Ă cause de la cĂŽte je ne peux mâallonger que sur le dos, autrement câest trop douloureux. Au bout dâun moment, Ă force dâĂȘtre tout de le temps dans le mĂȘme position jâen ai marre et il faut que je me lĂšve.
Dâhabitude je suis tout de suite Ă remonter mon vĂ©lo, mais ça attendra le jeudi aprĂšs-midi le temps de rĂ©cupĂ©rer des forces. De mĂȘme pour refaire mes petits plats vĂ©gĂ© et trier mes photos, je nâaurai la motivation que le lundi, 6 jours aprĂšs ĂȘtre rentrĂ©. Ce mĂȘme lundi jâai enfin pu dormir sur un cĂŽtĂ©, je sens que la forme revient petit Ă petit.
Mardi, lâheure de vĂ©ritĂ©. Verdict du radiologue : fracture non dĂ©placĂ©e de lâarc antĂ©rieur de la 9e cĂŽte gauche. Content de mettre des mots sur cette douleur, jâaurais fait 350km avec une cĂŽte cassĂ© quand mĂȘme.
1 mois et une dizaine de jours plus tard, une chute supplĂ©mentaire et un rhume je suis enfin remis de ce voyage. Ăa nâaura pas Ă©tĂ© une mince affaire !
Câest dur mais ça vaut le coup.
Les 6 premiĂšres Ă©tapes mâont permis la montĂ©e en puissance de mon corps sur les longues distances. Jâai aussi testĂ© mon matĂ©riel de camping et trouvĂ© les arrangements qui conviennent le mieux. Car câĂ©tait une premiĂšre pour pratiquement tout en fait. Malheureusement la chute a plombĂ©e toute la deuxiĂšme partie de mon voyage et toutes mes attentes de surf et de rencontre. Mais je suis quand mĂȘme fier dâavoir rĂ©ussi mon principal objectif dans ces conditions.
Les autres choses que jâai remarquĂ© :
TrĂšs important pour moi de manger un petit dĂšj avant de faire quoi que ce soit et ne pas avoir de coup de mou
Pas Ă©vidant de trouver la bonne dose pour la nutrition. Les jours de pauses jâavais toujours aussi faim, mais pas simple de trouver des bons trucs vĂ©gĂ© sans partir sur la grosse couche de fromage. Ă la fin jâavais trouvĂ© un compromis pas trop mal avec ces sachets vĂ©gĂ©, un peu de fruits et de graine.
Le camping câest bien mais Ă monter et dĂ©monter le matĂ©riel chaque jour + lavage des affaires, tu te prends 2h dans la vue Ă chaque fois. Ăa fait comme si tu faisais 30km de plus. Ă prendre en compte dans le calcul de lâitinĂ©raire
Je suis toujours le dernier des vélos à partir du camping
Câest assez Ă©puisant de changer ses repĂšres tous les jours, retrouver un endroit pour manger (mon pire ennemi), nouvelles tĂȘtes, appeler les campings (jâaime pas appeler) et redĂ©finir le parcours en fonction des disponibilitĂ©s, cuvette des chiottes diffĂ©rentes, etc.
Câest formidable cette sensation de libertĂ© Ă pĂ©daler en plein milieu de la nature avec des paysages magnifiques
Faire une vraie vidĂ©o du trip, peut ĂȘtre faire moins de kilomĂštres pour pouvoir avoir le temps et lâĂ©nergie de tout tourner
Avec dâautres gens, se rĂ©partir les tĂąches inhĂ©rentes au voyage, partager des moments et profiter du paysage
Choses que je nâai pas utilisĂ©
Le maillot de bain pour piscine. Dans tous les campings il y avait des piscines mais au final ça ne mâattire plus vraiment, je prĂ©fĂšre lâocĂ©an
Le trĂ©pied. Ăa aurait pu ĂȘtre utile pour prendre des photos et/ou vidĂ©os de moi avançant sur le vĂ©lo, mais je nâavais plus assez dâĂ©nergie pour Ă©laborer tout ça
Jâavais hĂ©sitĂ© Ă prendre mon reflex pour mon petit trip, pour des raisons de poids (3kg en plus sur le dos) et de sĂ©curitĂ© (pas vraiment dâendroit oĂč le ranger de maniĂšre sĂ»re). Et bien je ne regrette pas, dâune part jâai toujours lâappareil photo et jâaurais regrettĂ© de ne pas avoir pu prendre toutes ces photos : https://lilomoino.fr/evenement/bikepacking-de-vannes-a-biarritz-ete-2020 (et dâautres sont Ă venir !)
Durant tout le voyage je nâai eu aucun problĂšme dâĂ©quipements. Voici la liste pour les intĂ©ressé·e·s :
Vélo : Cannondale Topstone Carbon Ultegra RX 2 https://www.cannondale.com/fr-fr/bikes/road/gravel/topstone-carbon/topstone-carbon-ultegra-rx-2
Premier vĂ©lo âproâ. Jâai senti directement la diffĂ©rence avec ceux que jâavais utilisĂ© auparavant. TrĂšs satisfait de mon investissement.
Pédales : SHIMANO XT PD-T8000 https://bike.shimano.com/fr-FR/product/component/deorext-t8000/PD-T8000.html
Un cĂŽtĂ© automatique un cĂŽtĂ© plate. Comme jâutilise aussi mon vĂ©lo dans la vie de tous les jours, je nâai pas besoin de changer les pĂ©dales ou de mettre les chaussures automatiques pour aller chercher du pain
Cuissard : LEBRAM AGNEL http://www.lebram.fr/portfolio-item/cuissard-homme-agnel-noir/
Pas vraiment dâexpĂ©rience avec dâautres cuissards mais celui mâa permis de faire les 1000km sans problĂšme
Chaussures : SHIMANO SH-XC500SL
Pareil, pas vraiment dâexpĂ©rience avec dâautres chaussures mais celle lĂ me permettent aussi de marcher quelques kilomĂštres tout en ayant du orange
Sac Ă dos : Ortlieb Atrack 35L https://www.ortlieb.com/atrack+R7052
Un peu lourd mais parfait
GPS : Wahoo Elemnt Bolt https://fr-eu.wahoofitness.com/devices/bike-computers/gps-elemnt-bolt
Parfait compromis entre poids, taille, prix et fonctionnalitĂ©s. Il me permet dâaller partout oĂč je veux sans avoir le super Ă©cran LCD de la mort qui tue
Préparation des itinéraires : https://www.komoot.fr
Site web (pour la préparation) et app mobile (sur la route pour rectifier les itinéraires si besoin) avec synchronisation automatique sur le GPS
Sac de selle : Ortlieb Seat Pack 16.5L https://www.ortlieb.com/seat-pack+F9901
Pour mettre tous les vĂȘtements
Sac de cadre : Ortlieb Frame pack 4L https://www.ortlieb.com/frame-pack+F9971
Pour mettre tous les outils du vélos et piÚces de rechange, un peu de nourriture de temps en temps
Sac de guidon : Ortlieb Handlebar Pack 15L https://www.ortlieb.com/handlebar-pack+F9921 + Ortlieb Accessory Pack https://www.ortlieb.com/accessory-pack+F9951
Toutes les affaires de camping
Sacoche tube : Restrap BOLT-ON TOP TUBE BAG https://eu.restrap.com/products/bolt-on-top-tube-bag
Parfait pour mettre le téléphone, le masque, le gel hydroalcoolique et quelques snacks
Tente : Big Agnes Copper Spur HV UL2 Bikepack https://www.bigagnes.com/Copper-Spur-HV-UL2-Bikepack + Big Agnes Copper Spur HV UL2 Bikepack Footprint https://www.bigagnes.com/Copper-Spur-HV-UL2-Bikepack-Footprint
Facile Ă installer une fois quâon connait un peu la procĂ©dure, plein dâespace et de rangement. Je nâai pas eu lâoccasion de la tester sous une forte pluie, peut ĂȘtre que lâeau passe si ça dure longtemps. Le footprint est bien pratique, ça permet de poser les chaussures et autres en dehors de la tente sans que ce soit sur le sol. Plus ça rajoute une Ă©paisseur si le sol est mouillĂ©
Matelas : Sea To Summit Ultralight Insulated Regular https://seatosummit.com/product/ultralight-insulated-mat/
Je nâai pas pris la taille au dessus pour Ă©conomiser un peu de poids et de place, mes pieds dĂ©passe un peu mais ça ne mâa pas dĂ©rangĂ©. MalgrĂ© la finesse du matelas jâai bien dormis pendant ces 18j de voyage. Ă regonfler chaque nuit mais se fait trĂšs facilement et rapidement.
Coussin : Sea To Summit Aeros UL Deluxe https://seatosummitusa.com/collections/inflatable-camping-pillows/products/aeros-ultralight-deluxe-pillow
Sac de couchage : Sea to Summit Spark 1 SpI Down Long https://seatosummit.com/product/spark-sleeping-bag-spi/
LĂ jâai pris ma taille, trĂšs bien, trĂšs compact par contre je transpire pas mal dedans
Batterie externe : X-Moove Powergo Flash 15000 http://www.x-moove.com/Powergo-Flash-15000
Avec ses multiples port, parfait pour recharger simultanĂ©ment le tĂ©lĂ©phone, le GPS, les lumiĂšres et lâappareil photo sans avoir Ă recharger la batterie tous les jours (Heureusement que je ne dois pas recharger lâappareil photo tous les jours car il pompe la moitiĂ©)