Les ouvertures de Pilar Garcia
Pilar Garcia est une artiste qui se caractérise par son ouverture.
Ouverture de son œuvre aux autres arts : gravure bien sûr, mais aussi peinture et tous les arts visuels. Elle joue avec ces différentes aventures potentielles pour faire œuvre. Elle travaille aussi l’écriture, ou plutôt les écritures avec lesquelles elles jouent comme avec d’autres cultures ; avec elle, l’écriture fait image.
Et il y a aussi son ouverture aux autres cultures : d’une part toutes celles du Bassin Méditerranéen, à la fois pour confronter les œuvres et aller vers la paix ; d’autre part celles de l’Amérique latine.
Elle se nourrit de tout et joue avec image et dessin. Elle trafique l’image
L’image de ses travaux existe à la fois réellement et en puissance, mais sa consommation n’est pas négation. Avec elle, toute détermination n’est pas une négation, dans la mesure où son actualisation n’interdit en rien d’autres actualisations, voire la réactualisation de la même image ; le trajet n’interdit pas les autres trajets. Ses gravures permettent des trajets d’oeuvres. L’image n’est plus pensée en fonction d’elle-même, mais par rapport à son déploiement et la série d’images dont elle dépend. Elle n’est plus objet, elle appelle un trajet, voire un projet dans le cas de la création. Le récepteur joue alors un rôle décisif : avec l’image, le producteur est le maître, mais il partage cette maîtrise avec le récepteur ; l’oeuvre de Pilar Garcia est plurielle, car souvent sérielle.
« Nous avons une infinité de connaissances dont nous ne nous apercevons pas », écrit Leibniz (1) ; l’image est à la fois dans et hors de cette problématique : dans, parce que l’infini, plus exactement l’indéfini est au cœur de la combinatoire des images de Pilar Garcia ; hors, parce que, si l’on ne voit pas toutes les images, on sait que l’on peut les voir et que les trajets l’emportent sur les images, le collier a plus d’importance que les perles.
Pilar Garcia nous permet de renverser le couple gravure/peinture.
(1)Nouveaux essais, I, 1, 5.
François Soulages est proffeseur d'esthétique au département d'arts plastiques de l'Université de Paris VIII et directeur de RETINA International
Pilar García es una artista que se caracteriza por su apertura.
Apertura de su obra hacia otras artes: grabado, por supuesto, también pintura y todas las artes visuales. Juega con esas diferentes aventuras para crear su obra. Trabaja también la escritura, o más bien, las escrituras con las cuales juega al igual que con las diferentes culturas; con ella, la escritura se hace imagen.
Y está también su apertura a otras culturas: por un lado todas las relacionadas con la cuenca del Mediterráneo, para confrontar las obras en el camino hacia la paz; por otra parte, todas las de América Latina. Se nutre de todo y lo refleja en sus imágenes y dibujos. Ella manipula la imagen.
La imagen de sus trabajos existe a la vez de forma real y en potencia, más su consumación no es negación. Con ella, toda determinación no es una negación, en la medida en que su actualización no impide de ningún modo otras actualizaciones, incluso la reactualización de la misma imagen; el trayecto no impide otros trayectos. Sus grabados muestran las trazas de sus obras. La imagen ya no está pensada en función de ella misma, sino en relación a su despliegue y a la serie de imágenes de las que depende. La imagen ya no es objeto, ella apela a un trayecto, incluso a un proyecto dentro de la creación. El receptor juega entonces un papel decisivo: con la imagen, el productor es el maestro, pero comparte esta maestría con el receptor; la obra de Pilar García es plural, y frecuentemente seriada.
"Tenemos infinidad de conocimientos que no percibimos" escribe Leibniz (1); la imagen está a la vez dentro y fura de esta problemática: dentro, porque el infinito, o mas exactamento lo indefinido está en el centro de la combinatoria de las imágenes de Pilar García; fuera, porque, si no vemos todas las imágenes, sabemos que las podemos ver y que los trayectos nos remiten a las imágenes, el collar tiene más importancia que las perlas.
Pilar García nos permite poner del revés la pareja grabado-pintura.
François Soulages es profesor de Estética en el Departamento de Artes Plásticas de la Universidad de Paris VIII y director de RETINA Internacional.