Paris, Gare Montparnasse, photo de l'accident du mardi 22 octobre 1895 prise le vendredi 25 octobre
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Paris, Gare Montparnasse, photo de l'accident du mardi 22 octobre 1895 prise le vendredi 25 octobre
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Remedios Varo, La rencontre (1962)
Encounter by Remedios Varo, 1959
Rencontre (détail) --- > | --- >
« âLe nirvĂąna, oui, mais pas sans cafĂ©.â Nous avons tous quelque manie qui nous empĂȘche d'accepter sans restriction le bonheur suprĂȘme. »
Emil Cioran, Aveux et anathĂšmes, Ćuvres, Quarto p. 1669
Maria Magdalena in Meditazione - Jusepe de Ribera, 1623.
« Quiconque veut laisser une Ćuvre nâa rien compris. Il faut apprendre Ă sâĂ©manciper de ce quâon fait. Il faut surtout renoncer Ă avoir un nom, et mĂȘme Ă en porter un. Mourir inconnu, câest peut-ĂȘtre cela la grĂące. » Emil Cioran, Cahiers 1957-1972, p. 509
« Seul un inconnu peut communiquer avec Dieu. Les hommes ne s'interposent pas entre lui et l'objet de ses priĂšres. Les avantages de l'anonymat sont immenses⊠Ătre inconnu des hommes, c'est n'avoir pas d'obligations Ă leur Ă©gard, c'est vivre sans responsabilitĂ©s, c'est-Ă -dire Ă mĂȘme de disparaĂźtre dans l'essentiel. » Emil Cioran, Ibid., p. 918
« Si nous pouvions ressentir une voluptĂ© secrĂšte chaque fois quâon ne fait aucun cas de nous, nous aurions la clef du bonheur. »
Emil Cioran, Cahier de Talamanca, 1966, p. 40
Le miroir des autres (texte ici --- >)
Il y a ce besoin sourd, tenace, de compter dans le regard d'autrui â d'exister non pas seulement pour soi, mais confirmĂ©, validĂ©, reconnu par un Ćil extĂ©rieur. On voudrait qu'on nous voie enfin tels qu'on s'imagine ĂȘtre : dignes, capables, aimĂ©s. Alors on soigne les mots, on polit les gestes, on tend vers cette image idĂ©ale qu'on espĂšre mĂ©riter.
Mais ce dĂ©sir a un revers silencieux. Chercher sa valeur dans les yeux des autres, c'est accepter de vivre suspendu Ă un verdict qui n'est jamais nĂŽtre. C'est confier les clĂ©s de son estime Ă des mains Ă©trangĂšres, capricieuses, parfois indiffĂ©rentes. Et pourtant â on ne peut pas s'en dĂ©faire entiĂšrement. Nous sommes des ĂȘtres de lien ; le regard de l'autre nous façonne autant qu'il nous menace.
Peut-ĂȘtre la vraie tĂąche n'est pas de fuir ce dĂ©sir, mais de le dĂ©sarmer doucement â de continuer Ă vouloir ĂȘtre vu, tout en refusant que ce regard dĂ©cide, seul, de ce que nous valons.
@alonespirit666 (merci)... et aussi, du mĂȘme auteur --- > Entre Augustin et Thomas d'Aquin
Lee Chang-Dong, Burning
âJe ne me pardonne pas dâĂȘtre nĂ©. Câest comme si, en mâinsinuant dans ce monde, jâavais profanĂ© un mystĂšre, trahi quelque engagement de taille, commis une faute dâune gravitĂ© sans nom. Cependant il mâarrive dâĂȘtre moins tranchant : naĂźtre mâapparaĂźt alors comme une calamitĂ© que je serais inconsolable de nâavoir pas connue.â
Emil Cioran, De lâinconvĂ©nient d'ĂȘtre nĂ©, folio p. 22
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Joachim Trier, Julie (en 12 chapitres). Critique ici --- > (extrait) > "Julie adore le cunnilingus [sic] avec un homme Ă plat ventre allongĂ© entre ses cuisses [...] ! Et en ce qui concerne la fellation, Julie Ă©crit justement sur un blog pour dĂ©crire comment elle aime faire une fellation en apprĂ©ciant [...] une verge demi-molle en bouche ! [...] Julie [...] aime regarder la verge dâun homme quand il urine ! La rĂ©ciproque est vraie puisque [...] Julie nâhĂ©site pas Ă aller aux toilettes devant un homme en baissant sa culotte pour le laisser voir et entendre son jet dâurine [...] !"
âJe plongerai ma tĂȘte amoureuse d'ivresse Dans ce noir ocĂ©an oĂč l'autre est enfermĂ©â.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, âLa chevelureâ (extrait)
Mélancolie -1876
Odilon Redon
« Tout ce que nous disons, que nous ne sachions le dire ou que nous croyions le dire, est au service de l'inconnu qui fait signe en nous. C'est cet inconnu qui est en nous plus que nous que Socrate se mit Ă appeler daimĂŽn. Sur le Dieu de Socrate veut dire : Du Dieu inconnu. De deo Socratis veut dire De deo ignoto. J'ignore ce que je fais. Je ne comprends pas clairement ce que je suis en train d'Ă©crire. J'hĂ©site devant ce que je rĂȘve. Je sais aussi ne pas savoir. Un dĂ©mon inconnu me parle. Quelque chose se tient parfois au-dessus de mon Ă©paule. J'entends des voix qui n'ont jamais existĂ© et je les note. Je ne puis renoncer Ă ces visitations qui me laissent toujours plus seul et qui m'Ă©loignent toujours davantage des dieux de la citĂ©. »
Pascal Quignard, préface à : Apulée, Le démon de Socrate - De deo Socratis
â« Je fais peu de cas de quiconque se passe du PĂ©chĂ© originel. J'y ai recours, quant Ă moi, dans toutes les circonstances, et, sans lui, je ne vois pas comment j'Ă©viterais une consternation ininterrompue. »
Emil Cioran, Aveux et anathĂšmes, Ćuvres Quartoâ p.â 1646-1647