Nous voilà de retour au pays du fromage et de la baguette après un mois de voyage à travers la Colombie, à la rencontre des musiciens de la nouvelle scène. On en profite donc pour faire un petit récap logistique si ce genre d’expérience tente quelqu'un !
L'idée était de pouvoir shooter des interviews, des concerts et des live sessions en photos et en vidéo avec les contraintes suivantes :
Discrétion : nous avons eu aucun souci, mais il faut savoir rester discret. Comme ils disent en Colombie "ne pas donner la papaye !"
Faible encombrement : le matériel devait nous suivre dans nos diverses étapes du voyage, dans les bus, les taxi... et les bateaux !
Qualité : Bien entendu on souhaitait avoir le meilleur rendu possible autant dans le son que dans l'image.
Au coeur de tout ça nous avions donc appareil photo reflex : le Nikon D7000
Le premier appareil photo de Nikon a offrir un vrai bon mode vidéo le tout pour un prix raisonnable ! Il nous servait donc de caméra principale ... et bien entendu d'appareil photo. Pour ma part c'était une première avec ce boitier et j'étais très surpris par la qualité d'image photo et vidéo en toutes conditions et la gestion des iso assez incroyable (shooter à 3200 iso avec quasi aucun bruit, assez génial).
Seul grosse ombre au tableau, le son. Aucune sortie son et pas de VU-mètre, impossible de contrôler la qualité et le niveau de ce dernier, ce qui nous vaudra quelques déconvenues.
Le boitier était accompagné de 3 objectifs :
Le Nikon 35mm 1.8G pour tout ce qui est vidéo, ainsi qu'un vieux Nikon 20mm 3.5 Ai-S si le recul venait à manquer. Ce sont donc des focales fixes que j'ai privilégiées pour tout ce qui est vidéo. En effet pour filmer un concert à bout de bras mieux vaut que le matériel de prise de vue soit léger ! Aussi les bagues de mise au point sont plus facilement accessibles que sur un zoom.
Pour les photos, mon traditionnel zoom Nikon 17-55mm f2.8 faisait parfaitement l'affaire.
Pour complèter l'image, on avait une mini caméra goPro
Encombrement minime pour une qualité d'image plutôt chouette, c'est exactement ce qu'il nous fallait pour shooter quelques plans de coupes et des angles alternatifs.
Evidemment deux inconvénients. Le premiers assez évident : pas d'écran donc cadrage très aléatoire.
Le second, on l'a découvert en cours de route, la goPro gère très mal les lumières artificielles directement pointées sur le capteur (ça génère un gros pâté lumineux sans aucune nuance). Evidemment en extérieur et par beau temps, l'image est parfaite !
Indispensable pour les interviews (pouvant durer jusqu'à 1h30), un trepied. On avait pour la peine un Bilora 499-N accompagné d'une tête fluide Manfrotto 700RC2. Le trepied Bilora n'est pas très stable, mais offre le gros avantage d'être hyper compact, tout en montant relativement haut (1m60 environ). On pouvait donc le ranger façilement dans une sacoche, sans passer pour "les gars qui se balade avec du matos vidéo dans la rue".
Passons maintenant au son. Pour tout ce qui était interview, la voie était prise depuis un micro cravatte Audio Technica ATR3350. C'est pas cher et ça produit un son de qualité suffisante pour une interview (évidemment on ne lui demandera pas de prendre du chant). Ce dernier était donc branché sur l'appareil photo, avec les inconvénients qui vont avec (absence de niveaux et de retour son). De manière globale il a très bien rempli son rôle, en isolant les voix comme il faut. Evidemment quand il y a 3 personnes devant la caméra, ça se complique.
On avait donc un deuxième outil pour la prise de son, un enregistreur audio numérique Zoom H2n. Il offre une très bonne qualité de son et une grande polyvalence.
Il nous servira dans différentes configurations. En interview, il fait office de prise de son alternative, permettant de parer aux soucis de son mentionnés ci-dessus, mais aussi de régler le problème de la prise de voix multiple.
En concert ou en live session, il nous permettra tout simplement de prendre le son de l'ensemble des musiciens (il est possible d'enregistrer en surround à 360 degrès, on peut donc prendre correctement tous les instruments en se placant au milieu d'une pièce).
Enfin nous avions un autre enregistreur, un vieux Zoom H4. Ce dernier devait nous permettre de prendre le son d'un concert à la console pour une qualité optimale. Finalement nous aurons l'occasion de le brancher que quelques fois (l'organisation avant les concerts pour venir se brancher à la console était quelque peu... complexe). Malheureusement on reviendra parfois avec un son saturé (alors que tout semblait clean dans le retour et sur les niveaux). Bref, un peu déçu par ce dernier, qui ne nous aura pas beaucoup servi sur le projet.
Voici pour tout ce qui est matériel de prise de vue ! A côté de ça il y avait les classiques pour la gestion de fichiers : cartes mémoires à gogo, ordinateur portable et deux disques durs externes pour les sauvegardes (en plus de l'ordinateur - parano quand tu nous tiens), et des sacs pour le transport (du genre sac à dos de rando, simple et discret).
Tout ce voyage était une première pour nous, spécialement les conditions de réalisation, notre "setup" était donc plutôt expérimental.
On retiendra les points suivant :
Sur l'image le D7000 était parfait, moins sur le son. Il ne devrait plus y avoir de souci de ce côté avec les nouveaux boitiers comme le D800 et D4 ou bien entendu, avec des 5D de chez Canon.
La goPro est très mauvaise si une lumière artificielle tape directement sur le capteur, sinon c'est top.
Pas encore trouvé la bonne solution pour prendre le son console d'un concert correctement.
Une optique un peu plus longue que le 17-55mm aurait pu permettre quelques photos plus sympa en concert (mais trimbaler le 80-200 f2.8 commençait à devenir compliqué et ça restait clairement dispensable).
Le Zoom H2n, redoutable pour le son
Bref, en gros on est content du résultat, la qualité d'image est là, le son aussi (merci le H2n) et bien entendu on a du contenu pertinent grâce à plus d'une vingtaine de groupes et musiciens rencontrés.